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  • il y a 3 ans
Retraites : "Le travail des députés socialistes a été extrêmement utile, notamment celui de Jérôme Guedj sur les imprécisions du gouvernement quant à la retraite à 1200 euros. Cependant, la stratégie de LFI n'était pas la bonne, il fallait voter sur l'article 7. (...) Jean-Luc Mélenchon fait fausse route,"  assure Rémi Féraud, sénateur (PS) de Paris

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00:00 Merci d'être avec nous Rémi Féraud et de nous accompagner pendant cette première demi-heure sénateur socialiste de Paris.
00:05 On va bien sûr parler de la réforme des retraites dont l'examen a pris fin à l'Assemblée nationale.
00:09 C'était vendredi minuit, loin d'être allé jusqu'au bout. L'article 7 n'a même pas été discuté.
00:15 Est-ce que l'ANUP a eu une mauvaise stratégie ?
00:17 Ça dépend quel groupe ?
00:19 Je crois que le travail notamment des députés socialistes, et je pense en particulier à Jérôme Gage,
00:25 a été extrêmement utile pour débusquer les mensonges, les imprécisions, les approximations du gouvernement,
00:32 notamment sur la retraite à 1 200 euros.
00:35 Mais je crois que la stratégie de l'ANUP, et ça apparaît au grand jour aujourd'hui, n'était pas la bonne.
00:42 Il fallait voter sur l'article 7 à l'Assemblée nationale.
00:46 Et ce n'est pas spécialement moi qui le dis, ce sont aujourd'hui l'ensemble de ceux qui s'opposent à cette réforme,
00:52 et en particulier l'ensemble des organisations syndicales. Ça mérite d'être entendu, je crois.
00:57 – Donc c'est Jean-Luc Mélenchon le responsable de ce qui s'est passé pour vous ?
01:00 – Non, c'est d'abord le gouvernement.
01:02 Mais est-ce que l'ANUP a rendu service au gouvernement en empêchant,
01:08 dans un calendrier extrêmement contraint, et ça c'est la faute du gouvernement,
01:12 en empêchant que l'Assemblée se prononce sur l'article 7 ?
01:15 Oui, je le crois. Je crois qu'il aurait mieux valu que l'Assemblée puisse étudier l'article 7,
01:20 se prononcer, et que les positions de chacune et chacun soient claires.
01:24 Quand on voit les divisions chez LR, quand on voit aussi les divisions dans la majorité présidentielle,
01:31 qui n'a qu'une majorité relative à l'Assemblée,
01:33 ça valait le coup d'aller au moins jusqu'à cet article 7.
01:37 Et ensuite, si l'Assemblée nationale n'a pas le temps, n'a pas eu le temps d'étudier vraiment ce texte,
01:42 ne nous trompons pas de responsable, le responsable c'est le gouvernement
01:47 qui a choisi cette méthode et ce fameux article de la Constitution 47.1.
01:53 – Il y a eu un tweet de Jean-Luc Mélenchon qui a mis un peu le feu aux poudres à l'Assemblée jeudi soir,
01:58 où il a fustigé le retrait des amendements de la part des communistes,
02:01 et où il a tweeté "hâte de vous faire battre". Comment vous l'avez interprété ce tweet ?
02:06 – Jean-Luc Mélenchon fustige les députés communistes,
02:10 qui ont bien fait de retirer leurs amendements dans un seul but,
02:14 c'est que l'Assemblée puisse étudier l'article 7.
02:17 Hier, il fustige les propos des responsables de la CGT et de la CFDT,
02:24 à l'évidence, Jean-Luc Mélenchon fait fausse route.
02:28 Ce n'est pas nouveau depuis la rentrée parlementaire, mais là, ça se voit.
02:33 Et je pense que chacun doit ouvrir les yeux aussi sur quelle est l'opposition efficace, utile,
02:39 quelle a été la meilleure pour s'opposer à la réforme des retraites à l'Assemblée nationale.
02:45 Et au sein de la gauche, ça n'a à l'évidence pas été les Insoumis.
