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00:02 Stéphane Carpentier, RTL Matin jusqu'à 9h15.
00:07 Il est 8h48 RTL Matin, c'est samedi, jour de mobilisation contre la réforme des retraites.
00:12 Il y a grève et surtout des manifestations un peu partout dans le pays, petites, moyennes et grandes villes.
00:17 Toulouse défile à partir de 10h30 tout à l'heure, ce sera 11h à Strasbourg, 13h à Montpellier, 14h à Marseille,
00:23 idem à Paris, entre la République et la Nation.
00:26 C'est la première fois depuis le coup d'envoi de cette grogne de l'hiver qu'on manifeste le week-end.
00:31 L'objectif sans doute d'élargir les contestataires.
00:34 Bonjour Simon Dutey.
00:35 Bonjour.
00:36 Merci d'être en direct et en studio avec nous.
00:38 Vous êtes co-délégué général de l'Union syndicale solidaire, bien sûr opposé à la réforme.
00:42 Vous serez cet après-midi dans le cortège parisien.
00:45 C'est donc ça l'objectif, c'est d'élargir le cercle des manifestants ?
00:49 Oui, c'est de permettre à tout le monde de pouvoir participer.
00:52 On sait qu'enchaîner plusieurs journées de grève ça peut être difficile pour beaucoup de monde aujourd'hui.
00:58 Vous connaissez bien la situation sur l'inflation, sur les salaires.
01:01 Et puis on veut aussi donner la possibilité de manifester en famille, ce qui est plus difficile en semaine.
01:06 Cette semaine il y avait deux journées de mobilisation, mardi 7 et aujourd'hui samedi 11.
01:11 On pense que ça va être énorme.
01:13 Vous pensez qu'en additionnant tout ce monde-là, il y aura la grande foule ?
01:16 Oui, il va y avoir énormément de monde.
01:19 Je pense que tout le monde l'a vu depuis le mois de janvier,
01:22 il n'y a jamais eu autant de personnes qui manifestent en France.
01:25 Qui que ce soit qui compte.
01:27 Donc on pense qu'aujourd'hui il va y avoir du monde.
01:31 Il n'y a jamais eu autant de lieux de rassemblement et de manifestation.
01:34 Ça s'annonce très très bien.
01:36 On peut le chiffrer déjà ou pronostiquer c'est difficile.
01:38 Est-ce qu'on aura plus de monde, vous pensez, que les mardis et jeudis d'avant ?
01:41 D'avant c'est compliqué, mais en tout cas que mardi dernier c'est fort probable.
01:46 Et puis on verra ce soir, on verra un petit peu comment sont les choses.
01:49 Il y a des gens qui ont pu participer mardi, il y a des gens qui participeront aujourd'hui,
01:52 il y en a qui ont fait les deux.
01:54 Ce qui est important c'est de donner la possibilité aujourd'hui à un maximum de personnes
01:57 de pouvoir exprimer leur colère et leur détermination pour le retrait de cette réforme des retraites.
02:02 Oui c'est ça l'objectif, selon vous, c'est de maintenir la pression sur le gouvernement,
02:06 de ne rien lâcher sur le long terme.
02:08 Est-ce que selon vous il n'y a que la rue qui peut faire reculer l'exécutif ?
02:12 Hélas, aujourd'hui c'est ce qu'il semble être.
02:15 On voit que le pouvoir politique se rigidifie,
02:21 nous dit que rien ne pourra bouger s'il n'y a que des grandes manifestations.
02:25 Nous on lui dit "faites attention, regardez bien".
02:27 Aujourd'hui les personnes qui manifestent représentent aussi les personnes qui ne manifestent pas,
02:31 mais qui soutiennent largement cette mobilisation.
02:33 Et on est dans des chiffres extraordinaires.
02:36 Donc ne pas voir ça c'est un gros problème d'une part.
02:39 Et oui on pense que la rue, mais quand on dit la rue, c'est les travailleurs,
02:43 c'est les gens qui arrêtent aussi leur travail.
02:45 Alors là on est samedi, il y aura quand même quelques personnes qui sont en grève
02:47 parce qu'évidemment il y a du monde qui travaille le samedi.
02:50 Mais c'est se donner les moyens aujourd'hui de dire au gouvernement
02:54 "arrêtez, retirez ce projet de réforme des retraites"
02:57 avant de nous obliger à aller plus loin.
02:59 On craint beaucoup ce samedi de grogne du côté du gouvernement justement.
03:02 D'abord concernant l'ampleur des manifestations,
03:04 mais surtout en raison des débordements qu'il pourrait y avoir.
03:07 Vous n'allez pas nous dire aujourd'hui qu'il faut en passer par la violence,
03:10 mais est-ce que si ça prenait une tournure un peu plus dure,
03:13 ça serait allé dans le bon sens ?
03:15 Non mais nous on n'est pas sur des logiques de violence.
03:19 En respectant globalement au rapport du nombre de manifestantes et de manifestants,
03:24 les choses se passent plutôt correctement,
03:26 même si on a vu des difficultés, notamment à Paris,
03:29 avec la police qui a pu attaquer des cortèges,
03:31 y compris des cortèges syndicaux, en fin de manifestation.
03:34 Mais aujourd'hui ce qu'on voit c'est que le gouvernement se veut inflexible
03:39 face à une mobilisation qui est massive.
03:41 Nous, au niveau de l'Union syndicale solidaire, c'est aussi les syndicats sud,
03:45 on dit que s'il faut aller plus loin, s'il faut en passer par la grève reconductible,
03:49 c'est ce qu'on va se donner le moyen de préparer.
