00:00 - Sud Radio vous explique à 7h47, alerte rouge logement.
00:05 Ce sont les premiers mots de la lettre ouverte des professionnels de l'immobilier adressée au président de la République
00:10 parce que le secteur traverse une crise majeure et attend des mesures concrètes et en urgence.
00:14 Et il n'y a pas que le secteur parce qu'évidemment aussi tout le monde se préoccupe du logement.
00:21 Nous sommes avec Pascal Boulanger qui est président de la Fédération des promoteurs immobiliers de France.
00:26 Bonjour. - Bonjour.
00:28 - Vous avez donc envoyé cette lettre ouverte. Pour vous donc il y a vraiment urgence comme vous le dites, alerte rouge.
00:36 Urgence sur quoi précisément alors ?
00:39 - Urgence sur tout parce que depuis trois ans nous souffrons vraiment d'une crise de l'offre.
00:45 Depuis les dernières élections municipales les maires sont un petit peu réticents à nous signer des permis de construire.
00:50 Nous avons ensuite une crise des matières premières, c'est-à-dire qu'une opération sur cinq ne sort pas.
00:56 Chez nous les promoteurs pour raison économique le prix de revient est nettement supérieur au prix de vente.
01:02 Et ça j'ai envie de dire c'est mon grand 1, la crise de l'offre.
01:04 Et en grand 2, une vraie crise de la demande puisque même si le besoin de logement est là, il est criant,
01:10 depuis le mois de décembre nous avons environ -50% de demande.
01:15 Et sur ces 50% de demande, en moins nous en avons 50% qui ne sont pas, qui ne vont pas au bout.
01:22 On a vu les taux de désistement passer de 13% à près de 50%.
01:26 - Alors quelles sont les mesures ? Qu'est-ce que vous attendez en urgence ?
01:30 Qu'est-ce qu'il faudrait ? Peut-être déjà par rapport aux permises, ce que vous dites, avec les municipalités.
01:37 - Alors si vous voulez, moi je raisonne un petit peu autrement, si vous me permettez.
01:41 - Oui, bien sûr.
01:42 - On a un raisonnement, je dis le logement de quoi ce malade chronique vient d'arriver aux urgences.
01:48 Donc aujourd'hui, on a besoin de mesures très rapides, des mesures très rapides et peu ou pas coûteuses.
01:55 Et ensuite, nous aurons besoin, mais plus tard, de retravailler parce que ça fait très longtemps que le logement est en difficulté.
02:03 Alors sur mes mesures d'urgence, par exemple ce qu'on appelle le PTZ, le prêt à taux zéro, il faut absolument qu'il soit prolongé.
02:10 Normalement, Elisabeth Borne nous l'a promis.
02:12 Nous attendons aussi des mesures, notamment avec les banques. Les banques sont un petit peu dans la même philosophie que nous.
02:18 Qu'est-ce qu'elles disent les banques ? Elles disent "laissez-nous faire, arrêtez de nous mettre des normes, nous on pourra prêter".
02:24 C'est les fameux, par exemple, 35% d'endettement.
02:27 Les banques disent "mais nous on sait voir si nos clients sont soldables ou pas".
02:30 C'est le taux d'usure, est-ce qu'on ne pourrait pas essayer pendant six mois de le supprimer à titre expérimental sur l'immobilier ?
02:38 Parce que beaucoup de banques nous disent également qu'elles ne peuvent pas prêter parce qu'elles sont légèrement au taux d'usure.
02:43 Alors on nous répond "oui d'accord, mais ça va faire monter l'inflation".
02:47 Oui, ok, mais là ce principe de précaution appliqué à l'extrême fait que, on ne parle même plus d'inflation, tout est à l'arrêt.
02:54 Voilà un petit peu pour les mesures d'urgence.
02:57 On peut aussi travailler, comme avait fait en son temps le président Sarkozy, sur une déduction des intérêts d'emprunt pour les primo-accédants.
03:04 Il ne faut pas oublier que quand on achète un logement neuf, c'est 20% de TVA qui rentrent tout de suite.
03:08 Donc comment j'entends ça coûte, nous on sait que le logement rapporte 90 milliards et qu'il coûte 40 ou 45.
03:13 Donc voilà des mesures d'urgence dont nous avons besoin.
03:17 Oui, qui permettraient de relancer la construction.
03:21 Avec des prix qu'il faudrait peut-être limiter, ça c'est compliqué parce que les matières premières augmentent aussi,
03:27 et pourtant le prix du logement au mètre carré, pour certains jeunes ménages aujourd'hui, on se demande bien comment ils peuvent faire pour acquérir justement un premier logement.
03:36 Alors, vous avez totalement raison, la rareté foncière, la rareté d'autorisation de construire, le prix des matières premières et les normes qui nous ont été imposées depuis une vingtaine d'années,
03:47 font que le logement on estime qu'il a pris 25 à 30% à cause de tous ces critères.
03:52 Ça va être difficile de revenir en arrière, je ne vois pas un pays aller stopper la norme.
03:57 Alors la crise des matières premières, il y aura une offre et une demande, ça finira par baisser, puisque on connaît ça, c'est cyclique.
04:02 Mais justement dans les mesures de long terme, parce que je vous dis il y a une maladie chronique et une maladie d'urgence,
04:07 dans les mesures de long terme on peut réfléchir à un nouveau système de financement du logement.
04:12 Il y a des pays, notamment les pays nordiques, dans lesquels le logement c'est lui qui est financé et non plus la personne.
04:19 Et donc quand vous vendez votre logement, la personne peut arriver derrière vous et reprendre un crédit,
04:24 un peu comme un loyer sur un bien immobilier, une voiture par exemple.
04:27 - Il y a plusieurs pistes sur la table, en tout cas c'est alerte rouge, et on voulait vous donner la parole,
04:33 parce que nous parlons beaucoup d'immobilier sur Sud Radio, la radio de l'immobilier bien sûr,
04:38 avec de nombreux rendez-vous tout au long de la semaine et en particulier aussi le week-end.
04:42 Merci à Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers de France, d'avoir été avec nous sur Sud Radio.
04:48 !
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