02:48 – Chacun doit ouvrir les yeux.
02:49 Est-ce que le groupe socialiste aussi doit en tirer les conséquences à l'Assemblée nationale ?
02:52 Est-ce qu'il faut mettre fin au groupe inter-parlementaire de l'ANUP ?
02:55 – Non, il ne faut pas mettre fin à cet inter-groupe de l'ANUP,
03:00 ce qui permet de discuter et de mener des combats en commun.
03:04 Mais ça ne doit pas être la ligne des Insoumis qui s'impose à l'ensemble des autres.
03:09 – Donc ça va avoir des conséquences sur ce groupe, sur cet inter-groupe ?
03:11 – Les socialistes, les communistes verts ont été sur une stratégie commune.
03:14 Nous verrons bien, je suis moi-même sénateur,
03:16 mais je pense que cela aura des conséquences bien sûr.
03:18 Et en attendant, ne faisons rien qui puisse venir abîmer davantage l'opposition,
03:26 le front d'opposition à cette réforme des retraites.
03:29 – Et justement, on va parler de la stratégie au Sénat,
03:31 puisque le texte va maintenant arriver au Sénat.
03:33 Il sera examiné à partir de la semaine prochaine.
03:35 On va faire le point sur ce que contient ce texte avec Alex Poussard.
03:39 [Musique]
03:46 – Bonjour Alex. – Bonjour Rianne.
03:47 – Bonjour Rémi Féraud. – Bonjour.
03:48 – Et Alex, qu'est-ce qui ressort de ces débats à l'Assemblée nationale ?
03:51 Est-ce que le texte a vraiment évolué ?
03:52 – Eh bien le texte n'a pas vraiment évolué, puisque les députés n'ont examiné
03:56 que les deux premiers articles sur les 20 articles de cette réforme des retraites.
04:00 La suppression des régimes spéciaux de retraite a été adoptée.
04:04 Mais en revanche, l'obligation pour les entreprises de plus de 300 salariés
04:07 de publier un index sur l'emploi des seniors a été supprimée par l'Assemblée nationale.
04:12 Mais malgré cette suppression, le gouvernement souhaite réintroduire
04:16 cette mesure durant le débat au Sénat.
04:18 Et puis sinon, les principales mesures de cette réforme des retraites
04:21 n'ont pas été examinées par les députés.
04:23 Pas de débat sur la retraite à 64 ans, sur le compte pénibilité,
04:28 sur la retraite minimale à 1200 euros ou encore sur le dispositif carrière longue.
04:32 Mais le gouvernement, sur ce dispositif carrière longue,
04:35 a finalement garanti, comme le demandait le député LR Aurélien Pradié,
04:41 que tous ceux qui ont commencé à travailler avant 21 ans
04:43 n'aient pas à cotiser plus de 43 annuités,
04:47 c'est-à-dire la durée légale de cotisation pour partir à taux plein.
04:50 – Comment vont se dérouler les débats au Sénat, Alex ?
04:52 – Les choses sérieuses vont commencer la semaine prochaine, le mardi 28 février.
04:56 Ce sera l'examen de la réforme en commission.
05:00 Les débats dans l'hémicycle vont commencer le jeudi 2 mars
05:03 avec la discussion générale entre le gouvernement et les groupes politiques.
05:07 Il y aura le dépôt d'éventuelles motions de la part de l'opposition
05:11 pour rejeter d'emblée ce texte ou pour demander l'organisation d'un référendum.
05:15 Et puis à partir du vendredi 3 mars, ce sera l'examen du texte,
05:19 amendement par amendement.
05:20 Il devrait y avoir moins d'amendements au Sénat qu'il y en a eu à l'Assemblée nationale.
05:25 Et puis les sénateurs auront en tout jusqu'au dimanche 12 mars,
05:28 à minuit, pour examiner cette réforme.
05:30 – Et ensuite, que se passera-t-il ?
05:32 – Et bien ensuite, à partir du 13 mars, il y aura une réunion
05:34 entre 7 députés et 7 sénateurs pour se mettre d'accord
05:37 sur une version commune de cette réforme des retraites.
