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  • il y a 22 heures
Le PDG de Mistral AI - Arthur Mensch - livre une véritable Masterclass face aux députés de la commission !

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00:00Vous êtes un entrepreneur en France et vous regardez tout ça.
00:02Et puis vous regardez aussi l'ambiance et le fait qu'on se réjouisse d'avoir remis une régulation sur
00:06l'AI Act.
00:07C'était en début 2024.
00:10Et vous dites que vous allez aux Etats-Unis, en fait.
00:12Et c'est ce qui se passe, ils vont aux Etats-Unis.
00:14Vous avez des investisseurs qui se disent que l'Europe, de toute façon, a perdu, elle réglemente trop.
00:17Puis vous avez tout un récit qui est largement utilisé par les Etats-Unis,
00:20qui est de dire que l'Europe perd, parce que de toute façon, c'est des ronds de cuir
00:24qui sont en train de réglementer à Bruxelles, parce qu'ils ne savent rien faire, ils ne savent pas innover.
00:28Et en fait, c'est un récit qui est destructeur, parce qu'en plus, il est internalisé par les Européens.
00:32Donc c'est une forme de colonialisme, si vous voulez.
00:35Mais le sujet, c'est qu'il faut renverser ce récit.
00:39Pour renverser ce récit, il faut aussi réfléchir à avoir des réglementations qui sont plus simples,
00:43qui sont plus unifiées, qui nous permettent d'aller plus vite.
00:46Aujourd'hui, quelques chiffres.
00:47On est 1 000 collaborateurs, une valorisation de 12 milliards d'euros
00:53et 1 milliard d'euros de revenus visés d'ici la fin de l'année.
00:56Nos clients sont des clients d'entreprise, des clients dans le secteur public.
01:01Pour citer quelques-uns en France, on a la DINUM, la Caisse des dépôts, France Travail.
01:06Dans le secteur privé, c'est MACGM, Stellantis, Total Energy, BNP Paribas, etc.
01:13On fait à peu près 30% de notre chiffre d'affaires en France, 70% en dehors,
01:19et environ trois quarts de notre chiffre d'affaires en Europe.
01:23Pour vous donner un peu une idée de où est-ce qu'on est.
01:27Donc on est un exportateur de technologies fondamentalement, à la fois aux Etats-Unis et en Asie également.
01:34Ce qu'il faut comprendre sur l'intelligence artificielle générative,
01:37et fondamentalement sur ce qu'on appelle l'intelligence artificielle aujourd'hui,
01:40c'est que c'est un modèle qui consiste à transformer de l'énergie en intelligence,
01:45donc en génération de tokens qui sont derrière utilisés pour déléguer des tâches,
01:52pour faire de la recherche en mathématiques, pour opérer des chaînes logistiques,
01:57pour améliorer des outils, pour déployer des systèmes embarqués dans des robots, dans des drones, etc.
02:03Donc on est dans un métier où on transforme de l'électricité en génération de tokens.
02:07Et c'est fondamentalement quelque chose qu'il faut traiter plus ou moins comme une ressource naturelle,
02:12c'est-à-dire qu'il faut réfléchir à l'intelligence comme on réfléchit à l'énergie.
02:15Donc nous, notre objet, c'est de fournir une intelligence qui est peu chère,
02:21affordable on va dire en anglais,
02:23qui est sécurisée en termes d'approvisionnement,
02:25c'est-à-dire qu'on n'a pas besoin d'aller la chercher chez des Américains, par exemple,
02:30et qui est par ailleurs durable parce qu'elle transforme de l'énergie qui est moins carbonée qu'ailleurs,
02:36parce qu'on utilise en particulier d'énergie française.
02:40Je pense qu'on n'y réfléchit pas suffisamment assez de cette manière,
02:43c'est-à-dire que l'intelligence, c'est comme l'électricité finalement, c'est comme l'énergie.
02:47Et par ailleurs, on a cette tendance, qui est à mon avis une tendance assez fausse,
02:50qui est de séparer les services numériques de l'intelligence artificielle.
02:53Aujourd'hui, le cloud, c'est l'intelligence artificielle.
02:55La croissance du cloud, c'est l'intelligence artificielle.
02:58Les services à haute valeur ajoutée, donc à forte marge,
03:01qui permettent de faire de l'ARD, c'est l'intelligence artificielle.
