00:00 J'ai perdu mon père le 3 décembre 2020, à la suite d'un contrôle de gendarmerie.
00:05 Aujourd'hui c'est difficile pour moi de parler face à la caméra.
00:08 Malheureusement c'est un mal qui est nécessaire.
00:11 Mon père s'appelait Claude, Claude Jean-Pierre.
00:14 Il avait 67 ans, il était jeune retraité.
00:18 Il profitait pleinement de la vie.
00:20 Le 21 novembre 2020, rentrant chez lui, mon père a été contrôlé par deux gendarmes
00:25 de la bricade d'EDF en Guadeloupe.
00:27 Un membre de la famille est arrivé sur les lieux du contrôle, donc ma cousine,
00:31 qui a constaté que mon père était allongé au sol, avec les yeux dans le vide,
00:36 avec un hématome au niveau du visage.
00:38 Alors la première version qui a été donnée, c'est que mon père a fait un malaise.
00:42 Ensuite, arrivé à l'hôpital, il a été décelé deux fractures au niveau des cervicales
00:48 et une tétraplégie.
00:49 Et c'est là en fait qu'on nous a expliqué qu'il était descendu de son véhicule
00:54 et qu'il était tombé.
00:55 Mon père est décédé quelques jours après son hospitalisation,
00:58 à la suite d'un choc sceptique.
01:02 Aujourd'hui, on a les caméras de vidéosurveillance qui ont pu filmer toute la scène.
01:06 On a une chance dans notre malheur, parce que sans ces vidéos,
01:09 c'était notre parole contre la leur.
01:11 On voit mon père obtempéré, donc il s'arrête sur le bas-côté,
01:15 avec les gendarmes juste derrière.
01:17 Il n'y avait pas de violence, il n'y avait rien qui nécessitait une extraction violente
01:23 et immédiate du véhicule.
01:25 La version donnée, révélée par les vidéos,
01:29 corrobore avec tout ce que le collège d'experts et le médecin légiste ont mis en avant,
01:35 donc la fracture C4-C5 engendrée par le choc violent contre le portant de la portière.
01:41 Les gendarmes ont le statut de témoins assistés.
01:44 Ils sont bien évidemment présumés innocents.
01:46 Le procureur requiert aujourd'hui un enlieu, c'est une décision intermédiaire.
01:50 La décision finale reviendra au juge d'instruction.
01:53 J'ai ce sentiment amer que la vie d'un homme ne compte pas.
01:56 La vie d'un homme de 67 ans sans histoire ne compte pas.
02:00 Aujourd'hui, le traitement médiatique de l'affaire de mon père,
02:03 on a fait face à beaucoup de frontières.
02:06 Beaucoup de médias nous ont refusé l'accès,
02:09 simplement parce que ça ne faisait pas partie de la ligne éditoriale.
02:12 Mais ça c'est un problème qu'on rencontre souvent avec tout ce qui se passe en Guadeloupe.
02:16 Les problématiques qui sont rencontrées en Guadeloupe ne traversent pas l'Atlantique.
02:19 On continuera à se battre parce que c'est une cause citoyenne,
02:23 c'est une cause guadeloupéenne,
02:25 et tout simplement parce que Claude Jean-Pierre reste mon père dans un premier temps
02:28 et le restera toujours.
02:30 [BIP]
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