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00:02 RTL midi.
00:05 Agnès Bonfillon, Éric Brunel.
00:07 Ah tu veux être un guerrier ?
00:08 Ah tu veux être un guerrier Jean-Denis ?
00:09 Ben montre moi que t'es un guerrier là.
00:10 Dépêche-toi.
00:11 Chante la marseillaise.
00:12 Souvenez-vous, nous avons parlé de ces vidéos dès la semaine dernière.
00:17 Images choquantes sur lesquelles on voit tout simplement des élèves d'une école de police,
00:23 celle de Hull Cell en Normandie, subir un simulacre de noyade.
00:28 Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait qualifié d'ailleurs ces faits d'inacceptables.
00:33 Bonjour Arthur Perreira.
00:34 Bonjour à toutes et à tous.
00:35 Alors si le formateur a été depuis suspendu, selon vos informations, ce n'est pas la première
00:39 fois qu'il se livrait à ce genre de pratiques.
00:41 Oui, j'ai pu lire un rapport rédigé par un ancien élève, un document adressé directement
00:46 au directeur de l'école le 1er juin dernier.
00:49 Donc la direction était au courant de ces agissements, deux pages dans lesquelles l'élève
00:53 accuse son formateur de violences physiques lors d'une évaluation.
00:57 Alors pour se rendre compte des faits, je vous donne deux exemples.
01:00 Le premier, des coups de poing à la tête et au niveau du torse, alors même que l'élève
01:04 est en position de gainage, c'est-à-dire face contre terre, les coudes posés au sol
01:08 et sur la pointe des pieds.
01:10 Deuxième exemple, cette fois-ci plus violent, l'instructeur arrive derrière l'élève,
01:14 l'étrangle avec une clé de bras, technique pourtant interdite depuis des années par la police.
01:19 Et selon nos informations, ce n'est pas les premières remontées qui visent ce même instructeur
01:23 puisque j'ai pu consulter une enquête de satisfaction écrite en 2021 par un autre élève.
01:28 En guise de sanction, le brigadier-chef nous a corrigé dans le dojo, c'est-à-dire qu'il nous a
01:32 asséné plusieurs coups de poing jusqu'à ce qu'on hurle à sur l'élève.
01:36 Mais le rapport dont vous nous parlez à l'instant, ce rapport, il est parvenu au sommet de la hiérarchie, Arthur ?
01:42 Et bien en tout cas, la police des polices a connaissance du document.
01:46 Selon une source proche du dossier, l'IGPN est en train d'analyser point par point la véracité du rapport.
01:52 Selon cette même source, ce formateur a déjà été rappelé à l'ordre par le passé.
01:57 On ne sait pas si c'était lié à ce rapport qui date, je vous le rappelle, du 1er juin dernier,
02:02 six mois avant la diffusion des vidéos dont vous parliez.
02:06 Des vidéos qui font l'objet d'une enquête ouverte la semaine dernière par la police des polices.
02:11 Merci beaucoup Arthur, restez avec nous pour aller plus loin sur ce sujet.
02:14 Nous accueillons Fabien Billerand. Bonjour, merci d'être en studio avec nous.
02:18 Bonjour.
02:19 Vous êtes ex-policier, co-auteur du livre "Police, la loi de l'OMERTA".
02:24 Est-ce que ce genre de fait dont vient de nous parler Arthur, dans une école de police, ça vous surprend ?
02:30 Malheureusement non, je ne suis pas surpris. Je dirais que ça fait partie de la culture professionnelle
02:35 de baigner dans la violence, que ce soit à l'école ou même en dehors.
02:40 Il y a une telle pression, je dirais, de la hiérarchie et aussi parfois des pairs
02:45 mis en concurrence pour la lutte aux statistiques, qui fait qu'il y a un niveau de violence
02:49 qui est déjà assez énorme au sein de l'institution, d'où le livre que nous avons publié.
02:54 Quand on regarde la vidéo qu'on a vue, on a l'impression, attention je dis bien,
02:58 on a l'impression, on a le sentiment que certains élèves acceptent de subir ça
03:06 comme si c'était un passage obligé, ma foi, c'est pas agréable, mais ça fait partie du jeu. Je me trompe ?
03:13 Je dirais que c'est une sorte de rituel d'apprentissage.
