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  • il y a 3 ans
Les Vraies Voix avec Jean-Luc Bennahmias, Philippe Bouriachi, Bruno Pomart, Jean-François Vigier, membre du bureau de l’AMF, maire de Bures-sur-Yvette.
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##LE_GRAND_DEBAT_DES_VRAIES_VOIX-2023-08-21##

Catégorie

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News
Transcription
00:00 Les vraies voix Sud Radio, le grand débat du jour.
00:03 Les maires MAIRES sont-ils suffisamment bien payés ?
00:06 Je sais, c'est un terme impropre.
00:07 Normalement, on ne paye pas un maire, on l'indemnise.
00:10 Il ne touche pas un salaire, mais une indemnité.
00:12 Quoi qu'il en soit, la ministre déléguée en charge des collectivités territoriales
00:15 et de la ruralité a évoqué une possible revalorisation des indemnités des maires
00:19 de villes de plus de 3 500 habitants.
00:22 Est-ce que c'est une bonne chose ou pas ?
00:24 On va en parler avec notamment notre invité qui nous rejoint.
00:28 Bonjour à vous Jean-François Vigier.
00:31 Et bienvenue sur Sud Radio, membre du bureau de l'association des maires de France,
00:35 maire de la ville de Bure-sur-Yvette.
00:37 Bonjour à vous, est-ce que vous nous entendez ?
00:40 Alors je vois que vous bougez, mais on ne vous entend pas.
00:42 Je vous entends parfaitement.
00:45 Écoutez, ça aurait pu être un effet de la chaleur, tout simplement.
00:48 D'abord, j'aimerais qu'on fasse un petit peu de pédagogie pour tous ceux qui nous écoutent,
00:52 parce que c'est toujours difficile de se faire une idée.
00:54 Je sais, la question est vulgaire.
00:55 Je vais vous la poser comme ça, parce qu'il est important aussi de parler de manière simple.
01:00 Ça paye combien un maire, justement ?
01:03 Combien gagne un maire aujourd'hui ?
01:05 Alors je la reformule de manière plus polie.
01:07 À combien s'élève une indemnité de maire ?
01:12 Bonjour à tous.
01:13 D'abord, je salue vos trois invités sur le plateau que je connais.
01:18 Salut Jean-François.
01:19 Alors, à Bure-sur-Yvette, Bure est une ville de juste un peu moins de 10 000 habitants.
01:25 Et mon indemnité mensuelle avant impôt est de 1 600 euros à peu près.
01:31 Et en net, ça fait 1 200 euros, en bas de la feuille.
01:35 Et c'est important qu'on le sache aujourd'hui,
01:37 parce qu'on peut s'imaginer par moments des montants extrêmement faramineux.
01:40 Vous avez autre chose dans la vie quand même ?
01:44 Alors, j'ai plusieurs mandats en fait.
01:47 Il se trouve que j'ai été cadre en collectivité locale,
01:49 en département, dans des communes, collaborateur d'élus, directeur de cabinet.
01:54 Il est sûr que je gagnais beaucoup plus qu'avant d'être élu.
01:59 Mais j'ai d'autres mandats, conseiller régional, président de syndicat,
02:03 qui me permettent d'avoir une indemnité globale qui soit acceptable
02:08 et de vivre normalement de mes mandats.
02:12 Mais il est sûr que l'indemnité de maire est bien entendu en deçà
02:16 de ce qu'elle mériterait d'être, et d'ailleurs à toutes les strates d'habitants.
02:20 Maintenant, le travail qu'a démarré le président de l'AMF, David Lysnard,
02:25 en lien avec le ministère chargé des collectivités territoriales,
02:29 et Dominique Faure, la ministre, c'est par l'intermédiaire d'un grand sondage
02:35 auprès des maires de connaître comment revaloriser cette fonction d'élu.
02:39 Parce qu'on ne peut pas parler que de l'indemnité de maire.
02:42 Évidemment, l'indemnité, elle est importante.
02:44 Mais il y a autour d'autres points qui sont extrêmement importants,
02:50 la protection sociale, la retraite, la responsabilité, la formation.
02:56 Il faut, je pense, élever le débat au rang de statut de l'élu.
