00:00 Place à l'édito politique sur Europe avec le Figaro. Bonjour Alexis Brézet. Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:06 Alors, Elisabeth Borne a présenté hier Alexis au chef de parti sa feuille de route en matière de planification écologique.
00:13 Alors accueil plutôt frais, on va dire ça comme ça.
00:15 Et lundi prochain, Emmanuel Macron doit renouveler l'exercice devant les forces politiques, les associations, les syndicats.
00:21 Est-ce que vous pensez Alexis que le discours du président sera davantage applaudi ?
00:26 Déjà reconnaissons-lui le mérite de le prononcer enfin ce grand discours sur l'écologie.
00:32 Parce que franchement de report en report on n'y croyait plus.
00:35 Or la planification écologique, cette invention du génie poétique de la technocratie française
00:41 qui est censée baliser filière par filière le chemin de notre économie vers le graal de la neutralité carbone en 2050,
00:49 cette planification écologique donc était un des engagements centraux du candidat Macron en 2022.
00:55 Rappelez-vous Dimitri le discours qu'il avait tenu à Marseille pendant la campagne présidentielle.
00:59 "La politique que je vais mener dans les cinq ans à venir sera écologique ou ne sera pas.
01:04 L'économie sera écologique ou ne sera pas. Nos vies seront écologiques ou ne seront pas."
01:10 Ah oui vous avez trompe trouvé le truc.
01:11 Franchement il n'était pas allé avec le dos de la cuillère en bambou Emmanuel Macron.
01:15 Et après plus rien, c'était étonnant.
01:16 Comment vous expliquez Alexis ces atermoiements du président ?
01:19 Très simplement par le fait que pour tout gouvernement, quel qu'il soit,
01:23 la prise en compte de ces enjeux climatiques est un casse-tête politique infernal.
01:27 Vu de loin, c'est formidable l'écologie.
01:29 La sauvegarde de la planète, la lutte contre les gaz à effet de serre, la transition énergétique, la voiture électrique, tout le monde est pour évidemment.
01:36 Mais dès qu'on entre dans le détail des mesures à mettre en oeuvre, c'est une autre affaire.
01:40 Ce n'est pas compliqué, on n'a plus que des ennemis.
01:42 D'un côté, on en fait toujours trop peu pour les ultras de l'écologie radicale,
01:47 tous ceux qui de Sandrine Rousseau à Jean-Luc Mélenchon, sous prétexte de lutte contre le réchauffement climatique,
01:53 veulent en finir définitivement avec l'avion, la voiture, la viande, le nucléaire et au fond l'économie de marché et le système capitaliste.
02:01 Cela, pour peu que vous tentiez timidement de préserver un peu de croissance et peut-être quelques emplois,
02:07 cela vous peigne aussitôt en traître, en complice des lobbies qui conspirent à l'effondrement de la planète.
02:12 Et de l'autre côté, on en fait toujours trop pour un tas de gens moins politisés, moins représentés,
02:18 souvent d'origine modeste, qui, sans nier la réalité du réchauffement, ne vont pas très bien,
02:23 alors qu'ils n'ont fait de mal à personne, pourquoi on leur interdirait de vendre leur maison,
02:27 qui n'est pas très bien isolée peut-être, d'utiliser leur voiture diesel, de réparer leur chaudière au fioul,
02:33 et demain de griller un steak au barbecue.
02:35 Pour cela, évidemment, vous êtes un bobo écolo, un petit marquis parisien, un politicien déconnecté des réalités.
02:41 Ajoutez de surcroît le coût absolument exorbitant des mesures qu'il faudrait financer pour contenter les uns et les autres,
02:48 et vous comprendrez que nos dirigeants se sentent un tout petit peu piégés.
02:51 - Et de ce piège, comment on en sort ?
02:53 - Comme on peut, c'est-à-dire pas très bien.
02:55 Elisabeth Borne fait du Elisabeth Borne.
02:57 Elle a une des chiffres, trace des courbes, projette des powerpoints,
03:00 et en déduit que le secteur des transports, par exemple, doit passer de 129 millions de tonnes équivalent CO2 en 2022
03:07 à 92 millions de tonnes en 2030. Ça a le mérite d'être précis.
03:11 Et quant à Emmanuel Macron, il fait des phrases, il explore d'introuvables voies de passage,
03:16 il lance l'écologie souriante contre l'écologie punitive, il décrète l'urgence climatique,
03:22 mais, comme Nicolas Sarkozy en son temps, il demande une pause européenne.
03:25 Il prétend sortir du pétrole bien avant 2050, mais il précise bien sur les réseaux sociaux
03:31 que la France est à l'origine de moins de 1% des émissions de gaz à effet de serre.
03:35 On va dire que c'est méritoire, à défaut d'être toujours cohérent.
03:39 L'édito politique sur Rorota. Merci beaucoup Alexis Brezel.
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