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  • il y a 6 minutes
À 35 ans, le skieur français raconte ses sensations lors de la dernière course de sa carrière en Coupe du monde en Norvège. Alexis Pinturault, l'un des plus grands skieurs de l'histoire du ski français, est l'invité d'Anne-Sophie Lapix.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 24 mars 2026.

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Transcription
00:00L'invité d'RTL Soir
00:03Nous accueillons maintenant un immense champion, l'un des plus grands skieurs de l'histoire du ski français
00:08qui courait aujourd'hui son tout dernier géant puisqu'il prend sa retraite sportive.
00:13Bonsoir Alexis Peintureau.
00:16Bonsoir.
00:16C'était donc la Derdéder, vous avez couru votre dernière course le géant à Lillehammer en Norvège
00:22et c'était une belle course, vous êtes parti à fond, racontez-nous cette dernière course.
00:29C'est sûr que c'était une course un peu particulière.
00:31Quand on est justement sur le départ et que c'est la dernière qu'on fait,
00:38forcément l'atmosphère est différente, on a automatiquement des pensées,
00:44c'est la dernière reconnaissance, c'est la dernière manche,
00:48il y a aussi les collègues ou les partenaires qui peuvent nous féliciter pour notre carrière
00:54et donc en même temps essayer de faire la course.
00:56Donc c'était très particulier, c'était une atmosphère assez magique, assez extraordinaire
01:02qui m'a permis en plus d'allumer du verre, donc d'être le leader pendant un petit moment
01:07sur la deuxième manche afin de clôturer ce beau chapitre de ma vie.
01:14Oui, il y avait à l'arrivée vos parents, votre équipe qui vous a arrosé de champagne,
01:19il y avait une ambiance de fête.
01:20J'imagine que ça ne doit pas être simple quand même de tirer un trait sur cette carrière, sur cette
01:24vie.
01:25Quelles sont vos émotions ce soir ?
01:28Alors c'est sûr que je suis conscient que ça a été une vie extraordinaire,
01:32une vie chargée d'émotions, chargée de plaisir, chargée de réussite aussi,
01:38mais en même temps je suis très heureux de clôturer ce chapitre,
01:43je sentais que c'était le moment pour ça et qu'il était temps pour moi de passer à autre
01:48chose.
01:48Donc il y a forcément beaucoup de plaisir, en même temps il y a ce petit côté de qu'est
01:55-ce qui va arriver après
01:57et qui, avec toutes les interrogations qu'il peut y avoir, qui sont la part d'inconnu
02:01et qui peut faire un peu peur pour un athlète de très haut niveau.
02:05Est-ce que la non-sélection aux Jeux Olympiques cette année a été ce qui vous a poussé à vous
02:10retirer ?
02:11Non, du tout, dans le sens où en fait c'était pour moi, en revenant de blessure,
02:16l'objectif c'était de revenir, de décider déjà de quand est-ce qu'on arrête ou pas sa carrière.
02:22Donc ça, ça a été une chance pour moi de pouvoir décider.
02:24Et ensuite, c'était déjà très clair depuis le début de la saison,
02:29je l'ai officialisé après les Jeux Olympiques certes,
02:31mais c'était très clair depuis le début de la saison que cette saison serait la dernière
02:35et que je n'irai pas plus loin.
02:37parce que les objectifs derrière n'étaient pas suffisants,
02:41je n'arrivais pas forcément à me retrouver avec une carotte suffisamment importante.
02:47Et donc c'est pour ça que, pour moi, cette dernière saison était celle qu'il fallait faire,
02:53mais en même temps celle où c'est le bon moment pour s'arrêter.
02:56Vous avez évoqué cette blessure, votre grosse blessure au genou l'an dernier.
03:00Vous aviez été plutôt épargné par les blessures pendant votre carrière.
03:04Est-ce que la peur s'était installée avec cette blessure ?
03:07Ce n'est pas spécialement de la peur, mais après, une reconstruction prend du temps.
03:11Un temps que forcément je n'avais pas spécialement,
03:14ou alors je n'avais pas envie de repartir jusqu'à mes 40 ans.
03:19La motivation était peut-être aussi insuffisante,
03:21c'est-à-dire qu'avec la perspective des Jeux,
03:23oui, c'était une carotte qui était intéressante,
03:25mais au-delà de ça, derrière, il n'y avait plus cette perspective qui pouvait m'animer.
03:30Donc, résultat des courses, c'était pour moi important de faire ce retour.
03:36Mais il faut aussi que le jeu envahie la chandelle.
03:40Et derrière, pour consacrer suffisamment de temps à un retour de blessure,
03:45ou plus de temps que ce que j'ai pu faire,
03:47il aurait fallu avoir plus de motivation pour des échéances à venir.
03:51Et ce qui n'était plus le cas pour moi à mon âge,
03:54et avec aussi le parcours que j'ai pu avoir.
03:56Votre âge, 35 ans, vous venez d'avoir 35 ans.
04:00Au JO, on a tous suivi l'américaine Lidze Vaughan,
04:02qui a 41 ans et qui a voulu revenir après avoir pris sa retraite.
04:06Elle a couru, 6 jours après, une rupture des ligaments croisés.
04:09Elle a fait une grave chute ensuite.
04:10Qu'est-ce que ça vous a inspiré ?
04:15Beaucoup de tristesse.
04:16Parce que Lidze, en plus, elle faisait un retour sur le début de la saison
04:20qui était assez extraordinaire.
04:21Elle était quand même leader du classement général de la descente.
