00:00L'invité d'RTL Soir
00:03Nous accueillons maintenant un immense champion, l'un des plus grands skieurs de l'histoire du ski français
00:08qui courait aujourd'hui son tout dernier géant puisqu'il prend sa retraite sportive.
00:13Bonsoir Alexis Peintureau.
00:16Bonsoir.
00:16C'était donc la Derdéder, vous avez couru votre dernière course le géant à Lillehammer en Norvège
00:22et c'était une belle course, vous êtes parti à fond, racontez-nous cette dernière course.
00:29C'est sûr que c'était une course un peu particulière.
00:31Quand on est justement sur le départ et que c'est la dernière qu'on fait,
00:38forcément l'atmosphère est différente, on a automatiquement des pensées,
00:44c'est la dernière reconnaissance, c'est la dernière manche,
00:48il y a aussi les collègues ou les partenaires qui peuvent nous féliciter pour notre carrière
00:54et donc en même temps essayer de faire la course.
00:56Donc c'était très particulier, c'était une atmosphère assez magique, assez extraordinaire
01:02qui m'a permis en plus d'allumer du verre, donc d'être le leader pendant un petit moment
01:07sur la deuxième manche afin de clôturer ce beau chapitre de ma vie.
01:14Oui, il y avait à l'arrivée vos parents, votre équipe qui vous a arrosé de champagne,
01:19il y avait une ambiance de fête.
01:20J'imagine que ça ne doit pas être simple quand même de tirer un trait sur cette carrière, sur cette
01:24vie.
01:25Quelles sont vos émotions ce soir ?
01:28Alors c'est sûr que je suis conscient que ça a été une vie extraordinaire,
01:32une vie chargée d'émotions, chargée de plaisir, chargée de réussite aussi,
01:38mais en même temps je suis très heureux de clôturer ce chapitre,
01:43je sentais que c'était le moment pour ça et qu'il était temps pour moi de passer à autre
01:48chose.
01:48Donc il y a forcément beaucoup de plaisir, en même temps il y a ce petit côté de qu'est
01:55-ce qui va arriver après
01:57et qui, avec toutes les interrogations qu'il peut y avoir, qui sont la part d'inconnu
02:01et qui peut faire un peu peur pour un athlète de très haut niveau.
02:05Est-ce que la non-sélection aux Jeux Olympiques cette année a été ce qui vous a poussé à vous
02:10retirer ?
02:11Non, du tout, dans le sens où en fait c'était pour moi, en revenant de blessure,
02:16l'objectif c'était de revenir, de décider déjà de quand est-ce qu'on arrête ou pas sa carrière.
02:22Donc ça, ça a été une chance pour moi de pouvoir décider.
02:24Et ensuite, c'était déjà très clair depuis le début de la saison,
02:29je l'ai officialisé après les Jeux Olympiques certes,
02:31mais c'était très clair depuis le début de la saison que cette saison serait la dernière
02:35et que je n'irai pas plus loin.
02:37parce que les objectifs derrière n'étaient pas suffisants,
02:41je n'arrivais pas forcément à me retrouver avec une carotte suffisamment importante.
02:47Et donc c'est pour ça que, pour moi, cette dernière saison était celle qu'il fallait faire,
02:53mais en même temps celle où c'est le bon moment pour s'arrêter.
02:56Vous avez évoqué cette blessure, votre grosse blessure au genou l'an dernier.
03:00Vous aviez été plutôt épargné par les blessures pendant votre carrière.
03:04Est-ce que la peur s'était installée avec cette blessure ?
03:07Ce n'est pas spécialement de la peur, mais après, une reconstruction prend du temps.
03:11Un temps que forcément je n'avais pas spécialement,
03:14ou alors je n'avais pas envie de repartir jusqu'à mes 40 ans.
03:19La motivation était peut-être aussi insuffisante,
03:21c'est-à-dire qu'avec la perspective des Jeux,
03:23oui, c'était une carotte qui était intéressante,
03:25mais au-delà de ça, derrière, il n'y avait plus cette perspective qui pouvait m'animer.
03:30Donc, résultat des courses, c'était pour moi important de faire ce retour.
03:36Mais il faut aussi que le jeu envahie la chandelle.
03:40Et derrière, pour consacrer suffisamment de temps à un retour de blessure,
03:45ou plus de temps que ce que j'ai pu faire,
03:47il aurait fallu avoir plus de motivation pour des échéances à venir.
03:51Et ce qui n'était plus le cas pour moi à mon âge,
03:54et avec aussi le parcours que j'ai pu avoir.
03:56Votre âge, 35 ans, vous venez d'avoir 35 ans.
04:00Au JO, on a tous suivi l'américaine Lidze Vaughan,
04:02qui a 41 ans et qui a voulu revenir après avoir pris sa retraite.
04:06Elle a couru, 6 jours après, une rupture des ligaments croisés.
04:09Elle a fait une grave chute ensuite.
04:10Qu'est-ce que ça vous a inspiré ?
04:15Beaucoup de tristesse.
04:16Parce que Lidze, en plus, elle faisait un retour sur le début de la saison
04:20qui était assez extraordinaire.
04:21Elle était quand même leader du classement général de la descente.
04:29Donc, elle avait été extrêmement régulière sur le haut du classement
04:36sur la première partie de saison.
04:38Et en même temps, de l'avoir tombée sur les Jeux Olympiques
04:41avec une blessure qui n'est pas grave.
