00:00 La croisière priait d'aller s'amuser ailleurs.
00:02 Regardez les images de Sunkhara Jan Dembele pour Ouest France.
00:06 40 gendarmes déployés hier matin sur le port du Rossmeer dès 7h du mat
00:10 afin que les manifestants, une cinquantaine, ne perturbent pas le débarquement des touristes.
00:15 Il y avait même une patrouille qui guettait sur l'eau d'éventuelles actions en mer.
00:18 Car le débat autour de ces méga-croisières donne ici lieu depuis début mai à des scènes tendues.
00:24 On a d'un côté les anti-mastodontes des mers qui dénoncent un tourisme de riche,
00:29 ultra-pollueur qui explose d'ailleurs ces dernières années,
00:32 et de l'autre les commerçants, soutenus par la maire de la ville,
00:35 qui estiment que l'arrivée de ces touristes génère à chaque fois
00:38 entre 300 et 500 euros de chiffre d'affaires en à peine une heure.
00:43 Une heure seulement.
00:44 Alors est-ce que vous réalisez le manque à gagner, déplore-t-il, quand on les refoule ?
00:48 C'était le 6 mai dernier, une casserole avait empêché la majorité des passagers
00:53 d'un de ces paquebots de croisière de poser le pied en Bretagne.
00:56 Un porte-parole des commerçants de Douarnenez postait ce jour-là,
00:59 vous le voyez sur son Facebook, « A vendre, ras-le-bol, des anti-tous ».
01:03 Alors hier, ces manifestants étaient tenus à distance par les forces de l'ordre,
01:07 malgré quelques « cassez-vous » qu'ils ont scandés de loin.
01:10 247 touristes américains et britanniques ont cette fois pu débarquer sur des canaux pneumatiques,
01:16 d'ailleurs qui font la navette.
01:17 Les énormes paquebots comme le leur, le Silver Cloud,
01:20 n'entrent pas dans le port de Douarnenez, ils restent au large, dans la baie,
01:24 où ils pouvaient moire tout de même cette jolie banderole que vous voyez,
01:26 déployée pour eux, croisière, ni ici, ni ailleurs.
01:30 - Douarnenez n'est pas la seule ville de France à se demander en effet
01:33 si ces paquebots sont vraiment un cadeau.
01:35 - Bah oui, puisque les écolos, ils ont déjà la réponse, c'est non.
01:39 Vu l'impact sur le milieu marin de ces immeubles flottants,
01:42 prévient un élu d'opposition à Douarnenez, il n'y aura bientôt plus de tourisme du tout.
01:46 Son comité conteste même cet impact positif dont je vous parlais,
01:50 que ça aurait sur l'économie.
01:51 Il dit lui, non, le commerce local n'en bénéficie pas,
01:54 ces touristes ils filent souvent en car vers d'autres destinations, d'autres villes,
01:58 et ce ne sont pas, balayent-ils, 10 personnes au port musée de Douarnenez qui changent la donne.
02:03 La mer, elle rétorque, elle, il n'y a que 7 escales par an,
02:06 avec des navires de seulement 200 passagers,
02:09 c'est pas non plus Marseille ou Venise, ces grandes villes,
02:12 qui accueillent, elles, non pas des centaines, mais des milliers de croisiéristes,
02:16 et commencent en effet à prendre, ou à tenter de prendre,
02:19 des mesures contre ces villes flottantes, qui pour le coup,
02:22 là, ne restent pas au large, mais vont accoster à Quai, en Corse, à Cannes, à Nice,
02:28 on limite donc l'ombre d'escales.
02:30 À Marseille même, le maire socialiste Benoît Payan,
02:33 en a fait, c'est l'un des pionniers de la lutte contre les croisières,
02:36 un de ses chevaux de bataille, il dénonce, depuis 2016,
02:40 une pollution générée par ces navires qui serait comparable, dit-il,
02:43 à celle d'une usine à charbon du 19e siècle,
02:46 ou à celle générée par un million de voitures.
02:50 Un million, faut-il payer ce prix environnemental pour remplir les boutiques du coin ?
02:54 La question, on le voit, n'est toujours pas tranchée.
02:57 Le débat est passionnant, c'est vraiment deux visions, là,
03:00 qui s'opposent des vacances et du tourisme.
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