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François Ruffin, député de la Somme et président de "Picardie Debout", était l'invité du "Face-à-Face" sur BFMTV et RMC ce vendredi 1er mai.
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00:00Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour François Ruffin et merci d'avoir accepté
00:06notre invitation.
00:07Je le rappelle, vous êtes député Picardie Debout de la Somme à l'Assemblée Nationale, candidat également à l'élection
00:13présidentielle dans le cadre d'une primaire.
00:16Quelle primaire parle-t-on vraiment ? On en parlera ensemble. Merci d'être là, oui, en ce 1er mai,
00:22en ce 1er mai Fête du Travail.
00:24Et une fois n'est pas coutume, François Ruffin se face à face, j'ai un petit cadeau pour vous.
00:29Un petit cadeau pour vous, des brins de muguet, comme c'est la tradition, quelques brins de muguet que je
00:34vous offre donc ce matin, que vous acceptez avec plaisir, même si je vous dis que ce matin je l
00:39'ai acheté ça chez un fleuriste.
00:40Je me doute que c'est la question que vous alliez me poser.
00:43Ah, vous me trouvez si prévisible. Oui, je les ai achetés chez un fleuriste qui a pu ouvrir aujourd'hui
00:47et dont la patronne s'est dit particulièrement satisfaite de pouvoir vendre son muguet avec ses salariés.
00:53Est-ce que vous dites bravo ?
00:54Je dis moi, la société elle a besoin de rites, elle a besoin de tradition et moi je suis partisan
01:00de tradition.
01:00Le 11 novembre et le 8 mai, on célèbre nos anciens combattants où on se repose le dimanche, où le
01:081er mai c'est un jour chômé et on manifeste pour le travail.
01:12Mais vous dites quoi à cette fleuriste justement qui disait, moi ce matin en effet je suis contente de pouvoir
01:17vendre mes brins de muguet et mes fleurs ?
01:18Si elle, elle travaille, c'est son droit. En revanche, normalement les salariés, eux, ne doivent pas travailler le 1er
01:23mai.
01:24Mais sa salariée était volontaire, sa salariée payait double, en tout cas c'est ce qu'elle m'a dit,
01:28sur ce principe-là.
01:29C'est ce qu'on a dit pour le travail du dimanche et puis finalement ça s'est normalisé.
01:32Mais vous savez, aujourd'hui la grande question du travail c'est pas ça, d'accord ?
01:36Je suis pas d'accord avec cette évolution, je pense qu'on a besoin de rites, on a besoin de
01:39tradition de notre pays.
01:40Mais vous avez eu en une semaine, 4 jeunes, 4 mineurs qui sont morts, soit en apprentissage, soit en stage.
01:48Ça veut dire qu'en ce moment, il y a 4 mères qui pleurent leur enfant.
01:51Effectivement, des drames personnels terribles.
01:53Et c'est 1000 morts par an en France.
01:56Nous sommes la médaille d'or en Europe pour le nombre d'accidents du travail.
02:00Mais c'est pas tout. Nous avons doublé, nous sommes au-delà des 100 000 personnes qui chaque année ont
02:06exclu du travail par inaptitude,
02:08c'est-à-dire broyé physiquement ou psychiquement.
02:10Vous avez une multiplication des burn-out dans notre pays.
02:15C'est une épidémie. Tous les épidémiologistes le reconnaissent.
02:19En nous disant ça ce matin, Juste-François Riffon, vous nous dites quoi ?
02:22Que le travail le 1er mai, autoriser certains commerces à ouvrir, c'est le petit bout de la lorgnette ?
02:26Non, oui, tout à fait. Là on doit se demander.
02:28Vous savez, le travail est le socle de notre société.
02:31Depuis 40 ans, ce travail est maltraité. Il est méprisé. Il est dévalorisé.
02:35Mais quand 74% des Français se disent favorables à l'ouverture le 1er mai ?
02:38Je vous dis mon opposition, mais je vous demande, Mme Chantret, de prendre...
02:41On est le jour de la fête des travailleurs.
02:44On est le jour du droit du travail.
02:46Je vous demande ce jour-là de prendre en considération que le travail dans notre pays va très mal.
02:50Mais du coup, ce ne sont pas seulement les travailleurs eux-mêmes qui vont mal.
02:54où on a un taux de stress au travail qui est 4 fois supérieur à nos voisins allemands.