03:01 Quel statut veut-on donner à nos élus dans une République digne de ce nom
03:07 pour qu'ils puissent porter en responsabilité leurs projets,
03:09 leurs actions devant leurs concitoyens ?
03:12 Je crois que c'est aujourd'hui ce débat-là qui se pose à nous toutes et tous, d'ailleurs,
03:17 et qui se pose aussi aux Français.
03:18 Parce que je crois que les Français aiment leur maire, ils aiment beaucoup leur maire.
03:22 Et moi, il n'y a pas un jour où je regrette de m'être lancé dans cette aventure.
03:27 J'adore ce que je fais, mais je pense qu'aujourd'hui,
03:30 il faut qu'on nous donne les moyens d'agir concrètement
03:33 et puis dans un environnement juridique, économique de plus en plus complexe.
03:36 Alors, la parole dans un instant à un maire rural, c'est Bruno Pommard,
03:39 puisque 126 habitants, je le rappelle, à Bellefloue, dans l'Aude,
03:42 ville dont vous êtes le premier magistrat.
03:44 Avancez la parole quand même à Jacqueline, au 0826 300.
03:47 Alors vous, vous êtes en Bretagne, mais vous êtes de Paris, évidemment.
03:50 Il y a une nuance entre, j'imagine, être la maire d'une ville de plusieurs millions d'âmes,
03:55 c'est le cas d'Annie Delgaux à Paris, et en même temps être le maire de Bellefloue,
03:58 pourquoi pas, avec 126 âmes.
04:00 Ce n'est pas forcément le même travail.
04:02 En revanche, est-ce que vous pensez que ce soit nécessaire de valoriser,
04:05 ou de mieux valoriser en tout cas, la fonction de maire ? Jacqueline.
04:09 - Ah absolument.
04:11 J'ai sous les yeux les aides d'amnités.
04:16 Pour moins de 500 habitants, c'est 245 euros.
04:20 De 500 à 999, c'est 1778.
04:25 On ne peut pas vivre avec ça, surtout lorsque l'on est disponible 24 heures sur 24,
04:31 et qu'on assume des responsabilités de différentes natures.
04:37 Le maire, il peut conduire quelqu'un,
04:41 un homme va accoucher dans une clinique qui est éloignée,
04:45 il peut faciliter des relations familiales,
04:49 il peut intervenir, enfin, il fait tout, tout, tout,
04:53 et il est de plus en plus responsabilisé,
04:56 et il a de moins en moins d'autonomie financière.
05:00 Donc voilà, il y a vraiment un gros problème.
05:03 - Donc pour vous c'est un grand...
05:04 - Pour les maires des petites communes.
05:07 J'ai entendu le maire de Lannis, il y a quelques mois de cela,
05:10 quand il y a eu cette augmentation d'électricité,
05:13 mais vraiment il prenait très à cœur le problème,
05:17 et je ne sais pas comment on l'a aidé pour que sa commune puisse fonctionner correctement.
05:22 Et la commune de Lannis, comme tout le monde le sait,
05:25 est une commune très pauvre et où il y a beaucoup, beaucoup de difficultés.
05:28 - Oui, effectivement, et ça c'est important.
05:30 Mais ce que je vous propose, ma chère Jacqueline,
05:32 c'est qu'on écoute le témoignage, tiens, "Vie ma vie de maire", maire rural notamment.
05:36 Bruno Pommard d'abord, la première question que je voulais vous demander, au-delà de l'argent,
05:39 est-ce que c'est un job à plein temps d'être maire de Belleflou ?
05:42 C'est quoi votre journée type ?
05:43 Est-ce que vous pouvez faire tout, effectivement,
05:45 nier une femme qui accouche ou alors être disponible tout le temps ?
05:47 - Non, à la différence de Jean-François Vigée, que je salue d'ailleurs,
05:49 que je connais très très bien, qui fait partie de ces 37 000 maires vraiment engagés.
05:53 Je ne lui passe pas d'appel au moindre, mais c'est un bon seur,
05:55 parce qu'il a un beau parcours d'élu de terrain,
05:57 donc ça c'est important de le signaler.
05:59 - Merci Bruno.
05:59 - Non, non, mais c'est vrai.
