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  • il y a 10 heures
Le centre de Lamalou-les-Bains, spécialisé dans la rééducation des grands brûlés, se prépare à accueillir des victimes de l'incendie de Crans Montana en Suisse le soir du nouvel an. Peut être une vingtaine des 115 blessés du bar le Constellation.Solange Ribard membre de "l'association des brûlés de France" assure chaque mois des permanences à Lamalou-les-Bains. Elle a elle même été brulée à 85 % lors d'un accident domestique en 1985.

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00:00Ici Matin
00:03Le centre de la Malou-les-Bains, spécialisé dans la rééducation des grands brûlés,
00:07se prépare à accueillir des victimes de l'incendie de Cran-Montana en Suisse le soir du Nouvel An.
00:12Peut-être une vingtaine des 115 blessés du bar Le Constellation.
00:15Votre invité Sébastien Garnier est membre de l'association des brûlés de France.
00:19Elle assure chaque mois des permanences à la Malou-les-Bains.
00:21Solange Ribard, bonjour.
00:23Bonjour.
00:23Merci d'être dans ce studio ce matin.
00:27Vous savez de quoi vous parlez quand vous parlez de brûlés,
00:31puisque vous avez vous-même été victime d'un accident domestique.
00:34C'était il y a 40 ans.
00:35Et vous avez été brûlés sur quasiment tout votre corps ?
00:38Tout à fait. De la tête aux pieds, 85% de la surface corporelle.
00:41Vous avez été l'une des premières, ou peut-être la première d'ailleurs, soignée à la Malou.
00:45C'est ça, oui, en 85, oui.
00:48Et vous l'êtes toujours aujourd'hui.
00:50Ça veut dire que quand on a été brûlés, on ne guérit jamais complètement ?
00:55Tout à fait. On a toujours des soins, soit chirurgicaux, mais toujours des soins kinés, des cures thermales.
01:02Et ça, malheureusement, ça nous suit jusqu'à la fin.
01:06Quand vous avez vu, comme nous, sur les écrans de télévision et à la radio, ce drame de Cran-Montana,
01:14comment vous avez réagi ? Ça a fait ressurgir de mauvais souvenirs ?
01:17Oui, ça a fait ressurgir des périodes très difficiles.
01:21Certes, la douleur physique, que nous, on n'a plus avec le temps,
01:24mais la douleur psychologique est toujours présente.
01:28On la croit, au fil des années, on la croit disparue.
01:31Et il suffit d'une tragédie comme Cran-Montana pour qu'elle revienne.
01:36Et là, ça a fait ressurgir plein d'émotions.
01:39On pense énormément à ces victimes qui vont passer, malheureusement, des périodes très difficiles,
01:46voire, je vais dire, des années, parce que ça dure sur le temps.
01:51La rééducation est assez compliquée.
01:55C'est très long.
01:57Le moral, souvent, il est en berne.
02:00Je pense aussi aux familles, parce que les familles sont là, complètement démunies.
02:05C'est des douleurs psychologiques intenses.
02:10Et puis, il faut accepter aussi son nouveau corps.
02:13Quand on est brûlé sur le visage, par exemple,
02:16et que tout le monde le voit, ce sont des gens qui sont jeunes, c'était votre cas aussi.
02:20C'est ça.
02:21Ça, ça doit être très difficile à accepter.
02:24Le regard des autres, vous savez, le regard des autres est destructeur.
02:27Moi, je l'ai vécu.
02:28Et on vous regarde comme quelqu'un particulier, à part.
02:36On se sent...
02:37Bon, on est défiguré au début, suivant le degré de la brûlure au niveau du visage.
02:44Mais c'est surtout, voilà, le problème qu'il y a, c'est que,
02:47comme on ne parle pas du brûlé, on ne sait pas ce que c'est.
02:50Les gens, il y a une désinformation à ce niveau-là.
02:52La curiosité, tout ça fait qu'on vous met dans un placard, voilà.
03:01Et vous n'êtes rien du tout, vous n'êtes plus rien.
03:03Et après, pour nous, il faut qu'on fasse un travail sur nous,
03:06qu'on arrive à accepter notre nouveau physique, notre nouveau corps, notre nouveau nous.
03:13Et ça, c'est un travail très compliqué.