02:58Des burn-out en série.
03:00Mais du coup, c'est en vérité tous nos services qui vont mal.
03:02Ça va mal dans les usines, ça va mal à l'hôpital, ça va mal dans l'éducation nationale.
03:07Et donc, je viens dire moi, et que fait le gouvernement ?
03:10Il vient supprimer des sécurités pour les travailleurs, pour les salariés.
03:15Il a supprimé le comité d'hygiène et de sécurité sur les conditions de travail.
03:19Et ça, vous le dénoncez ?
03:20Bien sûr, je le dénonce ça avec force, parce que le travail est le socle de notre société.
03:25Mais quand des apprentis, et encore une fois, vous avez raison de le souligner, décèdent,
03:29ce sont des drames personnels, ce sont des drames indignes.
03:32Ça, on est bien d'accord sur ce point, mais est-ce que le gouvernement peut être pointé du doigt
03:36?
03:36Il ne peut pas être responsable du tout ?
03:38Oui, c'est un choix qui est fait par nos dirigeants politiques et économiques depuis 40 ans maintenant,
03:41et qui s'est accrue sous Emmanuel Macron, de considérer le travail comme une variable d'ajustement
03:46et d'en supprimer les sécurités.
03:49Voilà.
03:49Et ne serait-ce que ça, vous savez, je vous dis, épidémie de burn-out.
03:53Partout.
03:54J'étais avec des femmes de ménage à Vesoul, non seulement elles ont mal au bras, elles ont mal au
04:00dos,
04:00mais en plus, du jour au lendemain, on leur dit, vous irez travailler à Besançon,
04:04une heure de route à l'aller, une heure de route au retour.
04:06Qu'est-ce que ça fait ?
04:06Imposer, imposer.
04:07Imposer.
04:08Ça leur fait péter un câble.
04:11Nous, on est là depuis 11 ans, on est là depuis 18 ans, ça les fait craquer.
04:15C'est comme ça ?
04:16Maintenant, il y a plein de gens en burn-out.
04:18Qu'est-ce qu'on fait face à ça ?
04:19Est-ce qu'on laisse faire ?
04:20C'est ce que fait le gouvernement.
04:21Ou est-ce qu'on dit, comme je le dis, broyeur, payeur ?
04:24Vous savez, Gabriel Attal avait dit, à propos des carreaux, tu casses, tu payes.
04:30Eh bien, pourquoi ce qui est vrai pour un carreau, l'est pas pour l'humain ?
04:33On a des entreprises aujourd'hui qui produisent du burn-out en série.
04:37Tu casses de l'humain, tu répares l'humain et tu payes pour l'humain.
04:41Tu répares, notamment les payants mieux.
04:43C'est un des actes de votre campagne.
04:46Pour la présidentielle, on en reparlera avec vos propositions que vous faites.
04:50D'ailleurs, vous parlez de Gabriel Attal.
04:51Il le dit d'ailleurs dans le Figaro.
04:53Il présente ses propositions économiques avec cette formule.
04:57Le droit au travail, mais finalement le faciliter.
05:03C'est-à-dire que oui, au droit du travail, mais le faciliter dans ses règles et dans ses normes.
05:09Est-ce que vous pensez là-dessus que ça va dans le bon sens ?
05:12Il a un air jeune, Gabriel Attal, mais en vérité, il vient raconter ce qu'il raconte depuis 40 ans.
05:16Ce qu'ont raconté Thatcher et Reagan dans les années 80.
05:19Ce qu'on a mis en œuvre depuis.
05:21Est-ce qu'Emmanuel Macron a fait quand il était au ministère de l'économie ?
05:24C'était les lois de travail.
05:25Ce qu'il a fait encore quand il était président de la République.
05:29Vos propositions, c'est un SMIC ?
05:31Mes propositions, c'est une rupture avec ça.
05:33Et un SMIC à 1700 euros net, notamment ?
05:35C'est une rupture avec le considérer que le travail soit un coût.
05:38Le travail est pour notre société un atout.
05:40Ce n'est pas un coût.
05:41Donc, il faut cesser de le mépriser, cesser de le dévaloriser.
05:44Et donc, en effet, il faut...
05:45Vous savez, le SMIC en France, c'est le pays d'Europe
05:49où il a le moins augmenté ces dix dernières années.
05:51Il va être valorisé normalement au mois de juin.