03:03Donc en fait, tout le reste, et à partir du moment où on gagne en intelligence artificielle,
03:07on peut construire tout ce qui est le reste des services cloud,
03:10qui sont essentiellement des commodités aujourd'hui,
03:12et qu'il faut savoir, essentiellement, ça consiste à savoir opérer du logiciel qui est open source,
03:17parce que c'est devenu l'infrastructure mondiale.
03:19Nous, notre objectif, c'est évidemment d'ancrer cette chaîne de valeur.
03:23Donc là où on est dans la chaîne de valeur, c'est entre l'opération des clusters et l'opération
03:29des serveurs,
03:30jusqu'à la création des applications métiers.
03:31Et je pense que c'est une unité atomique de la chaîne de valeur,
03:36qui va du semi, de la construction de semi-conducteurs, donc de ASML par exemple,
03:40cette entreprise qui est un de nos clients, qui fait de la lithographie,
03:42jusqu'à le déploiement dans les entreprises.
03:46Il faut arrêter de penser à la souveraineté comme un isolationnisme,
03:49il faut y penser comme pensent les personnes qui font des affaires,
03:54c'est-à-dire qu'il faut penser à la souveraineté comme un sujet de levier.
03:59C'est-à-dire que dans un monde où vous importez la totalité de vos services numériques aux Etats-Unis,
04:04vous n'avez pas de levier sur les Etats-Unis.
04:06Dans un monde où vous créez une partie de vos services, éventuellement vous les exportez,
04:10vous avez un levier supplémentaire.
04:11Dans un monde où vous vendez des biens aux Etats-Unis, vous avez du levier dessus,
04:16on le voit dans les négociations de l'Union européenne, on exporte un certain nombre de choses,
04:20ça nous donne des arguments et des cartes à jouer quand on est à la table de négociation.
04:24Si on n'a pas cette capacité à ne pas importer la totalité de nos services numériques des Etats-Unis,
04:31on a un vrai problème.
04:33Le problème qui arrive, en fait, c'est que ce dont on parle, je pense que le marché total dont
04:39on parle,
04:39il faut le comparer à la masse salariale.
04:42Aujourd'hui, chez Mistral, notre consommation d'intelligence artificielle pour nos employés,
04:46c'est 10% de notre masse salariale.
04:48Alors on fait cette technologie, donc on l'adopte un peu plus rapidement qu'ailleurs,
04:51mais si vous extrapolez, d'ici 3 à 4 ans, la totalité de l'Europe utilise l'intelligence artificielle
04:57pour 10% de sa masse salariale.
04:5810% de la masse salariale de l'Europe, c'est à peu près 1 trilliard.
05:021 trilliard, c'est donc des services numériques, parce qu'il faut les générer, les tokens, etc.
05:07C'est 1 trilliard, si on les utilise, si on importe la technologie non européenne,
05:13c'est 1 trilliard de déficit commercial à rajouter à notre déficit commercial existant sur les services numériques.
05:21C'est 1 trilliard qui repart ailleurs pour être investi en R&D et qui n'est pas réinvesti en
05:25R&D en France,
05:26donc en France ou en Europe.
05:27Donc ça, je pense que c'est un point très important, c'est qu'il faut réfléchir à ce sujet
05:30de souveraineté
05:31d'un point de vue macroéconomique.
05:32C'est un sujet macroéconomique essentiel et je pense dont on ne prend pas, dont on ne réalise pas la
05:38teneur.
05:39Donc ça, c'est un premier sujet.
05:40Alors sur le sujet du temps, je dirais qu'on n'a pas le temps.
05:43Je pense que, notamment parce que c'est lié à des contraintes physiques, on parle de ressources naturelles,
05:48on parle d'utilisation de ressources naturelles pour transformer de l'électricité en token.
05:52Il n'y a pas une électricité infinie dans le monde.
05:54Les Etats-Unis saturent leur électricité pour la transformer en intelligence artificielle.
05:59Ils déploient 1 trilliard de dollars l'année prochaine.
06:01Quand ils déploient 1 trilliard de dollars, ça veut dire qu'ils veulent 2 trilliards de dollars en retour.
06:05Donc ils voient bien qu'il y a un marché immense qui se crée
06:08et ils voient bien qu'en fait, celui qui possède la ressource, celui qui se fournit les chips,
06:13celui qui possède les électrons, qui possède les centrales éventuellement
06:18ou qui a accès à l'énergie de manière massive, c'est celui qui gagne.
