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  • il y a 5 ans
Il y a quelques semaines, la jeune femme, qui est retournée vivre au vert, apprend qu'elle attend un deuxième enfant. Malheureusement, elle et son compagnon perdent le bébé à 8 semaines.
Dans cette interview, Miske Aalhaouthou nous raconte le choc de la fausse couche et dénonce le peu de moyens mis à disposition pour accompagner les femmes victimes de fausses couches et de pathologies graves en milieu rural. Un témoignage aux mots percutants, sur un sujet peu évoqué et qui concernent pourtant un grand nombre de femmes et d'hommes.

Montage : Apolline SANCHEZ

Retrouvez Miske Aalhaouthou sur :
la_cuisine_de_miske (son instagram)
Son livre "Comment Pimper la diversification de mon bébé" paru chez First Editions

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Transcription
00:00 Et si j'avais eu derrière des complications après la prise de médicaments,
00:03 j'aurais dû repartir avec une hémorragie,
00:07 repartir à Chartres, soit à 50 minutes de chez moi.
00:11 Je vais vous raconter une petite histoire un peu tragique
00:22 qui nous est arrivée à mon conjoint et moi le 21 juin dernier.
00:25 On a quitté la région Île-de-France
00:28 pour revenir dans mon perche natale.
00:30 On a appris il y a à peu près deux semaines et demie que j'étais enceinte.
00:34 Donc avec cette grande joie, c'était une grossesse voulue.
00:37 On a fait une première échographie avec une sage-femme
00:41 qui a 20 minutes de chez nous, donc de nos gens, qui est à La Loupe.
00:45 C'était une volonté, c'est une amie d'enfance.
00:47 Donc on est partis à La Loupe pour une première échographie,
00:50 donc au tout début, qu'on a su par le test quand j'étais enceinte.
00:54 Donc on y est allé avec beaucoup de joie, beaucoup d'amour
00:57 et là, on arrive, on parle pendant une demi-heure
01:00 de tous les petits faits divers,
01:02 des petits soucis qu'il peut y avoir en milieu rural pour les femmes,
01:06 donc de l'accompagnement s'il y a des pathologies ou des fausses couches.
01:10 Et il s'avère que là, on fait l'échographie et qu'on se rend compte
01:15 que le rythme cardiaque du fœtus s'est arrêté.
01:18 Donc vous imaginez bien que c'était très dur.
01:20 Des cris, des pleurs, on en veut la terre entière.
01:24 Et là, j'apprends du coup par ma super sage-femme
01:28 que je dois partir faire une deuxième écho de contrôle
01:31 aux urgences gynécologiques, donc à 50 minutes de chez moi.
01:35 Et là, je me dis, mais j'ai une chance inouïe, j'ai une voiture,
01:38 j'ai mon conjoint qui a le permis,
01:40 parce qu'on n'a pas forcément envie de conduire derrière,
01:41 quand on apprend ça,
01:42 et que j'ai une famille qui m'a soutenue.
01:45 Et j'ai surtout eu des accompagnants,
01:47 parce que j'avais cette volonté d'avoir une grossesse un peu atypique
01:51 avec mes énergéticiennes, ma natureau, un ostéo.
01:55 Ces personnes-là ont été très présentes.
01:58 C'est vrai qu'elles m'ont beaucoup accompagnée,
01:59 psychologiquement et physiquement, en travaillant à distance,
02:02 donc ça m'a beaucoup aidée.
02:04 Et donc on est partis, on est arrivés aux urgences gynéco,
02:08 on a attendu 2h40 pour en plus avoir juste une écho qui te confirme
02:12 et juste derrière, deux médicaments,
02:16 une ordonnance pour du paracétamol,
02:19 et te dire que, écographie dans 10 jours.
02:22 Donc avec aucune information de ce qui allait se passer,
02:24 si il y a eu une émoragie ou autre, en fait strictement rien.
