00:00 De nombreuses questions sur le chèque carburant.
00:02 Qui va pouvoir en bénéficier ?
00:04 On va voir ça en détail, notamment avec Gaëtan Mélin,
00:06 chef du service Éco de BFM TV.
00:08 Pour faire simple, Gaëtan, il y a déjà trois conditions.
00:11 Oui, la première, il faut travailler, il faut avoir un véhicule.
00:14 Attention, il peut s'agir d'une automobile,
00:17 mais il peut s'agir aussi d'un scooter,
00:20 dès lors que ça a un moteur, pour faire simple.
00:23 Et puis, bien sûr, c'est soumis à des conditions de ressources,
00:26 c'est-à-dire qu'il y a un plafond de ressources à ne pas dépasser
00:28 pour pouvoir percevoir ce chèque de 100 euros.
00:31 En gros, c'est 50% des plus modestes, disait le chef de l'État.
00:34 Évidemment, on va tous aller regarder,
00:35 mais ça commence à 1 300 euros pour une personne seule,
00:38 et ça augmente en gros jusqu'à 5 000 pour un couple avec trois enfants.
00:41 Oui, tout à fait, ce sont les cinquièmes premiers déciles,
00:44 donc vous l'avez dit, 1 314 euros nets par mois pour une personne seule.
00:49 Et effectivement, ça peut aller jusqu'à 5 255 euros nets par mois
00:54 pour un couple avec trois enfants.
00:56 Si on y a le droit, ça représentera quel montant ?
00:58 Alors, 100 euros, le chèque pour tout le monde.
01:01 Voilà, c'est pas 0,50, non, non, c'est vraiment 100 euros pour tout le monde.
01:07 On estime que ça correspond à une économie de 10 centimes
01:11 sur un plein de carburant pour un très gros rouleur.
01:14 Et le cabinet Astérez qui a fait ces calculs et qui estime que pour les ménages ruraux,
01:18 par exemple, les dépenses de carburant s'élèveraient à 2 400 euros par an
01:24 si on restait sur un prix du carburant égal à celui de septembre 2023.
01:31 En clair, ça ferait une économie sur le budget de carburant de près de 10 % pour ces personnes.
01:36 Le chef de l'État qui a dit hier par voiture et par an,
01:39 donc un couple qui a deux voitures, ça ferait 200 ?
01:41 Oui, tout à fait. Et même on peut même imaginer 300 puisque vous savez,
01:45 parfois vous avez sous votre responsabilité un jeune adulte
01:51 qui lui aussi a une voiture et qui travaille, donc lui aussi pourrait percevoir les 100 euros.
01:56 En fait, les conditions, c'est vraiment cela.
01:58 C'est condition de ressources, avoir une voiture ou un engin motorisé,
02:05 et puis bien sûr, travailler.
02:06 Alors justement, c'est la question de Geneviève qui, elle, ne travaille plus.
02:09 Elle est retraitée, retraite modeste, elle habite à la campagne,
02:12 où dit-elle "j'ai absolument besoin de ma voiture, vais-je toucher cette aide ?"
02:16 Eh bien non, parce que cette aide, elle est vraiment en direction des travailleurs les plus modestes.
02:20 Ça avait déjà été le cas en janvier prochain.
02:22 Alors les choses peuvent évoluer parce qu'on rappelle une chose, Roselyne,
02:25 c'est que pour le moment, c'est un dispositif qui fera partie du budget 2024
02:30 qui sera examiné mercredi prochain en Conseil des ministres.
02:33 Il arrivera donc à l'Assemblée nationale début octobre.
02:36 Et donc, on peut aussi imaginer que les députés l'amendent et élargissent finalement l'assiette.
02:42 Encore une fois, ça sera au parlementaire de se saisir de cette question.
02:48 Oui, parce que j'imagine que Marc aussi va être déçu.
02:50 Il est étudiant et donc lui non plus pas d'aide.
02:52 À moins qu'il travaille.
02:53 Voilà, c'est ça.
02:54 Mais s'il n'est qu'étudiant et qu'il a besoin de sa voiture pour aller en cours, ça marche pas.
02:57 Si il est étudiant et qu'il prend la voiture pour aller à l'université ou dans une autre école,
03:02 eh bien il n'aura pas le droit à ce chèque carburant,
03:04 à moins, encore une fois, de travailler et de pouvoir justifier d'un revenu.
