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  • il y a 3 ans
La grève et les opérations de blocages se poursuivent partout en France. Le Sénat a voté mercredi 8 au soir l'article 7, sur le recul de l'âge de départ à la retraite à 64 ans. Et les grévistes des secteurs clés comme l'énergie, ou encore les transports continuent leurs actions. 

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Transcription
00:00 [Générique]
00:04 On en parle avec Laurent Noman qui nous accompagne ce matin.
00:07 Hakim Belouz, délégué central force ouvrière raffinage chez Total est également avec nous.
00:12 Bonjour monsieur, merci d'être là.
00:14 Et on va d'abord faire un crochet par Perpignan avec Anne-Sophie Varmon
00:17 parce que les blocages prennent des formes très diverses ce matin
00:21 et notamment il y a en ce moment le début du blocage du péage du Boulou.
00:26 Anne-Sophie Varmon, vous êtes sur place, c'est un péage stratégique.
00:30 Oui tout à fait parce que ce péage il relie tout simplement la France à l'Espagne.
00:36 Et en quelques minutes seulement, vous avez vu, il y a eu cette opération de blocage.
00:43 Et regardez toutes les voitures qui se retrouvent bloquées à ce péage tout simplement
00:48 parce que, comme vous l'avez dit, ce péage est extrêmement stratégique.
00:52 Et le but évidemment des syndicats en bloquant ce péage, c'est de faire une action qui marque.
00:57 Nous sommes avec Julien Bertelemi qui est responsable CGT pour le département des Pyrénées-Orientales.
01:02 Julien, pourquoi c'est important d'être ici aujourd'hui ?
01:05 Déjà, Marquès et nous avons trompé contentement.
01:07 Après, il ne faut pas se tromper. Aujourd'hui, c'est le gouvernement qui bloque.
01:10 C'est eux qui nous ont imposé cette réforme qu'on ne veut pas.
01:13 Et la mobilisation, elle prend. Elle s'exprime.
01:17 Et l'expression, elle est là. Vous le voyez. Il y a les salariés. Ils sont en colère.
01:20 Ils sont à la barrière de péage. Et on demande très clairement à ce gouvernement de retirer son projet de réforme.
01:25 Et vous n'avez pas peur quand même que le mouvement, il devienne impopulaire ?
01:28 Parce que là, on le voit, il y a déjà des tensions avec les automobilistes.
01:31 Bien sûr qu'on va parler des 25 automobilistes qu'il y a ici.
01:35 Mais le reste, c'est quand même les 90% de la population qui soutiennent le mouvement de grève
01:39 et qui ne veulent pas de cette réforme. Moi, je pense que c'est assez clair.
01:42 Deux ans de plus, il n'y a personne qui en veut.
01:45 Alors aujourd'hui, peut-être que le Sénat a voté l'article 7.
01:49 Mais clairement, cette réforme, elle est impopulaire et elle ne passera pas.
01:52 Et on est déterminés à mobiliser encore sur les prochains jours, samedi, mercredi prochain. On ne lâchera rien.
01:57 Merci beaucoup Julien. Et bon courage à vous pour cette opération de blocage.
02:00 Alors, vous l'avez vu, cette opération, elle est évidemment très impressionnante
02:03 parce qu'il y a énormément de camions qui passent aussi.
02:06 C'est ce qu'on a pu remarquer avec Colline Chambolle.
02:08 Des camions qui empruntent cette autoroute et qui là vont se retrouver bloqués
02:11 certainement pendant plusieurs heures à cause de cette opération.
02:14 Menée par les syndicats, mais vous l'entendez, ils sont prêts à se mobiliser encore plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
02:19 Voilà, péage du Boulou, donc, dans les Pyrénées-Orientales, en direction de l'Espagne.
02:23 Alors ça, c'est pour les routes et c'était l'actualité en direct.
02:25 Et puis, il y a aussi l'énergie et les carburants.
