00:00 En vérité, je pense que j'aurais pu appeler ce livre
00:02 "Maternage proximal, comment j'ai tout raté",
00:05 parce que nous ne nous voilons pas la face.
00:07 Dans la vie, il y a la théorie et il y a la pratique.
00:11 Bonjour, je m'appelle Ophélie, j'ai 29 ans.
00:25 Je suis auteure du livre "Culpabilité, ta mère",
00:28 aux éditions Le Duc.
00:29 Je suis maman d'une petite fille qui va bientôt avoir 2 ans
00:32 et je serai maman aussi d'un petit garçon dans les prochains jours.
00:37 L'impression de tout rater, je pense qu'elle est commune à tous les parents.
00:47 Il y a toujours un moment où on se dit
00:49 "C'est la catastrophe, j'ai fait n'importe quoi,
00:52 qu'est-ce qui va devenir mon enfant si je continue à faire comme ça ?"
00:55 Je pense que c'est un sentiment assez sain, cette impression de ratage.
00:59 C'est aussi une impression qui permet de s'améliorer.
01:03 C'est aussi une impression qu'on a vis-à-vis de soi,
01:05 mais vis-à-vis des autres et de la société,
01:07 parce qu'aujourd'hui, on sait facilement ce qui se passe chez les autres,
01:12 grâce aux merveilleux réseaux sociaux, qui ont plein de bons côtés,
01:14 mais qui en ont aussi plein de négatifs.
01:16 Souvent, on voit le positif de ce qui se passe chez les autres personnes,
01:19 et pas le négatif, parce que c'est beaucoup plus facile
01:22 de poster sur les réseaux sociaux ce qui se passe de positif et ce qui est joli.
01:26 Les galères, c'est beaucoup plus difficile à poster,
01:29 donc on en voit un peu moins sur les réseaux sociaux,
01:31 bien que c'est tendre à se démocratiser, de parler des galères.
01:35 C'est un sentiment qu'on a tous en tant que parents,
01:38 et en même temps, c'est quelque chose que j'ai voulu casser en me disant
01:42 "Moi, je vous parle sans filtre dans mon livre,
01:44 c'est ce qui s'est vraiment passé dans ma vie de parent
01:48 et dans mon cheminement de parent avec mon enfant."
01:51 J'espère que ça permettra de décomplexer certains parents
01:54 sur le fait de se dire "On a raté, mais c'est OK."
01:57 [musique]
02:02 Plus je vieillis,
02:04 je parle comme si j'avais 80 ans,
02:08 plus je vieillis et plus je me rends compte
02:10 que la vie des femmes est vraiment cloisonnée dans plein d'injonctions.
02:15 On dirait presque qu'on a un parcours qui est tout tracé pour nous
02:18 et on est obligés de le suivre.
02:20 Tout le monde se permet de commenter tout sur la vie des femmes,
02:24 qu'on veuille des enfants ou qu'on n'en veuille pas.
02:27 Parfois, c'est des questions assez maladroites.
02:29 "Alors, tu as 30 ans, tu n'as toujours pas d'enfant ?"
02:33 Je trouve qu'on a pas mal de chance dans notre génération
02:36 puisqu'on est un peu la génération où la parole se libère.
02:39 Ça permet de libérer la parole, d'ouvrir et de dire "Non,
02:44 vos injonctions patriarcales, on n'en veut plus."
02:49 Nous, on est des femmes et on est des femmes libres.
02:52 "La phobie d'impulsion, c'est quoi ?"
02:58 La phobie d'impulsion, c'est le passage de mon livre
03:01 qui m'a coûté le plus à écrire, le truc le plus tabou pour moi.
03:05 Et pour autant, c'était un passage que je voulais absolument écrire
03:08 parce qu'il me paraît indispensable.
03:10 La phobie d'impulsion, c'est un moment où on a peur de faire du mal à quelqu'un
03:13 et donc on peut avoir peur de faire du mal à son enfant.
