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  • il y a 3 ans
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##PARLONS_VRAI_CHEZ_BOURDIN-2022

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Transcription
00:00 Allez, commençons cette deuxième partie avec le témoignage de Sophie qui habite Bordeaux.
00:04 Justement, ça tombe très bien. Bonjour Sophie.
00:07 - Bonjour. - Bonjour.
00:09 Vous habitez Bordeaux depuis 20 ans je crois Sophie.
00:11 - Oui, je suis arrivée à Bordeaux pour continuer mes études, donc j'étais assez jeune et je suis restée depuis...
00:17 - Vous avez deux enfants, 6 et 11 ans. - Oui.
00:20 - Est-ce que dans votre quartier à Bordeaux, vous constatez du changement
00:26 et une montée de l'insécurité, de la violence qui va avec ?
00:30 - Alors écoutez, la problématique est un tout petit peu différente parce qu'en fait,
00:34 je réagis aussi au fait que Berghoff, hier, a fait une émission en parlant de ce quartier,
00:39 de la Benoche, qui est en fait un quartier dans lequel je suis allée récemment
00:44 puisque ça fait trois ans que je cherche un appartement et que je n'y arrivais pas.
00:47 Quand on est bien célibataire à Bordeaux, c'est devenu impossible de se loger.
00:50 Alors qu'il y a 20 ans, c'était super.
00:53 Donc voilà, la politique de la ville n'est pas vraiment...
00:56 socialement, elle n'a pas évolué. Donc je suis arrivée dans ce quartier...
00:59 Avant, j'étais dans un coin où il y avait des déshops plutôt préservés
01:03 et c'est là où vous voyez la différence.
01:05 En fait, c'est une chouette cité. C'est une vieille cité.
01:07 Elle est quand même bien entretenue. Il y a des beaux jardins. Les gens sont sympas.
01:11 Sauf qu'en fait, il y a une violence qui apparemment existe quand même depuis longtemps.
01:16 Moi, j'étais un peu nouvelle. Donc j'ai essayé de faire des choses.
01:19 Ça fait 4 mois qu'en bas de chez nous, de notre immeuble, de notre porte à nous,
01:24 je peux voir chaque journée, chaque nuit, chaque soir, des bandes de jeunes qui se relaient,
01:30 enfin jeunes ou moins jeunes, qui font du deal à la vue de tout le monde,
01:34 qui se garent là, qui bloquent la circulation, qui foutent le bordel.
01:38 Le soir, ils se défoncent, ils boivent, ils jettent tout par terre.
01:41 Le matin, tout est dégueulasse. Hier, ils ont carrément tagué toute l'entrée.
01:46 Et derrière tout ça, c'est beaucoup de violence.
01:50 Nous, dans l'immeuble, c'est comme s'ils étaient chez nous chaque jour.
01:54 Moi, j'ai deux enfants. Ils ont du mal à dormir.
01:56 Ma voisine, entre autres, première étage, vous imaginez, elle attaque juste sous les fenêtres.
02:00 Il y a des hurlements chaque soir, tout le temps.
02:02 Et quand vous essayez de faire intervenir, de dire qu'il se passe quelque chose,
02:07 c'est une... je suis un peu émue parce que déjà, hier, il s'est passé encore,
02:13 que j'ai dû encore rappeler la police parce qu'on nous dit
02:16 "En attendant de faire quelque chose, vous pouvez continuer à appeler la police."
02:19 Sauf qu'en fait, eux-mêmes sont lassés.
02:22 Et on finit par entendre des choses qui sont trop difficiles.
02:27 Déjà, la violence est extrêmement difficile, mais quand vous entendez quelqu'un vous dire
02:30 "Ecoutez, madame, vous n'avez qu'à bouger, si vous ne pouvez pas, si quand on veut, on peut,
02:34 voilà la seule solution qu'on nous donne, la solution que nous donnent les bailleurs,
02:37 que nous donne tout le monde, c'est vous ne voulez pas arrêter,
02:40 partez parce que nous, on n'a pas le choix."