05:40 C'est ce qu'on appelle la commission mixte paritaire.
05:43 Encore en cas d'accord de cette commission mixte paritaire,
05:46 ce texte commun réécrit sera soumis au vote des assemblées.
05:50 Et en cas de désaccord, la réforme des retraites reviendra à l'Assemblée nationale
05:53 qui aura le dernier mot et jusqu'à la fin du mois de mars pour réexaminer ce texte.
05:58 Mais dans ce cas, c'est en réalité le gouvernement qui aura véritablement le dernier mot
06:03 puisqu'il pourra s'appuyer sur la Constitution pour faire passer en force
06:07 cette réforme des retraites sans tenir compte du vote des députés.
06:11 Rémi Féraud, parlons du débat qui s'annonce au Sénat.
06:14 Quelle va être la stratégie de la gauche sénatoriale ?
06:17 Est-ce que, en tout cas au début de l'examen, vous allez par exemple demander
06:21 d'emblée le rejet de cette réforme ou alors l'organisation d'un référendum ?
06:25 Oui, il y aura des motions de procédure portées par la gauche.
06:29 Il y aura beaucoup d'amendements pour à la fois obliger le gouvernement à répondre
06:36 sur l'ensemble des points qui restent extrêmement flous dans cette réforme
06:41 et puis aussi pour faire des propositions alternatives à une réforme injuste.
06:46 Et puis pour que le débat ait vraiment lieu et qu'il ait lieu jusqu'au bout.
06:52 Donc bien sûr, nous utiliserons toutes les armes que nous permettent
06:57 le règlement du Sénat pour nous opposer à cette réforme,
07:00 même si nous ne sommes pas majoritaires au Sénat.
07:02 Beaucoup d'amendements, c'est combien ?
07:04 Je ne peux pas vous le dire à ce stade.
07:07 Ce sera des milliers comme l'ont fait les Insoumis ou ce sera des centaines ?
07:11 Je pense qu'on sera plutôt dans des centaines ou quelques milliers.
07:14 Mais je ne peux pas vous répondre à la place de l'ensemble des groupes du Sénat.
07:17 Non mais pour les socialistes.
07:18 La stratégie n'est pas encore définie ?
07:20 Pas totalement. La stratégie, c'est notre volonté à la fois de discuter l'article 7,
07:25 de nous opposer à cette réforme et de tout faire dans le respect des règles
07:29 et dans le respect des personnes aussi.
07:32 De tout faire pour que le Sénat n'adopte pas cette réforme, nous le ferons.
07:35 Donc il y aura beaucoup d'amendements et nous serons très présents
07:39 parce que parallèlement au mouvement social,
07:42 ce débat au Sénat est évidemment extrêmement important.
07:45 Alors vous dites utiliser toutes les armes pour s'opposer,
07:49 tout faire pour que le Sénat n'adopte pas cette réforme,
07:51 mais vous souhaitez bien aller jusqu'au terme de l'examen du texte
07:55 où une fois passé l'article 7 sur les 64 ans, là on sera dans l'obstruction.
07:59 Vous voulez aller jusqu'au bout ?
08:00 C'est vous qui qualifiez ça d'obstruction.
08:02 Nous voulons aller, nous voulons tout faire pour que le Sénat n'adopte pas ce texte
08:08 et si le Sénat n'allait pas jusqu'au bout de l'examen du texte,
08:11 la responsabilité comme à l'Assemblée reviendrait au gouvernement
08:14 puisque c'est lui qui a choisi un calendrier extrêmement contraint
08:18 et une procédure qui limite dans le temps la discussion parlementaire.
08:23 Il n'y était pas obligé, il pouvait tout à fait laisser la discussion parlementaire se faire
08:29 et s'il n'avait pas de majorité à l'Assemblée nationale,
08:31 utiliser le 49-3 n'inverse pas la responsabilité.
08:34 Non mais là maintenant vous connaissez la durée, ça sera du 2 au 12 mars.