05:52Si l'inflation se confirme, un peu plus de 2%, il va suivre l'inflation.
05:56Ce n'est pas suffisant.
05:57Vous savez, la semaine dernière, j'étais à Poitiers
06:01avec des soignantes en EHPAD.
06:02Elles touchent 1700 euros alors qu'elles s'occupent des personnes âgées.
06:05Elles s'efforcent de leur donner de la tendresse.
06:07Même si l'ascenseur est en panne, elles courent dans les escaliers.
06:11Et à la fin, c'est 1700 euros.
06:12Qu'est-ce qu'elles racontent ?
06:13On prend des marques éco-supermarchés.
06:15Bien sûr, on n'ira pas aux vacances.
06:17On ne fera pas de resto, pas de McDo, mais elles se sont habituées à sauter des repas.
06:21Elles ne prennent plus le petit-déjeuner.
06:22Donc aujourd'hui, vivre avec le SMIC dans le pays, essayer.
06:26Et que le travail paye mieux, même si vous, en imposant possiblement un SMIC à 1700 euros net,
06:32certaines petites entreprises, certains petits patrons ne pourront pas se le permettre.
06:36C'est ça aussi peut-être une forme de double peine.
06:39La double peine aujourd'hui, et j'en l'entends très bien,
06:41mais c'est qu'on a des petites entreprises qui payent plus d'impôts que les grosses,
06:46qui reçoivent moins d'aide que les grosses,
06:48alors que ces dix dernières années, elles ont créé près de 300 000 emplois.
06:52Et vous avez des grosses entreprises qui payent moins d'impôts,
06:55qui reçoivent plus d'aide, et qui ces dernières années ont supprimé 300 000 emplois.
06:59François Ruffin, parlons des grosses entreprises.
07:01Parce que le temps file, et j'ai vraiment envie de vous interranger sur de nombreux sujets.
07:05Des grosses entreprises, c'est Total Energy.
07:07Total Energy, cette semaine, qui a dévoilé ses résultats.
07:11Ce mercredi, le géant français des hydrocarbures a publié un bénéfice net
07:15de près de 6 milliards de dollars, soit environ 5 milliards d'euros,
07:19en hausse de 51% sur un an.
07:22Est-ce que vous dites, comme le premier secrétaire du Parti Socialiste,
07:25qu'il y a une forme d'indécence dans ces chiffres ?
07:28Vous savez, 5 milliards d'euros, c'est ce qu'a reçu l'État
07:32quand on a privatisé cette entreprise-là, Elf Aquitaine Total.
07:36Et donc, en un trimestre, ils font le bénéfice de ce qu'on a retiré,
07:40de la vente de ça, de ce qui était un joyau pour l'État français.
07:44Donc, évidemment, c'est indécent.
07:46Mais surtout, à quoi ça sert ?
07:47Ils sont très fiers d'en dire dans leur communiqué.
07:50Voilà, nous sommes l'entreprise pétrolière
07:53qui va le plus augmenter ses dividendes pour les actionnaires.
07:55Et ils ajoutent, cette année, il y aura 1,5 milliard d'euros de rachats d'actions.
07:59Ce n'est pas cette année, c'est ce trimestre.
08:01Qu'est-ce que c'est que les rachats d'actions ?
08:02C'est utiliser l'argent pour supprimer du capital,
08:06pour faire monter l'action.
08:08Donc, c'est-à-dire que ces 6 milliards d'euros-là,
08:10ils pourraient être utilisés, allez, pour sortir des énergies fossiles,
08:15pour investir pour l'avenir.
08:17C'est ce que lui demande en partie le gouvernement.
08:19Si je vous écoute, Sébastien Lecornu a dit,
08:21il faut que ces super profits soient redistribués d'une manière ou d'une autre.
08:25Une forme d'injonction.
08:26C'est ce que demande.
08:27Vous savez, on a passé des années à avoir Bruno Le Maire demande,
08:30Bruno Le Maire demande, Bruno Le Maire demande.
08:32Là, il s'agit d'agir.
08:34Là, c'est Sébastien Lecornu demande, Sébastien Lecornu demande.
08:36On a Sébastien qui demande.
08:38Vous n'y croyez pas une seconde ?
08:39Je n'y crois pas.
08:39Vous savez ce que ça dit, tout ça ?
08:41Il y a une phrase dans Les Echos, le journal de mon ami Bernard Arnault,
08:44qui disait, le dividend des rois.
