00:00 de Barcelonette.
00:02 A l'heure où je vous parle,
00:04 le petit Emile n'a pas été retrouvé.
00:07 L'enquête judiciaire s'est poursuivie aujourd'hui
00:11 comme au cours des 2 jours précédents.
00:14 Cette nouvelle journée d'investigation
00:16 a été consacrée à un nouveau pan de recherche
00:20 très localisé sur le hameau même du Auvergnet.
00:25 Ce matin à 8h,
00:27 après arrêté municipal,
00:30 la zone a été bouclée et interdite d'accès
00:33 à toute personne étrangère au hameau.
00:37 Les gendarmes ont alors investi les lieux
00:42 pour pouvoir procéder,
00:44 et ils le sont toujours actuellement,
00:46 à des opérations de ratissage judiciaire.
00:51 Il s'agit de rechercher
00:55 le moindre indice, la moindre trace
01:00 qui nous permettrait de tenter
01:03 de comprendre comment le petit Emile a disparu.
01:10 Ces opérations de ratissage judiciaire
01:12 ont duré toute la journée et se poursuivront demain.
01:18 Elles ont mobilisé des gendarmes,
01:21 mais également des militaires
01:25 d'une section du génie de l'armée de terre
01:28 spécialisée dans la recherche de caches.
01:34 A l'heure où je vous parle,
01:35 ces opérations qui sont toujours en cours
01:38 n'ont pas apporté d'éléments utiles à l'enquête.
01:44 Je salue le travail de la gendarmerie nationale.
01:49 Je remercie les gendarmes,
01:51 quelle que soit leur appartenance,
01:54 puisque de nombreuses unités ont été mobilisées,
01:58 certes, pour les opérations de secours et de recherche,
02:02 comme le préfet l'a indiqué hier,
02:04 mais aussi aujourd'hui pour les opérations de ratissage
02:07 et plus largement pour l'enquête.
02:09 Cet engagement est à la hauteur du volontariat
02:13 qui avait été souligné hier par le préfet
02:15 s'agissant des volontaires,
02:17 tout le monde étant ému et mobilisé
02:20 par la disparition de ce petit garçon.
02:25 L'enquête continue.
02:27 Elle se poursuit.
02:29 A ce jour, les 30 bâtiments
02:33 qui composent le hameau du Haut-Vernay
02:37 ont été totalement visités.
02:41 25 personnes qui se trouvaient sur le hameau
02:45 ont été entendues.
02:48 12 véhicules ont été visités.
02:52 Et aujourd'hui, 12 hectares ont été ratissés.
02:56 Un ratissage méticuleux.
02:59 Des alignements de gendarmes, comme vous avez pu le constater,
03:03 au coude à coude, qui ont pu cribler
03:07 les zones qui avaient été définies
03:10 pour vérifier s'il existait une trace ou un indice
03:15 qui puisse nous aider dans le cadre de l'enquête judiciaire.
03:21 Les investigations se poursuivront demain.
03:26 La justice reste mobilisée
03:29 et la gendarmerie renforce le dispositif d'enquête
03:33 puisque d'une quinzaine,
03:35 les enquêteurs sont passés à plus de 20.
03:38 Et la gendarmerie nationale, au niveau central,
03:41 a décidé de transformer l'équipe d'enquête
03:43 en cellule nationale d'enquête.
03:46 Ce qui permettra à nos enquêteurs
03:51 de disposer de moyens régionaux et nationaux,
03:54 notamment scientifiques et techniques,
03:56 je pense notamment à l'Institut de recherche criminelle
04:00 de la gendarmerie nationale, l'IRCGN,
04:02 pour pouvoir accomplir toutes les investigations.
04:06 Nous avions fait le choix d'une stratégie
04:09 d'enquêter vite et fort.
04:13 Au niveau local et au niveau plus large,
04:17 avec l'appel à témoins que j'avais lancé.
04:20 A cette heure, ce sont près de 1 200 appels
04:23 qui ont été reçus et qui doivent faire maintenant
04:26 l'objet de vérification.
04:27 A titre d'exemple, dans l'après-midi,
04:30 après signalement de la présence possible
04:32 d'un jeune garçon ressemblant à Emile
04:34 dans le département de l'ISER,
04:36 un camping-car a été contrôlé,
04:38 une levée de doute a été effectuée, ce n'était pas lui.
04:41 Mais véritablement, les renseignements,
04:43 et je rappelle la rigueur qui doit présider
04:47 au contact de cette cellule,
04:51 seuls les renseignements utiles nous sont nécessaires.
04:55 Et j'appelle à la citoyenneté de tous
04:59 pour que d'autres appels ne viennent pas parasiter
05:03 le travail des enquêteurs, c'est très important.