06:22Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, vous avez ces 9 gigawatts, ces 90 terawatt-heure par an
06:29qui sont disponibles en France.
06:31Bon, il y a plein de choses qu'on peut faire avec.
06:32En partie, on va faire de l'intelligence artificielle.
06:35Vous avez des acteurs qui ont des bilans énormes et qui ont largement de quoi mettre l'argent sur la
06:40table
06:40avant de voir la demande pour transformer les électrons en intelligence.
06:45Mais sauf qu'ils vont le faire dans les 2 années qui viennent.
06:47Une fois qu'ils l'ont fait, vous n'avez plus d'électricité.
06:49C'est-à-dire qu'il faut attendre les centrales, il faut en créer des nouvelles, etc.
06:52Donc vous avez une forme de monopolisation de la ressource énergétique européenne
06:56qui est en cours, qui est en train de s'accélérer à une vitesse folle
07:00et dont on n'a pas conscience.
07:01Et c'est vraiment irrémédiable.
07:02C'est-à-dire qu'une fois, on a déjà un problème de demande.
07:05C'est-à-dire que comme les Américains sont arrivés avant sur le cloud,
07:10c'est eux qui fournissent toute l'industrie européenne.
07:13Ils fournissent, si vous voulez, l'État français, évidemment.
07:17La part de marché du cloud et de l'intelligence artificielle
07:20a plutôt tendance à se compresser pour les acteurs non américains.
07:24C'est-à-dire que non seulement ils grossissent avec le marché,
07:27mais en plus de ça, leur part augmente.
07:29Donc je pense que c'est quelque chose qui peut s'inverser
07:30avec l'intelligence artificielle et ce qu'on commence à voir
07:33avec nos clients, avec notre revenu, avec notre croissance.
07:35Mais le problème, c'est que même si vous résolvez le problème de la demande,
07:38vous avez un problème d'offre.
07:39Parce qu'une fois que l'offre est monopolisée par des acteurs américains,
07:44soudain, nous, on n'a plus d'offres, en fait.
07:46On ne peut plus transformer des électrons en tokens.
07:49Et ça se joue dans les deux années qui viennent.
07:51C'est-à-dire que ce qu'il faut mettre sur la table aujourd'hui
07:53en termes d'investissement, c'est des dizaines,
07:56des centaines de milliards de dollars.
07:58Et pour le faire, il faut avoir une visibilité sur le marché.
08:00Et la visibilité sur le marché, elle doit être indiquée
08:03par les acteurs européens, par les États européens.
08:05Aujourd'hui, elle n'est pas indiquée de manière suffisamment massive
08:08pour que nous, on puisse prendre le risque de déployer 100 milliards de dollars.
08:11Un des problèmes réglementaires de l'Europe, c'est que fondamentalement,
08:14à chaque fois que vous rentrez dans un pays européen,
08:15vous devez ouvrir une nouvelle entité.
08:18Vous devez comprendre un nouveau régime de stock options.
08:21Vous devez comprendre une réglementation du travail qui est différente.
08:25Et donc, ça veut dire qu'il faut assez vite une équipe sur place.
08:28C'est-à-dire qu'il faut que moi, j'ai signé des centaines de documents
08:33pour ouvrir des entités dans une dizaine de pays d'Europe.
08:39J'ai ouvert des dizaines de comptes en banque,
08:42parce qu'en général, il faut un compte en banque associé.
08:44Vous avez tout un tas de réglementations,
08:45qui sont des réglementations nationales, qui sont non unifiées.
08:48Vous avez une fiscalité, évidemment, qui n'est pas unifiée,
08:50alors qu'il faudrait absolument qu'elle soit unifiée
08:52si vous voulez avoir des systèmes d'incitation à des employés
08:54qui ont à peu près du sens.
08:56Donc nous, on patch les choses, on essaie de faire des choses
08:58qui sont le plus juste possible, mais on se retrouve avec des situations fiscales
09:01qui sont franchement disparates entre les pays.
09:03Donc ça, c'est relativement catastrophique.
09:05Donc en fait, vous ne pouvez pas avoir de marché unifié
09:07si vous n'avez pas une forme de fiscalité unifiée,
09:09si vous n'avez pas une forme de droit social unifié, etc.
