00:00 Vous avez la maman de Naël aujourd'hui au téléphone.
00:04 Oui, je crois que j'ai envie de dédier mes premiers mots justement à la mère de Naël
00:08 que j'ai eue tout à l'heure en ligne.
00:10 Qui est effondrée.
00:13 Qui est effondrée.
00:14 Choquée.
00:15 Qui est choquée par cette décision parce qu'elle a le sentiment que
00:19 c'est comme si on faisait mourir une deuxième fois son fils.
00:21 Moi, j'imagine que ce bout de chou qui a un mois va être content de retrouver son père,
00:26 mais Mounia ne retrouvera pas Naël ni ce soir, ni pour Noël, ni plus jamais.
00:32 Et je crois que c'est aujourd'hui quelque chose qui l'a détruite complètement.
00:37 Et elle a le sentiment que la justice aujourd'hui ne sera jamais rendue.
00:41 En réalité, moi, je n'arrive pas à entendre.
00:44 La justice, ce sera le procès à venir et la condamnation éventuelle du policier,
00:48 de la peine qu'il aura.
00:49 Quand on arrive à dire que parce qu'on est policier,
00:52 on ne peut pas connaître la détention.
00:54 Je ne crois pas qu'aujourd'hui, porter un uniforme...
00:56 Dans l'exercice de ses fonctions, c'est ce que précise ce policier.
00:59 Dans une action de police.
01:00 Vous savez, il y a le rapport de l'IGA, l'Inspection générale de l'administration,
01:03 qui a fait un rapport accablant sur le racisme, par exemple, dans la police.
01:06 Enfin, croire aujourd'hui, pourtant, j'ai un profond respect...
01:08 Ce brigadier était raciste ?
01:09 Je vais terminer mon propos.
01:11 Vous savez, j'ai un profond respect pour l'uniforme, pour l'ordre,
01:14 pour cette corporation qui est un métier de service et qui est devenue,
01:18 par les difficultés du métier, parfois un métier de servitude.
01:22 Donc, il n'y a vraiment aucun ressentiment dans mes propos.
01:25 Quel était l'intérêt de maintenir ce policier en prison ?
01:27 Par contre, je n'arrive pas à comprendre...
01:29 La moyenne de la détention préventive en France, c'est 3 mois et demi, 4 mois.
01:31 Quel était l'intérêt de le maintenir encore en prison ?
01:34 Je crois que personne ne peut satisfaire qu'un crime de sang...
01:38 Il pouvait sortir.
01:39 ...puisse se terminer avec 4 mois uniquement de détention.
01:42 Non, mais ça ne se termine pas.
01:44 Pardon, là, il faut être précis, Maxime.
01:46 Il faut être précis dans ce qu'on raconte.
01:49 Les 4 mois et demi, c'est la détention provisoire.
01:51 Ça ne préjuge pas de la peine.
01:55 S'il y a un procès, il pourrait être condamné à plus de 2 ans.
01:58 Exactement.
01:58 C'est une détention, juste pour expliquer, c'est vrai que c'est important.
02:01 C'est une détention provisoire qui est prévue pour protéger l'enquête,
02:04 en quelque sorte.
02:05 Il y a un certain nombre d'arguments qui fait qu'avant qu'on ait jugé quelqu'un,
02:07 parce que ça prend du temps pour faire une enquête,
02:09 on peut le mettre en détention ou pas.
02:11 Et là, en l'occurrence, si sa détention provisoire était décidée
02:15 et a été maintenue plusieurs fois, je crois que 3, 4 fois,
02:17 il a demandé à être libéré et que ça a été refusé.
02:19 C'était pour protéger ce policier, parce qu'on craignait qu'il soit agressé.
02:24 C'est un des arguments qui avait été réfuté et qui avait fait un peu scandale parfois,
02:29 à cause du trouble à l'ordre public,
02:30 on ne va pas rappeler toutes les émeutes qui avaient suivi,
02:32 mais aussi pour préserver l'enquête.
02:36 Parce qu'il y a deux policiers dans cette affaire,
02:38 vous voyez sur l'image qu'on diffuse,
02:41 il y a deux policiers dans cette affaire qui ont des versions différentes,
02:44 que pour l'instant, l'enquête n'a pas réussi à mettre d'accord.
02:46 Et donc, on aurait peur qu'à l'extérieur,
02:48 ils puissent se téléphoner et se mettre d'accord,
02:49 et éventuellement mentir derrière.
02:51 - Rose, vous avez parlé de crime de sang,
02:52 on n'en sait rien, l'enquête n'est pas terminée,
02:54 on ne sait pas ce qui s'est passé, les présumés innocents,
02:56 vous avez déjà fait le procès en quelque sorte.
02:58 - Même le ministre de l'Intérieur,
03:00 et je crois qu'on peut difficilement l'accuser de ne pas soutenir sa corporation,
03:04 a été choqué par les images.
03:05 Parce que d'ailleurs, la première version,
03:07 ce n'était pas de dire que cette personne avait tiré,
03:10 c'était de dire qu'elle avait fait feu sur une voiture.
03:12 Tout le monde a été choqué.
03:14 - Mais ce n'est pas l'émotion, la justice n'est pas l'émotion.
03:17 - Vous savez, il y a toujours la loi, l'esprit de la loi,
03:20 et puis il y a aussi une part de moral.
03:22 Je crois que, quand on a vu ces images-là,
03:27 on a tous été choqués,
03:28 mais pour certains, ça ne reste qu'un fait divers.
03:30 Pour des millions d'habitants des quartiers populaires,
03:33 ça va au-delà d'un fait divers,
03:36 pour la bonne et simple raison qu'on sait parfaitement que
03:39 pour un délit de fuite, ou pour un défaut de permis,
03:42 ou un défaut d'assurance,
03:43 ce ne sera jamais le fils d'Alain Marchal ou d'Olivier Truchot
03:47 qui se retrouvera un jour à la mort,
03:48 alors qu'on sait parfaitement que, quand on regarde ces images,
03:51 ça pourrait être n'importe lequel de notre enfant, de notre frère.
03:53 - C'est un procès d'intention que vous faites ?
03:54 - Non, non, ce que je suis en train de dire, c'est que...
03:55 - Vous êtes de la police ?
03:56 - Oui, bien sûr, parce que je crois...
03:57 - Vous dites que la police, donc, choisit ses cibles ?
04:00 - Je crois qu'il y a un certain nombre d'interventions
04:03 qui ne se font pas normalement dans certains territoires,
04:06 et à plus forte raison quand on a affaire à un certain type de public.
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