08:38 Est-ce que vous allez tout faire pour arriver à l'article 7, ça vous nous l'avez dit,
08:41 mais est-ce que vous allez aussi tout faire pour examiner l'article 8,
08:45 l'article 9 sur les carrières longues, la pénibilité ?
08:47 Ou est-ce que pour vous c'est moins… c'est pas grave si ça ne s'est pas examiné ?
08:50 Je crois que c'est vraiment l'article 7 qui est crucial,
08:53 mais prenez bien ensuite les autres articles derrière seront sûrement examinés.
08:58 Mais si nous pouvons empêcher l'adoption de ce texte,
09:03 et là encore je vous le dis dans le respect des règles et dans le respect des personnes,
09:07 bien sûr je crois que c'est très important de pouvoir le faire,
09:09 il ne faut pas inverser les responsabilités,
09:13 c'est vraiment le gouvernement qui a choisi cette procédure.
09:15 Vous vous rendez compte, une réforme aussi grave, aussi essentielle,
09:19 qui passerait alors qu'une très grande majorité des Français sont contre,
09:25 quasiment tous les actifs, que l'Assemblée nationale ne l'a pas votée,
09:29 que le Sénat ne l'aurait pas votée, c'est inimaginable en réalité,
09:32 et je pense qu'il faut que le Sénat et la gauche au Sénat jouent son rôle.
09:37 – Donc l'objectif c'est qu'il n'y ait pas de vote de ce texte,
09:39 il n'y en a pas eu à l'Assemblée nationale, l'objectif c'est…
09:41 – Pas de vote final, nous sommes contre ce texte,
09:42 donc bien sûr nous allons essayer de faire en sorte que le Sénat ne l'adopte pas.
09:47 – Une question sur les carrières longues, Rémi Féraud,
09:50 puisque c'est un point de débat important, notamment à l'Assemblée nationale,
09:54 les députés Les Républicains, les députés Horizons sont d'accord sur un amendement
09:58 pour que tous ceux qui ont commencé à travailler avant 21 ans
10:01 ne cotisent pas plus de 43 annuités,
10:03 le gouvernement a l'air au final plutôt aussi sur cette ligne,
10:07 ce serait une bonne mesure à inscrire dans cette réforme des retraites,
10:10 dans le marbre de cette réforme ?
10:12 – Bien sûr, mais pour le moment le gouvernement a l'air d'eux,
10:15 rien n'est dans le projet de loi, ce qu'on a appelé l'amendement Pradier je crois,
10:18 on ne sait pas combien il coûte,
10:20 quelques centaines de millions d'euros ou 10 milliards,
10:22 est-ce que ça concerne l'ensemble des carrières longues
10:26 ou seulement ceux qui ont commencé je crois à 16 ans ou à 21 ans,
10:29 enfin il y a beaucoup et de bricolages et de flous et aucune garantie là-dedans,
10:34 c'est d'ailleurs un des points sur lesquels il va falloir que le gouvernement réponde,
10:39 enfin il y a ce point-là, il y a les inégalités femmes-hommes,
10:43 il y a la retraite minimale à 1200 euros,
10:46 le travail du Parlement c'est d'interpeller le gouvernement
10:50 et de faire émerger aussi les faits et la vérité,
10:55 et l'Assemblée nationale en particulier grâce aux députés socialistes
10:59 a commencé de le faire, nous allons prendre le relais au Sénat.
11:02 – Mais est-ce que c'est quelque chose que vous pourriez voter,
11:04 le fait que tous les Français qui sont dans un dispositif carrière longue
11:08 n'aient pas à travailler plus de 43 annuités,
11:10 ça c'est quelque chose que vous pourriez soutenir ?
