00:00 ingérer 50 grammes d'amaniphalloïdes c'est suffisant pour y passer.
00:03 Cette année, je crois qu'on est un peu dans le record
00:27 puisque j'ai entendu récemment qu'on allait atteindre
00:30 2000 cas d'intoxication en France.
00:33 La moyenne, c'est 1500, 1600.
00:36 Chaque année, on y a droit, mais c'est seulement les intoxications connues.
00:40 On dit souvent qu'il faut multiplier par 3 ce chiffre-là
00:43 parce que les gens qui s'intoxiquent avec des indispositions légères
00:47 ne s'en ventent pas.
00:48 Donc, il y a beaucoup d'intoxications qui restent inconnues.
00:51 C'est dû surtout au fait que les gens mangent n'importe quoi.
00:54 Souvent, les gens se fient à l'odeur.
00:56 Alors, vous avez des champignons qui ont une très bonne odeur
00:58 et qui, pour autant, sont absolument toxiques.
01:01 L'amaniphalloïde, le plus meurtrier des champignons,
01:04 a une odeur de rose assez agréable.
01:06 Il paraît même qu'au goût, c'est quelque chose d'excellent gustativement,
01:11 mais qui, au niveau toxicité, ingérer 50 grammes d'amaniphaloïdes,
01:15 c'est suffisant pour y passer.
01:17 Ah, ça, c'est un cortinaire.
01:19 Très difficile de pouvoir faire la détermination sans microscope.
01:22 Alors, des cortinaires, il doit en exister 2500 espèces en France.
01:27 Il doit y en avoir deux ou trois qui sont comestibles.
01:29 Chez les tricholomes, par exemple, ou chez les amanithes,
01:32 il y a beaucoup de faux frères, il y a beaucoup de ressemblances,
01:34 surtout chez certaines espèces.
01:36 C'est comme ça que les gens s'intoxiquent.
01:38 C'est parce qu'ils se sont trompés, sinon ils ne s'intoxiqueraient pas.
01:43 Le petit gris, à la base, c'est le tricholome terreux,
01:46 qu'on appelle tricholoma terreum.
01:49 Il y a beaucoup de vrais frères,
01:51 c'est-à-dire des champignons de la même catégorie qui lui ressemblent beaucoup,
01:54 qui sont aussi comestibles.
01:56 Il y en a un qui est vraiment ressemblant et qui est très toxique,
01:59 qui s'appelle tricholoma josrandi.
02:01 C'est vraiment le sosie parfait du terreum.
02:04 Il y en a un qui est très bon et l'autre qui est très toxique.
02:07 Ce sont des champignons qui sont très difficiles à identifier à la vue.
02:11 Les tricholomes, on les identifie surtout à l'odeur et à la saveur.
02:15 C'est la conjugaison de l'aspect, par exemple, du chapeau
02:20 avec la couleur des lames,
02:21 par rapport à l'odeur qu'il peut avoir et à la saveur,
02:25 qu'on va réussir à faire la différence entre les deux.
02:27 Et là, on a un champignon qui s'appelle rhodocolibia butyracéa.
02:33 Butyracéa, pourquoi ?
02:35 Parce que ça évoque la notion du beurre
02:37 et quand on touche le chapeau,
02:40 on a l'impression de toucher du beurre.
02:43 Alors le gros danger qui provoque aussi beaucoup de confusion,
02:46 c'est les appellations régionales.
02:48 Un même nom peut désigner plusieurs champignons différents
02:50 et bien souvent même, on donne le même nom à un champignon comestible
02:54 et à un champignon toxique,
02:55 comme par exemple les petits tricholomes gris qu'on appelle les petits gris.
02:58 Il y en a pas mal qui sont comestibles, qu'on peut trouver sous les pins ici.
03:01 Dans le Jura, par exemple, on appelle petit gris un autre champignon
03:05 qui s'appelle le clitocibe nébuleux, qui est toxique.
03:07 Donc, si on dit on mange le petit gris, il faut savoir de quoi on parle,
03:11 parce que de donner le même nom à un champignon comestible
03:14 et à un champignon toxique, ça peut porter vraiment à confusion.
03:16 Hop !
03:17 Alors pour déterminer une russule, on goûte, on mâche et on recrache.
03:24 Si elle est douce, acre ou amère.
03:27 Donc il y a des catégories et ça permet déjà de savoir dans quel groupe elle se situe.
03:31 Il n'y a pas vraiment d'astuce pour reconnaître un champignon comestible ou toxique.
03:36 La seule manière de faire la différence, c'est de le reconnaître
03:39 et donc de réussir à l'identifier.
03:41 C'est difficile de faire une étude sur place directement,
03:44 mais on se promène souvent avec ce qu'on appelle le petit bon.
03:47 C'est un livre qui a été écrit par un mycologue qui est malheureusement décédé maintenant,
03:52 Marcel Bon.
03:52 On peut ramasser tout ce qui nous semble être à la limite mangeable,
03:56 mais avant de le faire, il faut absolument,
03:59 si on n'a pas les compétences personnellement,
04:02 il faut absolument les faire vérifier par quelqu'un de compétent.
04:05 C'est pour ça que les sociétés mycologiques existent, d'ailleurs, c'est un peu notre rôle.
04:09 On est volontiers amenés à recevoir des gens
04:12 qui veulent apporter leur panier pour se le faire déterminer.
04:15 Et les compétences, malheureusement, il faut connaître les gens pour savoir et avoir confiance
04:21 parce que des tas de conseillers, on en voit sur les réseaux sociaux,
04:25 ils savent tout et puis en fin de compte, ils induisent tout le monde en erreur.
04:28 Donc non, il faut savoir à qui s'adresser.
04:32 Il faut que ce soit des gens qui aient une compétence reconnue et évidente.
04:35 [Musique]
Commentaires