09:12Donc ça, c'est une première chose.
09:13Je dirais que c'est la principale lourdeur.
09:15Ensuite, vous avez tout un empilement de réglementations
09:18qui sont plus ou moins cohérentes entre elles
09:20et qui nous forcent à documenter beaucoup de choses.
09:22Donc vous avez le RGPD.
09:25Vous avez toutes les lois sur le copyright et le text and data mining.
09:29Vous avez maintenant les IAC, qui n'est pas encore mis en œuvre,
09:31mais qui va l'être à partir d'août.
09:33Tous ces trucs disent des choses plus ou moins...
09:35Ça touche à des choses assez similaires en général.
09:37Ça touche à la donnée, à la donnée personnelle.
09:39Ça touche à ce qui est sur Internet.
09:41Et en fait, ça ne dit pas exactement la même chose.
09:43Ça demande de la documentation, qui est différente.
09:46C'est mis en œuvre par 27 organes de mise en œuvre différents en Europe,
09:52qui sont plus ou moins aînés suivant les pays.
09:54Et donc on se retrouve, nous...
09:56Moi, je me retrouve avec une équipe de compliance,
09:58qui fait 5 personnes.
10:00Et ce qui est...
10:02Aujourd'hui, pour nous, c'est jouable,
10:03parce qu'en fait, on est suffisamment gros.
10:04Mais vous êtes une nouvelle...
10:06Vous êtes un entrepreneur en France,
10:07et vous regardez tout ça.
10:08Et puis vous regardez aussi l'ambiance,
10:10et le fait qu'on se réjouisse d'avoir remis une régulation sur les IAC.
10:13C'était en début 2024.
10:16Et vous dites, vous allez aux Etats-Unis, en fait.
10:18Et c'est ce qui se passe aux Etats-Unis.
10:20Donc nous, on a surmonté cet aspect,
10:21parce qu'on est assez gros.
10:23Ça rentre dans les overheads de coût.
10:27Ça reste très pénible.
10:28Et puis...
10:29Mais c'est surtout que vous perdez plein d'entrepreneurs qui partent ailleurs,
10:32parce qu'ils ont peur.
10:33Vous avez des investisseurs qui se disent,
10:35non, mais l'Europe, de toute façon, a perdu, elle réglemente trop.
10:37Puis vous avez tout un récit qui est largement utilisé par les Etats-Unis,
10:40qui est de dire, l'Europe perd,
10:41parce que de toute façon, c'est des ronds de cuir
10:43qui sont en train de réglementer à Bruxelles,
10:46parce qu'ils ne savent rien faire, ils ne savent pas innover.
10:48Et en fait, c'est un récit qui est destructeur,
10:50parce qu'en plus, il est internalisé par les Européens.
10:52Donc c'est une forme de colonialisme, si vous voulez.
10:55Mais le sujet, c'est qu'il faut renverser ce récit.
10:59Pour renverser ce récit, il faut aussi réfléchir à avoir des réglementations
11:02qui sont plus simples, qui sont plus unifiées,
11:04qui nous permettent d'aller plus vite.
11:06Nous, on a plein d'études micro chez nos clients
11:08qui font des retours qui sont largement super
11:11à ce qu'ils dépensent aujourd'hui en intelligence artificielle chez nous.
11:14Donc des cas d'usage où les gens font 50 millions de retours d'investissement
11:19parce que les machines fonctionnent mieux.
11:21Vous avez des gains de productivité de l'un facteur 5 dans les services clients.
11:26Un facteur 5, ça veut dire que c'est 20% du temps nécessaire
11:30à effectuer une tâche par rapport à l'intelligence artificielle.
11:34Donc c'est très significatif.
11:38Des études macro, je pense qu'il n'y en a pas encore beaucoup
11:40parce qu'en fait, on manque de recul.
11:42C'est une technologie.
11:43L'aspect délégation de tâches, je laisse mon agent travailler pour moi
11:48pendant toute la journée, ça ne marche que depuis 6 mois.
11:50Donc vous n'avez pas assez de recul pour voir ça.
11:52Par contre, ce qu'on peut voir, c'est que nous, ce que je vous disais,
11:55c'est à peu près 10% de notre masse salariale pour équiper nos personnes.
