- il y a 33 minutes
Dans ce nouvel épisode de Dialogues d’experts, Diane Lagrange reçoit Ghislain Benhessa, avocat et auteur de Nos vrais maîtres, publié aux éditions de l’Artilleur.
Pendant près d’une heure, l’entretien plonge dans les coulisses méconnues de la construction européenne. À travers une enquête historique et juridique fouillée, Ghislain Benhessa retrace le parcours d’hommes de l’ombre ayant participé à l’édification des institutions européennes modernes. Magistrats, juristes, hauts fonctionnaires, technocrates : autant de figures souvent absentes du récit officiel, mais qui ont pourtant joué un rôle central dans la mise en place d’un système supranational fondé sur la primauté du droit européen.
L’émission revient notamment sur les origines fédéralistes du projet européen, la stratégie des « petits pas », le rôle déterminant de la Cour de justice européenne, mais aussi sur la manière dont certains anciens collaborateurs ou juristes issus du régime de Vichy ont poursuivi leur carrière au cœur même de la future architecture communautaire.
Au fil de l’échange, Ghislain Benhessa développe une critique radicale de la technocratie européenne, qu’il décrit comme une caste juridique et administrative ayant progressivement vidé les États de leur souveraineté politique. Pour lui, l’Union européenne n’est pas un accident historique ni une simple coopération entre nations, mais un projet assumé de dépassement des souverainetés nationales, pensé dès l’origine comme irréversible.
L’entretien aborde également :
• la primauté du droit européen sur le droit français
• le rôle de Jean Monnet dans la logique fédéraliste
• le compromis de Luxembourg et l’opposition du général Charles de Gaulle à Bruxelles
• les figures de Maurice Lagrange, Paul Reuter ou Walter Hallstein
• la notion d’« État profond » juridique européen
• la place du peuple dans la hiérarchie des normes
• les limites d’une simple réponse juridique face aux institutions européennes
Une discussion dense et sans détour sur la souveraineté, le droit, les élites technocratiques et les rapports de force qui structurent aujourd’hui l’Union européenne.
Pendant près d’une heure, l’entretien plonge dans les coulisses méconnues de la construction européenne. À travers une enquête historique et juridique fouillée, Ghislain Benhessa retrace le parcours d’hommes de l’ombre ayant participé à l’édification des institutions européennes modernes. Magistrats, juristes, hauts fonctionnaires, technocrates : autant de figures souvent absentes du récit officiel, mais qui ont pourtant joué un rôle central dans la mise en place d’un système supranational fondé sur la primauté du droit européen.
L’émission revient notamment sur les origines fédéralistes du projet européen, la stratégie des « petits pas », le rôle déterminant de la Cour de justice européenne, mais aussi sur la manière dont certains anciens collaborateurs ou juristes issus du régime de Vichy ont poursuivi leur carrière au cœur même de la future architecture communautaire.
Au fil de l’échange, Ghislain Benhessa développe une critique radicale de la technocratie européenne, qu’il décrit comme une caste juridique et administrative ayant progressivement vidé les États de leur souveraineté politique. Pour lui, l’Union européenne n’est pas un accident historique ni une simple coopération entre nations, mais un projet assumé de dépassement des souverainetés nationales, pensé dès l’origine comme irréversible.
L’entretien aborde également :
• la primauté du droit européen sur le droit français
• le rôle de Jean Monnet dans la logique fédéraliste
• le compromis de Luxembourg et l’opposition du général Charles de Gaulle à Bruxelles
• les figures de Maurice Lagrange, Paul Reuter ou Walter Hallstein
• la notion d’« État profond » juridique européen
• la place du peuple dans la hiérarchie des normes
• les limites d’une simple réponse juridique face aux institutions européennes
Une discussion dense et sans détour sur la souveraineté, le droit, les élites technocratiques et les rapports de force qui structurent aujourd’hui l’Union européenne.
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00:00Bonjour, bienvenue sur Fréquences Populaire, je suis Diane Lagrange et aujourd'hui je suis avec Guylain Benessa.
00:06Bonjour Guylain.
00:07Bonjour Diane, bonjour.
00:09Vous allez bien ?
00:10Très bien, très bien.
00:12Et nous vous allons parler de votre livre qui s'appelle Nos vrais maîtres,
00:17qui est sorti aux éditions de l'Artilleur il y a peu de temps.
00:22Et le sous-titre c'est L'histoire secrète des hommes qui vendent la France à l'Union Européenne.
00:28Donc nous allons parler de cet ouvrage.
00:32Tout d'abord, on va vous présenter.
00:36Donc vous êtes avocat, c'est votre quatrième ouvrage chez l'Artilleur.
00:43Et vous êtes, j'imagine, un gaulliste, souverainiste convaincu.
00:49Ça se voit en lisant l'ouvrage.
00:52Qu'est-ce qui vous a décidé à écrire ce livre ?
00:55En fait, gaulliste, oui, évidemment, souverainiste certainement par le seul fait de mon gaullisme,
01:01qui d'ailleurs ne s'arrange pas avec le temps et avec les livres.
01:04Donc au moins la fibre est trouvée depuis quelques temps maintenant.
01:07En fait, je n'avais pas du tout prévu de faire ce livre, absolument pas.
01:11J'avais fait deux précédents livres, dont un avec Guillaume Bigot et un autre sur le référendum.
01:18Et en fait, évidemment, l'Europe, naturellement, comme d'ailleurs dans la vie des Français, dans la vie de tous
01:22les jours,
01:23l'Europe est une sorte de couvercle qu'on doit soulever à un moment lorsqu'on fait du droit et
01:29qu'on s'intéresse à la politique,
01:30puisque on ne peut plus faire grand-chose sans poser la question de l'Europe.
01:33Immigration, sécurité, environnement, énergie, la guerre en Ukraine.
01:37Enfin bref, on pourrait ratisser extrêmement large sur les sujets qui nécessitent un moment de scoltiner la question européenne.
01:43Et en fait, j'avais commencé des recherches sur une dimension adjacente, on va dire ça vite, de mes précédents
01:50livres.
01:50Et en fait, je cherchais absolument à trouver des éléments précis sur les hommes qui ont construit l'Union européenne
01:57du point de vue juridique.
01:58Pourquoi ? Parce que le grand problème, et c'est d'ailleurs pour ça que l'Europe pèse autant sur
02:02nous,
02:03et d'ailleurs fait l'objet de toutes les critiques, c'est parce que l'Europe, c'est du droit,
02:06largement.
02:07L'Union européenne, c'est une machine juridique à produire des règles, des normes, de la réglementation, des directives, etc.
02:14Et en fait, je ne voulais surtout pas retomber dans l'ennième glose de ces normes folles qu'on a,
02:21qui pèsent sur nous.
02:22Et je voulais voir, en gros, je voulais un peu soulever le capot et voir un peu quels étaient les
02:26hommes derrière,
02:26mais c'était censé, vous voyez, quelques lignes dans un bouquin en fait, quelques pages.
02:31Et en fait, tout d'un coup, j'ai commencé à me coltiller l'histoire des juristes et des, il
02:36faut le dire, des technocrates en fait,
02:37dans l'ombre qui ont façonné la construction européenne.
02:39Et je me suis rendu compte, honnêtement, alors je dis ça peut-être que chacun ou chaque personne qui fait
02:44un livre
02:44et espère faire le mieux, dira la même chose, mais j'avais l'impression de mettre le doigt sur un
02:49truc incroyable,
02:50une sorte de bombe atomique pour moi, c'est-à-dire des hommes qu'on ne connaît absolument pas,
02:53qui ont dit des choses invraisemblables, ont pris des positions invraisemblables,
02:57et ils sont beaucoup plus nombreux que les quelques-uns que j'avais imaginés.
03:01Et donc, finalement, j'ai fait cette histoire assez biographique et des anecdotes et des histoires cachées,
03:07en quelque sorte, en tout cas méconnues et parfois même un peu secrètes,
03:10des hommes qui ont façonné l'Union européenne.