11:12 – Sur ce point-là oui, mais ça ne change pas l'essentiel de la réforme,
11:18 et ensuite si ça en changeait vraiment l'esprit même,
11:23 on passerait d'une réforme vue comme une réforme comptable,
11:26 d'objectif budgétaire par le gouvernement,
11:28 à une réforme qui coûte plus cher, qu'elle ne rapporte, ça n'a pas de sens,
11:33 donc en effet sur ces questions des carrières longues,
11:37 il faut absolument obliger le gouvernement à clarifier sa copie,
11:43 voir la réalité des conséquences,
11:45 et puis sur un article on se prononcera sur la réalité,
11:50 non pas sur des discussions entre le gouvernement
11:53 et une partie du groupe LR à l'Assemblée nationale
11:55 qui dans les faits n'ont débouché sur rien de concret.
11:58 – Justement là, Alex.
11:59 – Et oui, une question sur ce rapport de force entre les Républicains
12:02 et le gouvernement, est-ce qu'au final,
12:05 vu que l'Assemblée n'a pas vraiment examiné cette réforme des retraites,
12:08 que le Sénat devrait l'examiner plutôt complètement,
12:12 et qu'il y aura cette fameuse réunion entre 7 députés et sénateurs,
12:15 est-ce qu'au final ce n'est pas la version de la majorité
12:17 des sénateurs les Républicains qui devrait l'emporter dans cette réforme ?
12:21 – En tout cas la réforme que propose le gouvernement,
12:23 c'est pour l'essentiel celle que portent les Républicains
12:27 ici au Sénat depuis longtemps, c'est une réforme de droite,
12:31 et le gouvernement a choisi depuis le départ de discuter avec Éric Ciotti
12:36 plutôt qu'avec les organisations syndicales pour trouver une majorité.
12:40 Mais je crois qu'avec la force du mouvement social,
12:44 et s'il continue à être aussi mobilisé pendant tout le mois de mars,
12:48 le gouvernement va vraiment avoir du mal à faire passer cette réforme,
12:52 et nous, nous devons tout faire, ce que nous pouvons,
12:55 pour faire tout ce que nous pouvons pour empêcher cette réforme de passer.
12:59 – Et justement la grande mobilisation annoncée par les syndicats le 7 mars
13:02 tombera en plein examen de ce texte par le Sénat,
13:05 vous pensez que ça peut faire pression sur les parlementaires ?
13:07 – Alors, pas ce que vous appelez faire pression,
13:10 mais si ça peut éclairer un certain nombre de parlementaires,
13:13 et notamment de parlementaires de la majorité sénatoriale,
13:16 de la droite sénatoriale, sur le fait que cette réforme
13:19 n'est pas seulement inutile ou en tout cas pas urgente,
13:22 mais elle est aussi extrêmement injuste,
13:24 extrêmement humiliante pour beaucoup de Français,
13:27 et dangereuse, y compris dans ce qu'elle fracture le pays,
13:30 à un moment où il a besoin d'unité,
13:32 eh bien j'espère que cela peut faire en effet
13:35 réfléchir un certain nombre de parlementaires.
13:40 – Merci Alex, à tout à l'heure.
13:41 – On parlera d'un certain Aurélien Pradié.
13:43 – Ce sera à suivre dans le Club.
13:45 On va voir l'actualité dans votre région, du côté de Paris,
13:49 puisque pour ça on retrouve Jacques Paquet.
13:51 Bonjour Jacques, merci beaucoup d'être avec nous,
13:54 directeur de la rédaction du journal du Grand Paris.
13:57 Et Jacques, pour commencer, vous allez nous parler d'Anne Hidalgo,
14:00 qui a écrit au PDG de Total pour lui demander une résonde
14:02 sur la facture d'électricité des écoles.
14:05 – Absolument, vous allez nous le dire, monsieur le sénateur,
14:09 je crois que cette demande s'inscrit dans un souhait de la maire de Paris,
14:14 de voir les efforts partagés finalement,
14:16 puisque le conseil municipal de Paris a voté une hausse de la taxe foncière,
14:22 importante, de 50% justement,
14:25 provoquée par la hausse des coûts de l'énergie.
14:28 C'est bien ça, monsieur le sénateur,
14:29 est-ce que plus globalement, vous pouvez nous dire
14:32 quelles sont les conséquences de cette crise de l'énergie
14:34 et de l'inflation de façon générale sur le budget de la ville ?