12:00Le gain de productivité qu'on fait, je dirais que c'est l'ordre d'un facteur 2
12:03par rapport à 6 mois, il y a 6 mois.
12:05Donc ce n'est pas une étude macroéconomique.
12:09Mais c'est de ça dont on parle.
12:11C'est-à-dire qu'on parle de 10%, 20% des OPEX et de la masse salariale.
12:17Je pense qu'il faut l'avoir en tête.
12:18Ce n'est pas forcément 20% de croissance.
12:20c'est une partie croissance, une partie destruction d'emplois.
12:24Et ça, en tout cas, destruction ou modification des emplois existants.
12:29Et je pense que quelque chose qu'on n'a pas...
12:31Enfin, pour peut-être repartir sur les études plus macro,
12:34on est dans une situation où vous avez quand même certains métiers
12:40qui disparaissent presque.
12:42Et donc les gens s'adaptent, ils s'adaptent assez vite.
12:45Je pense que ça devrait passer.
12:48Ce n'est pas exclu qu'il y ait quand même une augmentation
12:50dans certains domaines du chômage
12:54et, d'une certaine manière, un déplacement de la valeur du travail vers le capital.
12:59Et le capital qui est, pour le moment, largement pas du capital européen.
13:03Et donc vous avez cette situation qui, je pense, est assez explosive.
13:06Entre, d'une part, vous avez peut-être des destructions d'emplois
13:14ou en tout cas des modifications très très rapides
13:15de la structure de l'emploi en Europe.
13:18Vous avez une situation où tout le monde veut de l'électricité
13:21et il n'y a pas assez d'électricité.
13:23Donc vous avez des conflits d'usage.
13:24Conflit d'usage, ça veut dire inflation.
13:26Donc vous avez de l'inflation potentiellement due à l'intelligence artificielle.
13:30Et puis, troisième élément, j'en ai parlé tout à l'heure,
13:32vous avez un déficit commercial qui explose.
13:36C'est-à-dire que sur le plan des services,
13:37il est multiplié par 5 dans les 5 prochaines années.
13:40Une situation comme ça, c'est quand même relativement...
13:43Enfin, c'est révolutionnaire.
13:45Donc il faut le prendre en compte, je pense.
13:47Il faut en parler plus.
13:48Il faut avoir un point de vue plus long terme
13:51sur ce que ça veut dire pour l'économie,
13:53ce que ça veut dire pour la société,
13:55ce que ça veut dire pour les équilibres géopolitiques.
13:57Et si on ne le fait pas suffisamment rapidement
13:59pour revenir à votre question,
14:00on va se retrouver dans une situation où on n'aura aucun choix.
14:04Et ça, c'est une situation qu'on ne voudrait pas voir advenir.
14:07Aujourd'hui, les ingénieurs chez Mistral n'écrivent plus de lignes de code.
14:12Donc vous avez une manière de travailler en développement logiciel
14:16qui a profondément changé dans les 6 derniers mois.
14:18C'est-à-dire qu'avant, c'était plutôt un artisanat,
14:21si vous étiez contributeur individuel.
14:23C'est-à-dire que vous écrivez votre code.
14:24D'ailleurs, les gens aimaient cet artisanat.
14:26Enfin, moi, je viens de là, j'aimais cet artisanat.
14:29Aujourd'hui, vous n'êtes plus un artisan, vous êtes un manager.
14:32Et donc, vous demandez à des agents d'écrire le code pour vous.
14:34Donc en fait, vous donnez les spécifications, vous êtes un donneur d'ordre.
14:36C'est quand même un changement assez profond.
14:39Et ça s'accompagne de gains de productivité
14:41qui sont très, très importants quand vous êtes tout seul.
14:43C'est-à-dire que vous êtes tout seul, vous pouvez aller 10, 20 fois plus vite.
14:46Quand vous êtes 5, ça descend parce que vous avez encore
14:49les sujets de communication qui reviennent.
14:51Quand vous êtes une très grosse entreprise,
14:54soudain, vous êtes dans plein de goulots d'étranglement organisationnel.
14:56Donc c'est ceux-là qu'il faut lever pour avoir les gains de productivité dont on rêve.
15:02Et en ordre de grandeur, ça fait combien de tokens ?
15:04Un salarié de ligne de code ?
15:07Je peux vous dire, je compte plutôt en mégawatts.
15:11C'est combien de mégawatts ?