02:28 Hakim Bellouz, vous êtes donc délégué central force ouvrière raffinage total à Faisun.
02:33 Quelle est la situation ce matin à Faisun, dans le département de Girones ?
02:37 Qu'est-ce qui est bloqué ?
02:39 Toujours pas de blocage, des grévistes sur le site massivement et donc il n'y a pas d'expédition de produits.
02:45 Et donc les syndicats force ouvrière et la CGT souhaitent encore durcir le mouvement parce que face à un gouvernement
02:50 qui n'entend pas ce qui se passe dans le pays, qui ne veut pas rendre des comptes aux travailleurs
02:55 qui font tourner l'économie et donc ils souhaitent des consignes d'arrêt sur le site.
02:59 Donc ça va être décidé peut-être dans la journée ou d'ici demain.
03:01 Mais pour l'instant, il n'y a toujours pas d'expédition de produits.
03:03 Blocage et des raffineries et des dépôts ?
03:07 Pas de blocage, une grève tout simplement.
03:11 Vous savez aujourd'hui, on n'est pas entendu par le gouvernement.
03:14 Il y a une bataille qui s'engage contre le gouvernement et clairement on a la croisée des chemins.
03:18 La réforme des retraites est entre les mains des grévistes.
03:20 Donc c'est eux qui vont décider de notre avenir.
03:23 Et donc voilà, il n'y a pas de blocage, il y a un droit constitutionnel.
03:26 La grève, ça suffit amplement à faire poser sur ce gouvernement des problématiques dans le pays pour être entendu.
03:32 Parce que malheureusement, agiter les drapeaux manifestations apparemment, ça ne suffit pas.
03:36 Vous ne dites pas de blocage, mais aucune goutte de carburant ne sort de la raffinerie que l'on voit derrière vous à Faisun.
03:44 Oui, tout à fait. La sémantique est importante. On respecte le cadre légal.
03:48 C'est pour ça que je vous dis qu'il n'y a pas de blocage, il y a des grévistes.
03:50 La grève, c'est quoi ? C'est la cessation de notre activité.
03:53 Donc effectivement, il n'y a plus une goutte de pétrole qui sort des raffineries françaises chez Total.
03:57 Les dépôts, c'est pareil ?
04:01 Certains dépôts sont affectés également, effectivement.
04:04 Est-ce qu'il y a des tensions, à l'heure où l'on parle, dans les stations-services de la région lyonnaise ?
04:09 Oui, effectivement, il commence à y avoir certaines stations qui sont en pénurie.
04:14 Les services de la préfecture sont un petit peu inquiets parce qu'effectivement, c'est le mouvement de durée.
04:18 Vous savez, il y a beau y avoir, j'ai entendu à l'info M. Gantot de l'UFIP qui nous disait qu'il y avait trois mois de stock.
04:23 Oui, il y a les stocks, mais ils sont dans des bacs.
04:25 Et avant d'arriver dans les stations et avant d'arriver dans les réservoirs des automobilistes, il y a une chaîne complète.
04:30 Et effectivement, pour l'instant, la chaîne, elle est plus ou moins brisée.
04:33 Prêt à tenir combien de jours encore ? Jusqu'à quand ?
04:35 Je ne sais pas, madame, ça serait, je ne lis pas, je ne sais pas.
04:41 C'est les salariés qui voient tous les jours ce qui se passe au niveau du pays, tous les rassemblements qui se passent,
04:45 tout le nombre de grévistes, toutes les décisions du gouvernement de ne pas recevoir des invitations syndicales.
04:49 Tous ces faits-là rentrent dans la danse au quotidien.
04:52 Et à chaque prise de parole aux assemblées générales, les salariés se positionnent en production.
04:58 Alors Laurent Demain, on est vraiment là dans une illustration très complète de la grève,
05:02 avec deux thématiques qui sont très importantes, très sensibles pour le quotidien des Français,
05:07 à la fois l'approvisionnement en énergie et la circulation.
