00:00 le 1er mai nous avons participé à une mobilisation sociale comme cela est notre droit fondamental dans notre pays.
00:05 Nous nous sommes mobilisés lors d'une manifestation qui a été déclarée et autorisée,
00:09 donc de la place de la République jusqu'à la place de la Nation.
00:12 Et durant celle-ci, et cela devient de manière sinistre assez habituelle,
00:16 nous avons subi des violences, respiré des gaz lacrymogènes qui nous ont fait beaucoup souffrir
00:21 et à la fin de cette manifestation j'étais assez usé justement et j'avais du mal à respirer.
00:25 Et donc je décide de me rendre sur la place de la République pour rejoindre Ilan et un autre ami.
00:29 Et quelques minutes après, nous avons été nous restaurer là-bas et entre 19h et 20h,
00:35 et ensuite dans la foulée nous avons décidé de rentrer chez nous et nous balader un peu dans les rues parisiennes.
00:41 Donc vous sortez du fast-food ?
00:43 Donc on sort tout à fait et lorsque l'on s'avance, quelques minutes après,
00:47 un gendarme mobile me pointe du doigt en disant "C'est Richy Thibault, attrapez-le, attrapez-le".
00:51 Et donc j'ai trouvé ça assez surprenant de prime abord,
00:54 parce que le fait d'avoir des idées, de les revendiquer, ne doit pas nous emmener à se retrouver arrêtés
01:00 et passer 24h de manière arbitraire en garde à vue.
01:02 Et vous êtes arrêtés tous les deux à ce moment-là ?
01:04 Et donc on arrête mon camarade Ilan en lui disant "Vous n'avez pas qu'à avoir de mauvaises fréquentations comme Monsieur Thibault".
01:09 Mais bon, on va vous parler des faits par la suite qui sont assez inquiétants et dramatiques,
01:13 et je pèse mes mots, sur l'état des libertés publiques en France,
01:16 et des libertés individuelles et collectives du moins, car il y a eu une procédure...
01:20 Précisément raconté nous, c'est-à-dire que vous êtes reconnu,
01:23 et ensuite, que se passe-t-il ?
01:25 Donc on nous met sur le bas-côté, là le capitaine de gendarmerie félicite abondamment le gendarme mobile qui m'a reconnu,
01:31 en lui disant "Très bonne prise".
01:33 Donc ils nous mettent au sol, ils rabattent nos affaires par terre.
01:35 Ensuite on nous met dans un fourgon de gendarmerie pendant près d'une heure,
01:38 sans avoir le motif, les gendarmes n'avaient pas le motif dont ils souhaitaient nous reprocher.
01:43 Donc ils ont dû attendre la confirmation des autorités supérieures.
01:46 Donc ça c'est la première partie.
01:48 Là vous ne pouvez joindre personne, vous ?
01:50 Non, on ne peut joindre personne.
01:51 Ensuite on nous met dans un deuxième véhicule, cette fois-ci de police,
01:55 on attend une quarantaine de minutes dans ce véhicule.
01:58 Ensuite on donne l'instruction de nous emmener à Annières,
02:00 dans le commissariat d'Annières, dans le département des Hauts-de-Seine, si je ne me trompe pas.
02:04 Donc là, scène assez hallucinante également,
02:07 l'OPJ présent dit que finalement on n'a qu'à aller se faire foutre sur un temps assez agressif,
02:12 donc une plainte sera déposée en ce qui concerne ces faits à l'IGPN, avec notre avocate.
02:17 Ça a été malmené, notre notification de droit s'est très mal faite.
02:22 Au bout de combien de temps ?
02:23 Il me semble 3 à 4 heures après notre interpellation.
02:26 Donc là aussi un véritable scandale.
02:28 Ensuite, ce n'est pas tout, on nous déplace encore de commissariat jusqu'à Gennevilliers.
02:32 Pour le déplacement jusqu'à Gennevilliers, on m'attache,
02:36 donc main dans le dos menotte, on me met par terre dans le coffre d'un véhicule.
02:40 Donc voilà, on n'avait pas de ceinture de sécurité,
02:43 Ilan non plus, il pourra vous en attester.
