00:00 Eh bien, c'est le comédien Benjamin Lavergne de la comédie française
00:03 qui est venu sur le plateau de Télématin.
00:06 Bonjour Benjamin Lavergne.
00:07 Bonjour, bienvenue.
00:08 Vous avez la particule.
00:09 Oui, oui, beaucoup de particules effectivement.
00:11 Mais franchement, merci d'être là ce matin.
00:13 On a adoré votre film avec Thomas.
00:14 On s'est régalé.
00:15 Ça s'appelle "De grandes espères".
00:16 On s'assore aujourd'hui même au cinéma.
00:19 Alors, vous êtes partout Benjamin Lavergne.
00:21 Alors parfois, votre nom…
00:23 Mais au second plan quand même, regardez.
00:24 Non, là, mais au second plan sur l'affiche.
00:27 Mais franchement, vous êtes au cinéma, vous êtes au théâtre.
00:29 Tout le monde vous réclame.
00:31 Ça fait quoi d'être en train de devenir une star ?
00:33 C'était les grandes espérances que vous aviez pour vous ?
00:35 Ah là là, disons, dès le matin, là, vous ne m'épargnez pas.
00:39 Je me sens… Je touche du bois.
00:41 Je me sens très chanceux.
00:42 Et vraiment…
00:43 Regarde, c'est du contreplaqué.
00:44 C'est du contreplaqué.
00:45 Alors, je ne sais pas, il y a du vrai.
00:46 Ça aussi, je suppose.
00:47 Non, mais vous espériez que ça s'emballe comme ça ?
00:50 Oui, quand on fait ce métier, on a des…
00:52 D'abord, c'est un rêve.
00:54 On n'imagine même pas que ça puisse être possible.
00:56 Donc, je voyais ça comme vraiment une utopie.
00:59 Et puis, c'est devenu concret petit à petit.
01:00 C'est des marches qu'on monte.
01:01 On est pris à l'école.
01:03 Et puis, on regarde, en l'occurrence, la classe libre au cours Florent.
01:06 On se dit, c'est pour les autres.
01:08 On les croise dans les couloirs.
01:09 On tremble.
01:10 On se dit, c'est les stars du cours.
01:12 Et puis, finalement, on est pris un jour.
01:13 Et puis, après, le conservatoire.
01:14 Et puis, le conservatoire.
01:15 Et en fait, c'est vraiment un rêve qui devient réalité.
01:18 Et puis, une passion aussi qui grandit en soi,
01:20 qui devient un peu une vocation.
01:22 Et en effet, en allant au théâtre, en lisant du théâtre,
01:25 c'est devenu indispensable et merveilleux,
01:29 une chance inouïe de faire ce métier.
01:31 Parce que Dieu sait qu'il y a des gens talentueux qui n'y arrivent pas.
01:33 Et il y a aussi des gens talentueux qui y arrivent, vous en êtes la preuve.
01:36 Ce film, c'est un vrai thriller.
01:38 On va se mettre dans l'ambiance de "Grandes espérances",
01:40 dont vous partagez le rôle principal avec Rebecca Varner.
01:44 Et vous voulez faire quoi après l'ENA ?
01:46 Moi, je suis persuadée que l'homme ou la femme politique,
01:48 avec un vrai discours écologiste et féministe,
01:50 sera le prochain président ou la prochaine présidente.
01:52 Appelez-moi après votre grande orale.
01:54 Qu'on discute.
01:55 En tout cas, tu l'as bien plu à Gabriel.
01:57 Pourquoi tu dis ça ?
01:58 Quand les travailleurs et les salariés sont en difficulté,
02:02 c'est moi qu'ils appellent et pas vous. Pourquoi ?
02:04 Parce que vous avez tout cassé.
02:05 Après, c'est bien d'embrayer sur l'économie sociale et solidaire,
02:07 un emploi sur huit.
02:08 Vous les avez licenciés ?
02:09 Je suis sûre qu'il y a un ou deux journalistes que ça exciterait pas mal.
02:12 Qu'est-ce que je ferais sans toi ?
02:13 C'est quoi ce message que t'as écrit à Gabriel ?
02:18 Antoine, rappelle-moi. Qu'est-ce que tu me fais, là ?
02:21 On avait dit qu'on était deux, qu'on était ensemble.
02:23 Y a un problème ?
02:25 C'était sur une route au milieu de nulle part.
02:29 Allez, avance !
02:31 Ça va pas ?
02:32 On s'est fait agresser avec une coupe.
02:34 Alors comme ça, tu peux toujours...
02:35 Lâchez-moi !
02:36 Je fais tout pour ça.
02:37 Bougez pas !
02:38 Lâchez-moi ! Bougez pas !
02:39 Lâche-le pas !
02:40 Madeleine, t'es avec nous ?
02:42 T'es sûr qu'elle va pas parler, ton copain ?
02:44 Alors, t'es sûr qu'elle va pas parler, tout ça, on va le voir dans le film.
02:47 Ça commence comme une histoire d'amour qui se transforme en histoire d'ambition
02:50 et puis en polar, puisque Rebecca Merdère va tirer un "je spoil rien", c'est au début du film,
02:55 vous vous retrouvez coupable d'un meurtre.
02:56 Comment vous le définiriez, ce film, vous ?
02:58 Il est un peu inclassable.
03:00 Il est un peu inclassable et c'est ça qui bouscule les gens.