04:29Donc, elle avait été extrêmement régulière sur le haut du classement
04:36sur la première partie de saison.
04:38Et en même temps, de l'avoir tombée sur les Jeux Olympiques
04:41avec une blessure qui n'est pas grave.
04:46Elle est extrêmement grave, sa blessure.
04:48On parlait même à un certain moment d'amputation.
04:50Donc, voilà, c'est forcément triste.
04:55Surtout que Lidze, c'est une athlète que je connais personnellement.
04:59Et donc, voir le parcours qu'elle avait réalisé,
05:03voir aussi ce retour au plus haut niveau
05:05qui était très enrichissant, mais pour tout le monde.
05:10Pour le milieu du ski, pour les supporters de ski
05:13et puis même pour ses amis, c'était quelque chose d'extraordinaire
05:18qui donnait en tout cas des bonnes sources de motivation.
05:23Et après, malheureusement, de clôturer ainsi sa saison
05:27et avec une blessure aussi grave, forcément, on a tous une pensée poêle.
05:31Votre parcours à vous est absolument exceptionnel.
05:34Trois médailles olympiques, 34 victoires en Coupe du Monde.
05:37Bien sûr, un gros globe de cristal, c'était il y a cinq ans.
05:40Quel est votre plus beau souvenir de victoire ?
05:43Il y en a probablement deux.
05:46Il y a mon titre de champion du monde à Courchevel, en France.
05:50Donc, ça, c'était quelque chose d'extraordinaire, forcément.
05:53Voilà, chez moi, dans mon village, c'était quelque chose d'extraordinaire.
05:58Et la deuxième chose, c'est ma victoire à Lensereit
06:01qui m'a octroyé, du coup, la victoire
06:04ou le fait de pouvoir ramener le gros globe en France à nouveau.
06:09Ça fait 15 ans que vous êtes au plus haut niveau en ski
06:13et c'est une vie de travail, d'entraînement, de moments difficiles aussi.
06:17Qu'est-ce qui est le plus dur dans le ski ?
06:21Je ne pense pas que ce soit particulier au ski.
06:24Je pense que c'est particulier à tous les sports de très haut niveau.
06:27Mais c'est l'abnégation qu'il faut y mettre,
06:31la détermination sans faille qu'il faut avoir,
06:35une niaque probablement supérieure à la moyenne
06:38et puis tout ce qui en découle,
06:41l'entraînement qui en suit,
06:44le sommeil, l'alimentation,
06:48l'entraînement technique aussi, bien sûr.
06:50Après, c'est tout optimisé pour arriver à ses objectifs.
06:54Donc voilà, c'est tout l'enjeu, je pense, de chaque sportif de haut niveau,
06:58d'essayer de trouver son équilibre là-dedans,
06:59mais avec beaucoup de choix qui sont forts
07:02pour aller chercher des objectifs qui sont très élevés.
07:04Et on est récompensé par les victoires,
07:07on est aussi dopé par l'adrénaline.
07:09Comment on remplit sa vie après la compétition ?
07:13Ça, c'est une grande question.
07:16C'est une question qui n'est pas facile.
07:19Quand on est sportif de haut niveau,
07:21on s'est dédié à ça.
07:23Souvent, on a été un peu formaté aussi.
07:27Après mon bac à l'Oréal,
07:29faire du ski alpin et des études,
07:33c'est presque impossible.
07:34Surtout que quand j'ai eu mon bac,
07:36je faisais mon premier podium au plus haut niveau,
07:38donc en Coupe du Monde.
07:40Derrière, il a fallu faire un choix,
07:41un choix qui ne s'est pas forcément passé
07:43sur les études du coup.
07:45Et donc après, oui, c'est sûr que se réinventer,
07:48c'est déjà un choix qui n'est pas facile.
07:52Et de deux, quand on le fait derrière,
07:55il faut trouver l'équilibre là-dedans,
07:57il faut trouver une réorientation qui nous anime.
07:59Et ça, ce n'est pas évident.
08:01C'est loin d'être évident.
08:02Et c'est d'ailleurs toute la difficulté
08:03pour beaucoup d'entre nous.
08:05Maintenant, moi, j'ai la chance
08:06d'être issue d'une famille d'hôteliers,
08:09notamment à Courchevel.
08:11Donc ça, ça va me permettre déjà
08:13de mettre un pied dans le milieu entrepreneurial.
08:17Et puis après, en parallèle,
08:19si je peux garder un petit pied
08:20dans mon univers du ski et du ski alpin,
08:24histoire d'accompagner des plus jeunes
08:27ou la fédération,
08:28ou même faire vivre des expériences
08:29assez particulières dans les coulisses,
08:32c'est quelque chose qui me ferait plaisir.
08:36Merci beaucoup, Alexis Peintureux,
08:38de nous avoir accordé cette interview
08:39le jour même de votre dernière course.
08:41J'imagine que la soirée va être animée.
08:44Merci encore !
08:46Merci à vous, c'est gentil.
08:47Très bonne soirée à vous.
08:49Dans un instant, on retrouve la bande d'RTL Soir.
08:51L'info qu'on a failli rater.
08:53Dans la tentation du soir,
08:54on va s'intéresser à la chirurgie esthétique
08:56et au diktat de la beauté
08:58grâce à une BD, la BD RTL du mois.
09:01Et puis le petit phénomène du jour,
09:02ce sont des vidéos TikTok
09:03pour mieux s'exprimer,
09:05comme quoi parfois ça peut être utile.
09:06A tout de suite !
09:10Merci d'écouter RTL.
09:12Sous-titrage Société Radio-Canada
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