05:06 Nous avions adopté une stratégie dite de l'escargot,
05:09 de commencer sur le hameau, d'élargir.
05:12 Nous l'avons fait pour les visites domiciliaires,
05:15 nous l'avons fait pour les auditions,
05:17 nous l'avons fait aujourd'hui pour le ratissage,
05:20 ce ratissage sera encore étendu demain.
05:24 Je rappelle que le bourg lui-même, qui est tout petit,
05:27 il fait 1 hectare, c'est-à-dire 100 m sur 100 m,
05:30 composé de 15 habitations,
05:33 a été ratissé,
05:36 et que ce soir, nous sommes à 12 hectares,
05:39 12 hectares de terrain de ratissé.
05:41 Avec, pour vous donner un exemple,
05:44 de la méticulosité de ces investigations
05:47 de recherches localisées,
05:49 des inspections au moyen de détecteurs de mectos
05:53 spécialisés du génie de l'armée de terre
05:57 pour vérifier s'il n'y a pas de présence de matière féreuse
06:00 dans les bottes de foin
06:02 qui ont été confectionnées ces derniers jours.
06:06 C'est vous dire si nous poussons véritablement
06:09 au plus que nous pouvons les investigations sur le terrain.
06:13 L'enquête se poursuit désormais,
06:19 et nous nous apprêtons à entrer dans un second temps.
06:23 Le premier temps qui nous a occupés depuis 3 jours
06:28 et qui devrait se terminer demain
06:30 était destiné à pouvoir récolter le maximum d'informations,
06:35 le maximum d'indices,
06:37 le maximum de traces, de témoignages
06:40 qui puissent nous aider à tenter de déterminer
06:44 les causes de la disparition du petit Emile.
06:48 Il va falloir désormais exploiter toutes ces informations.
06:54 Une fois l'ensemble appréhendé et garanti,
07:00 nous allons devoir maintenant,
07:01 et ce sera tout le travail de la gendarmerie nationale,
07:05 exploiter tout cela.
07:06 Et je n'oublie pas la téléphonie
07:08 dont je vous avais parlé précédemment.
07:11 C'est un temps qui va être plus long,
07:14 qui sera du temps d'analyse, d'examen et moins de terrain.
07:18 Nous entrons donc dans un autre cadre,
07:20 à la fois géographique, mais aussi temporel.
07:25 Il va falloir laisser du temps aux gendarmes
07:27 pour exploiter la masse considérable
07:30 des informations qui ont été récoltées avec diligence
07:35 sur ces 3 premiers jours d'investigation.
07:39 (Propos inaudibles)
07:46 A l'heure actuelle, je ne dispose, nous ne disposons
07:50 d'aucun indice, d'aucune information,
07:54 d'aucun élément qui puisse nous aider
07:59 à comprendre cette disparition.
08:02 Nous en restons, comme je vous l'avais dit hier,
08:05 comme je vous l'avais indiqué avant-hier,
08:07 aux seuls 2 témoignages qui voient l'enfant sortir du domicile
08:12 et faire une dizaine de mètres dans la petite rue descendante
08:16 qui est la seule voie de ce hameau.
08:20 -Quelles sont les traces et les indices
08:21 que vous recherchez là-haut ?
08:22 Je ne sais pas, qui appartiennent à l'enfant,
08:25 des traces de sang, des traces de quelque chose ?
08:26 -Le spectre est des plus larges.
08:29 Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de passer
08:32 à côté du moindre élément
08:33 dans la mesure où nous n'avons aucune information
08:37 à l'heure actuelle.
08:38 C'est donc la recherche éventuellement de mégots,
08:43 de traces de textiles qui auraient pu être accrochées à des branches,
08:47 des traces de sang, on ne peut pas l'exclure,
08:50 des traces de foulage, des traces diverses et variées,
08:53 tout ce qui pourrait être exploité
08:55 notamment scientifiquement par la suite.
08:59 -A part avoir écarté certaines pistes, à vous de nous le dire,
09:02 est-ce qu'on peut dire que vous en êtes au même point
09:04 qu'hier à la même heure ?
09:05 -Tout à fait. Nous sommes au même point que même avant-hier
09:10 après la réception des 2 témoignages.
09:12 Et ce n'est pas faute d'avoir multiplié les investigations
09:16 dans leur nombre, dans leur intensité
09:18 et dans leur localisation.
09:20 Maintenant, peut-être avons-nous, sans le savoir,
09:26 récolté un indice, un élément
09:28 qui apparaîtra au cours des exploitations.
09:31 Il faut nous laisser du temps pour pouvoir exploiter.
09:34 Il faut que la gendarmerie, les enquêteurs,
09:36 dont le dispositif a été renforcé
09:39 par la direction générale de la gendarmerie nationale,
09:42 puissent maintenant faire ce travail d'analyse et d'examen
09:45 qui est tout aussi important.