02:45 Donc on nous emmène jusque là-bas.
02:46 Ilan, vous êtes à quel endroit à ce moment-là ?
02:48 Richie est dans le coffre du fourgon de police,
02:51 et moi je suis à l'arrière, menotté, les mains dans le dos,
02:54 sachant que j'étais blessé et que je devais me rendre à l'hôpital.
02:57 Je ne suis pas attaché avec la ceinture de sécurité,
03:00 pourtant c'est obligé légalement, à ce que je sache,
03:02 on se prend des contraventions parfois, nous les citoyens,
03:05 si on ne met pas la ceinture de sécurité, pourtant là on ne me l'a pas mise.
03:08 Pourquoi étiez-vous blessé ?
03:09 J'étais blessé suite à un coup pendant la manifestation.
03:12 C'est le médecin qui avait dit qu'il fallait que je me rende à l'hôpital.
03:14 Et ensuite, que se passe-t-il ?
03:16 Et donc là, finalement, c'est toute la tragédie qui prend suite,
03:19 c'est-à-dire qu'on voit au bout de plusieurs heures, le lendemain matin,
03:23 parce qu'on a fait attendre pendant plusieurs heures notre avocate à l'extérieur,
03:26 on voit un OPJ, un officier de police judiciaire,
03:29 qui nous interroge et qui a l'air lui-même assez étonné par les faits,
03:32 et d'ailleurs la procédure est assez biaisée,
03:34 dans la mesure où sur notre fiche d'interpellation
03:36 et sur notre notification de garde à vue et de droit,
03:38 il n'y a pas le même motif.
03:39 C'est-à-dire que sur la fiche d'interpellation,
03:41 on nous reproche de participer à un groupement en vue de commettre des violences,
03:44 enfin vous savez, ce motif un peu bateau,
03:46 où on vous reproche, on vous suspecte de participer à un groupement,
03:49 dont on suspecte lui-même qu'il a pour but de commettre des violences.
03:53 Donc on nous reproche cela sur la fiche d'interpellation,
03:55 et sur la notification de droit,
03:57 eh bien on nous dit que finalement, c'est un groupement avec arme.
04:00 Et donc l'OPJ nous dit lui-même que c'est une erreur de son collègue,
04:03 enfin bon, la procédure est d'une moindre qualité,
04:05 et donc ça, c'est ce qui se passe,
04:07 donc on a notre audition en présence de mon avocate,
04:09 donc là on me dit "ah mais vous êtes un influenceur",
04:12 et on me juge sur mes idées politiques,
04:14 et il me semble que finalement,
04:16 ce n'est pas la mission d'un officier de police judiciaire,
04:18 et le commissariat...
04:19 - Pourquoi vous dites-il que vous êtes un influenceur ? Dans quel but ?
04:21 - Il me dit que j'ai une influence sur les réseaux sociaux,
04:24 que les gens me suivent et suivent mes prises de position,
04:26 et je ne vois pas en quoi ça concerne les faits qui me sont reprochés.
04:29 Et donc finalement, on quitte l'audition,
04:32 qui se passe plutôt bien,
04:33 et quelques heures après, il y a une nouvelle audition,
04:36 où cette fois-ci on consulte mon téléphone,
04:38 pendant l'ensemble de mes conversations,
04:40 en essayant de mettre en exergue quelle est mon identité politique.
04:44 J'ai trouvé ça assez scandaleux,
04:46 et moi j'aimerais revenir sur le fait que c'est extrêmement humiliant et grave,
04:49 le fait de se retrouver,
04:50 et ça m'est arrivé le 17 février dernier,
04:54 juste pour vous dire que je trouve ça extrêmement grave et humiliant
04:57 de se retrouver en garde à lui.
04:58 - Pour confirmer le fil de l'histoire,
04:59 vous passez combien de temps sous le régime de la garde à lui ?
05:01 - 20h30.
05:02 - 20h30 ?
05:03 - 20h30, oui.
05:04 - Et quand on vous libère, on vous dit quoi ?
05:06 - Qu'est-ce qu'on s'ensuit, monsieur ?
05:08 - Et c'est tout, ça s'arrête là ?
05:10 - Oui.
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