15:13C'est 1 kilowatt par salarié, si vous voulez.
15:17C'est ça l'ordre de grandeur.
15:181 kilowatt par salarié, c'est un demi-GPU.
15:20On va dire combien en euros ?
15:21En euros, c'est 10 000 euros par an.
15:25Les lignes de code, c'est 10 000 euros pour la ligne de code ?
15:27Oui, c'est près de 10 000 euros par an.
15:28Si vous faites 10 000 euros par an par personne.
15:31Donc c'est ça qu'il faut compter.
15:32Mais c'est pour ça que je dis, quand je vous dis, c'est 10% de la masse salariale,
15:36c'est 10 000 euros par an.
15:37Et 10 000 euros par an, au niveau de l'Europe,
15:42vous avez 400 millions de personnes,
15:43vous êtes...
15:44C'est 8 milliards.
15:46Ensuite, sur le sujet de la bulle.
15:48Je pense que pendant un long temps, on a dit qu'il y avait une bulle.
15:49En fait, il n'y a pas tellement de bulles.
15:50Là, il y a un vrai problème.
15:52Une bulle, c'est quand vous dites qu'il y a...
15:56Quand vous surestimez la demande.
15:58Là, aujourd'hui, quand on voit la demande en token,
16:00tous les gens qui viennent nous voir en se disant
16:02« J'ai besoin de plus de tokens que j'avais prévu »,
16:04en fait, le problème, c'est plutôt un problème d'offre.
16:08C'est-à-dire qu'il n'y a pas assez de logique,
16:10donc de chips,
16:12il n'y a pas assez de mémoire,
16:13il n'y a pas assez de cartes-mères,
16:16de disques durs,
16:17il n'y a pas...
16:19Je veux dire, il n'y a pas assez d'hélium,
16:21si vous voulez,
16:23du côté des semis,
16:25il n'y a pas assez d'électrons.
16:27Donc, en fait, sur toute la chaîne de semis,
16:29toute la chaîne de semis d'aujourd'hui,
16:31elle est mise sous pression par l'intelligence artificielle.
16:33Donc, il y a plutôt un sujet d'offre
16:36que de demande aujourd'hui.
16:38Ensuite, évidemment,
16:40pour que le modèle économique fonctionne,
16:42quand vous investissez 50 milliards
16:45pour faire un gigawatt,
16:47et vous êtes une entreprise de technologie,
16:49vous voulez repartir avec 100 milliards.
16:50Si vous repartez avec 100 milliards,
16:52ça veut dire que vous devez créer
16:53200 milliards de valeur pour votre client.
16:56Est-ce qu'on est à peu près à ces équilibres-là ?
16:58Je n'irai pas complètement,
16:59parce qu'évidemment,
17:01on met de l'argent sur la table au début,
17:03parce qu'on sait que quand on a capturé tout,
17:06quand on a capturé la demande et l'offre,
17:07ensuite, on peut monter les prix,
17:08on peut monter les marges.
17:10Et donc, le risque qu'on a aujourd'hui,
17:12c'est ce que j'évoquais tout à l'heure,
17:14c'est que si vous ne déployez pas suffisamment vite,
17:16vous n'allez pas capturer suffisamment
17:18de parts de marché.
17:20Derrière, vous avez des oligopoles qui se forment,
17:22et ils vont retrouver leur bille.
17:25Vous n'avez pas toute l'économie américaine
17:27qui met un trilliard sur la table par an,
17:28s'ils ne se disent pas,
17:29qu'ils vont repartir avec deux trilliards.
17:30Enfin, je ne m'inquiète pas pour eux.
17:34Je m'inquiète plutôt pour nous.
17:38Merci.
17:39Arnaud Saint-Martin.
17:40Est-ce que demain,
17:40les Américains pourraient racheter Mistralay ?
17:45Ils sont évidemment...
17:46Alors, les Américains,
17:47vous avez quelques vicieux capitales,
17:49c'est moins de 30% de notre capital.
17:52Encore une fois,
17:53on aurait été ravis de prendre des Européens,
17:54mais il n'y avait pas les Européens.
17:55Donc, il y a un moment donné
17:56où on perd un certain nombre,
17:59on perd les économiques.
17:59C'est-à-dire que le retour sur investissement
18:02dans Mistral,
18:02il y a une partie qui est la partie
18:06General Partner,
18:06qui repart aux Etats-Unis
18:07sur les fonds américains.
