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00:02 RTL matin
00:06 RTL 7h43, excellente journée à vous tous qui nous écoutez. Amandine Bécaud vous recevez ce matin notre ministre de la santé et de la prévention
00:13 Aurélien Rousseau.
00:14 Aurélien Rousseau, l'agence régionale de santé des pays de la Loire a annoncé hier le décès d'un élève de 5e qui avait fait
00:19 un malaise le 19 octobre dernier.
00:21 15 minutes seulement après avoir été vacciné contre le papillomavirus.
00:26 Une nouvelle vaccination qui est proposée à tous les élèves depuis la rentrée tous les élèves de 5e.
00:30 L'ARS assure que ce malaise est sans lien avec le produit vaccinal. Est-ce que vous pouvez ce matin nous le confirmer ?
00:36 Ce décès n'a aucun rapport avec ce vaccin.
00:39 D'abord mes pensées elles vont vers les parents de cet élève du collège Saint-Dominique de Saint-Herblain.
00:46 Ça s'est passé le 19 octobre.
00:49 Quelques minutes après la vaccination cet élève a fait un malaise vagal, il a fait une lourde chute sur la tête.
00:56 Et le malaise vagal c'est dans toute vaccination
00:59 le premier risque c'est à dire c'est l'aiguille, la peur de l'aiguille. Il n'a aucun lien avec le produit injecté.
01:06 On le sait c'est un vaccin qu'on connaît très bien, il y a 300 millions de fois
01:11 injecté dans le monde. Donc une fois que j'ai dit cela
01:16 évidemment on pense encore une fois à la famille, à sa douleur, à sa tristesse, à sa colère sans doute. Et on va
01:24 reconstituer minute par minute tout ce qui s'est passé. Il y a une enquête qui est diligentée.
01:28 C'était les équipes du centre hospitalier universitaire de Nantes qui assuraient cette vaccination. Il a été pris en charge
01:34 immédiatement et puis après effectivement on a eu une dizaine de jours
01:38 terribles et j'imagine pour les parents un fortiori d'attente sur son état de santé quand il était hospitalisé en réa.
01:45 Suite à ce malaise le 19 octobre la campagne de vaccination contre le papillomavirus a été suspendue dans le département de Loire-Atlantique.
01:51 Pourquoi ? Si ça n'a aucun lien avec le vaccin ? D'abord c'était les vacances scolaires donc la suspension était un peu
01:57 automatique. Après moi je pense qu'il faut toujours prendre la mesure de l'émotion.
02:01 On aura le retour de cette enquête qui a été diligentée par l'ARS
02:05 le 8 novembre et moi je veux prendre le temps parce que la vaccination
02:09 c'est toujours quelque chose qui
02:12 suscite des interrogations, des doutes.
02:14 C'est un des vaccins sans doute les plus sûrs au monde. C'est ce que vous dites ce matin à tous les parents qui nous écoutent.
02:19 C'est pour des enfants en cinquième qu'il faut faire vacciner.
02:22 Absolument c'est un des vaccins les plus sûrs au monde mais la vaccination sur le papillomavirus n'est pas obligatoire.
02:28 C'est le choix des parents
02:31 de faire ou non vacciner. Et vous leur dites il n'y a pas de risque ? Il n'y a pas de risque sauf les risques
02:36 qu'on connaît. Un vaccin peut créer la peur de l'aiguille,
02:40 un malaise, une syncope. On le sait et là c'est terrible
02:46 et c'est un drame parce que c'est un collégien de cinquième.
02:49 Aujourd'hui sur toutes les autres vaccinations qu'on a faites à ce jour contre le HPV en France, c'est à dire 20 000 vaccinations,
02:58 on n'a eu aucun événement de cette nature.
03:00 Et c'est aussi pour ça qu'il y a des équipes médicales qui surveillent les 15 minutes post-vaccination pour vérifier que tout aille bien.
03:07 20 000 vaccinations depuis la rentrée donc sur des élèves de cinquième. Autre vaccin monsieur le ministre c'est celui contre la grippe. La campagne de
03:14 vaccination a débuté il y a deux semaines tout juste le 17 octobre. Est-ce que vous avez déjà des premiers chiffres ?
03:18 On a une campagne de vaccination qui démarre bien puisqu'on est près de... on va plus vite que l'an dernier. On a
03:25 1,6 millions de vaccinés à l'heure où on se parle.