09:46 Et peut-être que sans le savoir, nous découvrirons
09:50 que nous avons un élément
09:52 qui pourra être mis en lien avec la disparition.
09:54 -Est-ce qu'on envisage peut-être la thèse de l'enlèvement
09:56 puisqu'on étend l'enquête aux autres départements voisins ?
09:59 -L'enquête n'est pas étendue aux autres départements voisins.
10:02 C'est l'appel à témoins qui peut nous amener
10:04 à procéder ou à faire procéder par des services d'enquête locaux
10:08 à des vérifications immédiates
10:10 qui sont plutôt délevées de doutes pour l'instant.
10:12 -Quel est le cadre juridique dans lequel vous évoluez ?
10:14 Et ce qui va changer ?
10:15 -Le cadre juridique est identique à celui
10:19 qui a été ouvert dimanche matin à 10h.
10:21 Il s'agit d'une enquête
10:22 en recherche des causes de disparition inquiétantes.
10:26 Ce cadre, pour l'instant, reste celui-ci.
10:28 -Est-ce que vous allez fouiller d'autres villages ?
10:30 Est-ce que vous allez faire d'autres auditions demain ?
10:32 Comment ça va se passer ?
10:33 -Les auditions vont se poursuivre.
10:35 Elles concernent principalement les personnes
10:38 qui se trouvaient au Hameau samedi,
10:40 sachant que certaines peuvent habiter
10:44 à l'extérieur du département
10:45 s'il s'agit d'une résidence secondaire.
10:47 Donc nous poursuivons ces investigations.
10:49 L'idée étant de tenter de fixer
10:53 le nombre et les identités des personnes
10:56 qui étaient présentes dans le Hameau
10:58 samedi 8 juillet vers 17h15.
11:00 -Des auditions et des gardes à vue ?
11:03 -Les gardes à vue ne sont pas possibles
11:05 dans ce cadre procédural.
11:07 Et comme je vous l'ai indiqué précédemment,
11:09 dans la mesure où nous n'en avons pas d'infraction,
11:12 il n'y a pas de personnes mises en cause,
11:14 et donc pas de gardes à vue.
11:15 -Est-ce qu'on parle de scènes de crime aujourd'hui ?
11:17 -Absolument pas, puisque pas d'infraction, pas de crime.
11:20 Non, nous sommes dans une enquête
11:22 que la loi a prévue,
11:23 qui permet à des services d'enquête
11:26 au parquet, à l'autorité judiciaire,
11:28 par des moyens d'investigation
11:30 tels que les perquisitions, les visites domiciliaires,
11:33 les saisies, les auditions,
11:35 de tenter de comprendre,
11:37 de comprendre quelles sont les causes
11:40 d'une disparition jugée inquiétante.
11:43 -Est-ce que demain, du coup, vous allez élargir, fouiller Verné,
11:45 d'autres communes alentours ?
11:47 -Les ratissages... Voilà.
11:50 Le ratissage va se poursuivre demain.
11:53 Nous devons définir, tout à l'heure,
11:56 avec la section de recherche, avec les enquêteurs,
12:00 les secteurs que nous allons privilégier,
12:02 étant noté que les secteurs que nous avions prévus aujourd'hui
12:06 ont pu être réalisés
12:09 diligemment et très attentivement,
12:11 mais un peu plus rapidement que prévu,
12:13 et ça nous offre la possibilité de bénéficier
12:16 de la mise à disposition des forces de gendarmerie
12:19 mobiles et de cette section opérationnelle
12:22 du génie de l'armée de terre qui était prévue sur 2 jours,
12:25 demain, pour pouvoir élargir ou approfondir
12:28 des points que nous ne pensions pas faire au départ.
12:30 La sécurité sera privilégiée pour tenter au maximum
12:36 de nous assurer que tout aura été visité,
12:40 même si ça reste des vérifications humaines.
12:43 -Combien de personnes vont ratisser, justement ?
12:46 -Aujourd'hui, le dispositif associé, 90 personnels
12:50 issus de la gendarmerie mobile,
12:52 des escadrons de gendarmerie mobile de Gap et de Dignes,
12:55 de la gendarmerie départementale des Alpes-de-Haute-Provence
12:58 dans toutes ses composantes,
13:00 PGHM, Polton de gendarmerie de Haute-Montagne,
13:02 les polotons de surveillance et d'intervention de la gendarmerie
13:05 et des brigades territoriales.
13:08 Ces effectifs de gendarmes ont été appuyés
13:11 par une douzaine de militaires de sapeurs légionnaires
13:16 de la Légion étrangère et du génie en l'espèce.
13:18 -3 jours après, aucune piste très concrète.