03:12Parce que je pense que quand on a compris qui sont ces hommes, on comprend ce qu'est vraiment l
03:17'Europe,
03:17on comprend vraiment ce qui a été fait depuis 70 ans,
03:19et on comprend aussi, jusqu'à aujourd'hui, comment on peut avoir un Emmanuel Macron fédéraliste,
03:24comment on peut avoir une Ursula von der Leyen à la tête de la Commission,
03:27comment ça se fait finalement qu'on ne puisse plus rien faire sans nous affronter,
03:33une sorte de conglomérat incroyable qui pèse sur tout le monde.
03:36Voilà, c'était ça un peu l'essai et le démarrage.
03:40Et finalement, c'est, malgré moi, quelque part, le livre que c'est devenu au final.
03:45Tout à fait.
03:46Ce que j'ai trouvé, principalement, c'est-à-dire que c'est centré sur, effectivement,
03:52le côté juridique de l'Union européenne.
03:55Et vous avez vraiment réussi à rendre ça extrêmement vivant, extrêmement…
04:00Voilà, c'est vraiment des personnages qui sont totalement inconnus, en fait.
04:04On a vraiment très, très peu entendu parler.
04:06C'est-à-dire, on a tous entendu parler de Jean Monnet, de Robert Schumann.
04:10Mais moi, il y avait beaucoup de ces gens, en fait.
04:14Donc, vraiment, alors que pourtant, à la base, c'est un sujet qui m'intéresse aussi.
04:18Donc, je n'avais vraiment jamais entendu parler.
04:22Donc, voilà, c'est très animé.
04:24Et surtout, je trouve que vous avez vraiment réussi à mettre en lumière vraiment les problématiques.
04:29Et la façon dont… En fait, c'est vraiment une construction d'un piège qui se referme au fil du
04:36temps.
04:36Et on voit vraiment toutes les étapes, en fait.
04:40De temps en temps, il y a un peu une contre-attaque qui vient à la rescousse pour gripper un
04:49peu le mécanisme.
04:50Mais on voit que le mécanisme est en route et que dès que l'obstacle, voilà, au bout de quelques
04:58temps, l'obstacle fléchit, les gens partent, ils sont remplacés par d'autres, etc.
05:06Et ça se remet en route de façon complètement implacable, en fait.
05:11En fait, ce que j'ai beaucoup aimé, c'est que vous montrez que le vert était vraiment dans le
05:17fruit dès le départ, en fait.
05:18Moi, c'est ce que j'ai trouvé vraiment frappant.
05:21C'est-à-dire qu'on entend beaucoup, oui, l'Union européenne, ça a mal tourné.
05:24Mais au départ, c'était quelque chose qui était censé être respectueux de la souveraineté des États.
05:32Et en fait, voilà, vous vous montrez qu'il y avait déjà, effectivement, dès le départ, une intention fédéraliste.
05:41Est-ce que vous pouvez en parler un petit peu, s'il vous plaît ?
05:45Oui, bien sûr.
05:45Alors, c'est exactement ça.
05:46C'est qu'on a le lieu commun.
05:50Aujourd'hui, c'est même un cliché, véritablement, qui est répété.
05:53Alors là, toute chapelle qu'on fond du centre, droite, gauche, vraiment.
05:57Alors là, peu importe la personne que vous prenez, on entend extrêmement souvent que, je vais vraiment vite en besogne,
06:05mais que Maastricht a été, donc, 1992, c'est-à-dire l'apparition, vraiment, la sanctuarisation,
06:10ou plutôt la glorification de la libre circulation, l'apparition de la citoyenneté européenne,
06:15l'apparition, évidemment, de l'euro qui est discutée et qui va ensuite, comment dire, parvenir à son acme
06:20et devenir la monnaie de circulation entre les Français dans les années 2000.
06:23On a tendance à croire que c'est une date où tout a basculé.
06:27C'est-à-dire que les années 80 puis début 90, on a eu un saut réellement fédéraliste et quantitatif
06:32dans ce qui est devenu l'Union européenne qu'on connaît aujourd'hui.
06:35C'est un peu le lieu commun.
06:36Alors ça, je ne vous cache pas que ça me paraissait déjà être un lieu commun largement contestable avant.
06:42Maintenant, j'en suis même plus au terme de lieu commun.
06:45Je pense que c'est un crime de penser ainsi parce que ça cache le véritable piège.
06:48Le véritable piège, il est que le premier jour au frontispice de la construction européenne,
06:53dans les premiers temps, les premières heures, toute l'architecture que nous avons aujourd'hui
06:58était déjà là.
06:59Alors, elle n'était pas précise.
07:01Elle n'était pas encore complètement achevée, évidemment.
07:03Elle allait connaître de multiples rebondissements et des améliorations pour les européistes.
07:10Évidemment, des trahisons pour moi qui suis évidemment français et qui honnêtement
07:15n'a jamais eu beaucoup d'intérêt pour la chose bruxelloise ou une certaine forme de désintérêt
07:21quand j'étais plus jeune, on va dire, et franchement un peu d'écœurement par la suite
07:23comme pas mal de Français.
07:24En fait, on s'aperçoit que le premier jour dans les bureaux de Jean Monnet, tout part de là.
07:29Et tout part de là parce que dès les premiers temps, les hommes qui sont aux manettes,
07:34alors il y a Jean Monnet comme étant l'architecte et j'ai tendance à dire souvent le parrain,
07:39c'est-à-dire c'est vraiment lui le chef de la mafia qui va se mettre en place au
07:43début
07:44des années 50, avec l'appui des États-Unis, tout ça est une longue histoire que les historiens,
07:49d'ailleurs certains historiens, ont déjà mis en lumière.
07:51On s'aperçoit que Jean Monnet, il a une idée très précise, c'est de mettre en place
07:56une architecture dans laquelle les nations disparaîtront à terme, qu'il n'y aura
08:01un grand saut fédéraliste qui sera fait.
08:03Alors, il n'appelait pas vraiment ça comme ça, mais on l'a compris.
08:05Et qu'en fait, il a choisi des hommes de main, il faut le dire, des hommes de main
08:09très roués, des juristes de grands talents, qui sont des excellents techniciens,
08:14des profs, des magistrats, etc., qu'il va appeler à ses côtés et qui vont prendre
08:20en main la fabrication d'un monde qui est un contre-monde ou un anti-monde,
08:25quelque part en tout cas une anti-nation, qui soit l'envers du monde dans lequel
08:29nous vivons et dans lequel nous espérions vivre depuis la Révolution et même
08:33dans la tradition française. C'est-à-dire qu'on devait, il faut le dire,
08:36il fallait quitter la démocratie, en quelque sorte, il fallait construire
08:40une technocratie, donc un règne des experts. Jean Monnet rêve des experts,
08:46Paul Reuter à ses côtés aussi, Maurice Lagrange aussi, on en dira peut-être
08:49un mot, un triste cire qui a malheureusement pour vous, et j'en suis désolé,
08:53votre nom de famille, Diane.
08:54Alors, je précise que nous ne sommes pas apparentés, absolument pas.
08:58Et d'ailleurs, en fait, je trouve ça même horrible parce que c'était le nom
09:03de mon grand-oncle qui a été malheureusement, qui est mort dans la Première Guerre mondiale
09:09à l'âge de 19 ans. Et je trouve que c'est horrible parce que c'est un peu comme
09:14s'il était, il y a pire que de mourir à la guerre à 19 ans, il y a mourir
09:17à la guerre
09:18à 19 ans et en plus après avoir un homonyme qui détruit votre nom en trahissant
09:23votre pays, comme ça, c'est vraiment...
09:26Mais vous, je ne pensais pas du tout à vous, je l'admets quand j'ai écrit ce livre.