05:10 Oui, c'est une théorie qui est parfaitement assumée par les centrales syndicales et qui a déjà 20 ou 30 ans, ce n'est pas nouveau.
05:16 En tenant l'énergie, en tenant les transports, vous tenez tout ce qui structure à la fois l'économie et la vie quotidienne des gens.
05:24 L'énergie, c'est quoi ? C'est l'essence pour mettre dans vos voitures, c'est l'électricité, c'est le gaz.
05:29 On a vu qu'il y avait des baisses de charges en matière de production sur l'électricité, sur le gaz.
05:33 Ça touche les particuliers, mais surtout les entreprises.
05:35 Les transports, c'est quoi ? Les transports, c'est les transports de personnes, SNCF, RATP, les avions, mais les transports.
05:42 Les transports de biens également, les routiers, les plateformes logistiques, les ports.
05:48 Si vous structurez, si vous bloquez à la fois l'énergie et les transports, vous affectez l'ensemble de l'économie.
05:55 Ce n'est pas la France à l'arrêt, mais c'est la France singulièrement ralentie.
05:58 Est-ce qu'il y a une course de vitesse entre le processus d'adoption du texte,
06:03 l'article 7 qui recule l'âge de départ à la retraite à 64 ans a été voté par les sénateurs cette nuit,
06:07 et la mobilisation dans les rues ?
06:09 En matière de sport, on dit que c'est le "money time", il reste 10 jours, c'est simple à comprendre.
06:13 10 jours. L'article 7 a été voté cette nuit au Sénat, le texte pourrait être voté dimanche,
06:19 puis le texte arrive en commission mixte paritaire, c'est un peu compliqué,
06:23 mais c'est 7 députés, 7 sénateurs qui se mettent d'accord sur un texte commun.
06:27 Et si c'est le cas, ce sera le 15 mars, le 16 on peut aller directement au vote,
06:31 à condition qu'il y ait une majorité. Au plus tard, ce sera le 26 mars.
06:35 On est aujourd'hui le 9 mars, le 26 mars c'est dans 15 jours.
06:39 Donc peut-être qu'en 10 ou 15 jours, l'affaire est pliée, d'où le changement de stratégie des syndicats.
06:46 Les journées sautes-moutons ont continué, mais maintenant il s'agit de peser sur l'économie
06:51 et la vie quotidienne des gens en espérant inverser la tendance et faire plier le gouvernement.
06:56 Ça ne vous a pas échappé que lorsque les syndicats demandent à voir le président de la République,
06:59 il renvoie sur son premier ministre ou sur le ministre du Travail.
07:02 En clair, la porte est fermée pour le moment.
07:04 Il n'y aura pas de rendez-vous avec les syndicats dans les prochaines heures ou dans les prochains jours ?
07:09 Oui, d'ailleurs, honnêtement, c'est très étonnant parce que c'est la loi,
07:12 c'est la réforme du président de la République, c'est lui qui l'a portée pendant la campagne présidentielle.
07:17 Et au moment où les leaders syndicaux veulent le voir, ils refusent de les voir.
07:21 Alors on peut comprendre qu'il ne veut pas entrer dans l'arène,
07:23 qu'il laisse le temps aux parlementaires de faire leur travail.
07:27 C'est bizarre de ne pas discuter, de ne pas se mettre autour d'une table.
07:31 Ça risque d'ailleurs de passer pour du mépris et de rajouter de l'huile sur le feu.
07:36 Troisième jour pour ce bras de fer qui a commencé mardi sur la réforme des retraites.
07:42 Troisième jour de difficultés dans les transports et d'énormes bouchons à nouveau ce matin autour de Paris.
07:47 450 km d'embouteillage à l'heure où l'on parle.
07:50 En Ile-de-France, c'est un niveau de trafic exceptionnellement haut pour un jeudi matin.
07:55 Merci d'avoir été nos invités dans 7 minutes pour comprendre.
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