00:00 Car oui, les difficultés existent et des fragilités redoutables persistent.
00:05 Le contexte macroéconomique sera marqué cette année encore par la pression inflationniste
00:10 et par une dégradation des comptes de la Sécurité sociale,
00:13 notamment ceux de la branche maladie,
00:16 même si nous sommes passés de l'an dernier de 22 milliards d'euros de déficit
00:21 à un peu moins de 9 milliards en 2023.
00:24 Cette inflation touche notamment les établissements de santé.
00:27 Plusieurs d'entre vous ont pu me faire part des inquiétudes concernant les hôpitaux de vos départements.
00:34 Et évidemment, toutes les fédérations hospitalières ont eu l'occasion de s'exprimer sur ce sujet.
00:40 J'ai déjà eu l'occasion de dire, et je vous assure que le gouvernement y est particulièrement attentif,
00:45 et y compris d'ici la fin de l'année, c'est qu'il ne doira pas laisser ces établissements dans l'impasse.
00:52 Je m'en suis ouvert très directement auprès de la totalité des fédérations d'établissements de santé
00:57 qui, sur cette question, évidemment, tirent la sonnette d'alarme
01:02 et surtout, grâce à un travail conjoint, partagent aujourd'hui l'estimation des coûts et de l'impact de l'inflation.
01:10 Je le disais, le déficit de la branche maladie s'élève cette année à environ 9 milliards d'euros en baisse
01:16 par rapport à celui constaté en 2022.
01:20 Mais ces chiffres restent importants et sont tirés par le très fort dynamisme des dépenses de santé,
01:26 notamment en ville, qui rend urgent la recherche de soutenabilité.
01:31 C'est la condition incontournable de la pérennité et de l'ambition de notre modèle social fondé sur la solidarité,
01:40 sur un modèle assurantiel.
01:42 C'est pour répondre à cette double exigence d'ambition et de soutenabilité que le gouvernement vous présente
01:48 dans ce projet de loi.
01:50 D'une part, et en premier lieu, une rectification de l'ondam de 2023 à hauteur de 2,8 milliards d'euros.
01:58 Cette rectification permet principalement d'intégrer les revalorisations salariales et la dynamique des soins de ville.
02:06 Je connais vos préoccupations à ce sujet et je souhaite progressivement
02:11 que nous puissions refaire de l'ondam un outil de pilotage et non un outil de constatation de la dépense.
02:18 Il nous revient, en effet, de mieux la suivre, de mieux la conduire et la maîtriser.
02:24 D'autre part, le gouvernement présente un ondam pour 2024 en hausse de 3,2% hors dépense liée à la crise sanitaire,
02:33 un chiffre qui est bien supérieur, contrairement à ce que je peux entendre dire parfois, à l'inflation prévisionnelle.
02:40 Soit une progression globale des moyens de 8 milliards d'euros en 2024 hors Covid.
02:46 8 milliards d'euros, j'ai eu l'occasion de le rappeler, c'était encore le budget du ministère de la Justice il y a deux ans.
02:53 Cette progression est par nature totalement incohérente avec ce qu'on peut entendre parfois autour de la présentation d'ondam d'austérité.
03:06 En particulier, cette progression importante d'ondam permet de compléter de près de 1,5 milliard d'euros les revalorisations engagées par le Ségur
03:15 afin de mieux reconnaître et de mieux rémunérer de manière pérenne l'engagement des professionnels des établissements sanitaires et médico-sociaux,
03:24 mais Aurore Berger y reviendra, qui travaillent la nuit, le week-end et les jours fériés.
03:29 Le gouvernement continue ainsi d'investir avec ambition dans l'avenir du système de santé et dans les ressources humaines.
03:37 Mais cette augmentation des moyens doit être gagée en partie par de nouvelles mesures de maîtrise de la tendance de progression de la dépense publique.
03:46 L'objectif est de l'ordre de 3,5 milliards d'euros de maîtrise sur le tendanciel de dépense.
03:53 Et le terme « déficience » ne doit pas être tabou.
03:57 La ligne de crête est ténue. Elle n'est pas facile à tenir.
04:03 Mais je dois aussi dire ici que la seconde idée que porte ce gouvernement,
04:08 et plus exactement contre laquelle je m'élève en faux parce qu'elle n'est pas à l'engagement du gouvernement,
04:16 ce serait qu'on laisse filer les dépenses et qu'on n'a pas d'objectif de maîtrise de la finance de la dépense publique.
04:22 J'ai entendu plusieurs déclarations à ce sujet.
04:25 Cet objectif important, nous l'atteindrons grâce à des efforts de modération des volumes et des baisses de prix des produits de santé
04:31 pour freiner la hausse de ce poste de dépense et que le débat parlementaire permettra, j'en suis sûr, d'enrichir,
04:39 avec notamment un amendement que le gouvernement présentera, mais il y en aura-t-il d'autres,
04:44 sur la substitution des médicaments biosimilaires par le pharmacien.
04:49 Cet objectif de maîtrise de la dépense sera aussi tenu par des efforts d'efficience et de pertinence prévus dans ce texte,
04:56 et ces efforts seront également au cœur de la négociation conventionnelle.
05:00 La lettre de cadrage que j'ai adressée au directeur général de la CNAM le mentionnait très explicitement.
05:06 Et enfin, des efforts de responsabilisation des assurés avec, vous le savez,
05:12 des mesures en matière de régulation des arrêts de travail ou de plus grandes associations, des mutuelles,
05:18 notamment sur les soins dentaires.
05:21 [Musique]
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