03:16Vous assurez donc chaque mois des permanences au centre de rééducation de la Malou-les-Bains.
03:21Qu'est-ce que vous dites aux victimes que vous rencontrez ?
03:26Quel est votre rôle, votre travail, précisément ?
03:28Alors, je précise que je n'y vais pas toute seule.
03:33Je suis accompagnée d'une avocate,
03:35qui est bénévole au sein de l'Association des Brûlés aussi, de France.
03:39Et moi, je réponds à leurs questions.
03:41Il y a beaucoup de questionnements sur l'après-centre de rééducation.
03:46Une fois qu'on est, comme on dit, lâchés dans l'arène,
03:49parce que quand on est au centre de rééducation, on est coucounés,
03:53mais quand on sort, après, définitivement, c'est autre chose.
03:57On est confrontés à la vie réelle.
04:01Et ça, c'est compliqué.
04:02Il y a beaucoup de questionnements à ce sujet.
04:05Donc moi, je réponds, je leur dis qu'il ne faut pas qu'ils aient peur,
04:08qu'il faut qu'ils, au contraire, qu'ils affrontent les gens.
04:12Si on vous regarde droit dans les yeux, vous ne baissez pas les yeux.
04:16Vous leur dites que la vie continue.
04:18Il y a une vie après la brûlure.
04:21Et il faut que ce message, il passe absolument.
04:23Surtout pour les victimes de Cran-Montana.
04:26Et l'avocate qui vous accompagne, c'est pour quelle raison ?
04:29Pour le côté juridique.
04:30On a, au sein de l'Association des Brûlés de France,
04:34on a trois services.
04:35On a le soutien, on a le côté juridique,
04:39et on a le côté psychologique.
04:41On a une psychologue aussi,
04:42qui assure donc des consultations,
04:45soit par téléphone, soit par visio, tout ça.
04:49Donc on a ces services-là, au sein de l'Association des Brûlés.
04:52Et donc, il y a deux avocates qui sont bénévoles.
04:56Donc une qui est à Marseille,
04:58qui vient avec moi donc aux permanences,
05:00et qui, elle, est là pour le côté juridique,
05:02faire connaître leurs droits aux victimes.
05:05Votre prochaine permanence, c'est quand ?
05:07Le 4 mars.
05:084 mars, avec donc probablement des victimes de Cran-Montana.
05:13Vous serez certainement amené à les rencontrer,
05:15en tout cas dans les prochains mois.
05:17Alors s'ils acceptent, c'est toujours pareil.
05:19On ne leur force pas.
05:20Bien sûr.
05:21Moi quand j'arrive, on me dit,
05:22voilà, il y a telle personne à voir, telle personne à voir, et voilà.
05:25Mais on peut dire que vous êtes un espoir,
05:26parce qu'on savait ce matin que vous viendriez.
05:29On ne savait pas vraiment, en fait, comment on allait vous retrouver.
05:33Effectivement, on n'a pas du tout l'impression que vous avez des grands brûlés.
05:35Je pense que c'est un espoir pour ceux qui sont touchés par un incendie,
05:40qui ont été brûlés.
05:41Pour le coup, ça ne se voit quasiment plus aujourd'hui,
05:43en tout cas pour nous, dans le regard extérieur.
05:45C'est le temps de travail pour nous aussi.
05:48Et puis, bien se faire suivre et continuer à faire les soins,
05:52faire les cures thermales.
05:54Vous, en tant que journaliste,
05:55vous avez dû entendre le combat qu'il y a eu pour les cures thermales.
05:58L'association des brûlés de France n'est pas étrangère à ça,
06:03au fait qu'on ait quand même gagné,
06:05qu'on n'ait pas de déremboursement.
06:06Il faut continuer, après la sortie,
06:09il faut continuer à se soigner.
06:10Oui, parce que je précise,
06:11vous intervenez aussi au centre thermal d'Avennes.
06:14C'est ça.
06:15C'est ça, auprès des curistes.
06:17Merci beaucoup, Solange Ribard,
06:19de l'association des brûlés de France.
06:22Et bonne journée à vous.
06:23Merci à vous.
06:24Lecture de l'Héros,
06:25tous les matins,
06:26à partir de 6h et à tout moment,
06:28sur le site et l'application ici.
06:29Ici Héros,
06:326h, 9h.
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