09:30Maintenant, quand vous m'avez contacté pour qu'on en parle, j'ai immédiatement pensé
09:33à cela en me disant, c'est curieux, je vois aujourd'hui Diane Lagrange,
09:38il fallait que vous soyez sur mon chemin, vous voyez, parce que ça fait maintenant
09:40deux mois que le bouquin est sorti et cet homme est devenu la...
09:44Je veux dire, quand on a l'occasion de m'interroger, je peux comprendre moi aussi,
09:46mais quand je suis tombé sur cet homme Maurice Lagrange, beaucoup de choses
09:51qui raisonnaient déjà ont commencé à se cristalliser chez moi, parce que...
09:56Alors je dis un mot justement de cet homme-là, qui est vraiment le premier homme
09:59dont je parle dans mon livre à côté de Jean Monnet, c'est un type tout à fait particulier
10:03qui a... Il faut le dire, si aujourd'hui... Je prends des raccourcis, mais franchement
10:07c'est loin d'être faux. Si aujourd'hui, on nous dit, et on se dit d'ailleurs souvent
10:12qu'on ne peut plus rien faire, parce que les juges européens peuvent tout,
10:14parce qu'ils ont une puissance de feu délirante, parce que les juges européens
10:19sont plus puissants que nos juges nationaux, et dictent totalement la conduite
10:22de notre Assemblée nationale, de nos juges nationaux, de notre administration,
10:26c'est parce que dans le bureau de Jean Monnet, il y a eu ce fameux Maurice Lagrange,
10:30qui est un homme au passé extrêmement, je veux dire, diabolique,
10:33on peut dire ça comme ça. C'est un magistrat, le magistrat...
10:39Vous savez, l'anonyme magistrat typique, tel qu'on en a au Conseil d'État français,
10:43classique dans les années 30, qui va rejoindre Vichy avec un plaisir non dissimulé.
10:49Qui va d'ailleurs se lamenter que le régime de Vichy ne soit pas assez antisémite pour lui,
10:54puisqu'il va être le rédacteur du statut des Juifs en 1940-41,
10:59et qu'à partir de là, on découvre d'ailleurs dans mon bouquin,
11:01ça j'ai trouvé quelques anecdotes d'époque, où on découvre qu'il rêvait
11:05d'une grande purge de l'administration française,
11:08en gros il rêvait de purger tous les Juifs de l'administration,
11:11et il aura donc ce rôle trouble aux côtés du maréchal Pétain,
11:13dans le régime de Vichy, avant d'être recyclé par les Américains,
11:16et finalement de finir aux côtés de Jean Monnet pour fabriquer la justice européenne.
11:23C'est ça, c'est que beaucoup de ces hommes dont vous parlez ont un passé très trouble,
11:27en fait, c'est ce qu'on découvre à la lecture de votre livre,
11:32c'est que, voilà, en fait, effectivement, vous dites à un moment
11:35qu'il y a la moitié de la Cour de justice du Luxembourg
11:40qui est plus ou moins affiliée, effectivement, à la collaboration ou au nazi, en fait.
11:46Quatre sur neuf.
11:48C'est quand même horrible, en fait, quand on y pense, voilà,
11:51il y a un travail de dénazification qui n'a pas du tout été fait,
11:57et même au contraire, on a l'impression qu'ils se sont recyclés dans ce nouveau projet.
12:05Complètement.
12:07Sans interruption, quasiment.
12:09Une anecdote sur laquelle, qui me concerne, je n'ai pas mis dans le livre,
12:12mais qui me paraît très parlante, c'est que lorsque je travaillais sur Lagrange
12:16et que je commence à écrire ce bouquin,
12:18donc, en fait, sur les architectes de l'Union européenne,
12:20parce que c'est ça, c'est les...
12:22Jean Monnet a, comment dire, il a dressé la table, si je puis dire,
12:25mais il fallait encore installer ensuite la cuisine,
12:28c'est-à-dire qu'il fallait mettre en place les plats,
12:30il fallait penser la recette, il fallait ramener tout ça,
12:32et en gros, où sont ces sorciers, si je puis dire, de la cuisine européenne
12:36qui ont mis en scène la grande pièce imaginée par Jean Monnet.
12:40C'est ces gens-là dont je parle.
12:41Et en fait, je suis tombé sur un article qui m'a fait froid dans le dos,
12:45mais qui révèle, en fait, je trouve, beaucoup de nos problèmes actuels, d'ailleurs.
12:49Je suis tombé sur un article parce que Lagrange, le fameux Maurice Lagrange,
12:52l'ancien vichiste passé chez Jean Monnet,
12:54devenu l'architecte de la justice européenne,
12:57Maurice Lagrange, pendant des décennies, on ne parlait pas de lui,
13:00on n'en parle d'ailleurs pas beaucoup,
13:01et en fait, il y a eu un petit colloque qui a eu lieu sur lui très récemment,
13:05je vous parle des années 2022, 2023, 2024, quelque chose comme ça.
13:09C'est-à-dire 75 ans après qu'il était aux côtés de Jean Monnet.
13:13Alors, aujourd'hui encore, son passé, totalement passé sous silence,
13:17dans les grands discours, vous trouvez des discours actuels de juristes
13:21qui lui disent « c'est un homme formidable, on n'aurait jamais rien plus sans lui,
13:24il mérite une statue élevée à sa gloire, édifiée à sa gloire, etc. »
13:28Et je suis tombé sur un article fascinant d'un professeur de droit français,
13:32j'ai oublié son nom, qui en 2024 ou 2023,
13:36qui dit la chose suivante, qui dit « il faut faire attention
13:39lorsqu'on révèle ce type d'informations sur le vichisme
13:42et sur le passé de Maurice Lagrange, vu le grand homme européen qui a été. »
13:48Et il finit l'article en disant « il faut donc faire attention à ces révélations
13:53au cas où ça tombe entre les mains de populistes
13:56qui ne pourraient pas faire mauvais usage. »
13:59C'est ça.
14:00Je n'ai pas encore rédigé mon bouquin, je ne sais pas si ce professeur a aujourd'hui
14:04mon livre sur les genoux ou dans ses mains, à mon avis.
14:07Parce que si tel est le cas, il a dû le renvoyer aussi ça que,
14:10je veux dire, soit le mettre au pilon, soit l'envoyer à la déchetterie,
14:13je ne sais pas exactement.
14:14Parce que je suis, pour lui, à mon avis, le diable incarné,
14:16parce que j'ai utilisé cette information.
14:18Et je ne l'utilise pas juste parce que je cherche, vous savez,
14:23à jeter l'opprobre, ce n'est pas le débat.
14:25C'est parce que, vous l'avez dit tout à l'heure,
14:27et je vous remercie d'ailleurs, j'ai essayé de rendre vivant,
14:30je ne sais pas si c'est un thriller que j'ai écrit,
14:32j'ai essayé en tout cas d'avoir une sorte de chronologie
14:34et un peu de récit policier sur l'État de la France.
14:37C'est bon, qui a tenu le pistolet pour détruire nos institutions ?
14:40C'est un peu ça, la supranationalité, le fédéralisme européen, etc.
14:45Et en fait, il m'est apparu que, comme par hasard,
14:50pour moi, ce n'est pas vraiment un hasard,
14:51mais comme par hasard, si le verre est dans le fruit,
14:54c'est parce qu'à mon avis, depuis le départ,
14:57il y a une intentionnalité, il y a une raison pour laquelle
15:00ces hommes ont construit l'Europe ainsi,
15:02ce n'est pas une lente dérive hasardeuse, accidentelle,
15:06c'est parce que dans les premiers temps,
15:07ce sont ce genre de personnages qui ont été aux manettes.
15:11Si on n'avait pas eu un Lagrange,
15:12mais un homme qui sait ce que c'est encore la France,
15:14si on n'a pas eu Jean Monnet,
15:16c'est-à-dire littéralement un agent des États-Unis
15:18comme pseudo-père fondateur, on n'en serait pas là.
