00:00 Un couple d'étudiants brillants sur le point de postuler à l'ENA
00:03 est pris dans un drame dont on ne dira pas grand chose,
00:07 mais si ce n'est qu'il est du côté criminel de la force
00:10 et va voir tout son avenir politique remis en question.
00:13 Quand j'allais voir ta mère à l'hôpital,
00:20 tous les jours elle me disait,
00:21 tu verras, Madeleine un jour elle sera ministre.
00:24 Je lui disais non, pas ministre, présidente.
00:27 De Grandes Espérances est un film très classique dans sa forme,
00:30 mais un film très solide, très bien raconté,
00:33 très bien joué, mise en scène efficace.
00:35 Le point fort du film, ce sont les comédiens.
00:37 Alors Rebecca Marder, on va se dire c'est la nouvelle Isabelle Huppert,
00:40 il n'y a plus un film français sans Rebecca Marder,
00:42 mais tant qu'elle joue bien comme ça, ça peut continuer.
00:44 Elle est très juste dans le rôle d'une transfuge de classe,
00:47 une jeune femme issue d'un milieu très populaire.
00:50 Face à elle, il y a Benjamin Lavergne,
00:52 peut-être un peu trop âgé pour le rôle,
00:54 mais lui c'est pareil, c'est un peu un frégoli,
00:57 il peut vraiment tout jouer et là,
00:59 il est vraiment dans un rôle pas facile du tout,
01:01 parce que c'est vraiment un personnage très lâche,
01:03 pas du tout sympathique.
01:04 Il incarne vraiment cet anti-héros,
01:06 ce petit homme vraiment très faible,
01:09 avec beaucoup de conviction et beaucoup de talent.
01:11 Je rejoins complètement Samuel.
01:13 D'abord sur le côté solide du film,
01:15 bien fichu, bien écrit.
01:17 C'est ce qu'on appellerait, ou ce qu'on appelait autrefois,
01:20 un bon film du samedi soir.
01:21 Alors je vous rassure tout de suite, vous pouvez y aller un jeudi,
01:23 c'est pas ça la question.
01:24 Mais c'est vraiment le film carré comme on l'aime.
01:29 Ça se voudrait un peu un thriller,
01:30 moi j'ai du mal avec cette expression,
01:31 parce que pour moi le thriller,
01:32 ça sous-entend quand même de la tension, du suspense.
01:36 C'est pas tellement ce qui se joue là.
01:38 C'est quoi ce message que t'as écrit à Gabriel ?
01:41 Antoine, rappelle-moi, qu'est-ce que tu me fais là ?
01:43 On avait dit qu'on était deux, qu'on était ensemble.
01:46 Y'a un problème ?
01:49 C'était sur une route au milieu de nulle part.
01:52 Allez, avance !
01:54 Ça va pas ?
01:55 On s'est fait agresser avec mon copain.
01:57 Lâchez-moi !
01:59 Bougez pas !
02:01 Bougez pas !
02:03 Marie a pas tort, le film manque parfois un petit peu de tension
02:06 pour atteindre la dimension de vrai thriller.
02:08 Y'a quand même une scène très très forte,
02:09 alors je vais pas trop en dire,
02:10 c'est la fameuse scène par laquelle le malheur peut arriver
02:13 et va peut-être briser la carrière politique naissante des deux héros du film.
02:16 Et y'a une scène de tension entre Benjamin Lavergne,
02:20 puis Rebecca Marder et un troisième individu.
02:24 Là, la scène est quand même très très forte,
02:26 vraiment très très inquiétante.
02:27 Ce que j'aime beaucoup dans le personnage que joue Rebecca Marder,
02:30 c'est qu'elle est pas infiniment sympathique.
02:33 Elle a des zones d'ombre, elle a une ambiguïté en tout cas,
02:36 notamment dans les rapports qu'elle a avec son père.
02:38 Et Mark Barbet, qui est un comédien qui se fait un peu rare
02:43 et qui joue le père de Madeleine, de l'héroïne,
02:46 et qui est ce type un peu compact, taiseux, mystérieux,
02:51 un peu rustre on va dire,
02:53 et qui va se révéler assez touchant dans le film.
02:57 Et la relation entre les deux comme ça,
02:59 qui est une relation un peu passive-agressive,
03:01 qui est une relation de gens qui ne se parlent plus beaucoup,
03:04 mais qui vont se retrouver comme ça autour d'une bière,
03:07 ça marche vraiment bien dans le film.
03:09 Oui, je rejoins Marie, la qualité d'écriture du film aussi,
03:11 c'est la qualité des seconds rôles.
03:13 Il y a Emmanuel Berco, alors qui malheureusement
03:15 est trop souvent cantonné à des rôles d'hystérique au cinéma,
03:19 et là pour une fois, et un grand merci à Sylvain Declos, le réalisateur,
03:22 de lui donner un rôle beaucoup plus complexe.
03:24 Elle est très très juste vraiment dans le film,
03:26 sans en faire trop, ce qui encore une fois n'est pas si souvent.
03:29 Je ne vais pas y arriver.
03:30 Au revoir.
03:31 En temps de parler de toi, il faut que tu te dispresses.
03:33 Putain de lace Antoine !
03:35 Si tu t'étais défendu, on ne serait pas là.
03:37 Il faut qu'un bon avocat se prenne du sursis.
03:39 Il y a un truc que je ne sens pas chez toi.
03:42 Il y a quelque chose que tu ne dis pas.
03:44 Qu'est-ce que tu ne me dis pas ?
03:45 C'est un film politique comme on aime les faire en France,
03:52 c'est-à-dire qu'il n'y aura pas de nom,
03:54 on ne sait pas exactement sous quel gouvernement ça se passe,
03:57 alors il y a quand même des petites choses amusantes.
03:59 Il y a Thomas Tévenoud, ex-ministre qui était allergique à la paperasse,
04:03 et comme je le comprends,
04:04 qui joue le rôle du ministre du Travail,
04:06 et Raphaël Chevènement,
04:08 qui a collaboré au scénario,
04:10 fils de Jean-Pierre Chevènement apparemment.
04:12 De grandes espérances, c'est un film prometteur,
04:14 ça mérite un bon bien.
04:16 Samuel et moi on est d'accord, c'est un bon bien,
04:18 bon film du samedi soir pour tous les soirs de la semaine.
04:20 [Musique]
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