06:00 Moi, non, je n'ai pas les contraintes qu'il a, évidemment, avec 125 habitants.
06:03 On est 11 élus pour 125 habitants.
06:05 J'ai 3 adjoints, 7 conseils municipaux.
06:07 Et la preuve, c'est que je suis là ce soir avec vous, ce matin j'étais à l'RMC, et voilà.
06:11 Donc je suis souvent ici.
06:12 - Le tour de France.
06:13 - Ouais, je suis ici 7 jours par mois dans ma commune,
06:15 parce que je n'ai pas de contraintes, je n'ai pas d'école,
06:17 j'ai juste de la voie à gérer.
06:18 - Juste une chose importante, quand vous dites 11 élus pour 125 habitants,
06:21 c'est presque un habitant sur 10 qui est au conseil municipal en quelque sorte.
06:24 - Mais ça aussi, à mon avis, il faudra revoir des choses.
06:26 Il y a des communes qui se regroupent maintenant,
06:28 que Jean-François Vigier, je ne sais combien, une trentaine d'élus, je comprends.
06:32 Mais moi, franchement, on serait deux représentants à la limite de la commune.
06:36 - Ça pourrait suffire.
06:36 - Voilà, ça suffit. Bon, je ferme la parenthèse.
06:38 Moi, je ne suis pas...
06:39 Et je crois que Jean-François Vigier a été modéré dans ses propos,
06:42 parce qu'il a dit, effectivement, revaloriser la fonction,
06:46 soutenir l'élu dans tout ce qui est juridique, etc.
06:48 Il n'a pas parlé nécessairement d'être plus payé.
06:50 Enfin, ce n'est pas ce que j'ai compris en lui.
06:52 Puisqu'il dit qu'il a des compléments à côté, avec des présidences de syndicats,
06:55 tout ce qu'on peut imaginer, conseil régional, et tant mieux.
06:57 Et c'est très bien.
06:58 Mais je trouve que ça doit être avant tout un engagement citoyen.
07:01 Moi, je le vois comme ça.
07:02 Je n'ai pas fait ça pour dire, ah tiens, si je suis maire de Bellefour,
07:05 je vais toucher...
07:06 Je pouvais toucher jusqu'à 1100 euros et je prends le minimum,
07:09 c'est-à-dire 300 euros d'indemnité.
07:11 C'est le minimum.
07:13 Bon, je n'ai pas fait ça pour ça.
07:14 Donc voilà.
07:15 Et je ne pense pas que le fait d'augmenter les élus,
07:18 parce qu'il y en a quand même 35 000 de maires,
07:20 il y a 500 000 élus en France,
07:21 ça va changer le fait que plus vont s'engager à devenir maires.
07:25 Maire, il faut avoir la vocation, il faut avoir envie de le faire.
07:27 Jean-François Vigier, il prend des coups dans la rue,
07:29 il se fait insulter parfois sûrement,
07:31 mais il est là parce qu'il aime ça, parce qu'il est né là-dedans, tout simplement.
07:34 Et je pense que la plupart des élus, c'est ça.
07:36 - Alors, petite parenthèse, parce que vous parliez de prendre des coups,
07:39 c'est arrivé à un maire, tiens, le maire de Loumaux,
07:42 c'est juste à côté de la Rochelle, en Charente-Maritime,
07:44 Jean-Luc Allgay, il a été agressé samedi dernier,
07:47 alors qu'il essayait d'empêcher des, j'ai bien dit des, gens du voyage,
07:51 de s'installer sur le stade municipal,
07:52 il s'est fait ceinturer et frapper à plusieurs reprises.
07:55 Je précise ça parce qu'il sera demain l'invité à 8h40 de Benjamin Gleize
07:58 dans le Grand Matin Sud Radio,
08:00 mais c'est un métier de plus en plus compliqué malgré tout,
08:02 du fait de l'agressivité de certains.
08:04 - Oui, moi j'ai deux, sur mes 525 habitants,
08:06 j'en ai deux qui me cassent les trucs souvent.
08:09 - Après, ils savent que leur maire est à l'ancien du RED,
08:11 peut-être qu'ils y pensent à deux fois avant d'y aller.