15:21Si on n'a pas eu d'autres hommes dont je parle,
15:23des vichistes, des fascistes aussi,
15:25quelques nazis également qui traînent dans l'affaire,
15:28on n'aurait pas eu une Europe supranationale et fédérale.
15:31C'est parce que ce sont des gens
15:32dont cette idéologie était dans le crâne
15:34au moment de la rédaction des traités,
15:36et comme par hasard, ils vont vivre dans un espèce de vase clos,
15:38qui est un petit monde qui vit dans un entre-soi,
15:41et qui vont petit à petit choisir leurs successeurs,
15:44coopter leurs successeurs,
15:46mettre en place une sorte d'aristocratie européenne
15:49où il n'intervient et il n'advient et il ne surgit,
15:52où ne surgissent que des gens qui leur ressemblent,
15:54sous l'égide d'un choix concerté,
15:57avec des parrains premiers,
15:58qui sont ces Jean Monnet, Maurice Lagrange et tous les autres,
16:01qui ont lancé la machine dès les années 50.
16:04Tout à fait, tout à fait.
16:05Effectivement, c'est très frappant quand on lit votre livre.
16:11Et moi, ce que j'ai vu en fait comme paradoxe,
16:14c'est-à-dire que c'est des gens qui disaient
16:15oui, on veut lutter contre le nationalisme, etc.,
16:19mais qui, au final, ont vraiment continué en fait
16:25une politique un peu d'annexion,
16:28mais par une autre voie en fait.
16:30C'est-à-dire, voilà, c'est de la collaboration continue en fait.
16:37Et qui, ce faisant en plus,
16:39je pense qu'en voulant lutter contre le nationalisme,
16:43en fait, ils ont réussi vraiment à tuer un peu les forces vides
16:47non seulement de la France, mais d'autres pays européens aussi en fait.
16:50C'est-à-dire, on a l'impression vraiment
16:52d'une quelque chose qui pèse en fait
16:55et qui, finalement, empêtre le pays
17:00et qui devient totalement paralysé en fait au fur et à mesure.
17:07Complètement.
17:09Et autant, c'est vrai qu'on a quand même en tête,
17:12on connaît bien justement toutes les décisions des politiques
17:15qui étaient sur le devant de la scène,
17:17mais on ne connaît pas forcément tous ces gens
17:19qui ont construit tout ça derrière en fait,
17:22en coulisses,
17:24et qui sont totalement inconnus du grand public.
17:28Donc, merci.
17:30L'Europe a ça de particulier,
17:32et c'est le piège qui se referme aujourd'hui sur nous,
17:34c'est le même depuis le départ,
17:35c'est qu'en fait, on n'y comprend rigoureusement rien.
17:38Je disais, c'est un amas de normes,
17:40de réglementations, de choses en tout genre.
17:42Et je vous avoue que vous me disiez tout à l'heure,
17:45avant qu'on commence, Diane,
17:46très justement,
17:47que c'était une forme de dictature de l'ennui.
17:49C'est-à-dire que l'Europe,
17:51quand on travaille l'Europe de près,
17:53c'est un emmerdement apocalyptique.
17:55C'est-à-dire, non mais c'est vrai,
17:57on regarde une architecture qui est à la fois subtile
18:00dans les complexités qu'elle donne à voir
18:01et en même temps incompréhensible
18:03si on n'a pas fait des études de droit, etc.
18:06Ce qui veut dire que le qui d'âme qui regarde ça,
18:07je comprends d'ailleurs très bien,
18:08il se dit, non mais attendez,
18:09moi de me taper des directives incompréhensibles,
18:12et de me regarder,
18:13d'aller jeter un oeil à un arrêt de la Cour de justice
18:16qui fait 72 pages,
18:17qui le fait vraiment ?
18:19Je vais vous avouer,
18:20enfin je ne vous avoue rien du tout,
18:22j'en suis plutôt persuadé,
18:23que la plupart des spécialistes en droit de l'Union Européenne
18:26ne lisent même pas eux-mêmes un arrêt en entier.
18:28Parce que qui se tape 400, 300, 200 pages de juridiction ?
18:32Ça arrive, je ne dis pas que tout le monde,
18:34mais parce que c'est cet ennui qui perle constamment.
18:37Et là où c'est intéressant,
18:38c'est là où je trouve le piège aujourd'hui
18:40et encore plus palpable qu'à l'époque,
18:42c'est qu'à l'époque encore,
18:44on était à un temps où il y avait des politiques,
18:46c'est-à-dire qu'il subsistait des figures un peu représentatives
18:48et qui élevaient la voix.
18:51On avait évidemment De Gaulle
18:52qui est le chef d'orchestre de la résistance à l'Europe
18:55et évidemment j'en parle longuement dans mon livre.
18:58On a évidemment Michel Debray,
18:59son grand chambélan
19:00et vraiment l'homme de confiance de général
19:03et pour moi d'ailleurs, il faut le dire,
19:06le prototype du serviteur de l'État,
19:08c'est-à-dire le vrai,
19:11dont l'intransigeance n'a d'égal que le cœur pur,
19:14d'une certaine manière.
19:15Il y a vraiment, c'est Michou la colère,
19:17je veux dire, c'est devenu,
19:18c'est presque le héros de mon livre en filigrane,
19:20Michel Debray.
19:22Mais pourquoi je dis ça ?
19:23Parce qu'en comparaison,
19:24l'Europe a été construite par des hommes
19:25qui se voulaient volontairement
19:28les porte-voix des médiocres.
19:31Je vous donne un exemple
19:32qui m'a beaucoup frappé.
19:34L'un des conseillers juridiques
19:35de Jean Monnet,
19:37l'un des grands chambélans de Jean Monnet
19:38à côté des grands conseillers,
19:40grands stratèges à côté de Lagrange,
19:41c'est un fameux Paul Reuter.
19:43Alors Paul Reuter,
19:44il est passé par l'école des cadres du Riage,
19:46qui est l'école des cadres de Vichy
19:48pendant la Seconde Guerre mondiale.
19:50Alors Reuter a été Vichy,
19:52il a aussi basculé en fin de guerre
19:55sur la résistance.
19:55Donc il n'a pas le...
19:57Ce n'est pas, je veux dire,
19:58ce n'est pas un traître
19:59comme certains le sont dans le livre.
20:01On ne peut pas l'affubler de cela.
20:02Par contre,
20:03ce qui est très intéressant,
20:05j'en dis quelques mots dans le bouquin,
20:06mais c'est vraiment fascinant,
20:08c'est qu'en 41-42,
20:09lorsqu'il est un formateur du Riage,
20:11donc un vichiste,
20:12je veux dire,
20:12alors pas au sens, encore une fois,
20:14de Lagrange,
20:14mais un type qui considère quand même
20:15que le maréchal, c'est bien,
20:18qu'au fond,
20:19le parlementarisme, c'est pas bien,
20:20la Révolution française,
20:21c'est très très mal,
20:24la souveraineté nationale
20:25ou parlementaire,
20:25c'est pas terrible,
20:26parce qu'en fait,
20:27c'est des gens qui rêvent
20:28qu'ils sont en fait
20:28des contre-révolutionnaires dans l'âme,
20:30des gens qui trouvent que,
20:31au fond,
20:31la Troisième République,
20:32c'était très très mal,
20:33Léon Blum,
20:34c'est pas terrible,
20:35les évolutions,
20:36on va dire,
20:37même la politique sociale
20:38menée par la Troisième
20:39n'est pas terrible,
20:40donc des gens qui veulent
20:41un retour en arrière.
20:43On va dire ça.
20:43Le Reuters se fend
20:45d'un article en 1942
20:46où il parle de
20:48« et si la guerre,
20:49quand la guerre terminera ? »
20:50Vous voyez ?
20:51Et là, ce qui est fascinant,
20:52c'est qu'il faut mettre
20:53en parallèle
20:53le discours d'Oxford,
20:55par exemple,
20:55de De Gaulle
20:56dans les mêmes années
20:57avec le discours
20:58ou les écrits
20:59de Paul Reuters.