03:16 Par exemple, moi, ça m'est arrivé plusieurs fois de me demander
03:19 ce que ça ferait si je jetais ma fille dans les escaliers
03:23 ou par la fenêtre ou contre un mur.
03:25 Ça m'est arrivé dans des moments où ma fille pleurait vraiment beaucoup
03:28 et que j'étais à bout de ressources, je ne savais plus comment la calmer.
03:32 À ce moment-là, on est très fatigué, on est très en colère.
03:35 Voilà, venir ce genre de pensée.
03:37 Et en fait, moi, je me suis rendue compte qu'à partir du moment
03:40 où j'ai réussi à exprimer et à verbaliser à mon conjoint
03:43 que j'avais ce genre de pensée et à verbaliser à mes amis
03:46 que j'avais ce genre de pensée,
03:48 je me suis rendue compte que je n'étais pas toute seule
03:51 et ça m'a fait beaucoup de bien.
03:53 Et ça m'a fait aussi prendre conscience que j'avais besoin de relais.
03:57 Et ça, c'est assez tabou dans une société
03:58 où on demande aux femmes de travailler comme si elles n'avaient pas d'enfants
04:03 et d'avoir des enfants comme si elles n'avaient pas de travail,
04:05 d'être épanouies 24 heures sur 24 avec leurs enfants.
04:15 Reste question.
04:16 Moi, je ne voulais pas d'enfants.
04:18 Donc, comme vous pouvez le voir, c'est raté.
04:22 Je ne voulais pas d'enfants.
04:23 Et une des raisons pour lesquelles je ne voulais pas d'enfants,
04:25 c'était une raison environnementale
04:26 sur laquelle j'ai un peu travaillé quand même en me disant
04:29 que je ferais au mieux avec mes enfants,
04:32 que je ferais au mieux, moi, de mon côté, en tant que parent,
04:36 pour essayer de consommer le moins possible,
04:40 les achats d'occasion, les couches lavables.
04:43 Et surtout, je leur transmettrai des valeurs qui nous sont chères.
04:46 Je ne veux pas donner des conseils aux parents.
04:54 Ce n'est pas le but, parce que vraiment, pour moi,
04:56 chaque parent, chaque enfant et chaque situation est différente.
05:01 D'ailleurs, moi, des conseils,
05:03 je n'en ai pas du tout manqué dans ma parentalité,
05:06 parce que j'ai eu de la chance de réussir à m'entourer
05:09 de personnes que j'appelle mon village,
05:13 qui sont des personnes qui sont hyper importantes pour moi au quotidien,
05:17 qui ne jugent pas ce que je fais avec mon enfant,
05:21 mais qui me soutiennent et qui m'expliquent
05:24 et qui témoignent, elles aussi, de comment ça se passe chez elles.
05:27 C'est une base, en fait, c'est mes piliers.
05:29 Alors, j'ai détesté ma première grossesse.
05:38 J'ai eu un accouchement qui a été horrible.
05:42 On a été hyper traumatisés avec mon conjoint par mon premier accouchement.
05:45 L'admettement, ça a été galère à mettre en place.
05:48 Ma fille a bientôt deux ans et se réveille toujours la nuit.
05:52 C'est dur d'avoir un enfant.
05:54 Et pour autant, on a choisi d'en avoir un deuxième.
05:57 Alors...
05:59 Comme l'arrivée de mon premier enfant,
06:02 j'ai vraiment l'impression que c'est mon utérus
06:05 qui a fait le choix pour moi d'avoir un deuxième enfant.
06:09 Et d'ailleurs, j'ai une amie qui m'a demandé,
06:11 quand je lui ai annoncé ma grossesse,
06:14 "Est-ce que c'est inconscient comme décision ?"
06:17 Et je lui ai dit, "Oui, en fait, je crois que c'est complètement inconscient."
06:22 J'ai aussi vécu une grossesse compliquée.
06:26 Et pour que mon utérus ne choisisse pas pour moi une troisième fois,
06:30 je pense qu'on mettra en place une contraception définitive avec mon conjoint.
06:35 Sous-titrage ST' 501
06:37 ...
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