08:46Voilà qui règne aujourd'hui sur le pays.
08:48En vérité, on a un travail, on a une société qui est organisée à destination des financiers.
08:53Vous voterez donc la proposition de loi déposée par vos collègues socialistes, encore une fois,
08:58pour viser ces super profits.
09:00Ça va dans le bon sens, selon vous ?
09:01Je la voterai sans difficulté.
09:04Maintenant, il y a d'autres choses à faire en matière d'énergie,
09:07et même sur tout le reste, parce que l'inflation, ça n'a pas resté là.
09:10Ça va aller sur l'alimentation.
09:12Il y a quelque chose qui a existé pendant des décennies,
09:14qui a fait notre prospérité.
09:15Ça s'appelle le contrôle des prix et des marges.
09:17Ça a existé jusqu'en 1986.
09:19Ça a marché.
09:20Il y avait des inspecteurs qui allaient vérifier qu'il n'y avait pas trop de profits,
09:23qui étaient faits à la fois sur le pain ou sur l'essence.
09:25Ça a été mis en place par le gouvernement.
09:27Il y a eu des contrôles faits dans certaines stations-service.
09:29Non, il y a eu de vagues contrôles qui ont été faits,
09:32mais ce n'est pas un contrôle organisé dans la durée des prix et des marges
09:35et sur tous les produits qui sont aujourd'hui essentiels.
09:38Mais est-ce que vous pouvez dire que Total, aujourd'hui,
09:39est un fleuron de notre industrie française ?
09:42Quand vous entendez certains responsables politiques dire
09:44« arrêtons le Total bashing, ça suffit,
09:46ça reste aussi une entreprise française dont on doit être fier »,
09:50c'est une forme de réalité aussi qui fait prospérer la France sociale internationale.
09:54Je serais fier si cette entreprise-là, elle servait,
09:57si elle servait à la fois les salariés,
09:59mais aussi, par exemple, vous allez dans une pompe à essence.
10:01Il y a marqué « Total » partout.
10:02Il y a « Total » sur la veste,
10:04il y a « Total » sur la pompe,
10:05il y a « Total » tout ça.
10:06Vous interrogez la personne qui fait le service.
10:08Elle, elle n'est pas totale.
10:09Elle est franchisée.
10:10On la paye 1300 euros en dessous du SMIC
10:12parce qu'on lui demande de faire un temps partiel.
10:14Donc, quand on fait des bénéfices aussi gigantesques que ça,
10:18on a du respect.
10:19On a du respect pour la nature aussi.
10:20On a du respect pour l'avenir et on investit.
10:22Vous savez, Éric Lombard, ministre de l'économie,
10:26ancien ministre de l'économie,
10:27qui était un banquier,
10:29disait « Voilà, quand j'ai commencé comme banquier,
10:31le taux de rentabilité exigé des actionnaires,
10:34c'était 7 à 8 %, maintenant c'est 15 %,
10:36résultat, on ne peut pas donner en salaire,
10:38résultat, on ne peut pas investir pour l'avenir
10:40et en particulier sur la transition écologique. »
10:42Sur ces actionnaires, une courte parenthèse,
10:43650 000 chez Total,
10:45sur peut-être la caricature qui est faite de l'actionnaire.
10:48Il y a des milliers de tout petits actionnaires,
10:51des particuliers.
10:52C'est absolument faux, Madame Chantré.
10:54Moi, j'entendais des témoignages
10:56des particuliers fonctionnaires
10:58qui ont pu investir quelques centaines d'euros.
11:01Certes, ils retrouvent des dividendes,
11:02mais encore une fois,
11:04on n'a pas peut-être à les pointer du doigt.
11:06C'est aussi les jeux du marché.
11:0896% des dividendes vont pour le pourcent qui est le plus élevé.
11:11Pour le pourcent du haut.
11:13Quand on participe à des assemblées générales d'actionnaires,
11:16et ça m'arrive,
11:17les votes, ils sont à 97, 98, 99%
11:20et ils sont concentrés.
11:21En vérité, le capital est hyper concentré
11:23aujourd'hui entre quelques mois.
11:24François Ruffin,
11:25les perspectives restent sombres.
11:27Le cours du baril du Bren,
11:28selon certains experts,
11:29pourrait exploser.
11:30Attendez 150 dollars
11:31si le détroit d'Ormousse restait bloqué.