04:46Elle est extrêmement grave, sa blessure.
04:48On parlait même à un certain moment d'amputation.
04:50Donc, voilà, c'est forcément triste.
04:55Surtout que Lidze, c'est une athlète que je connais personnellement.
04:59Et donc, voir le parcours qu'elle avait réalisé,
05:03voir aussi ce retour au plus haut niveau
05:05qui était très enrichissant, mais pour tout le monde.
05:10Pour le milieu du ski, pour les supporters de ski
05:13et puis même pour ses amis, c'était quelque chose d'extraordinaire
05:18qui donnait en tout cas des bonnes sources de motivation.
05:23Et après, malheureusement, de clôturer ainsi sa saison
05:27et avec une blessure aussi grave, forcément, on a tous une pensée poêle.
05:31Votre parcours à vous est absolument exceptionnel.
05:34Trois médailles olympiques, 34 victoires en Coupe du Monde.
05:37Bien sûr, un gros globe de cristal, c'était il y a cinq ans.
05:40Quel est votre plus beau souvenir de victoire ?
05:43Il y en a probablement deux.
05:46Il y a mon titre de champion du monde à Courchevel, en France.
05:50Donc, ça, c'était quelque chose d'extraordinaire, forcément.
05:53Voilà, chez moi, dans mon village, c'était quelque chose d'extraordinaire.
05:58Et la deuxième chose, c'est ma victoire à Lensereit
06:01qui m'a octroyé, du coup, la victoire
06:04ou le fait de pouvoir ramener le gros globe en France à nouveau.
06:09Ça fait 15 ans que vous êtes au plus haut niveau en ski
06:13et c'est une vie de travail, d'entraînement, de moments difficiles aussi.
06:17Qu'est-ce qui est le plus dur dans le ski ?
06:21Je ne pense pas que ce soit particulier au ski.
06:24Je pense que c'est particulier à tous les sports de très haut niveau.
06:27Mais c'est l'abnégation qu'il faut y mettre,
06:31la détermination sans faille qu'il faut avoir,
06:35une niaque probablement supérieure à la moyenne
06:38et puis tout ce qui en découle,
06:41l'entraînement qui en suit,
06:44le sommeil, l'alimentation,
06:48l'entraînement technique aussi, bien sûr.
06:50Après, c'est tout optimisé pour arriver à ses objectifs.
06:54Donc voilà, c'est tout l'enjeu, je pense, de chaque sportif de haut niveau,
06:58d'essayer de trouver son équilibre là-dedans,
06:59mais avec beaucoup de choix qui sont forts
07:02pour aller chercher des objectifs qui sont très élevés.
07:04Et on est récompensé par les victoires,
07:07on est aussi dopé par l'adrénaline.
07:09Comment on remplit sa vie après la compétition ?
07:13Ça, c'est une grande question.
07:16C'est une question qui n'est pas facile.
07:19Quand on est sportif de haut niveau,
07:21on s'est dédié à ça.
07:23Souvent, on a été un peu formaté aussi.
07:27Après mon bac à l'Oréal,
07:29faire du ski alpin et des études,
07:33c'est presque impossible.
07:34Surtout que quand j'ai eu mon bac,
07:36je faisais mon premier podium au plus haut niveau,
07:38donc en Coupe du Monde.
07:40Derrière, il a fallu faire un choix,
07:41un choix qui ne s'est pas forcément passé
07:43sur les études du coup.
07:45Et donc après, oui, c'est sûr que se réinventer,
07:48c'est déjà un choix qui n'est pas facile.
07:52Et de deux, quand on le fait derrière,
07:55il faut trouver l'équilibre là-dedans,
07:57il faut trouver une réorientation qui nous anime.
07:59Et ça, ce n'est pas évident.
08:01C'est loin d'être évident.
08:02Et c'est d'ailleurs toute la difficulté
08:03pour beaucoup d'entre nous.
08:05Maintenant, moi, j'ai la chance
08:06d'être issue d'une famille d'hôteliers,
08:09notamment à Courchevel.
08:11Donc ça, ça va me permettre déjà
08:13de mettre un pied dans le milieu entrepreneurial.
08:17Et puis après, en parallèle,
08:19si je peux garder un petit pied
08:20dans mon univers du ski et du ski alpin,
08:24histoire d'accompagner des plus jeunes
08:27ou la fédération,
08:28ou même faire vivre des expériences
08:29assez particulières dans les coulisses,
08:32c'est quelque chose qui me ferait plaisir.
08:36Merci beaucoup, Alexis Peintureux,
08:38de nous avoir accordé cette interview
08:39le jour même de votre dernière course.
08:41J'imagine que la soirée va être animée.
08:44Merci encore !
08:46Merci à vous, c'est gentil.
08:47Très bonne soirée à vous.
08:49Dans un instant, on retrouve la bande d'RTL Soir.
08:51L'info qu'on a failli rater.
08:53Dans la tentation du soir,
08:54on va s'intéresser à la chirurgie esthétique
08:56et au diktat de la beauté
08:58grâce à une BD, la BD RTL du mois.
09:01Et puis le petit phénomène du jour,
09:02ce sont des vidéos TikTok
09:03pour mieux s'exprimer,
09:05comme quoi parfois ça peut être utile.
09:06A tout de suite !
09:10Merci d'écouter RTL.
09:12Sous-titrage Société Radio-Canada
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