21:00De Gaulle pense déjà
21:01à la France d'après,
21:02c'est-à-dire qu'il faudra
21:03penser la question sociale,
21:05il faudra penser,
21:06évidemment,
21:06l'indépendance du pays,
21:07il faudra penser
21:08le référendum,
21:09il en parlera
21:09durant la guerre déjà,
21:10vous voyez,
21:11les grands axes
21:12d'une politique de De Gaulle
21:13qui est restaurer la France,
21:14faire une grande politique sociale,
21:17comment dire,
21:17une politique de la participation,
21:19une politique du peuple français,
21:21de la démocratie directe,
21:22etc.
21:23Et alors,
21:23on a l'antithèse de tout ça,
21:25c'est le futur stratège
21:27de Jean Monnet.
21:28Parce que,
21:28qu'est-ce que fait Reuters
21:29en 1942 ?
21:30Il disait
21:30qu'encore,
21:30on sortira de la guerre,
21:32qu'elle soit gagnée
21:33ou perdue.
21:34Il faudra,
21:35je le cite quasiment
21:36de mémoire,
21:37il faudra
21:38que la politique
21:39ne soit pas conduite
21:40par des grands hommes,
21:41vous voyez,
21:41des hommes comme De Gaulle,
21:41etc.
21:42Il faudra inventer
21:44un type de politique nouveau
21:46qui ressemble
21:47aux hommes d'affaires,
21:49aux experts
21:50et aux hommes
21:51qui savent
21:52contre ceux
21:53qui croient savoir
21:53et qui ont mandat du peuple.
21:56Le portrait
21:57qu'il brosse Reuters
21:58en 1942
21:58de l'homme politique
21:59de demain,
22:00c'est Jean Monnet.
22:01C'est Jean Monnet,
22:01homme d'affaires,
22:03expert,
22:03qui croit qu'il sait.
22:04même la technocratie
22:06qui est bien
22:06avec les experts,
22:07qui ne fait pas
22:08de grands coups de menton,
22:09qui se sent bien
22:10avec les sachants,
22:11qui soit loin du peuple,
22:13loin des mandats,
22:14loin de la représentativité,
22:15loin de la démocratie.
22:16Tout ça doit être
22:17balancé par-dessus bord.
22:19Il faudra faire la politique
22:20avec des gens comme ça.
22:21Quand je suis tombé
22:22sur cet article,
22:23je me suis dit
22:24huit ans avant de le rencontrer,
22:25ils ne se connaissent pas.
22:26Huit ans avant de le rencontrer,
22:27Reuters est en train
22:28de nous faire
22:28une superbe description
22:30de l'Europe du commerce,
22:32du mondialisme,
22:33de la technocratie,
22:34de l'économisme,
22:35si je puis dire,
22:36et des normes
22:37qui deviendra
22:38l'empire
22:39de l'européennement correct,
22:40si je puis dire,
22:41et l'empire
22:41de ce qu'on vivra
22:42jusqu'à Maastricht,
22:43le traité de Lisbonne,
22:45je veux dire,
22:45la France d'Emmanuel Macron.
22:47Elle est complètement
22:48dans ce portrait en creux
22:51qu'au fond,
22:51Reuters,
22:52il adorait Monet
22:53lorsqu'il a rencontré.
22:54Ça correspond aussi
22:55au portrait de Macron.
22:57Exactement,
22:57c'est parfait,
22:58vous me coupez l'herbe
22:59sur le pied.
23:00Au fond,
23:00Reuters adorait
23:01Emmanuel Macron,
23:02voilà,
23:02la boucle est bouclée
23:03de 1950 à 2026.
23:05Oui,
23:06c'est ça,
23:06c'est ça,
23:07effectivement.
23:09Et en fait,
23:09on voit,
23:10moi,
23:10j'ai trouvé qu'on voit
23:11vraiment toutes les étapes,
23:12c'est-à-dire,
23:14ce que j'ai trouvé intéressant,
23:16c'est qu'on pourrait penser
23:17qu'ils avaient un plan,
23:19très cadré dès le départ et tout,
23:21mais non,
23:21en fait,
23:21vous montrez qu'ils construisent
23:23le truc vraiment
23:24complètement au fil de l'eau,
23:25qu'ils improvisent beaucoup
23:27et qu'ils commencent
23:30par une déclaration surprise
23:32où personne ne s'y attend,
23:33donc tout le monde
23:34est complètement
23:36pris de court face à ça
23:38et puis après,
23:38ils construisent vraiment
23:39le truc au fil de l'eau
23:41et très vite,
23:42en fait,
23:42ils arrivent vraiment
23:44ce qui est le cœur,
23:45le nœud du problème
23:46qui est la primauté
23:47du droit communautaire
23:48sur le droit national,
23:49en fait,
23:49vraiment,
23:49donc essayer de chapeauter,
23:52mettre un couvercle,
23:53en fait,
23:54sur la France
23:55avec le droit communautaire
23:57et en fait,
23:58on voit qu'ils utilisent
23:59vraiment un peu
24:01des...
24:01toutes les occasions
24:03sont bonnes,
24:03en fait,
24:04quel que soit
24:04le problème juridique
24:07qui se pose à eux,
24:08en fait,
24:08pour essayer
24:09de s'infiltrer comme ça
24:10et de mettre en place
24:13cette primauté,
24:14en fait,
24:15c'est vraiment
24:15le cœur
24:18de leur démarche
24:19et du livre,
24:19moi,
24:20j'ai trouvé ça
24:20vraiment très intéressant.
24:22C'est exactement ça,
24:23en fait,
24:24l'Europe,
24:25aujourd'hui,
24:26on appelle ça souvent
24:27la politique
24:28des petits pas
24:28pour revenir à Jean Monnet,
24:29c'est-à-dire,
24:30on fait des étapes
24:31les unes après les autres
24:31et là,
24:32on en a souvent entendu parler
24:33ou alors ce qu'on appelle
24:34aussi la théorie du cliquet,
24:35c'est-à-dire qu'une fois
24:35qu'on a basculé
24:37d'une étape à l'autre,
24:38on ferme la porte
24:39et on verrouille
24:39ce qu'on a déjà fait,
24:40ce qui permet d'avancer
24:41par un fédéralisme progressif
24:43comme ça,
24:45un jour,
24:45vous avancez
24:46sur la citoyenneté,
24:47un jour sur l'euro,
24:48un jour sur la justice,
24:49sur la police,
24:49etc.,
24:50et au bout d'un moment,
24:50vous avez une espèce
24:52de rouleau compresseur
24:53par le biais
24:53de ce qu'on appelle
24:53l'effet cliquet.
24:55Et en fait,
24:55ce qui est intéressant,
24:56vous avez tout à fait raison,
24:57c'est que
25:00durant toutes ces années,
25:01alors,
25:03évidemment,
25:03les dévots
25:04de l'Union européenne,
25:06pour moi,
25:06les gens qui sont
25:07des apatrides,
25:09littéralement,
25:09on évidemment adore cela
25:11et nous disent souvent,
25:12c'est le terme employé,
25:14ils disent que c'est
25:14l'époque héroïque,
25:15c'est-à-dire
25:16les moments
25:17où on a inventé
25:18tous ces grands premiers cliquets,
25:19la primauté par exemple,
25:20il y en a plein,
25:21tous ces cliquets
25:22qu'on a inventés,
25:22les grands premiers cliquets
25:23pour fabriquer un monde
25:25qui, en gros,
25:26soit supérieur
25:27au droit national
25:27et à la constitution française,
25:28donc au peuple français,
25:30fort naturellement,
25:30pour eux,
25:31toute cette période
25:32est considérée
25:33comme une période héroïque,
25:34c'est-à-dire
25:34le moment où on a inventé,
25:36façonné, créé, etc.