11:33Des Français, selon un sondage élab,
11:35qui disent s'attendre
11:36à ce que le président américain
11:38frappe de nouveau.
11:41concernant la guerre au Moyen-Orient,
11:42l'inquiétude est à 87%
11:44chez nos compatriotes.
11:45Et puis des chiffres,
11:46une inflation à plus de 2%.
11:48Vous pensez qu'une colère sociale,
11:50ou vous la souhaitez d'ailleurs,
11:51s'exprime dans la rue,
11:53une manifestation doit avoir lieu demain.
11:55Est-ce que vous sentez ça ?
11:56Je souhaite que les personnes
11:58passent d'une colère froide
12:00à un espoir chaud.
12:02L'espoir chaud s'exprime comment ?
12:04Mais là, on est plutôt
12:05dans des temps de résignation,
12:06d'abattement.
12:07Donc je souhaiterais
12:07qu'on sorte de ça.
12:08Mais au-delà de ça,
12:09ce qu'on doit venir dire nous,
12:10c'est qu'il y a la possibilité
12:12d'avoir une protection.
12:13Évidemment,
12:13d'avoir une protection militaire
12:14pour qu'on n'ait pas de danger,
12:17mais aussi d'avoir une protection
12:18sur le travail des gens,
12:19une protection sur les prix,
12:20une protection sur leur salaire.
12:22– Mais vous êtes entier
12:23comme la majorité des Français.
12:25Un sénateur socialiste disait
12:27« Notre pays est au bord
12:29d'une nouvelle explosion sociale.
12:30Le mouvement des Gilets jaunes
12:31est né dans une station service. »
12:33C'était il y a 48 heures.
12:34Voilà ce qu'il déclarait.
12:35Est-ce que vous êtes d'accord
12:36avec ce diagnostic ?
12:37Est-ce que vous sentez ?
12:38Vous êtes dans des meetings.
12:39Vous étiez à Lyon.
12:40Vous êtes au contact
12:41de la population.
12:42Est-ce que vous sentez
12:42cette colère monter ?
12:43– Il y a une colère qui monte,
12:45mais c'est une colère froide.
12:47– Qui n'aura pas
12:48le mot de expression
12:49des Gilets jaunes.
12:49– Je viens dire, Mme Chantret,
12:50je viens dire, il y a des solutions
12:52qui existent si jamais
12:53on veut le faire.
12:54Si on ne veut pas laisser faire
12:55le marché.
12:55La crise Covid,
12:56la guerre en Ukraine
12:57a fait que l'inflation
12:59est venue arracher
13:00du pouvoir d'achat aux gens.
13:01Ce n'est pas une fatalité.
13:02Vous remettez l'indexation
13:03des salaires sur l'inflation
13:04qui a existé jusqu'en 1983,
13:06qui a été très utile
13:07pendant les 30 golorieuses.
13:09Vous remettez ça,
13:10les Français,
13:11ce n'est pas eux
13:11qui payent le fait
13:12qu'il y ait de l'inflation.
13:14Ça grimpe avec l'inflation
13:15et je vous le redis,
13:16ça a existé pendant des décennies
13:18où on a eu de la prospérité.
13:19Donc maintenant,
13:20il y a un choix en fait,
13:21le grand choix pour 2027,
13:22pour moi,
13:22il est celui-là.
13:23Est-ce qu'on laisse faire le marché
13:24ou bien est-ce qu'il y a
13:25des secteurs
13:26où il n'y a pas de marché,
13:27nos enfants sur les crèches,
13:28nos personnes âgées
13:29sur les EHPAD
13:30et il y a des secteurs
13:31où le marché,
13:31il est régulé
13:32sur le logement,
13:33sur l'énergie,
13:34sur les questions
13:35qui sont essentielles
13:35pour les Français.
13:36– Et ce seront les thématiques
13:37principales de votre campagne,
13:39sans nul doute.
13:39– Et on a pour l'instant
13:39des dirigeants
13:40qui décident
13:41de laisser faire le marché.
13:42Ça produit
13:43une très grande instabilité.
13:44– À ce moment de l'interview,
13:45j'aimerais revenir
13:45sur des propos
13:46que vous avez tenus
13:48cette semaine,
13:48François Ruffin,
13:49qui ont suscité
13:50un tollé
13:51chez vos ex-amis
13:53de la France insoumise
13:54à l'occasion,
13:55évidemment,
13:56des propos
13:56du président de la République
13:57sur ses travailleurs étrangers.