03:28 C'est pas la course aux chiffres. Moi ma préoccupation c'est que
03:33 d'abord les gens fragiles, la grippe ça peut être très très dangereux.
03:38 Ça peut aussi se transmettre, ça peut engorger les hôpitaux et donc la vaccination c'est là encore un outil facile, simple,
03:46 sécurisé.
03:48 Voilà et sur le Covid on a
03:50 une vaccination qui a franchi les 2 millions de vaccinés c'est à dire presque d'un million de plus
03:55 que l'année dernière à la même date.
03:58 Alors même qu'on parle moins du Covid ?
04:00 Alors même qu'on parle moins du Covid mais on en a parlé un peu plus tôt. Vous vous rappelez, moi j'avais décidé d'avancer de 15 jours
04:05 la campagne de vaccination. On a vu autour de nous, chacun de nous, plus de gens qui avaient le Covid donc on a
04:10 décidé d'avancer. C'était
04:12 c'était sans doute ce qu'il fallait faire. Donc on a 2 millions et quelques de vaccinés contre le Covid.
04:17 On en avait 1 million d'eux à pareille date l'an dernier. 1 million de sites de vaccination contre la grippe.
04:23 Et il faut continuer et on peut faire ces deux doses en même temps. Il faut faire Covid et grippe en même temps ?
04:28 Oui on le recommande vraiment s'il y a la haute autorité de santé.
04:33 Moi c'est de la médecine et des sujets par les preuves. C'est des scientifiques qui nous disent ça. La haute autorité de santé
04:39 dit profiter de faire l'un pour faire l'autre et on est totalement protégé.
04:43 Il n'y a pas plus de fatigue par exemple je pense aux personnes
04:46 âgées ou fragiles ? Elles ne seront pas plus fatiguées après un tel vaccin ?
04:49 Je sais et je comprends que ce soit une crainte parce qu'on réagit tous différemment au vaccin.
04:54 Mais aujourd'hui il n'y a aucune donnée qui montrerait qu'il y a une fatigue complémentaire
05:01 structurelle si je puis dire. Alors venons-en Aurélien Rousseau à ce chiffre.
05:04 Ces pénuries de médicaments. 4 000 médicaments en rupture de stock ou au bord de la rupture c'est ce qu'indique l'union des syndicats de
05:11 pharmaciens d'officine. On l'a dit ça concerne plein de médicaments. Des antibiotiques, des antidiabétiques, des antirejets, des traitements de
05:17 simiothérapie aussi parfois. Ce phénomène n'est pas nouveau. Ça fait un certain temps qu'on en parle.
05:23 Mais il s'aggrave disent les pharmaciens. 3 700 médicaments en tension on va dire ça comme ça l'hiver dernier. 4 000 aujourd'hui.
05:30 Qu'est ce qui cloche quand on regarde par exemple les chiffres de l'agence de sécurité du médicament.
05:35 A priori les labos,
05:37 ceux qui fabriquent les médicaments, ont tous du stock. 3 à 5 mois de stock sur chaque médicament. Et pourtant ils n'arrivent pas dans les pharmacies.
05:45 Alors justement vous avez raison. C'est pour ça que je disais tout à l'heure j'espère parce que je pense que les français en ont un peu assez
05:52 qu'on leur dise
05:54 voilà tout va se régler d'un coup de baguette magique. Moi j'essaie de comprendre et d'agir. On a 450 médicaments
06:00 qui sont mis sous surveillance par l'agence nationale de sécurité du médicament.
06:04 Et en effet globalement on a du stock au niveau national.
06:08 Et après certains de nos concitoyens ne trouvent pas. Après entre rupture et risque de rupture il y a toujours
06:15 cette ambiguïté. De même que tout à l'heure vous disiez
06:19 il y avait un sondage je crois qui dit que près de 90% de français disent qu'ils ne font pas de stock.
06:24 Mais on a tous quand même quelques boîtes de
06:27 médocs chez nous je pense que sans avoir le sentiment de faire des stocks on est tous un peu pharmaciens.
06:34 - C'est un reproche que vous adressez ? - Non alors c'est vraiment pas du tout un reproche.
06:40 - Mais vous appelez à la responsabilité ?
06:42 - En fait il y a les industriels, les grossistes répartiteurs. Vous savez c'est les petits camions qui vont livrer les pharmacies.
06:48 Il y a les pharmaciens et puis il y a les patients. Et c'est vrai que un peu comme quand s'annonce une grève des stations-services.