14:37 – Oui, comme pour toutes les collectivités locales,
14:40 l'inflation et notamment l'inflation des coûts de l'énergie
14:43 a des conséquences budgétaires.
14:46 Et là, en l'occurrence, Anne Hidalgo a interpellé le patron de Total Énergie
14:51 sur l'augmentation de la facture pour les caisses des écoles d'arrondissement
14:56 qui ont une autonomie juridique, qui ont des frais énergie,
14:59 qui gèrent les cantines parisiennes.
15:02 Alors que nous avons fait le choix de maintenir les tarifs des cantines
15:05 avec le plus bas tarif qui est à 13 centimes.
15:07 Et nous avons fait ce choix, mais il y a près d'un million
15:11 de coûts supplémentaires pour l'énergie, pour les caisses des écoles,
15:14 qui a un contrat avec Total Énergie.
15:17 Total Énergie qui par ailleurs fait, je crois,
15:19 près de 20 milliards d'euros de bénéfices en 2022.
15:22 Donc Anne Hidalgo a interpellé le patron de Total Énergie
15:26 pour lui demander justement de participer à l'effort commun
15:30 afin qu'il n'y ait pas à nouveau un besoin de rallonge budgétaire
15:34 de la ville de Paris pour subventionner les caisses des écoles.
15:38 Je pense que ce qui concerne la ville de Paris
15:40 concerne des milliers de collectivités locales.
15:44 En France, ça doit être pris aussi comme un symbole,
15:46 un symbole de ce qui ne va pas, une hausse des coûts de l'énergie
15:49 qui pèse sur les Français, qui pèse sur les collectivités,
15:53 alors qu'une entreprise comme Total Énergie
15:56 réalise des super profits que le gouvernement a refusé de taxer.
15:59 – Vous savez si elle a eu un retour de la part de Total Énergie ?
16:01 – Pas encore, elle n'en a pas encore eu,
16:04 mais je pense que vu les montants aussi annoncés,
16:07 vu la situation budgétaire des collectivités locales,
16:13 vu les super profits réalisés par Total,
16:15 je pense que Patrick Pouyanné va y réfléchir, je l'espère en tout cas.
16:21 – Jacques, vous souhaitiez parler d'un autre sujet,
16:23 vous souhaitiez revenir sur le plan local d'urbanisme
16:26 qui suscite pas mal de débats.
16:28 – Absolument, parce qu'il paraît, vous allez nous le dire M. le Sénateur,
16:32 qu'il serait prévu que le premier arrêt de ce plan local d'urbanisme bio-climatique
16:38 soit examiné en avril, mais c'est vrai qu'entre les écologistes
16:44 qui estiment que vous n'allez pas assez loin, les communistes,
16:48 et puis le MEDEF qui estime que ce PLU est anti-économique
16:51 parce qu'il risque de faire fuir les entreprises,
16:53 on a l'impression que vous êtes sur une voie de crête
16:56 et que la recherche de l'équilibre est compliquée.
16:59 Quelles sont vos convictions sur ce sujet important de la mandature ?
17:03 – Alors le MEDEF ne fait pas partie de la majorité municipale
17:06 ni du Conseil de Paris, même si nous écoutons bien sûr
17:10 sa participation au débat et elle est importante,
17:14 ça doit être un débat citoyen.
17:16 Si nous trouvons un accord dans l'ensemble de la majorité municipale
17:20 sur ce nouveau PLU, qui est un élément important pour le futur de Paris,
17:25 notamment pour son adaptation à la transition écologique,
17:29 eh bien il pourrait être voté au Conseil de Paris au printemps.
17:33 Moi j'ai entendu ce que disait le MEDEF et je ne le partage pas du tout.
17:37 Il dit il faut construire plus de bureaux,
17:39 attention de ne pas mettre trop de contraintes sur les bureaux.
17:42 La réalité aujourd'hui à Paris, c'est que nous avons besoin de plus de logements.
17:47 Et cela, il y a une unanimité là-dessus,
17:50 tout en évitant de nouvelles artificialisations des sols,
17:55 tout en adaptant la ville au changement climatique.
