00:00 Albert Dupontel, le punk du cinéma français, est de retour avec une nouvelle satire politique très, très noire et à la fois un peu émouvante.
00:08 C'est second tour avec Cécile Defrance et Nicolas Marier.
00:12 Le téléphone va sonner.
00:14 [sonnerie de téléphone]
00:17 Allô ?
00:17 Vous avez deviné pourquoi je vous ai fait venir ?
00:20 Vous allez reprendre cette campagne ?
00:21 Je fais le foot maintenant.
00:22 Vous faites le foot parce que vous avez déconné avec la politique.
00:24 Je vous demande de faire un triomphe à notre futur président !
00:28 T'es égole, ce connard ! Bouffe ta merde !
00:30 Pardon ?
00:32 Je... Non, non, je parlais à Gus.
00:34 Maintenant que vous n'êtes plus au foot, tâchez de garder ce langage pour vous.
00:37 Je ne vais pas trop en raconter parce qu'il se passe énormément de choses avec beaucoup, beaucoup de surprises dans le film.
00:41 C'est un film vraiment à la manière de Dupontel, c'est-à-dire plein d'outrances.
00:46 Il y a beaucoup d'idées, certaines qui marchent, d'autres beaucoup moins.
00:49 Alors Samuel dit qu'il y a plein d'idées.
00:51 Ben, visuellement, pas beaucoup, en fait.
00:53 On se demande un peu ce qui est arrivé au formaliste Dupontel
00:57 qui a longtemps été un cinéaste extrêmement visuel, extrêmement énervé aussi,
01:02 qui avait plein de trouvailles comme ça de burlesques et d'un burlesque violent.
01:07 C'était un burlesque hargneux.
01:09 On pense à Bernie, on pense à Enfermé dehors, on pense au vilain, évidemment.
01:12 On se dit que ce film-là, finalement, il est dans sa lignée,
01:15 qui est à la fois assez grave et un peu plus sentimental.
01:18 La gravité, elle est vraiment dans le sujet même,
01:21 c'est-à-dire une élection présidentielle, peut-être un complot politique,
01:26 peut-être avec des chaînes de télé aux ordres, avec des financiers qui financent,
01:30 c'est leur rôle, avec une journaliste qui enquête.
01:33 Et cette idée que si le complot, ça visait à mettre des gens bien au pouvoir,
01:40 eh ben, ce serait pas si mal.
01:41 On voit bien ce qu'il fait rêver politiquement.
01:44 J'allais dire que c'est le côté du film que j'aime le mieux.
01:46 Cette idée qu'il faudrait laisser les grandes décisions
01:49 à des gens capables de les prendre, des scientifiques par exemple.
01:53 Et puis cette idée aussi que sans le journalisme d'investigation,
01:55 une démocratie n'est jamais un lieu sûr.
01:57 Après, ce qui est compliqué, c'est qu'on dirait que Dupontel se met un peu à la télénovela,
02:02 c'est-à-dire qu'il fait un film avec des rebondissements,
02:06 des complications scénaristiques dont on ne voit pas bien d'où elles sortent.
02:10 Là, on se demande si Dupontel n'a pas pris un petit coup de vieux.
02:12 Le punk, il est un peu à la retraite.
02:15 Pourquoi, même pas encore élu, le candidat nous cache déjà quelque chose ?
02:22 Je ne vais pas faire ce que les gens qui financent ma campagne ont prévu.
02:25 Et pourquoi ?
02:26 Si je le fais, ça va tout casser encore plus.
02:30 L'air, l'eau, le sol, ils sont trop forts, trop puissants.
02:33 Ils ne me le feront plus même quand je serai élu.
02:35 C'est vraiment la veine mélo de Dupontel.
02:41 Alors moi, ça ne me dérange pas du tout.
02:42 Moi, j'aime bien les mélos et j'aime beaucoup les cinéastes qui assument ça,
02:45 qui y vont à fond dans le mélo.
02:46 C'était vraiment le cas dans Adieu les cons.
02:48 Là, il y a encore de ça dans cette histoire vraiment très télénovalesque,
02:52 comme l'a dit Marie.
02:54 C'est un film qui est assez court par ailleurs,
02:55 qui doit faire une petite heure et demie.
02:57 Donc, le film est très, très, très dense.
02:58 Ça va peut-être presque un poil trop vite dans le scénario,
03:00 qui est peut-être effectivement inutilement compliqué.
03:03 Ce que je regrette un petit peu quand même dans le film,
03:05 c'est cet humour peut-être pas assez burlesque, pas assez visuel.
03:10 On sait que Dupontel est quand même très doué pour ça.
03:11 Le baromètre pour voir la qualité de l'humour de Dupontel,
03:14 c'est un second rôle très particulier, c'est Nicolas Marier,
03:17 qui à chaque fois dans les films de Dupontel,
03:19 il a un second rôle absolument génial.
03:20 Là, il est très drôle comme d'habitude dans ce personnage du J.R.I.,
03:24 fan de foot, en tout cas qui suit, qui essaie d'appliquer les codes
03:28 de la mise en scène du foot à la mise en scène politique.
03:30 Donc, c'est parfois assez drôle, mais c'est amusant.
03:33 Ça n'est pas hilarant.
03:35 C'est un petit peu à l'image de ce film, pas désagréable,
03:39 mais quand même un petit peu léger pour Dupontel,
03:41 qui nous a habitué à quelque chose de beaucoup plus costaud.
03:43 Allez, même si c'est un film inquiet,
03:45 c'est un film qui a envie de parler de son époque,
03:47 mais en le faisant un peu comme un vieux film,
03:49 d'une manière un peu vieillotte.
03:50 Allez, second tour, c'est pas mal.
03:52 Second tour a des défauts, mais mérite quand même d'être élu.
03:55 C'est bien.
03:56 Si on vous dit, enfin, il se passe quelque chose
03:58 dans cette campagne seporifique, que répondez-vous ?
04:00 C'était dans tes questions, ça ?
04:03 Non, les prévues ont déjà toutes été posées.
04:05 On croit qu'on va retourner au foot, non ?
04:07 [Musique]
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