08:13 - Des fois j'ai des paroles que ne pourraient pas avoir
08:14 vos amis Jean-François Vigier, parce que c'est un peu dur,
08:17 mais on est dans les villages donc ça va.
08:18 Mais c'est vrai que ça pose des questions sur la sécurité des maires aussi.
08:23 On l'a vu, il y a beaucoup de maires qui ont démissionné,
08:25 qui ont été violentés, et ça par contre il faut les protéger.
08:28 Là il faut trouver des solutions avec l'AMF
08:30 pour plus protéger encore d'autres.
08:31 - Ça fait partie de la revalorisation de la fonction,
08:33 vous en pensez quoi, Philippe Bourgiaki ?
08:35 - Je salue aussi Jean-François Vigier que je connais
08:38 et que j'apprécie énormément,
08:39 et c'est vrai qu'il fait un travail remarquable.
08:41 Certains pourraient dire "Jean-François est cumulat".
08:44 Non.
08:45 Parce que quand vous êtes maire,
08:47 et que vous êtes aussi à la métropole ou au territoire,
08:49 ça c'est de fait, donc ça c'est de la loi,
08:51 quand vous êtes maire et que vous êtes conseiller départemental
08:53 ou conseiller régional, il y a des interactions
08:55 qui concernent aussi votre collectivité,
08:56 et vous défendez le but gras sur votre territoire,
08:58 et y compris votre ville, et ça c'est humain.
09:00 Et c'est bien d'avoir quelqu'un qui a ce spectre large
09:05 de vision et de compréhension de dossiers qui peuvent s'impliquer.
09:08 - Petite parenthèse, on disait la même chose pour les députés
09:10 qui étaient députés maires pendant longtemps,
09:12 ça a fini par être cassé justement par l'interdiction du cumul des mandats.
09:15 On a eu tort ?
09:15 - Oui, je pense qu'on a eu tort.
09:17 Parce qu'en fin de compte, aujourd'hui,
09:18 vous avez des députés qui peuvent voler n'importe où en France,
09:22 voler, on s'est compris, avec des ailes,
09:24 et se retrouver comme moi dans ma circonscription,
09:25 qui ne connaît pas du tout la circo,
09:27 et qui a été élu, alors qu'avant vous aviez des députés
09:29 qui étaient ancrés localement.
09:31 Et donc quand ils allaient, alors effectivement,
09:33 ils sont députés de la nation,
09:34 mais soyons honnêtes, ils y étaient plus.
09:36 Mais voilà.
09:38 - Ceci dit, un député n'est pas censé être un élu local.
09:40 C'est un député, effectivement, un député à Marseille
09:43 est aussi député des années 70.
09:44 - Il peut être élu local.
09:45 - Oui, et c'est mieux qu'il soit élu local,
09:47 parce que ça donne une certaine proximité,
09:49 parce que quand vous étiez élu simplement en national,
09:52 il n'y a plus de connexion avec le peuple.
09:54 - Avant de revenir là-dessus,
09:55 j'aimerais qu'on dise un mot quand même de la sécurité,
09:57 parce que c'est un problème important.
09:58 Les maires menacés, parfois par respecter, insultés,
10:02 on en a parlé à chaque fois, agressés,
10:04 ça c'est une réalité qui ne s'arrange pas, si j'ose dire.
10:07 Mais qui s'aggrave de plus en plus.
10:08 C'était M. Larcher qui disait que le maire,
10:11 c'était celui qui était à portée de gifle,
10:13 parce que c'est un élu de terrain et de contact direct.
10:15 À chaque fois que vous avez un problème,
10:17 le premier que vous allez voir,
10:18 le premier élu que vous connaissez,
10:19 c'est le maire de votre ville.
10:20 - Et donc qu'est-ce qu'on fait pour empêcher ces agressions
10:22 et cette dégradation du climat ?
10:23 - On durcit la loi pour expliquer à celles et ceux
10:26 qui auraient le malheur de dire "je peux passer à l'acte",
10:30 que ça va leur coûter très très cher,
10:33 et donc ça va en dissuader certains,
10:34 pas tous bien évidemment.
10:36 Et puis, celles et ceux qui sont menacés,
10:40 il faut leur donner une protection policière,
10:41 il faut qu'on mette les moyens
10:43 pour leur assurer leur mission de service public,
10:45 parce que c'est le premier délégataire
10:46 de mission de service public, c'est le maire.