14:00Il parlait de médecins,
14:01notamment,
14:01venant de l'or
14:02hors de l'Union européenne.
14:03Vous avez pointé du doigt
14:05les dangers
14:05d'un recours excessif
14:07à une main-d'œuvre étrangère.
14:09La France,
14:10dites-vous,
14:11ne doit pas faire appel
14:12à des médecins algériens,
14:13tunisiens, roumains.
14:13Elle doit avoir
14:14ses médecins.
14:16Et la France insoumise
14:17d'embrayer,
14:17je le cite,
14:18« Ruffin troque le rouge
14:20pour le brun
14:20en divisant les travailleurs.
14:22Le souverainisme,
14:23le chôminisme
14:24mènent fatalement
14:25à une politique
14:26xénophobe
14:26digne du RN. »
14:27Voilà comment on parle
14:28de vous
14:28chez vos ex-amis.
14:29– D'abord,
14:30je veux remercier
14:31les médecins,
14:32les médecins roumains,
14:33les médecins tunisiens,
14:34les médecins algériens
14:34qui font le travail de soin
14:36au plus près des Français
14:37et souvent dans nos campagnes,
14:39dans les endroits
14:39les plus reculés.
14:40Donc, merci à vous.
14:41Maintenant,
14:42est-ce que je considère
14:43comme normal
14:43que la France
14:44ne forme pas
14:45ses propres médecins,
14:46que la France
14:47aille quelque part
14:47piller des talents
14:49sur lesquels
14:50des gouvernements
14:51à l'étranger
14:52ont investi
14:52temps et argent ?
14:53Non,
14:53je ne trouve pas ça normal.
14:54Je souhaite que
14:55tous les gens
14:56qui sont dans notre pays,
14:58qu'ils aient des papiers
14:59ou qu'ils n'aient pas
14:59de papiers,
15:00puissent être accueillis
15:02comme il faut,
15:02qu'ils puissent être
15:03accueillis comme il faut
15:04sur, évidemment,
15:06le logement,
15:07sur la langue,
15:08sur l'école
15:09pour leurs enfants
15:10et sur le travail.
15:11Aujourd'hui,
15:12c'est complètement
15:13désordonné,
15:14c'est complètement
15:15désorganisé.
15:16Donc, je dis
15:17que je veux l'accueil
15:17plein et entier
15:18pour les personnes
15:19qui se trouvent
15:19sur le territoire français.
15:20Mais non à une émigration
15:21excessive pour le travail ?
15:23En revanche,
15:23je refuse
15:24le plan
15:25d'importation
15:26massive
15:27de main-d'oeuvre étrangère
15:28sur les services
15:30que programme,
15:30par exemple,
15:31le MEDEF
15:31puisqu'il dit
15:32voilà,
15:32il nous faut plus de 5 millions
15:34de travailleurs étrangers
15:36et là-dessus,
15:37il nous faut,
15:38il y en aura 1,5 million
15:39naturellement,
15:40il nous faut,
15:40il en faut 3 millions.
15:41Vous dites quoi,
15:41François Ruffin ?
15:42La gauche sur ce point-là
15:43a été quoi ?
15:44Trop naïve
15:45ces dernières années ?
15:45Parce que vous comprenez
15:46que ça puisse,
15:48chez vos amis,
15:49des insoumis heurter
15:50ou en tout cas surprendre.
15:51Mais je le dis
15:53parce que je le dis
15:53parce que vous savez
15:54mon attachement
15:55au métier de service,
15:55auxiliaire de vie,
15:56femme de ménage
15:57et je vois bien
15:57comment le patronat
15:59des EHPAD,
16:00il réclame
16:01de la main-d'oeuvre
16:02subsaharienne
16:02pour venir sur ces métiers-là.
16:04Je dis non,
16:04construisons pour ces métiers-là,
16:05statut et revenu.
16:06Mais en fait,
16:06je m'inscris dans une grande tradition.
16:08Vous savez,
16:08Madame Chantret,
16:10qui disait
16:10ce que nous ne voulons pas,
16:12c'est que le capital international
16:14aille chercher la main-d'oeuvre
16:15sur les marchés
16:16où elle est la plus avide,
16:17humiliée, dépréciée
16:18pour la jeter sans contrôle
16:19et sans réglementation
16:20sur le marché français ?