17:58 Donc c'est là-dessus que nous sommes
18:00 et je n'ai pas été convaincu par cette interpellation du MEDEF
18:06 parce que par ailleurs il y a toujours un équilibre logement-bureau
18:10 qui doit se faire dans la ville et qui est permis par ce futur PLU si nous l'adoptons.
18:16 Mais il y a des rééquilibrages qui sont nécessaires
18:18 et notamment aujourd'hui un rééquilibrage en faveur du logement.
18:21 Je crois que tous les Parisiens le savent,
18:23 vu aujourd'hui l'ampleur de la crise du logement.
18:26 Jacques ?
18:28 Oui, avec les écologistes, ils viennent de présenter ce week-end,
18:32 je crois que c'est dans les colonnes de nos confrères du Parisien,
18:35 un contre-projet sur la Porte de Montreuil qui cristallise les débats avec les écologistes
18:40 qui eux font partie de votre majorité.
18:42 Comment cela va se résoudre ?
18:46 Nous avons un vrai désaccord aujourd'hui sur la Porte de Montreuil,
18:50 qui est un désaccord assez récent parce que dans la précédente mandature,
18:53 les écologistes, les Verts au Conseil de Paris,
18:57 avaient voté le projet de la Porte de Montreuil.
19:00 Mais ce projet de la Porte de Montreuil,
19:03 l'ensemble des délibérations qui le nécessitent ont déjà été adoptées.
19:07 Et donc ce futur PLU ne concerne pas le projet de la Porte de Montreuil.
19:13 C'est pour ça que nos désaccords d'aujourd'hui sur la Porte de Montreuil,
19:17 je pense, ne mettent pas en péril l'adoption d'un nouveau PLU bio-climatique.
19:23 Sinon, de toute façon, s'il n'était pas adopté,
19:25 nous en resterions au PLU actuel, au plan local d'urbanisme,
19:29 pour être clair, mais ce serait dommage.
19:31 – Jacques, une dernière question sur le Grand Paris.
19:34 – Oui, on reparle de la réforme, c'est une réforme serpent de mer.
19:37 Je sais que vous vous y intéressez, Monsieur le Sénateur.
19:39 Quelle serait-vous la réforme administrative du Grand Paris,
19:42 qu'on n'a jamais vue, mais qu'on attend toujours,
19:44 depuis la création de la métropole, qui monte parallèlement en puissance ?
19:47 Quel est pour vous le Grand Paris idéal,
19:49 même si en quelques secondes, ça va être difficile ?
19:52 – Je ne peux pas vous répondre comme ça en quelques secondes.
19:54 Emmanuel Macron avait annoncé en 2017
19:56 qu'il ferait franchir un cap à la métropole du Grand Paris.
19:59 Il n'en a rien fait. Ce qu'il faut aujourd'hui,
20:02 c'est continuer de consolider la métropole.
20:06 Et à un moment, il faudra à nouveau revoir comment passer une nouvelle étape.
20:12 Et je crois que cette dimension de métropolisation
20:15 reste absolument centrale et absolument nécessaire.
20:20 Si on veut en effet gérer les grandes problématiques,
20:24 on parlait de l'emploi, du logement, des transports,
20:27 de l'organisation de la métropole.
20:29 Moi, j'y reste très attaché.
20:31 – Merci beaucoup. Merci Jacques Paquet d'avoir été avec nous.
20:35 Les zones commerciales à la recherche d'un nouveau souffle,
20:37 c'est à la une du journal du Grand Paris cette semaine.
20:40 Merci beaucoup Jacques d'avoir été avec nous ce matin.
20:43 On termine en parlant des sénatoriales.
20:45 Ce sera fin septembre.
20:47 Paris fait partie des départements renouvelables.
20:50 Est-ce que vous êtes candidat à votre succession ?
20:52 – En tout cas, je souhaite l'être et je souhaite pouvoir conduire
20:56 la liste des candidats socialistes aux élections sénatoriales
20:58 en septembre prochain.