03:09 Nadia Zian est avec nous également.
03:10 Bonjour, directrice du département consommation de l'association Familles Rurales.
03:13 Bon, on va essayer de voir le verre à moitié plein.
03:15 Au moins c'est ciblé cette fois-ci.
03:17 Au moins c'est ciblé parce que c'est ce qu'on demandait.
03:19 Effectivement, il y a beaucoup d'argent public qui avait été dépensé
03:23 sans distinguer qu'on ait ou non les moyens.
03:26 Avec la couverture de 10 ou 20 centimes à la pompe.
03:28 Et qu'on ait ou non accès à des transports publics.
03:30 Ce qui manque finalement dans les annonces d'hier s'agissant des carburants,
03:34 c'est des annonces plus structurelles.
03:35 Vous savez, aujourd'hui, on va parler planification écologique.
03:38 Ce qu'on aurait aimé entendre, nous, c'est la reconnaissance du président de la République
03:42 qu'il fallait faire quelque chose pour sortir les territoires ruraux de leur dépendance à la voiture.
03:47 Parce que finalement, là, on est en train de mettre un pansement sur une jambe de bois.
03:51 On traite les effets et pas les causes.
03:53 À quand allons-nous donc traiter les causes ?
03:56 Il y a le leasing social.
03:57 Exactement.
03:58 C'est quand même été annoncé par le président de la République.
04:00 Le leasing social, c'est que...
04:01 Ce qui est concrètement l'idée, c'est pour 100 euros, on attend les précisions là aussi,
04:04 mais pour 100 euros par mois, on aurait une voiture électrique.
04:06 C'est deux, voire trois fois moins cher que ce qu'on peut avoir aujourd'hui sur un petit mot.
04:11 Mais pour la petite histoire, moi, je vais aussi vous raconter
04:13 qu'on est acteur de microcrédit sur les territoires.
04:15 Le microcrédit, c'est quand les gens ne sont plus éligibles à des crédits classiques faute de moyens.
04:20 C'est très souvent des gens qui ne sont plus en situation d'emploi.
04:24 Et en milieu rural, c'est des gens qui ont très souvent besoin d'acheter une voiture pour pouvoir aller travailler.
04:29 Il y a aussi ce phénomène-là.
04:30 On aurait aimé entendre le président là-dessus, puisque l'ensemble des budgets
04:33 qui sont consacrés aux acteurs qui proposent du microcrédit en France vont être coupés.
04:38 Jusqu'à présent, c'est la Caisse des dépôts qui les prenait en charge.
04:42 Nous, accompagner une personne en réinsertion à famille rurale, on l'a chiffré,
04:45 ça nous coûte 170 euros.
04:48 Le sortir du système de l'emploi demain, ne serait-ce que le mettre au RSA, ça coûtera deux fois plus par mois.
04:54 Donc, il y a aussi ce genre de considérations qui n'ont pas du tout été prises en compte
04:58 et dont on espère qu'ils vont être rediscutés, notamment au moment de la loi de finances,
05:04 parce que tout ça, c'est des petits budgets qui permettent justement la réinsertion.
05:08 Et pour en revenir à votre question, effectivement, dans le cadre d'un microcrédit,
05:12 on a cette conscience d'encourager l'achat de véhicules propres.
05:16 Donc forcément, tout ce qui touche à l'achat de véhicules propres, on y est favorable.
05:20 Mais il ne faut pas concentrer tous les efforts sur la voiture,
05:23 c'est-à-dire que la solution ne consiste pas en transformer le parc automobile en véhicule électrique.
05:33 Ce n'est ni d'un point de vue environnemental intéressant,
05:36 ni une solution pour encore une fois proposer autre chose que la voiture pour se déplacer en milieu rural.
05:43 Merci beaucoup à toutes les deux.
05:44 Et on rappelle, cette aide n'est pas pour tout de suite, Gaëtan, c'est 2024.
05:48 Et il faudra la demander parce qu'en janvier dernier, il y avait quoi ?
05:50 Un bénéficiaire potentiel sur deux seulement qui l'a demandé.
05:53 4,35 millions de Français ont effectivement fait les démarches pour obtenir ce chèque carburant.
06:00 Au départ, le gouvernement visait 10 millions de travailleurs modestes.
06:03 Donc vous voyez effectivement moins d'un sur deux.
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