03:17 À mon époque, en 2008, quand j'étais à l'école de police de Nîmes, j'avais eu droit à d'autres pratiques,
03:22 pas aussi violentes que celles-ci en vidéo, mais à l'époque on m'avait mis à un exercice
03:27 de menotter un de mes collègues qui faisait à peu près 110 kg, donc moi je fais 70 kg,
03:33 je ne faisais pas beaucoup le poids, donc forcément je n'ai pas réussi l'exercice
03:37 et les formateurs me criaient dessus, me poussaient à bout, etc.
03:40 Je leur ai dit "mais je ne vais quand même pas leur mettre un doigt au cul pour le redonner"
03:44 et ils m'ont répondu de manière très sérieuse "ben si".
03:47 Donc voilà, ça fait partie vraiment d'une culture, c'est pour ça que je ne suis malheureusement pas surpris.
03:53 Donc vous êtes en train de nous dire que ça se passe partout ?
03:55 Moi j'étais à Nîmes, là c'est à Wassell, je ne connais pas toutes les écoles de police,
03:59 mais en tout cas dans les commissariats, dans les services, ça peut être aussi très violent.
04:04 Alors vous nous dites que ça peut être un rituel de passage,
04:06 mais est-ce que cela engendre du mal-être psychologique, physique, chez les élèves ?
04:12 Bien sûr, je veux dire, là c'est une forme de conditionnement où même les élèves qui participent
04:16 sur les vidéos aux actes de torture sont obligés de contribuer à l'exercice.
04:22 Donc je veux dire, c'est une forme de conditionnement où,
04:25 quel que soit ensuite le service ou les ordres qu'ils vont recevoir,
04:28 ils vont être obligés de se tenir à carreau et de rentrer dans le moule.
04:32 Voilà, c'est pour ça que...
04:34 J'essaie de... comment dit-on les choses ?
04:37 De penser contre moi-même.
04:39 Est-ce que finalement ce n'est pas à la hauteur, cette violence qui nous semble totalement inacceptable,
04:44 de la vraie vie, dans le vrai monde des policiers aujourd'hui ?
04:47 Les policiers se font insulter, se font dans les manifs, se font caillasser, etc.
04:53 Est-ce que finalement ce n'est pas une espèce de...
04:55 Voilà, c'est la violence qui monte dans tous les domaines,
04:57 y compris celui du fameux bizutage qui existe depuis si longtemps.
05:02 Est-ce que ce n'est pas à la hauteur de la violence de nos sociétés ?
05:06 Alors, moi je dirais que la violence qui est exercée contre les policiers, elle existe.
05:11 Mais là on est dans un engrenage parce que,
05:13 vu qu'on est dans une culture qui est violente,
05:15 qui favorise la violente, qui favorise le rapport de force,
05:18 je veux dire, moi je suis rentré gardien de la paix par force de l'ordre à la base.
05:21 On se rend compte en fait que la pratique de la violence fait partie de la culture.
05:27 Donc, je ne sais pas comment l'exprimer autrement,
05:32 mais ce n'est pas forcément la société qui est plus violente.
05:35 Je veux dire, le métier de policier, si on est professionnel,
05:38 on est censé apaiser, on est censé désescalader par rapport à la violence.
05:43 Et là, on a plutôt l'impression qu'on les forme déjà
05:46 à être de plus en plus violents dès l'école de police.
05:48 Donc en soi, je pense que c'est le serpent qui se mord la queue
05:51 et que là on est dans un cercle vicieux qui ne va pas malheureusement vers l'apaisement.
05:56 - Fabien Bilarrant, la formule est parfaite,
05:58 je suis rentré pour être gardien de la paix, pas à force de l'ordre.
06:02 Vous publiez donc "Police, la loi de l'OMERTA".
06:04 Merci beaucoup. Dans un instant RTL midi, votre vie.
06:07 Vous savez qu'on parle d'un sujet assez intéressant, des grossesses multiples.
06:11 Il y a beaucoup de changements parce que vous allez voir,
06:14 dans le monde entier, il y a de plus en plus de jumeaux.
06:18 Ça a des implications sur la vie des parents bien sûr.
06:20 A tout de suite.
06:21 Éric Brunet et Agnès Bonfillon.
06:23 RTL midi.
06:26 midi.
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