02:27 Déjà, grosse journée, très compliquée.
02:31 Et c'est là que je me suis dit,
02:32 mais elles font comment les femmes ici ?
02:34 Celles qui n'ont pas le permis, celles qui n'ont pas de voiture,
02:37 celles qui ne sont pas à nos gens le retrou,
02:39 parce que moi je suis dans la capitale du Perche,
02:41 il y a le train, donc j'aurais pu le prendre.
02:44 Mais encore une fois, tout ça, c'est à notre charge.
02:46 C'est à la charge des couples.
02:48 Et j'ai la chance d'avoir un mari aussi, qui est présent.
02:50 Et je me suis dit, mais ce n'est pas tout le monde qui a cette chance-là.
02:54 Et qu'il y a un vrai problème d'infrastructure.
02:57 Et qu'effectivement, il y a des sages-femmes ici,
02:59 on n'a pas de maternité, mais il y a un centre périnatale,
03:02 il y a deux sages-femmes, il y en a deux autres en libéral,
03:04 mais dès qu'on parle de pathologie ou de fausse couche,
03:06 on doit de toute façon, de fait, partir.
03:09 Et si j'avais eu derrière des complications
03:11 après la prise de médicaments,
03:13 j'aurais dû repartir avec une hémorragie,
03:17 repartir à Chartres, soit à 50 minutes de chez moi.
03:21 Et encore une fois, si je n'avais pas de voiture, comment j'aurais fait ?
03:25 Je pense à toutes ces femmes qui sont...
03:28 Et ces hommes, parce qu'il y a des hommes qui sont concernés,
03:30 mais comment elles font ?
03:32 Donc je pousse un coup de gueule, parce qu'on oublie, en fait.
03:35 Stop, accompagnez-les, accompagnez-nous, en fait.
03:40 Aidez-nous à nous sentir bien, on donne la vie.
03:44 Et effectivement, on a le choix de l'arrêter par un avortement,
03:49 de la poursuivre par un accouchement,
03:51 mais encore une fois, il y a des fléaux.
03:53 Et on en parle dans les médias, ici, dans les journaux,
03:56 on va parler des fêtes d'hiver,
03:57 on retrouve des fœtus dans les poubelles,
04:00 on entend parler des jeunes qui secouent leur bébé, qui...
04:05 Mais stop, en fait.
04:07 C'est parce qu'il n'y a pas de structure pour les accompagner, ces femmes-là.
04:10 Et que si elles sont juste à côté, dans une petite commune,
04:14 où il n'y a pas encore moins d'infrastructures qu'ici,
04:17 pas de centre périnatale, comment ça se passe ?
04:20 Pour ces femmes.
04:22 Des maisons des femmes, ça n'existe pas, ici.
04:25 Il y en a une pour tout l'Eure-et-Loire,
04:28 avec dix femmes qui peuvent être accueillies, tout de même, on en est là.
04:31 J'ai cette chance d'être forte,
04:32 j'ai cette chance d'avoir des accompagnantes qui sont merveilleuses,
04:36 que je remercie, une sage-femme incroyable.
04:39 Mais tout le monde n'a pas cette chance-là.
04:41 Donc, tout le monde a le droit d'avoir un accompagnement.
04:46 Toutes les femmes devraient pouvoir être accompagnées,
04:50 dans leur maternité, dans ces moments très difficiles,
04:53 parce que je peux m'imaginer le retour à la maison pour certaines.
04:57 Qui peut être très dur si elles sont seules, si elles n'ont pas de famille,
05:00 si elles n'ont pas cette chance d'avoir des accompagnants
05:02 qui sont proches d'elles.
05:05 Comment elles font ?
05:06 Je vous remercie d'écouter ça,
05:07 parce que pour moi, ça me tient à cœur.
05:09 Mais les politiques, s'il vous plaît,
05:11 je vous en prie, reconnaissez la femme.
05:12 N'oubliez pas, surtout, que vous avez été dans le ventre de votre maman
05:17 et que la femme donne la vie aussi,
05:19 et que c'est important de le reconnaître.
05:22 Merci.
05:23 Sous-titrage ST' 501
05:25 [Musique]
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