00:00 Ça me met très en colère de voir ça, parce que c'est une pratique qui est malhonnête et qui est, j'ai envie de dire, le stade ultime de l'inflation.
00:08 Jusqu'à présent, on avait des prix qui augmentaient très fortement pour la même quantité et maintenant, c'est le dernier stade.
00:14 C'est-à-dire qu'en plus d'augmenter les prix, on réduit les quantités.
00:17 Je dis que c'est malhonnête parce que l'objectif, en fait, c'est d'arnaquer les gens, y compris ceux qui sont les plus précaires, les plus en difficulté.
00:24 C'est ceux qui se disent « bon, maintenant, c'est trop cher, je n'achète pas ». L'industriel a une stratégie pour lui faire acheter quand même pour le tromper.
00:32 Donc, je pense que c'est un vrai problème et qu'il faut agir avec fermeté.
00:36 Vous l'avez dit, c'est une pratique illégale, mais il ne tient qu'à nous.
00:39 Là, quand je dis « nous », c'est des parlementaires, de rendre cette pratique illégale.
00:42 C'est pour ça que mon groupe parlementaire, la France Insoumise, il y a quelques semaines, nous avons déposé une proposition de loi.
00:48 Alors, j'ai vu Mathilde Panot, qui a fait ce petit tweet, peut-être qu'on peut le voir.
00:53 « Je dépose ce jour une proposition de loi pour interdire la réduflation ». Elle l'a fait à la française.
00:59 On a utilisé le mot de nos amis québécois pour désigner ce phénomène.
01:03 Consistant à dissimuler les hausses de prix en réduisant en catimini la quantité du produit vendu est une pratique commerciale trompeuse qui doit être prohibée.
01:11 Du tac au tac, Olivier Grégoire, la ministre, lui a répondu.
01:14 En gros, je n'ai pas attendu Mathilde Panot pour agir. Peut-être qu'on peut voir ce qu'elle dit, Olivia Grégoire.
01:21 Heureusement qu'on n'a pas attendu votre proposition de loi pour agir.
01:24 Dès 2022, j'ai demandé à la DGCCRF d'enquêter sur la shrinkflation.
01:29 Dès juin, j'ai annoncé que je saisirai le Conseil national de la consommation pour étudier une évolution de la loi sur le sujet.
01:35 Ça sera fait d'ici 15 jours. Donc, il y a des choses qui sont faites, visiblement.
01:37 Non, mais écoutez, c'est comme sur l'inflation en général.
01:40 On a un ministre de l'économie, Bruno Le Maire, qui nous dit « je demande aux industriels de contenir les prix ».
01:46 Et là, on a une autre ministre, Olivia Grégoire, qui nous dit « j'agis sur ce sujet de la réduction des quantités ».
01:52 Mais on a bien compris le sujet. Il refuse de prendre la moindre mesure contraignante envers l'industrie agroalimentaire.
01:58 Et du coup, il parle, il parle, il demande, il demande. Mais en attendant, sur le terrain, les prix continuent d'augmenter.
02:03 Donc, moi, je pense qu'à un moment, il faut être ferme.
02:04 Et j'ai même la conviction d'une chose, c'est qu'à partir du moment où on fera voter une loi pour interdire cette pratique,
02:09 il n'y aura même plus besoin de se battre avec les industriels, parce qu'à partir du moment où on pose clairement les limites,
02:14 qu'on a un peu d'autorité, on parle beaucoup d'autorité en fait rentrée scolaire,
02:17 là, peut-être qu'on peut avoir un peu d'autorité vis-à-vis de la grande distribution et des industriels de l'agroalimentaire.
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