25:37Et en fait,
25:38ce qu'il faut bien comprendre,
25:38c'est que pourquoi
25:39est-ce que pour eux,
25:40c'est une période héroïque ?
25:42C'est parce qu'en réalité,
25:44d'ailleurs,
25:45je ne vous cache pas
25:45que je me méfie du...
25:46Je veux dire,
25:47j'ai fait mon doctorat,
25:48j'exerce ma position d'avocat,
25:50je ne devrais pas dire cela,
25:51d'accord ?
25:51Vous savez,
25:52Hollande disait
25:52un président ne devrait pas dire ça.
25:54J'allais dire,
25:55un juriste ne devrait pas dire ça.
25:57Un avocat ne devrait pas dire ça,
25:58c'est que je me méfie du droit
26:01comme de la gale.
26:03C'est-à-dire que le droit,
26:04c'est une entreprise de démolition.
26:07Très simple,
26:08je finis mon livre
26:09avec une citation de Michel Debré
26:10que j'aime énormément.
26:11Il fait la distinction
26:12entre un juriste et un légiste.
26:14Et un juriste,
26:15c'est un technicien,
26:17un légiste,
26:18c'est un homme qui met le droit
26:19et son art
26:20au service d'une noble cause.
26:22C'est-à-dire qu'il n'oublie pas
26:23le légiste,
26:24qu'il a quelque chose,
26:25un œuvre,
26:26une grande œuvre,
26:27en l'occurrence la France,
26:28qui doit servir.
26:29Les juristes,
26:30ils s'en foutent.
26:31Les juristes,
26:31ils jouissent
26:32de savoir
26:33qu'il y a un alinéa de plus.
26:35Ils jouissent
26:36de savoir
26:36qu'il y a une jurisprudence
26:37qui est sortie.
26:38Ils jouissent
26:39de la fabrique
26:41d'une actualité jurisprudentielle
26:43tellement frénétique
26:44qu'ils sont délectes.
26:47C'est-à-dire qu'on vit
26:47dans un droit
26:48qui produit du droit,
26:49qui produit du droit.
26:50C'est une sorte
26:50de poupée gigogne gigantesque
26:52comme des poupées russes,
26:54littéralement.
26:54Et ils jubilent.
26:56J'en connais
26:57nombre comme ça.
26:58Je me méfie toujours
26:59parce qu'en fait,
27:00quand on fonctionne ainsi,
27:01on ne comprend plus rien
27:02d'une part à la règle
27:03et d'autre part surtout
27:04à son origine.
27:06C'est-à-dire
27:06qui a fait quoi,
27:07comment,
27:07dans quel contexte,
27:08etc.
27:09Donc, moi,
27:10tout mon angle,
27:11c'était le contraire.
27:12C'est-à-dire,
27:12attendez,
27:13on a une somme
27:14de normes
27:14et de gloses
27:15incompréhensibles.
27:16Qui l'a fabriquée
27:17et comment ?
27:18Et je me suis rendu compte,
27:19pour vous répondre clairement,
27:20durant toutes ces périodes
27:21où ce noemans land
27:22a fonctionné,
27:23c'était de far west juridique,
27:24c'est-à-dire
27:25où on a créé ces règles,
27:27le couvercle
27:28est tellement lourd,
27:29l'épaisseur de ces normes
27:30tellement épaisse,
27:32l'incompréhension
27:33régnant à tous les étages,
27:35les gens qui travaillent
27:36avec ces règles aujourd'hui
27:37n'ont aucune idée eux-mêmes
27:38des conditions
27:39dans lesquelles
27:40on a fabriqué ces normes.
27:41On a,
27:42vous savez,
27:42c'est la phrase de John Ford
27:43qui est de l'homme
27:45qui tue un libertivalence,
27:46l'immense,
27:46le cheddar de John Ford
27:48avec James Stewart
27:49et John Wayne,
27:50où à un moment,
27:51le journaleux
27:52dit à cette fameuse phrase,
27:53il dit
27:53« Quand la légende
27:54dépasse la réalité,
27:55imprimez la légende ».
27:56Et en fait,
27:57je suis persuadé
27:58que l'immense majorité
27:59des europhiles
28:00ne savent même plus
28:01quelle est la réalité
28:02de cette Europe
28:03qui a créé ces règles
28:05parce qu'elle s'en tient
28:06à la légende
28:06qui est que
28:07pour faire l'Europe de la paix,
28:08il fallait bien
28:09qu'on travaille
28:09d'équerre
28:10pour mettre en place
28:11cette architecture
28:12qui permet à tout le monde
28:13de vivre librement
28:14dans cette économie de marché,
28:16dans cette libre circulation
28:17qui a permis
28:18à tous les étudiants
28:19de faire Erasmus,
28:20vous voyez,
28:21etc.,
28:21qui est une espèce
28:22d'évangile
28:23selon Saint-Europe,
28:24si je puis dire.
28:25Et ce qui est terrifiant,
28:26c'est que les hommes
28:27dont je dévoile l'identité,
28:28dont je travaille
28:29la biographie,
28:30on ne les connaît pas,
28:31ils ont usiné ça
28:33en toute connaissance
28:34de cause,
28:35ils ont chacun
28:35mis le doigt
28:37dans l'engrenage
28:37avec un plaisir,
28:39franchement,
28:40avec un plaisir non fin.
28:41Pour moi,
28:42ces apatrides-là
28:43sont tellement bien
28:44à Bruxelles
28:44qu'ils créent
28:45les conditions
28:45d'un développement
28:46de la règle
28:46et aussi
28:47de leurs propres successeurs
28:48pour que surtout
28:49ce monde vive
28:49dans un écosystème
28:50bien loin
28:51de la réalité quotidienne
28:52des gens.
28:53Concrètement,
28:53pour eux,
28:54un gilet jaune,
28:55je pense que ça n'existe
28:55même plus,
28:56la France périphérique
28:58a déjà disparu,
29:00je pense profondément
29:01que comme Gabriel Attal,
29:02ils ne sont jamais sortis
29:03d'une sorte de périmètre
29:05qui va du quartier latin
29:08à l'école alsacienne
29:09et que tout ça,
29:11et encore,
29:12si tant est,
29:12qu'ils viennent à Paris
29:13parce qu'ils sont bien
29:13à Bruxelles.
29:14Et quand on voit
29:15ces petits hommes de près,
29:17on se dit finalement,
29:18ça s'est joué quand même
29:19à pas grand-chose,
29:20il a suffi
29:21qu'une clique de médiocres
29:22s'arrache le pouvoir
29:23et crée les conditions
29:25et les fondations
29:26de cet écosystème
29:27pour que désormais
29:28Ursula,
29:28Emmanuel et tous les autres
29:29y vivent
29:30comme ils l'entendent
29:31librement
29:32en toute quiétude.
29:34Oui,
29:35c'est tout à fait ça.
