00:00 "Europe 1 matin, 7h, 9h, Dimitri Pavlenko"
00:04 Place à l'édito politique sur Europe 1 avec Lufi Garraud.
00:07 Bonjour Alexis Brezet.
00:08 Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:10 Depuis hier, l'Assemblée nationale est le théâtre d'une bataille que l'on n'attendait pas.
00:14 Elle a pour objet la révision d'une obligation prévue par la loi climat et résilience votée il y a deux ans
00:20 et qui exaspère les élus locaux.
00:22 Il s'agit du ZAN, on en parle depuis deux trois jours sur Europe 1, le zéro artificialisation net.
00:27 Est-ce que vous pouvez nous expliquer Alexis, d'abord ce qu'est cet acronyme obscur
00:31 et puis ce concept qui ne l'est pas moi ?
00:33 Alors je vais essayer Dimitri, mais pour cela il faut remonter à l'origine.
00:38 À cette fameuse loi climat et résilience votée en juillet 2021
00:43 dans la foulée de la fameuse convention citoyenne convoquée par Emmanuel Macron
00:48 pour se faire pardonner d'avoir laissé partir Nicolas Hulot.
00:51 Vous vous souvenez, 150 qui-dames sans compétences particulières
00:55 hormis le mérite d'avoir été tirés au sort, confinés pendant des semaines dans le huis clos du CESE
01:01 chauffés à blanc par des militants associatifs et des experts, évidemment tous du même avis,
01:06 et qui accouchent d'une avalanche de normes, de régulations, d'obligations, d'interdictions,
01:12 de principes à valeur constitutionnelle, d'impôts nouveaux, de sanctions civiles et pénales.
01:18 Bref, une orgie punitive dont Emmanuel Macron avait imprudemment promis qu'il reprendrait tout.
01:25 Alors, heureusement, il n'en a rien fait.
01:27 Les ultras de l'écologie le lui ont amèrement reproché d'ailleurs.
01:30 Mais dans l'ensemble, quand est sortie la fameuse loi climat et résilience,
01:35 la réaction était plutôt au soulagement, on avait le sentiment d'avoir échappé au pire.
01:38 Seulement voilà, c'est progressivement qu'on découvre l'ampleur des dégâts,
01:43 quand il faut commencer à appliquer les principales dispositions de la loi,
01:46 les aides et feux, ces fameuses zones d'exclusion des centres-villes
01:50 dont même les maires écolo commencent à se rendre compte qu'elles vont déclencher la révolution.
01:55 La fin des voitures à moteur thermique, dont on découvre qu'elle va profiter surtout aux fabricants chinois.
02:00 L'interdiction des chaudières à gaz ou de l'allocation des logements mine isolés,
02:04 qui exaspère la France des petits propriétaires, et donc le ZAN, le fameux zéro artificialisation net.
02:12 - Alors nous y voilà, de quoi s'agit-il Alexis ?
02:14 - Alors, la même chose, en pire.
02:16 Un exemple chimiquement pur, et sans que l'Europe y soit pour rien,
02:20 de ce que peut donner la conjonction kafkaïenne des bons sentiments écologiques et de l'ivresse technocratique,
02:27 quand ils viennent percuter de plein fouet les réalités de l'économie et tout simplement de la vie des Français.
02:32 Alors, bien sûr, l'artificiation des sols, la bétonisation des espaces naturels est un problème.
02:39 Outre qu'elle enlédigne au paysage, elle appauvrit la biodiversité,
02:43 elle amplifie les risques d'inondations, elle participe au réchauffement climatique.
02:46 Bien sûr, il faut la contenir, bien sûr, il faut en empêcher les excès,
02:50 mais enfin, peut-on raisonnablement se fixer pour objectif, même lointain,
02:55 de ne plus soustraire un hectare aux espaces dits « naturels »
02:59 dans un pays où il y a malgré tout près de 900 000 hectares de friches agricoles ?
03:03 Enfin, comment répondre, comment veut-on répondre à la crise du logement,
03:08 et Dieu sait qu'elle est grave, si on n'a pas de nouveaux terrains pour construire ?
03:11 Comment réindustrialiser le pays ? Et c'est la priorité des priorités.
03:16 Si on ne peut plus implanter d'usines, comment développer l'emploi ?
03:20 Si on ne peut pas loger les employés, installer les infrastructures,
03:23 les centres de soins, les services publics qui sont nécessaires à de nouvelles activités ?
03:27 Pour les élus ULCO, c'est un casse-tête et c'est un crève-cœur,
03:30 et ils le font savoir avec cette proposition de loi déjà votée au Sénat.
03:33 Alors, le gouvernement semble prêt à l'accepter, ça c'est un bon signe.
03:38 Signe d'abord qu'il a compris.
03:39 Bah, disons qu'on corrige les choses à la marge, on finance, on pinaille, on gagne du temps.
03:44 Enfin, la loi demeure.
03:45 Peut-être aurait-on pu éviter de voter n'importe quoi pour aller dans le sens du vent,
03:50 en se disant que tout ça n'est pas bien grave et qu'on verra bien.
03:53 Une fois de plus, comme pour le nucléaire,
03:55 Emmanuel Macron est condamné à corriger imparfaitement les erreurs qu'il a commises,
04:01 moins par conviction sans doute que par inconséquence et par légèreté.
04:04 Merci beaucoup Alexis Brézé, ça rappelle un peu le fiasco du nucléaire cette histoire-là.
04:08 Merci beaucoup. L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro,
04:11 dont je signale la une ce matin Alexis.
04:14 L'intelligence artificielle bouleverse déjà l'économie
04:17 avec toute une série d'exemples particulièrement concrets.
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