10:47 - Jean-Luc Benamias, c'est plus difficile d'être élu local
10:50 aujourd'hui qu'il y a quelques années ?
10:52 - Je crois pas.
10:53 Moi je ne veux pas rebondir sur ce qu'a dit Jean-François,
10:56 et très bien ce qu'a dit Bruno et très clair aussi.
10:59 Je veux dire, l'un des problèmes,
11:01 il y en a quelques-uns,
11:02 l'un des problèmes c'est vraiment le statut de l'élu.
11:05 Et la responsabilité de l'élu.
11:06 Et je pense là, beaucoup,
11:08 aux maires des villes et villages de moins de 3 500 habitants,
11:12 qui ont des responsabilités juridiques absolument importantes.
11:16 Vous avez tous entendu comme moi cette histoire,
11:18 il y a un terrain de sport,
11:20 sur le terrain de sport il y a un panneau de basket,
11:22 le panneau de basket tombe sur un enfant,
11:24 l'enfant est blessé, qui est responsable ? Le maire.
11:27 À ce niveau-là, ça demande un débat bien évidemment par rapport à tout ça.
11:30 Bien sûr qu'il est responsable,
11:31 mais on ne peut pas le rendre responsable légalement totalement.
11:35 Ce sont des histoires où le maire a une influence,
11:38 d'abord financièrement c'est très compliqué,
11:40 après, simple rappel, mais vous l'avez déjà fait avant moi,
11:42 35 000 communes en France,
11:45 25 000 communes de moins de 1 000 habitants.
11:48 Et Bruno en a parlé à un moment donné,
11:50 alors on est heureusement, un certain nombre de mairies,
11:53 de villages et de petites villes de moins de 1 000 habitants,
11:56 ont réussi à fusionner.
11:57 Ce n'est pas facile de fusionner, culturellement ce n'est pas facile.
12:00 Historiquement ce n'est pas facile,
12:02 mais ça me paraît être indispensable.
12:05 Après, je finis sur les histoires de cumul des mandats.
12:10 Il n'y a pas besoin de cumul de mandats pour un député européen,
12:13 même si être élu local à côté me paraît extrêmement important.
12:16 Je l'étais, j'étais élu local et j'étais député européen,
12:19 comme d'autres sont députés nationaux et élus local.
12:22 Mais pour un certain nombre, et Jean-François l'a dit,
12:25 le fait d'être à la fois maire de son village, maire de sa petite ville,
12:30 et conseiller départemental, ou conseiller régional,
12:34 ou président de l'Interco, ou vice-président de l'Interco,
12:36 est extrêmement important.
12:38 Et c'est là où il y a besoin, sans doute, d'une légère revalorisation.
12:42 Mais quand j'entends ce que propose madame la ministre,
12:45 uniquement les…
12:47 Les maires de 3 500.
12:48 Les maires de 3 500 habitants, je finis là-dessus.
12:51 Tu me diras ce que tu fais Bruno,
12:53 mais je connais beaucoup de maires de villages,
12:54 notamment le village dans lequel je suis,
12:56 le village de Bourdeaux, 550 habitants, dans la Drôme.
13:00 Quand je discute avec le maire que je rencontre,
13:02 le maire il dit "mais je ne prends même pas l'ensemble de mes évoluments possibles".
13:06 Parce que c'est très compliqué à expliquer aux concitoyens.
13:08 Donc tout ça demande un respect du statut,
13:11 une augmentation du statut,
13:12 et une vraie discussion sur la re-répartition du nombre d'élus en France.
13:17 Justement, Jean-François Vizier.
13:19 Oui, moi je voulais intervenir sur les différents points qui ont été abordés.
13:23 D'abord, je pense qu'il faut…
13:26 J'interviens suite à ce qu'a dit Jean-Luc.
13:30 Le cumul n'est pas un gros mot.
13:33 Le cumul n'est pas une atteinte à la démocratie.
13:35 Le cumul c'est s'engager en politique,
13:37 avoir différents mandats, travailler pour un territoire.
13:40 Et moi je m'enrichis en ayant une vision à la fois régionale et municipale,
13:45 et ça sert aussi ma commune, évidemment au final.