03:04 Y a évidemment la dimension d'une histoire d'amour, d'une grande histoire d'amour
03:08 qui est contrariée par un secret
03:11 et une entrée dans le monde de la politique par l'intermédiaire de ce couple.
03:15 Et évidemment, c'est l'histoire d'un destin, d'une vocation.
03:19 Alors là, elle est pas comédienne, parce que je vous parlais de vocation tout à l'heure,
03:22 mais d'un grand idéalisme aussi de vouloir changer le monde
03:26 et de passer par la politique de manière la plus sincère possible.
03:30 Et de voir comment on ressort de la politique.
03:31 Et justement, on voit que ça les abîme, cette ambition, que dans leur couple,
03:35 c'est peut-être ça aussi le problème, c'est cette ambition, la politique, leur fait pas du bien.
03:39 Oui, y a du poison, c'est là qu'on rentre dans le thriller.
03:42 C'est qu'il y a une menace, alors qu'il y a d'abord, c'est le secret qui gangrène
03:47 et qui agit chimiquement, différemment sur ce couple.
03:51 Elle, elle vient d'un milieu populaire, elle est boursière de Sciences Po,
03:54 elle a un rapport à son père assez éloigné.
03:56 Lui, c'est le fils à papa et qui est né avec une cuillère en argent dans la bouche.
04:00 Et ils ont le même rêve, mais pas du tout le même parcours.
04:04 Vous êtes beaucoup plus sympathique en vrai que dans le film, on peut vous le dire quand même.
04:07 Moi, je vous ai détesté dans le film, j'adore vous détester.
04:10 C'est un compliment.
04:11 Et en effet, je deviens une menace pour elle au fur et à mesure,
04:14 parce que je vis différemment ce secret et je vais être l'ombre,
04:17 le ressort dramaturgique du "méchant", parce que moi, je trouve qu'il a beaucoup aussi de...
04:23 Il défend son personnage.
04:25 Et nous, on est pris pendant tout le film, c'est un truc, on a le souffle un peu coupé.
04:29 Ce qui est drôle, c'est qu'on l'a aperçu, il y a un ancien vrai ministre éphémère,
04:33 Thomas Tévenoud, c'était la fameuse phobie administrative,
04:36 qui joue dans ce film, il joue le rôle du politique, du ministre du travail,
04:40 qui est un peu le trait d'actualité. Qui joue le mieux, l'acteur ou le politique, à votre avis ?
04:44 Je ne sais pas, mais en tout cas, je n'ai pas l'impression qu'il ait la phobie du jeu.
04:49 J'ai l'impression qu'il est très à l'aise, qu'il s'est beaucoup amusé
04:53 et surtout qu'il a un sens de la vérité, il a un instinct très développé,
04:59 il est très doué et c'était plus vrai que nature.
05:01 Nous, on n'avait vraiment pas à jouer avec lui, on était en réaction,
05:05 on était hallucinés de voir à quel point il était aussi acteur.
05:08 Parce que de jouer son propre rôle, ce n'est pas si évident.
05:10 Donc nos politiques seraient peut-être de très bons acteurs, c'est ce que vous êtes en train de nous dire.
05:14 Ça non, je trouve qu'au contraire, il y en a des très mauvais.
05:17 Je me dis, mais à quelle école ils ont été ?
05:19 Vous pouvez les citer, ceux qui ne feraient pas carrière.
05:21 Certains sont très connus.
05:22 Ah oui, d'accord.
05:23 Non, mais là, qui jouent mal la comédie.
05:25 Ne vous fâchez pas avec tout le monde tout de suite.
05:26 Non, mais après, il y en a beaucoup de très connus.
05:28 Mais vous, vous êtes très cynique, votre personnage, en tout cas dans le film.
05:31 C'est vrai que c'est troublant, parce que comme on a adoré le film,
05:34 on pourrait projeter, mais vous êtes très sympa vous.
05:36 Est-ce que ça correspond à l'idée que vous vous faites des hommes politiques ?
05:40 Ce cynisme justement.
05:41 C'est comme ça que vous les percevez ?
05:43 Sylvain Décloux, le réalisateur, ne voulait pas forcément faire une critique acerbe
05:49 et d'un pessimisme redoutable sur toutes les politiques, sur toute la classe politique.
05:53 Mais au contraire, prendre deux jeunes qui sont à l'orée de leur carrière
05:57 et qui sont à l'école encore.
05:59 Là, en l'occurrence, ils tentent le concours de l'ENA.
06:01 Ils sont admissibles à l'oral.
06:03 Et ils ont cette pureté et cet avenir où tout est possible, tout est radieux.
06:09 Et ils ne voulaient pas forcément tirer à boulet rouge et se dire que c'était foutu,
06:13 qu'ils sont tous pourris.
06:14 Ça parle du secret, en effet.
06:16 Ça parle de la complexité.
06:18 Il dit cet exemple, si Greta Thunberg avait commis vraiment quelque chose de condamnable,
06:26 est-ce que sa cause en serait moins noble ?
06:29 Et je trouve ça assez juste.
06:30 Ce ne sont pas des personnages manichéens.
06:33 Ils sont très complexes et ils ont de tout en eux.
06:38 Ça parle de ce combat.
06:40 Comment, avec cette complexité, aller au bout de ses rêves ?
06:42 Il faut dire aussi un mot de Rebecca Marder qui est incroyable.
06:46 Sophie Marceau et Catherine Deneuve réunies.
06:48 Je suis bluffé.
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