00:00 - A quel point compte-t-elle cette étape ukrainienne ?
00:04 Juste avant celle en Pologne, demain, vous le disiez tout à l'heure,
00:08 moment très important à plusieurs égards.
00:12 Un message adressé aux Russes, un message aussi de soutien
00:17 aux Européens, aux Ukrainiens et puis un message aux Polonais aussi.
00:20 - Oui, message aux Polonais parce que vous avez bien vu,
00:23 on voit depuis le début de cette agression, celle de 2022.
00:28 Il y a aussi celle de 2014, il ne faut pas l'oublier.
00:31 Mais on voit bien qu'un certain nombre de pays qui étaient autrefois
00:34 dans l'orbite soviétique sont extrêmement, parce qu'ils connaissent
00:39 la musique, si vous permettez cette expression, sont extrêmement remontés
00:42 et sont d'avis que les choses doivent être fermes.
00:46 Pour autant, pour autant, sont-ils partisans d'une défense européenne ?
00:50 Non, ce sont des pays qui s'en sont toujours remis, comme la Pologne,
00:54 aux parapluies américains.
00:55 Et pour la Pologne, il est très important d'avoir le soutien des Américains,
00:59 parce que pour eux, tout ce qui relèverait éventuellement
01:03 d'une défense européenne, d'abord, ce n'est pas pour tout de suite.
01:05 Et en plus, ça serait quelque chose qui serait un peu,
01:08 finalement, une construction trop compliquée.
01:10 Donc il y a ça, effectivement, de la part de Biden, c'est rassurer
01:13 les Polonais. Il y a des choses très alarmistes dans la presse polonaise
01:17 en ce moment sur le fait que si jamais l'Ukraine lâchait ou perdait la partie,
01:23 eh bien, ça serait les Polonais qui seraient aux premières loges pour la suite.
01:26 Et d'ailleurs, régulièrement, vous avez les propagandistes,
01:30 les fantoches de Poutine qui, à la télévision publique russe,
01:35 disent régulièrement "après tout, la prochaine étape, c'est Varsovie".
01:39 Bon, alors il faut faire la part de la Rodomontade
01:42 et des, en fait, des ventardises des uns et des autres.
01:46 Mais c'est quand même ça pour Varsovie qui prend très au sérieux
01:49 ce type de discours.
01:51 Sur le fond, moi, je suis pleinement d'accord avec ce qu'a dit Marx.
01:53 C'est vrai qu'on n'a rien à se mettre de nouveau sous la dent.
01:57 Qui plus est des choses qui sont peut-être même un peu fallacieuses.
02:02 Quand Joe Biden dit "nous allons continuer à, finalement, ruiner l'économie russe".
02:09 Écoutez, l'économie russe, elle n'est pas si ruinée que ça ces derniers temps.
02:12 Il y a même des prévisions de croissance qui ne sont pas, évidemment,
02:14 extraordinaires, mais qui existent quand même.
02:17 Ça veut dire que la Russie, par des moyens détournés,
02:20 est parvenue à contourner l'embargo et même à s'enrichir
02:24 puisque le gaz est devenu plus cher et qu'ils en produisent moins.
02:28 Donc là, il faut voir ce que peuvent être ces sanctions dans le détail,
02:33 parce que celles qui ont été annoncées et auxquelles on a procédé depuis un an
02:37 ne sont pas toutes d'une efficacité redoutable.
02:40 Et puis, alors évidemment, la question des armes, alors ça, on en a parlé.
02:43 La question, notamment des F-16, des avions,
02:47 là, il n'y en a pas été directement question.
02:50 Mais l'idée, c'est quoi ? C'est toujours la même contradiction.
02:54 Que faut-il faire ? Faut-il maintenir l'Ukraine à niveau de la Russie
02:58 pour qu'elle ne s'effondre pas ou bien lui donner un avantage
03:02 pour qu'elle puisse au moins repousser les troupes de Poutine hors d'Ukraine ?
03:06 C'est ça, la question.
03:07 Et ce que craint l'Occident, c'est que si évidemment,
03:10 il y a cette aide qui permet aux Ukrainiens de repousser,
03:14 de booter les troupes russes hors d'Ukraine, cela signifie pour Moscou
03:19 une co-belligérance et donc le signe d'une escalade.
03:21 On en est toujours là.
03:23 Et d'une certaine manière, quand les deux hommes parlent
03:26 de ce qui est de la démocratie, de ce que sont les valeurs,
03:29 effectivement, c'est important.
03:31 C'est même capital.
03:32 Mais que voulez-vous faire ?
03:34 Et c'est la question autour de laquelle on ne peut pas éternellement tourner.
03:37 Que voulez-vous faire quand la Russie est conduite par un homme comme Poutine,
03:42 par un groupe comme celui de Poutine, comme une administration comme celle de Poutine ?
03:46 C'est là toute la question.
03:47 Et le président français ne fait pas exception à la chose
03:51 quand il contourne lui aussi en disant
03:53 il ne faut pas écraser la Russie.
03:55 Tout à fait d'accord.
03:56 Mais alors qui faut-il écraser pour que la Russie comprenne
03:59 non seulement ce qu'elle fait, mais ce qu'elle vit aussi ?
04:02 Puisque d'une certaine manière, enfin même sûrement,
04:04 Poutine est à la fois un dictateur pour le monde,
04:07 mais aussi pour ses propres concitoyens.
04:08 Merci.
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