20:59 Mais la décision ne me revient pas, ou plus exactement pas à moi seul,
21:03 c'est aux socialistes d'en décider dans les mois qui viennent.
21:06 – Il n'y a pas de raison qu'il en soit autrement
21:09 ou il y a d'autres candidats à la candidature
21:12 qui sont tête de liste, qui veulent être tête de liste ?
21:14 – Pas à ma connaissance.
21:16 Je pense que président le groupe Paris en commun,
21:18 c'est-à-dire le groupe socialiste et apparenté,
21:22 majoritaire dans la majorité d'Anne Hidalgo,
21:25 ça crée une certaine légitimité, mais pas m'auto-investir.
21:29 Et puis, il n'y a pas qu'une tête de liste, c'est une liste également.
21:33 Donc, en tout cas, je proposerais ma candidature
21:38 aux socialistes parisiens pour conduire la liste aux prochaines sénatoriales.
21:41 – Et justement, sur cette liste, vous souhaitez que ce soit
21:43 une liste uniquement socialiste ou vous souhaitez que ce soit
21:46 une liste qui soit élargie à toute la gauche et jusqu'où ?
21:50 – Je souhaite en tout cas qu'on puisse proposer à nos partenaires
21:54 de gauche de la majorité municipale, c'est-à-dire les communistes
21:57 et les verts, de faire une liste ensemble.
22:00 Ce n'était pas le cas aux dernières sénatoriales,
22:02 mais c'était le cas aux précédentes.
22:04 Je pense que ça aurait du sens.
22:06 C'est aussi à eux de nous dire s'ils le souhaitent,
22:09 mais je pense que nous pourrions avoir une liste sénatoriale d'union.
22:14 – Vous êtes en discussion avec eux déjà ?
22:16 – Pas encore.
22:17 – On parle de Yannick Jadot pour être candidat
22:20 aux sénatoriales à Paris pour les écologies.
22:22 Ce sera un bon candidat pour vous ?
22:24 – Oui, c'est un bon candidat.
22:26 Yannick Jadot était candidat à l'élection présidentielle,
22:28 il a une notoriété, il a porté le projet des verts
22:33 à l'élection présidentielle.
22:34 Ensuite, vous comprendrez bien que ce n'est pas à moi de décider
22:37 qui doit être candidat des verts aux élections sénatoriales.
22:41 Donc, s'il était candidat, c'est évidemment un bon candidat.
22:45 – Vous souhaitez des listes unitaires ?
22:46 Alors, au-delà de Paris, il y a une question qui se pose,
22:48 est-ce que ces listes unitaires à gauche doivent accueillir
22:51 des candidats de la France insoumise ?
22:52 Quel est votre avis là-dessus ?
22:54 – Ça doit pouvoir être regardé département par département
22:57 et à Paris, je ne vois pas pourquoi.
22:59 Il y a un élu aujourd'hui, au Conseil de Paris, qui est issu de LFI,
23:07 il se situe dans l'opposition municipale.
23:10 Je ne vois pas pourquoi nous ferions liste commune
23:12 aux élections sénatoriales.
23:13 – Et pour ailleurs ?
23:15 – Je pense que dans la plupart des départements,
23:17 ça n'est pas ce qu'il y a de plus légitime ni de plus efficace,
23:20 mais il peut y avoir des exceptions.
23:22 – Merci beaucoup Rémi Féraud,
23:23 merci d'avoir été notre invité ce matin,
23:26 dans 20 minutes, dans le Club des territoires.
23:28 On parlera de cette tribune des 131 parlementaires
23:31 de la droite et du centre.
23:32 C'était hier, dans le journal du dimanche,
23:34 un appel à Emmanuel Macron pour sauver les églises.
23:36 La sénatrice Valérie Boyer, qui est l'une des signataires
23:39 de cette tribune, sera avec nous pour en parler.
23:42 Mais d'abord, on va accueillir notre prochaine invitée,
23:44 c'est Sandrine Rousseau qui nous rejoint.
23:46 Merci Rémi Féraud.
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