02:41 Et cette violence-là, elle n'est pas enrayée.
02:43 Je ne sais pas pourquoi la mairie, ceux qui doivent gérer ça, je ne sais pas.
02:49 Pourtant, on en a fait des choses, on a essayé, vraiment, on a fait des réunions, etc.
02:56 Et il ne se passe rien.
02:58 Et je ne suis pas étonnée, franchement, honnêtement, qu'à Bordeaux,
03:00 ça ait beaucoup changé parce que ça a été vendu.
03:03 Il y a eu des milliers de constructions qui ont été faites.
03:06 Nous, on a doublé la population à la Bastille.
03:08 Et derrière, ça ne suit pas. Les écoles ne suivent pas.
03:10 Pour aider les jeunes, ça ne suit pas.
03:13 Ah bah oui, ceux qui ont vendu, ils se sont fait du fric.
03:15 Ça, les gros groupes en Atlantique, etc., ils se sont fait du fric.
03:18 Mais ceux qui sont là, sur place, non.
03:21 Donc qu'est-ce qu'il se passe ?
03:22 Il y a une tonne de population qui arrive, rien derrière pour gérer ça.
03:25 Et bien, c'est sûr, la montée de la violence, elle va continuer.
03:28 Dans les hôpitaux psychiatriques, il n'y a pas de place.
03:30 La police ne peut pas se déplacer.
03:32 Personne ne semble pouvoir rien faire.
03:34 Voilà, c'est tout. Voilà.
03:36 Et donc, l'insécurité, non seulement l'insécurité,
03:39 le sentiment d'insécurité et l'insécurité progressent.
03:43 Ce n'est pas qu'un sentiment d'insécurité que vous liez.
03:45 Voilà, j'ai compris, Sophie.
03:47 Alors là, c'est très clair.
03:48 Le témoignage est...
03:50 Parce que ce que dit Sophie,
03:52 une autre habitante ou un autre habitant, je ne sais pas,
03:54 d'une autre grande ville française, pourrait le dire.
03:57 Dans un quartier, Sophie, un quartier qui est, par ailleurs, agréable à vivre.
04:02 Il pourrait être ce quartier.
04:05 C'est un vieux quartier. Les gens y habitent depuis très longtemps.
04:07 Donc oui, il y a plein de choses.
04:08 Il y a une bibliothèque. Il y a des gens qui essayent de faire des choses.
04:11 Mais il y a ce phénomène qui fait qu'on est piégé.
04:16 On est piégé. Personne ne veut rien faire.
04:18 Tout le monde me dit "oui, on essaye, on va essayer, on verra".
04:21 Mais ça continue pour nous.
04:23 Moi, je ne sais pas.
04:25 Et puis, en plus de ça, c'est clair.
04:27 La ville, quand je vais en ville, je vois bien,
04:29 il y a deux fois plus de population.
04:30 C'est une masse de population.
04:32 Et oui, ils ont fait plein de choses.
04:34 Ils ont fait le musée du vin.
04:36 Nous, on n'a pas eu de piscine pendant 7 ans à la Bastille.
04:38 C'était le seul truc qu'on avait.
04:40 Donc voilà.
04:42 Non, au niveau social, ça ne suit pas.
04:44 Ça ne suit pas.
04:45 Mais non. Et comment voulez-vous aider des populations,
04:48 déjà pour qui c'est difficile, s'il n'y a rien pour eux ?
04:50 Alors, il y a de l'argent à Bordeaux.
04:51 Oui, ça, il y a de l'argent.
04:52 Les chartons, il y a de l'argent.
04:53 On est tous choqués par ce qui peut se passer à droite, à gauche dans la ville.
04:57 Mais il ne faut pas oublier qu'une ville, ce n'est pas seulement le musée du vin, etc.
05:02 Bien sûr. Merci pour votre témoignage, Sophie.

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