06:55 Quand on a peur qu'il y ait une pénurie de médicaments et bien on achète des médicaments un peu en avance.
07:00 - Donc on alimente le risque de pénurie ?
07:03 - Une fois que j'ai dit ça, moi je réunirai la semaine prochaine tous les acteurs de la filière pour comprendre.
07:09 Notamment il y a un point qui nous interroge et le projet de loi de financement de la sécurité sociale donnera ce pouvoir là
07:18 à l'agence nationale de sécurité du médicament. C'est que
07:21 il y a certaines très grosses pharmacies qui commandent direct aux industriels et qui font du surstock et donc des petites pharmacies qui elles
07:29 n'arrivent pas à avoir.
07:31 - Donc ça veut dire que ce ne sont pas forcément les labos qui jouent pas le jeu mais aussi certaines grosses pharmacies.
07:35 Enfin tout le monde est un peu responsable. Je voudrais qu'on prenne un exemple si vous le voulez bien monsieur le ministre.
07:40 La moxiciline qui est
07:42 l'antibiotique le plus utilisé. Vous avez décidé d'augmenter de 10% le prix de vente de ce médicament. C'est effectif depuis le 1er octobre et l'idée
07:50 c'était pour que les fabricants privilégient le marché français.
07:53 Depuis le 1er octobre, plus 10% donc. On est le 31, on a toujours du mal à trouver cette moxiciline.
07:58 Certains vous disent finalement vous avez fait un cadeau au labo et derrière ils jouent pas le jeu.
08:04 - Je crois pas qu'on ait du mal à en trouver à ce stade. On en trouve après. Ce qui est une vérité c'est que ces
08:10 produits dits "matures" dans toute l'Europe,
08:14 on a ces situations de pénurie. Donc ça n'est pas rassurant ou réconfortant parce que les autres vivent la même chose que nous.
08:21 Mais on a essayé d'anticiper en
08:23 proposant cette augmentation de prix. La plupart des labos ont accepté de jouer le jeu.
08:28 Et moi je vous assure que c'est tous les jours que j'ai sur mon bureau le tableau des ruptures
08:33 pour vérifier.
08:36 Ça fait partie des discussions qu'on a quand il y a un produit qui manque ou
08:40 j'appelle directement les patrons des labos pour comprendre ce qui se passe, pour voir où est le bouchon. Mais encore une fois,
08:48 dans ces cas là, il vaut mieux mettre tout le monde dans la même pièce et qu'on s'en parle parce que les français à la fin,
08:54 quand on doit faire deux fois, trois fois
08:56 une pharmacie pour trouver le Doliprane en suspension buvable.
09:01 - Et encore j'allais vous dire le Doliprane...
09:03 - Non mais je pense aux enfants parce qu'il y a eu ce sujet beaucoup quand on a une fièvre chez un petit.
09:08 On est toujours plus stressé que quand c'est pour...
09:10 - Donc vous nous annoncez ce matin que vous allez réunir l'ensemble des acteurs de la filière autour d'une même table la semaine prochaine, c'est ça ?
09:16 - Oui, le plus vite possible.
09:18 - Ceux qui ne jouent pas le jeu vont se faire remonter les bretelles, si j'ose dire ?
09:21 - Je pense qu'on a une responsabilité collective et que le pays a besoin de confiance.
09:26 Si on commence à avoir peur de ne pas pouvoir se soigner dans un pays
09:30 comme le nôtre, ça ne va pas. Par ailleurs, on a 25 produits les plus essentiels.
09:34 Le président de la République a décidé de faire des efforts de relocalisation.
09:39 - Oui mais sauf que ça ne règle pas le problème pour cet hiver.
09:40 - Oui, ça ne règle pas le problème pour cet hiver mais je veux dire, réagir en temps court,
09:46 ça n'exclut pas aussi de se dire que si on peut éviter que ce soit la même chose l'an prochain,
09:50 c'est toujours ça de pris. Par exemple,
09:52 Sanofi, dont on en parlera peut-être, va investir 20 millions de plus dans son usine de Lisieux
09:59 pour produire 150 millions de plus de boîtes d'oliprades.
10:02 Après, je le dis aussi simplement, plus on sera protégé des épidémies,
10:07 moins on aura besoin de médicaments. L'an dernier, on a eu cette pénurie majeure
10:12 parce qu'on avait trois épidémies en même temps.
10:14 - Merci beaucoup monsieur le ministre. - Merci.
10:16 et vous restez.
10:17 [SILENCE]
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