03:52 Parce qu'aujourd'hui, si un gouvernement veut faire travailler des millions de salariés,
03:56 des travailleurs et des travailleurs plus longtemps,
03:58 nous pouvons être des centaines de milliers de millions à dire stop, à arrêter.
04:03 Et effectivement, ça pourrait être une forme de durcissement.
04:05 Mais ce durcissement, la responsabilité c'est le gouvernement
04:08 qui refuse de retirer son projet malgré une mobilisation historique.
04:12 - Simon Dutey, ce sont les syndicats qui conduisent cette mobilisation
04:15 depuis le début de cette grogne, alors qu'on assiste à des règlements de comptes
04:18 à l'Assemblée nationale en ce moment, entre politiques.
04:20 Énorme bazar quotidien d'ailleurs entre députés,
04:22 dont on pouvait espérer qu'ils s'attaquent au fond du dossier.
04:25 On est très très loin de ça.
04:27 - Oui, c'est clair. On est très très loin de l'attaque sur le fond.
04:31 Mais bon, on peut se dire aussi que la responsabilité première,
04:33 c'est celle du gouvernement qui a décidé de mettre un cadre
04:37 qui ne permet pas d'aborder article par article en se donnant le temps.
04:43 Vouloir limiter le temps du débat démocratique en Assemblée,
04:46 forcément ça mène aussi à ce genre de choses.
04:48 C'est assez inquiétant pour notre démocratie aujourd'hui.
04:50 - Ce qu'on voit dans l'hémicycle et à l'Assemblée nationale,
04:52 en particulier ces derniers jours, ces dernières heures,
04:54 est-ce que vous pouvez imaginer que ça puisse amplifier
04:57 justement la contestation des Français ?
05:00 - Ce qu'on voit c'est...
05:02 - Et fissurer encore un peu plus les rapports qu'il y a entre Français et politiques ?
05:05 - Là, je n'irai pas jusque-là, ça ce n'est pas à nous de le dire.
05:10 Ce qui est sûr, c'est que la confiance s'effrite
05:13 quand une majorité exprime des idées très fortes, très importantes,
05:19 et qu'une minorité refuse de voir et veut contre vents et marées
05:23 appliquer des mesures qui sont des mesures injustes et brutales
05:27 et qui mènent à du désespoir social.
05:29 C'est là que se joue et que se crée la crise.
05:33 Nous, ce qu'on pense, c'est que ça va se jouer dans la rue, effectivement,
05:38 mais ça va se jouer parce que l'ensemble de la population
05:41 décide de se mobiliser.
05:43 Et c'est ce qu'on appelle à faire aujourd'hui.
05:45 Venez dans les manifestations, il y en a partout, dans toute la France,
05:48 et puis on va continuer.
05:49 On va continuer, sauf si le gouvernement retire son projet.
05:53 - Justement, c'est le quatrième épisode de grève, ainsi de grogne,
05:56 si je ne me trompe pas, le premier un samedi.
05:58 Donc, on parlait d'une mobilisation longue durée.
06:01 Il y aura une nouvelle journée de mobilisation jeudi prochain,
06:04 puis le 7 mars, sans compter que certains secteurs
06:07 pourraient reconduire les grèves, et je pense aux cheminots.
06:09 Est-ce qu'on va s'approcher, selon vous, d'une grève générale,
06:11 en tous les cas d'un vrai durcissement,
06:13 et qu'on va reconduire les mouvements comme ça jour après jour ?
06:15 - C'est possible.
06:16 - Vous en parlez déjà, vous, au sein de vos syndicats ?
06:18 - Nous, on en parle, on en discute.
06:20 Pour tout vous dire, on a une réunion d'instances démocratiques
06:23 ce lundi pour voir si, au début du mois de mars,
06:26 autour du 7-8, on appellerait à la grève reconductible.
06:29 On a déjà des syndicats, notamment la CNCF,
06:32 qui se positionnent là-dessus.
06:34 Voilà, Sud Rail se positionne là-dessus aujourd'hui.
06:36 Et c'est logique.
06:37 C'est logique, puisque ce gouvernement refuse de bouger.
06:40 - C'est logique, donc ça va avoir lieu ?
06:43 - Ça va avoir lieu, il n'y a pas de bouton magique.
06:45 La grève reconductible, la grève générale, ça ne se décrète pas,
06:48 ça se construit.
06:49 Ce qui se passe aujourd'hui, c'est de se dire,
06:50 est-ce que ça ne sera pas le bon moment, début mars,
06:52 pour partir toutes et tous ensemble,
06:54 et pour mettre un coup d'arrêt définitif à ce projet de réforme ?
06:57 - En attendant, il y a ces manifestations aujourd'hui,
07:00 250 à peu près dans tout le pays.
07:02 Merci beaucoup, Simon Dutail, d'avoir répondu à mes questions
07:05 ce matin de l'union syndicale Solidaire.
07:07 Donc, manifestation à Paris, où vous serez dans le cortège
07:09 entre la République et la Nation.
07:10 C'est 14h, tout pareil dans la cité phocéenne.
07:12 13h à Montpellier, 11h à Strasbourg,
07:14 et ça commence à 10h30, tout à l'heure, dans la ville rose, à Toulouse.
07:17 Merci d'avoir été notre invité.
07:19 Entretien qu'on peut retrouver dès maintenant sur rtl.fr.
07:22 à
07:24 [SILENCE]
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