18:09Et puis, vous avez la partie LP,
18:10qui en général,
18:11les fonds américains,
18:11ils vont lever eux-mêmes
18:12dans le monde entier.
18:12Donc, en fait,
18:13il y a une partie qui repart même
18:14en Europe,
18:15de ce point de vue-là.
18:16Donc, on perd un certain nombre,
18:18on perd du retour.
18:19C'est dommage.
18:20Mais on perd du retour
18:21parce qu'on n'a pas tout l'écosystème.
18:23C'est comme ça.
18:24Ensuite, nous,
18:25notre objectif,
18:26c'est de rester indépendant.
18:28Si vous voulez,
18:29évidemment,
18:30il y a des gens qui nous demandent
18:30s'ils peuvent nous racheter.
18:31Nous, on répond non
18:32parce que ce n'est pas notre mission.
18:34Et notre mission,
18:34c'est d'être indépendant.
18:35Et notre mission,
18:35c'est d'aller vers
18:37une cotation à terme
18:39et de faire en sorte
18:39de fournir cette alternative.
18:42Voilà.
18:43Ensuite, évidemment,
18:44c'est lié au fait
18:44qu'on...
18:46Si vous réussissez,
18:48vous ne vous faites pas racheter.
18:48Si vous vous faites racheter,
18:49d'une certaine manière,
18:50vous avez raté quand même.
18:52Donc,
18:53enfin,
18:53en tout cas,
18:54c'est comme ça
18:54qu'il faudrait
18:54qu'on y réfléchisse.
18:55Parce qu'effectivement,
18:57il y a quand même
18:57beaucoup d'entrepreneuriat
18:59en Europe
19:00qui réfléchit
19:00à des stratégies d'exit
19:02qui sont plutôt
19:02des rachats
19:03par des sociétés américaines.
19:04C'est une stratégie
19:05qui est perdante.
19:05C'est une stratégie
19:06qui, macroéconomiquement,
19:08elle est vraiment dommageable.
19:10Donc,
19:10il faut y réfléchir comme ça.
19:11Il faut créer
19:12les champions européens
19:12qui sont indépendants.
19:13Et donc,
19:14c'est pour ça
19:14qu'on travaille.
19:16On n'a pas encore gagné,
19:17mais on y travaille.
19:17Je ne sais pas
19:18si vous aviez encore
19:19des propos
19:20que vous souhaiteriez
19:22ajouter suite
19:23à cette audition.
19:25Non,
19:25je pense qu'on a couvert
19:26pas mal de points.
19:27Je dirais qu'un des sujets,
19:28il faut vraiment
19:29faire attention à ce sujet,
19:30de ne pas distinguer
19:31le cloud
19:32et se dire
19:32on a perdu la bataille
19:33du cloud,
19:34il faut qu'on remonte
19:34sur le cloud.
19:35Pour remonter sur le cloud,
19:36il faut passer par
19:37la valeur ajoutée importante,
19:38la valeur ajoutée importante,
19:39celle qui fait la croissance,
19:40c'est l'intelligence artificielle.
19:42À partir de là,
19:43tout le reste du cloud
19:43peut découler.
19:45Mais il faut concentrer
19:46les efforts
19:47aux endroits
19:47où on est fort.
19:49Il se trouve
19:49qu'on a cette chance
19:50d'être relativement fort
19:51en intelligence artificielle.
19:53Il se trouve
19:53qu'on a cette chance
19:54d'avoir de la capacité électrique.
19:55Si on combine les deux,
19:57on peut retrouver
19:57une part de marché
19:58qui est soutenable
19:59et il faut absolument le faire
20:01parce que sinon,
20:01on va devenir
20:02un état vassal.
20:05Merci.
20:06Pas forcément
20:06pour les derniers propos.
20:09Merci pour l'audition.
20:11On a bien compris.
20:11Merci beaucoup.
20:12de m'avoir écouté.
20:12On a bien compris
20:13le message final
20:16et ce qu'il allait falloir
20:17que l'on puisse faire
20:18à l'Assemblée nationale.
20:20Et vous,
20:21qu'en pensez-vous ?
20:22Dites-le nous en commentaire.
20:23Merci d'avoir regardé
20:24cette vidéo.
20:25Pensez à liker,
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