13:49 Mais si je ne cumulais pas,
13:51 je louerais un travail à côté.
13:53 C'est-à-dire que le temps que je ne passerais pas dans d'autres mandats,
13:55 forcément je le passerais dans une entreprise
13:57 ou comme auto-entrepreneur, tout simplement,
14:00 parce qu'à côté de mon indemnité de maire,
14:02 il faudrait quand même que je travaille et que je fasse nourrir ma famille.
14:06 Ça ne peut pas être un métier important aussi, c'est ce que vous dites.
14:08 On ne peut pas opposer l'action politique avec le fait qu'on ait plusieurs mandats.
14:15 Après, sur l'interdiction du cumul entre députés et élus locaux,
14:18 je pense qu'on a fait une énorme erreur politique.
14:22 Et j'espère qu'on aura le courage de revenir là-dessus.
14:24 Mais ça c'est autre chose,
14:25 ça touche aussi aux institutions de la République et de la Constitution.
14:29 Après, il y a la question de la sécurité dont on parlait.
14:32 Lorsque le maire de Saint-Brévin a été attaqué,
14:35 souvenez-vous, au printemps dernier,
14:37 l'AMF est beaucoup intervenue,
14:39 et son président et le bureau de l'Association des maires de France,
14:42 pour dire que nous avons demandé des mesures précises.
14:47 Les insultes sur Internet, sur les réseaux sociaux.
14:50 Au bout de trois mois, l'affaire est classée.
14:52 Il faut prolonger le délai d'inspection.
14:55 Sur les peines aux gens qui s'en prennent aux élus locaux,
15:00 nous sommes détenteurs d'une autorité publique,
15:03 au même titre que les policiers et les gendarmes.
15:05 Là, je pars sous le contrôle de Bruno.
15:07 Eh bien, quelqu'un qui s'en prend à un maire, à un élu,
15:10 doit avoir les mêmes peines que s'il se prenait à un gendarme,
15:12 un pompier ou un policier.
15:14 Il faut rapidement que la loi règle cette question.
15:17 Il faut de la dissuasion.
15:19 Et on ne doit rien lâcher sur la sécurité des élus.
15:21 Enfin, vous avez vu ce qui est arrivé
15:23 au maire de La Hille-et-Rose et à la maire de Pompoise
15:27 pendant les émeutes de juillet.
15:29 Ceci est inacceptable.
15:31 On ne peut pas laisser notre République partir dans cette direction.
15:34 Et puis, au final, derrière l'indemnité, derrière la sécurité,
15:38 derrière cette question du statut de l'élu,
15:40 il y a une question de décentralisation.
15:42 Enfin, qu'on sorte de cet État concentré
15:45 qui nous tombe dessus,
15:47 on croule sous le contrôle a priori, a posteriori.
15:51 Il faut que l'État lâche prise.
15:53 Il faut une véritable décentralisation dans ce pays.
15:56 Il faut que nous, élus,
15:57 nous portions nos décisions en toute liberté
16:00 et en toute responsabilité devant nos concitoyens.
16:03 Justement, ce sera le mot de la fin pour Bruno Poma.
16:04 Il vous faudrait plus de liberté ou alors plus de pouvoir ?
16:07 Oui, à condition d'avoir les moyens de traiter derrière.
16:09 Parce que moi, en tant que petit élu,
16:11 je n'ai pas les services administratifs qu'à...
16:12 Qu'est-ce que vous aimeriez faire si on vous en donnait les moisiens
16:15 que vous ne pouvez faire aujourd'hui ?
16:16 Moi, je n'ai vraiment pas de moyens.
16:18 Au premier mandat, je passais la tondeuse dans mon village.
16:21 Donc, c'est pour dire, maintenant, j'ai la chance de me payer un jardinier.
16:25 Non, mais c'est vrai.
16:26 Je pense que pour certaines villes,
16:27 il y a un besoin de décentraliser à tout prix
16:29 et être beaucoup moins contrôlé quand on voit le nombre de papiers.
16:32 Parce que je reçois autant de papiers du préfet
16:34 qui m'intime des ordres
16:39 que Jean-François Vichy dans sa ville.