13:20 Est-ce que ça veut dire que l'enquête va être très, très compliquée
13:23 sur les jours et semaines à venir ?
13:24 -Je ne peux pas vous le dire.
13:26 Depuis le début, je fonctionne, nous fonctionnons
13:29 heure à heure, au jour à jour, sans prospective,
13:32 mais en étant attentifs à garder toute hypothèse
13:36 dans notre esprit.
13:37 -Le passé du militant d'extrême droite des parents,
13:39 est-ce qu'il a étudié ?
13:41 -Toutes les hypothèses, tous les cadres ont été étudiés
13:44 à tous les niveaux.
13:45 Je ne rentrerai pas dans le détail d'une enquête couverte
13:47 par le secret, mais nous ne nous interdisons
13:51 aucune investigation, aucun champ local, plus large.
13:55 Tout est investigué sans restriction.
13:57 -Quel est l'état d'esprit de la famille ce soir ?
13:59 Vous les avez rencontrés ?
14:00 -Je les ai rencontrés il y a quelques minutes encore.
14:03 Je les rencontrerai à nouveau tout à l'heure.
14:07 Ils sont dans l'inquiétude.
14:10 Ils sont dans l'attente.
14:11 Je les tiens informés, bien évidemment,
14:14 du déroulement des investigations, et...
14:18 Ils attendent.
14:20 -Les bornages ont donné quelque chose ?
14:22 -Ce sont des investigations techniques
14:24 qui nécessitent un travail d'analyse
14:26 qui ne s'est pas arrêté depuis dimanche
14:30 que les réquisitions ont été délivrées.
14:34 Pour l'instant, nous n'avons pas de retour,
14:36 et c'est quelque peu compliqué,
14:37 parce que nous ne savons pas ce que nous cherchons.
14:39 L'intérêt de la téléphonie à ce stade,
14:42 c'est principalement de pouvoir conserver les données
14:48 qui sont détenues par les opérateurs.
14:50 Ces opérateurs, par la plateforme nationale
14:53 d'interception judiciaire du ministère de la Justice,
14:55 ont pu être, au moyen de réquisitions, conservés.
14:59 Elles commencent à être exploitées,
15:01 aussi bien sur les flux des relais
15:04 couvrant la zone de la disparition
15:07 que les flux d'appels qui ont pu intervenir,
15:10 et éventuellement des ciblages
15:12 qui pourraient intervenir pour l'avenir.
15:14 -Est-ce qu'on peut revenir sur la chronologie ?
15:16 (Propos inaudibles)
15:21 -Toutes les investigations sont entreprises.
15:24 Je ne peux pas rentrer dans le détail, vous le comprendrez.
15:27 -Est-ce qu'on peut revenir sur la chronologie, justement,
15:29 des faits au moment de la disparition ?
15:31 Il y a les grands-parents qui sont là, les parents, ils sont où ?
15:34 -Si vous parlez de chronologie,
15:36 je veux bien venir sur la chronologie,
15:38 mais je ne viendrai pas sur le détail
15:40 de ce qui a pu être collecté dans le cadre de l'enquête.
15:43 La disparition intervient vers 17h15.
15:46 Le temps que la famille, les proches, les voisins
15:49 procèdent aux 1res vérifications qui prennent une grosse demi-heure,
15:53 le 1er appel à la gendarmerie intervient à 18h,
15:56 et c'est là que vont intervenir immédiatement
16:00 les forces institutionnelles de sécurité,
16:02 de gendarmerie, de pompiers, local,
16:05 et très rapidement et avant la nuit,
16:07 des recherches vont pouvoir être reprises,
16:09 élargies au village jusqu'à la tombée de la nuit.
16:13 Voilà le...
16:16 Je ne rentrerai pas dans ce détail.
16:17 -Est-ce qu'on peut dire qu'à ce moment-là de l'enquête...
16:19 -Les parents ont été auditionnés.
16:21 -Est-ce que 3 jours après, on peut encore avoir des espoirs
16:23 contre la tombée en 15h15 ?
16:26 -Je ne répondrai pas à cette question,
16:27 je n'ai pas les compétences pour y répondre.
16:29 Médicalement, on nous dit qu'au-delà d'un délai de 48h,
16:34 vu le jeune âge de l'enfant, vu sa constitution,
16:38 et considérant qu'un être humain qui serait privé de nourriture
16:41 et d'eau...
16:44 par les fortes chaleurs qui sont actuelles,
16:48 le pronostic vital est très, très engagé.
16:53 Mais là encore, je ne fais que rapporter
16:54 ce que les médecins à notre demande nous ont demandé,
16:57 c'est ce que le préfet vous avait indiqué hier,
16:59 puisque les opérations de recherche ou de secours
17:03 de la compétence de l'autorité administrative et du préfet.
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