16:21C'est Jean Jaurès.
16:22Un grand homme de gauche, oui.
16:23Qui disait
16:24nous ne pouvons admettre
16:25une immigration
16:25qui viendrait aggraver
16:26la crise du travail ?
16:27C'est Léon Blum.
16:28Qui disait,
16:29là, c'est beaucoup plus récent.
16:30Nous disons,
16:31honte à ceux
16:31qui organisent l'immigration
16:33par les traités de libre-échange
16:34et qui l'utilisent
16:35pour faire pression
16:36sur les salaires
16:36et les acquis sociaux.
16:37Un certain Jean-Luc Mélenchon ?
16:38C'était Jean-Luc Mélenchon
16:39en 2018.
16:41Donc, je m'inscris
16:41dans une tradition
16:42qui estime que
16:44tout le monde
16:45a sa place,
16:45tous ceux qui sont
16:46sur le territoire français
16:47ont leur place,
16:48doivent pouvoir travailler
16:48à la fois pour eux-mêmes
16:50et pour produire
16:51pour notre pays.
16:52Mais qu'on ne doit pas
16:53aller chercher
16:53les talents à l'étranger
16:55pour les utiliser chez nous.
16:57Et le fait que
16:57de voir circonscription
16:58à la dernière élection,
17:00vous ayez été élu
17:01face à une candidate
17:02erenne
17:03à très peu de voix.
17:04Finalement,
17:04ça ne s'est joué à rien.
17:06N'explique pas aussi...
17:07Je ne parle pas
17:08de changement de pied,
17:08c'est sans doute
17:09très cohérent
17:09avec ce que vous avez déjà dit,
17:10mais avec quelque chose
17:12qui va peut-être
17:13à l'encontre
17:13de ce que disent...
17:14Ça n'a rien à voir
17:15avec ça,
17:15madame Chantray.
17:16Pas du tout avec
17:17ce qu'est le RN
17:18dans le pays
17:19et avec ses propositions également.
17:20L'avantage que j'ai eu,
17:21c'est que j'ai eu 20 ans
17:22avant d'entrer en politique.
17:23J'ai eu 20 ans
17:24pour mûrir ma pensée.
17:25J'ai eu 20 ans
17:26pour faire des reportages.
17:27J'ai eu 20 ans
17:28pour circuler
17:29avec des camionneurs
17:30et voir les dégâts
17:31du cabotage
17:32faits par les camionneurs
17:33des Pays de l'Est.
17:33J'ai eu 20 ans
17:34pour voir les travailleurs
17:35détachés dans le bâtiment.
17:37J'ai eu 20 ans
17:37pour assister à tout ça.
17:39J'ai eu 20 ans
17:39pour écrire des livres
17:40et me forger une pensée
17:41que je n'improvise pas
17:42du jour au lendemain
17:43ou en fonction
17:44des circonstances électorales.
17:4520 ans qui,
17:46pour ces dernières secondes
17:47d'interview,
17:49vous amèneront donc
17:50qu'elle a une candidature
17:51pour la présidentielle
17:52de 2027 ?
17:52Je suis candidat
17:52à l'élection présidentielle
17:53parce que j'estime nécessaire
17:55qu'il n'y ait pas de présidentielle
17:57sans les essentiels.
17:59Primaire ?
18:00Ou pas primaire,
18:00vous irez quand même ?
18:01S'il y a une primaire,
18:02j'en serai,
18:02je la souhaite,
18:03je la réclame
18:04de tous mes voeux.
18:05Maintenant, j'y vais.
18:06Nous avons recueilli
18:06100 000 signatures
18:07en 15 jours
18:08au début de l'année
18:09sur nous, présidents
18:10et nous avons rassemblé
18:12plus de 2 000 personnes,
18:132 500 personnes
18:14à Lyon la semaine dernière
18:15et nous lui dirons
18:16je vais maintenant
18:17vers les 500 maires.
18:18François Ruffin,
18:19merci beaucoup
18:19d'avoir été notre invité
18:20ce matin
18:21et très bon 1er mai.
18:22Vous allez donc défiler
18:23dans les cortèges parisiens.
18:24On vous verra cet après-midi
18:25sur l'antenne de BFM TV.
18:27Merci à vous.
18:27Merci à vous.
18:27Il est 8h47
18:28et vous êtes sur BFM et RMC.
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