16:41 C'est quand même hallucinant.
16:43 On est sous un contrôle de l'État total
16:44 et on parle toujours de décentralisation,
16:46 mais on n'en voit pas le bout du nez.
16:47 Allez, le dernier mot pour Jacqueline.
16:48 0826, 300, 300, plus de pouvoir pour les maires ou pas ?
16:51 Oui, alors écoutez, je vais revenir sur ce que...
16:57 Je crois que c'est Gérard Marchais qui a dit
16:58 qu'un maire était à porte de gifle, c'est ça ?
17:00 C'est ça.
17:01 Alors, dans tous les discours que j'entends là,
17:05 je n'entends pas communication.
17:06 J'entends répression en permanence.
17:09 Or, moi j'ai téléphoné à la caisse de retraite,
17:12 j'ai téléphoné à la Sécurité sociale,
17:14 j'ai téléphoné à France Télécom,
17:16 j'ai téléphoné à la SNCF,
17:17 et qu'est-ce que j'ai ?
17:18 Des répondeurs.
17:19 Appuyés sur 1, 2, 3, 4, 5, ainsi de suite,
17:22 jusqu'à ce qu'on finisse par craquer.
17:24 Et qui est en face de ces gens qui craquent ?
17:26 Le maire.
17:27 Donc, remettons en place de la communication
17:31 et je pense que les choses s'arrangeront.
17:33 On s'en prendra moins au sol qu'on peut croiser.
17:35 C'est ça que vous dites.
17:36 Au moins, on est à disposition.
17:37 J'ai expérimenté ça à un moment donné.
17:40 J'étais responsable d'un centre de formation.
17:45 Avant d'arriver chez nous,
17:46 les gens avaient fait 36 000 personnes.
17:49 Quand ils arrivaient chez nous,
17:51 que nous essayions de faire le mieux possible,
17:53 de les accueillir dans les meilleures conditions,
17:56 de leur donner la formation
17:58 à laquelle ils avaient le droit à la meilleure,
18:00 eh bien c'était nous qui écopions pour tout le reste.
18:02 Mais justement, tiens, un mot.
18:03 Mais alors vraiment un mot, Jean-François Vigier.
18:05 Qu'est-ce que vous demande le plus vos administrés
18:08 à Bure-sur-Yvette quand vous les croisez ?
18:12 Ils demandent de la vie quotidienne,
18:15 de la proximité, de l'écoute.
18:17 Ils demandent de l'entretien du patrimoine municipal,
18:20 de l'entretien de la voirie.
18:21 Ils demandent de la réactivité sur le péri-scolaire,
18:24 sur l'inscription des enfants, sur les places en crèche.
18:26 C'est là que nous sommes au quotidien
18:29 et si je puis dire, présents à leur écoute.
18:32 Et moi, c'est ce qui me passionne aussi,
18:34 c'est de trouver des solutions.
18:35 En fait, nous, on essaie de trouver des solutions à tous les problèmes.
18:40 Voilà, c'est ce qu'on fait toute la journée.
18:41 Et ne vous défoulez pas sur vos maires.
18:45 Ce n'est pas forcément leur faute s'il y a un thon et un nid de poule.
18:47 C'est important de le rappeler quand même.
18:49 Merci beaucoup, Jean-François Vigier, d'être intervenu ce soir.
18:53 Je salue mes trois camarades sur le plateau
18:55 que j'ai eu beaucoup de plaisir à retrouver.
18:57 Eh bien revenez sur Sud Radio, on est très bien sur Sud Radio, parlons vrai.
19:00 Jean-François Vigier, vous êtes maire de Bure-sur-Yvette.
19:03 Merci à vous. Restez avec nous sur Sud Radio.
19:05 On va se retrouver dans quelques instants,
19:07 bon, dans quelques minutes, point santé.
19:09 C'est important, vous entendez l'alerte rouge
19:10 sur plusieurs départements pour la canicule.
19:12 À qui il faut faire le plus attention et comment on doit faire attention ?
19:15 On va en parler avec un médecin.
19:16 Mais avant ça, tiens, on va réviser un petit peu.
19:18 Petite question de culture générale dans un instant.
19:21 À toutes nos vraies voix, à tout de suite.
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