29:36Effectivement,
29:37on voit vraiment
29:40l'implacabilité
29:41en fait
29:41de ces hommes
29:43qui avancent
29:44masqués
29:45mais qui par petits pas
29:46mais enfin
29:46qui n'arrêtent jamais
29:47en fait
29:48qui continuent
29:49de temps en temps
29:50ils se prennent
29:50un petit revers
29:51et tout
29:52mais ils se remettent
29:53comme ça
29:54et en fait,
29:54il y a vraiment
29:55un contraste
29:55avec la lâcheté
29:58de beaucoup
29:58des politiques
29:59en fait
29:59que vous décrivez aussi
30:01voilà,
30:01on suit un peu
30:02les deux mondes
30:03en parallèle
30:05voilà
30:05et avec effectivement
30:06des politiques
30:07qui se couchent
30:08quand ce n'est pas
30:09carrément
30:09de la collaboration
30:10active
30:11mais sinon
30:12qui lâchent l'affaire
30:14voilà
30:15qui
30:17parfois
30:18on a
30:19effectivement
30:20du coup
30:23voilà
30:23certains
30:24qui tapent un peu
30:25du poing
30:25sur la table
30:26en fait
30:26vous parlez
30:27par exemple
30:27de Chirac
30:28de son appel
30:28de cochins
30:29quand
30:30voilà
30:30mais après
30:31on voit
30:31qu'il a complètement
30:32laissé tomber
30:33et que
30:35voilà
30:35effectivement
30:36à part
30:37De Gaulle
30:38Debré
30:39Chevènement
30:40etc
30:40il y en a
30:41quand même
30:41beaucoup
30:42qui ont
30:45lâché l'affaire
30:46en fait
30:46voilà
30:46qui se sont
30:48désintéressés
30:48de la question
30:49et
30:49et pourtant
30:52moi ce qui
30:52ce qui m'a vraiment frappé
30:53c'est que par exemple
30:54vous montrez que
30:56il y avait par exemple
30:57une note
30:58du quai d'Orsay
30:59en 1965
31:01donc c'est vraiment
31:02c'est seulement
31:03effectivement
31:04une quinzaine d'années
31:05après
31:05le début
31:07du processus
31:08etc
31:09et quand même
31:10très loin
31:11voilà
31:11il n'y avait pas encore
31:12beaucoup de choses
31:13n'étaient pas encore
31:14en place
31:14etc
31:15mais ils avaient vu
31:16très très juste
31:17en fait
31:17ils ont dit
31:18qu'ils mettaient en garde
31:19contre justement
31:20ce piège juridique
31:22en train de se refermer
31:23et qu'ils recommandaient
31:25une sortie
31:25en fait
31:26qu'ils disaient
31:26si on ne sort pas
31:27on n'arrivera pas
31:28à se dépétrer
31:30de cela
31:31en fait
31:31donc
31:32exactement
31:32ça c'est fascinant
31:331965
31:34absolument
31:35ça c'est fascinant
31:36parce que
31:36vous avez tout à fait raison
31:38il y aura des lâchetés
31:38successives
31:39dans les années Chirac
31:40et les années Sarkozy
31:41avec le traité de Lisbonne
31:42etc
31:43et en fait
31:44dès les années 60
31:44effectivement
31:45c'est en plein
31:45en pleine épreuve
31:47de force
31:49puisque
31:49de Gaulle décide
31:51d'arracher le compromis
31:51de Luxembourg
31:52qui est le
31:54comment dire
31:55le duel
31:55qu'il a opposé
31:57sur fond de politique
31:58agricole commune
31:58à la construction européenne
32:00enfin l'Europe
32:01du traité de Rome
32:02à l'époque
32:02à la communauté européenne
32:03avec face à lui
32:04Walter Hallstein
32:05l'ancien militant nazi
32:07devenu président
32:08de la commission
32:09et en fait
32:09ce qui est fascinant
32:10je suis tout à fait
32:10d'accord avec vous
32:12moi quand je suis tombé
32:12sur la note
32:13j'étais absolument sidéré
32:14c'est à dire
32:15je n'en croyais pas
32:16mes yeux
32:16de lire un truc pareil
32:18c'est qu'à l'époque
32:19dans les arcanes
32:21des ministères
32:22beaucoup passent à côté
32:22de beaucoup de choses
32:23c'est très obscur
32:24encore une fois
32:25on me dit souvent
32:25mais comment ça se fait
32:26que tout le monde
32:27soit passé à côté
32:28parce qu'à l'époque
32:29le droit n'était pas
32:30encore triomphant
32:31de partout
32:31c'est à dire que
32:32je vous rappelle
32:33je rappelle aussi
32:33qu'à l'époque
32:34le conseil constitutionnel
32:35par exemple
32:35n'osait pas
32:37contrer
32:38le référendum
32:39de de Gaulle
32:39qui aujourd'hui
32:41donnerait lieu
32:41à une critique
32:42du conseil constitutionnel
32:43c'est à dire que
32:43à l'époque
32:44les juges
32:44se taisent
32:45devant les politiques
32:46lorsqu'ils ont
32:47évidemment l'impact
32:48aussi d'une figure
32:49comme de Gaulle
32:49mais ça signifie
32:50que les juges
32:51ne se permettent pas tout
32:51vous voyez ça
32:52on l'a oublié
32:53parce qu'aujourd'hui
32:54les juges font la loi
32:55d'accord
32:55et que le terme même
32:57de gouvernement des juges
32:58est devenu un
32:58franchement même à gauche
33:00ça arrive qu'on l'utilise
33:01c'est dire
33:01c'est plus seulement un complot
33:03c'est presque une réalité quotidienne
33:05à l'époque tout de même
33:06on n'imagine pas
33:07que les juges
33:07et le droit
33:08puissent avoir un impact
33:09contre les politiques
33:10comme de Gaulle
33:11donc de Gaulle arrache
33:12le compromis de Luxembourg
33:13et en fait à l'époque
33:15il y a deux
33:15est-ce que vous pouvez rappeler
33:16le compromis de Luxembourg ?
33:18bien sûr
33:18vous pouvez rappeler ce que c'est
33:20on sera
33:21alors souvent
33:21les manuels
33:22le présentent comme
33:25le présentent comme
33:26l'acmé
33:27ou plutôt la sortie
33:28pour être précis
33:29d'un divorce
33:30d'un divorce non
33:32d'une séparation
33:33temporaire
33:34entre la France
33:35et l'Europe
33:36et donc Bruxelles
33:37puisque ce qui se passe
33:38très simple
33:38c'est que
33:39se pose la question
33:40du droit de veto
33:41c'est-à-dire
33:42et du passage
33:42à l'unanimité
33:43donc il y a déjà
33:44d'ailleurs
33:44on en entend parler
33:45toujours aujourd'hui
33:45c'est que
33:46suite au trait de Rome
33:48plusieurs politiques en Europe
33:49notamment le président
33:50de la commission
33:51à l'époque
33:51qui est Walter Hallstein
33:52rêvent
33:53d'accélérer le processus
33:54et de passer
33:56sur un tout
33:57un ensemble de sujets
33:58au vote
33:59à la majorité qualifiée
34:00au sein du conseil européen
34:03c'est-à-dire les ministres
34:04d'accord
34:04les ministres européens
34:06et à l'époque
34:08donc il y a déjà
34:08une fédéralisation
34:09qui est en train
34:10de monter petit à petit
34:12Hallstein prend la parole
34:14devant le parlement européen
34:15d'ailleurs ça
34:15on n'en parle jamais
34:17c'est fascinant aussi
34:18de voir qu'un ancien nazi
34:19devenu président
34:20de la commission
34:21il dit froidement
34:22devant le parlement européen
34:23sans aucune difficulté
34:24en 65
34:24il dit
34:25il faudra
34:27un état fédéral européen
34:28avec une constitution européenne
34:30donc en fait
34:3140 ans avant
34:32la constitution européenne
34:32Walter Hallstein
34:33il veut déjà une constitution
34:34il veut déjà régler
34:35le sort
34:36des peuples européens
34:37qui seront des provinces
34:39administrées par Bruxelles
34:41De Gaulle
34:41entend parler de tout ça
34:43évidemment
34:43il éructe
34:45contre ce qu'il appelait
34:46à l'époque
34:47le jargon
34:48comment il appelait ça
34:49le volunpuc intégré
34:50c'est-à-dire
34:51le volunpuc intégré
34:53exactement
34:53la langue incompréhensible
34:56parlée
34:56par ces experts
34:58de Bruxelles
34:58et là où ça devient fascinant
35:00c'est qu'en 6h
35:02ça me frappe
35:03parce qu'aujourd'hui
35:03quand je prends position
35:04de façon un peu radicale
35:05on me dit
35:05mais t'es un abruti
35:06puisque je me permets
35:08de le dire aussi vertement
35:08parce qu'on me dit
35:09tu te rends pas compte
35:10on peut pas faire ça
35:11il faudra des années
35:12pour obtenir un compromis
35:14sur quoi que ce soit
35:14etc
35:15des années
35:15il faut y aller doucement
35:16vous voyez
35:17il faut attendre
35:18ou de crever
35:19avant d'avoir le droit
35:19de l'ouvrir
35:20et De Gaulle
35:21à 8h du soir
35:22il a une réunion
35:23exceptionnelle
35:24avec 3 ministres
35:25dont Pisani
35:26son ministre de l'agriculture
35:27Giscard
35:28ministre des finances
35:29et
35:30ils leur font part
35:31des éructations
35:32du père Einstein
35:33et de la stratégie européenne
35:35il est 8h
35:3620h
35:37à 2h du matin
35:39De Gaulle
35:39rend
35:40une note
35:41d'accord
35:42à l'ensemble
35:42de ses services
35:43en disant
35:43terminé
35:44je coupe les ponts
35:46avec Bruxelles
35:46tous les fonctionnaires
35:47français qui sont là-bas
35:48à Luxembourg
35:49Bruxelles et ailleurs
35:50doivent rentrer à Paris
35:51et j'arrête de siéger
35:53au Conseil européen
35:54c'est fini
35:54on est loin
35:56des compromis du jour
35:57je suppose
35:58qu'il serait qualifié
35:59d'odieux fasciste
36:00si aujourd'hui
36:01il y avait des éditos
36:01contre lui
36:02bref
36:03ça va durer 6 mois
36:04et au bout de 6 mois
36:05il arrache le compromis
36:06de Luxembourg
36:06qui est donc le fait
36:07qu'au sortir
36:09de ce bras de fer
36:10de 6 mois
36:11on gèle
36:12la perspective
36:16du passage
36:17à la majorité
36:18qualifiée
36:19on en reste
36:19à l'unanimité
36:20et au veto des états
36:21ce sera temporaire
36:23puisque d'ores et déjà
36:24les juristes
36:25non élus
36:26que personne ne connaît
36:26les mecs dont je parle
36:27dans mon bouquin
36:27disent tous
36:28ça n'a aucune valeur
36:29de Gaulle est un abruti
36:31ou un imbécile
36:31de toute façon
36:32il faudrait bien s'arrêter
36:33avec ce genre de personnages
36:35qui osent lever la voix
36:36et s'élever contre nous
36:37bref
36:38ils ont une stratégie
36:39et là où c'est intéressant
36:40pour revenir à cette note
36:41c'est que
36:42en plein milieu
36:44de ce divorce
36:46temporaire
36:46entre Paris et Bruxelles
36:47le Quai d'Orsay
36:49rend une note
36:50qui est adressée
36:51au général de Gaulle
36:51et au ministère de la Justice
36:53et du Quai d'Orsay
36:54une petite note
36:55d'un fonctionnaire
36:56qui écrit
36:56noir sur blanc
36:58que la stratégie gaullienne
36:59n'est pas suffisante
37:01et qu'il n'y aura pas
37:02en gros de salut
37:03pour la France
37:03je paraphrase
37:05s'il n'y a pas
37:06et le terme est employé
37:07noir sur blanc
37:08de sortie
37:09des traités européens
37:10ça veut dire
37:11que le Frexit
37:13est dans la bouche
37:14en tout cas
37:14sous la plume
37:15d'un fonctionnaire français
37:17du Quai d'Orsay
37:18dès 1965
37:20parce qu'il a compris
37:21que ce que
37:22Michel Debré
37:22appelait en 1962
37:23la conspiration
37:24de l'intégration
37:25ne connaîtrait pas
37:27d'arrêt
37:27s'il n'y avait pas
37:28de sortie
37:29pure et simple
37:29des traités
37:30il y a désormais
37:31plus de 60 ans
37:32c'est fascinant
37:3361 ans
37:33c'est incroyable
37:35c'est fascinant
37:36ah non
37:38c'est vraiment
37:38c'est assez
37:39c'est assez terrible
37:40effectivement
37:43justement en fait
37:44je voulais
37:44vous interroger
37:46un petit peu là dessus
37:46parce que
37:47vous êtes donc
37:48un avocat
37:49un homme de droit
37:50et vous venez
37:51de reconnaître
37:52que le droit
37:53c'était bien
37:54mais que
37:55ça devait être
37:56au service
37:58du politique
37:59et de
37:59la volonté
38:01du peuple
38:01en fait
38:02est-ce que vous pouvez
38:03décrire un peu
38:03votre position
38:05allez
38:07merci pour la question
38:08on me la pose rarement
38:09comme ça
38:10donc je
38:10non mais
38:12pas du tout
38:13je déteste
38:14les gens qui se clash
38:14donc je réponds
38:15toujours aux questions
38:16alors
38:17en fait
38:20je suis malheureusement
38:21pour moi
38:22un démocrate
38:23c'est-à-dire que
38:23je dis bien
38:24malheureusement pour moi
38:25parce que
38:25les juristes
38:26ne se rendent pas
38:26compte eux-mêmes
38:27les hommes de droit
38:27au sens large
38:29et les hommes de loi
38:29d'ailleurs ne se rendent pas
38:30compte qu'aujourd'hui
38:31ils ne sont presque
38:32plus démocrates
38:32pour le dire ainsi
38:33c'est-à-dire qu'ils ont
38:34ils ne se rendent plus
38:35compte parce qu'ils naviguent
38:36dans un environnement
38:37je disais tout à l'heure
38:37de règles
38:38de normes
38:38etc
38:38et ils pensent que
38:39tout ça est légitime
38:40tout ça est normal
38:41ils vivent avec
38:42etc
38:43premièrement ma position
38:44c'est de dire tout ça
38:44est totalement anormal
38:45et totalement illégitime
38:46le droit ne peut pas
38:48servir à couper la tête
38:50du souverain
38:50qui s'appelle le peuple
38:51ça c'est le premier élément
38:53c'est-à-dire que
38:53je ne comprends pas
38:55comment on peut venir
38:56à construire des mondes
38:57aussi fascinants qu'ils soient
38:59en termes de subtilité
38:59et de complexité
39:01mais qui ne pourront jamais
39:02abraser cette question essentielle
39:03il est qu'il y a un souverain
39:05que le souverain
39:06il est au sommet
39:06et qui s'appelle le peuple
39:08donc tout ce qui en découle
39:10qu'on le veuille ou non
39:11on peut me retourner la chose
39:12dans tous les coins
39:14je refuse d'admettre
39:15cette fadaise
39:17qui est à la fois théorique
39:18et qui excite
39:19la moelle épinière
39:20et le cerveau de nombre
39:22de mes comparses
39:23ou des gens que je croise
39:25je ne comprends pas
39:26comment on abrasse
39:26cette question essentielle
39:27qui est
39:27il y a un souverain
39:28point barre
39:29le reste en découle
39:31c'est-à-dire que
39:32l'état de droit lui-même
39:33on en parle à toutes les sauces
39:34l'état de droit
39:35n'est rien d'autre
39:36qu'un état qui agit
39:37au moyen du droit
39:38et qui a son sommet
39:39à la constitution
39:40qui est la propriété
39:41du peuple souverain
39:42premier élément
39:43ça c'est ma réponse
39:44si vous voulez
39:45en termes
39:46en termes général
39:47deuxième élément
39:48on a beau tenir
39:49toutes les discussions
39:50qu'on veut
39:51et on pourrait en parler
39:53tous les deux
39:53jusqu'à
39:53jusqu'à
39:54jusqu'à
39:55jusqu'à demain matin
39:56il y a
39:57un élément central
39:58de notre
39:59de notre vie
40:00en société
40:01j'ai envie de dire
40:01de notre
40:02de notre monde politique
40:03de notre monde en commun
40:04qui repose
40:05sur un élément
40:07incontournable
40:09il est que
40:10le sujet
40:11de la constitution
40:11et le rédacteur
40:13même si c'est une fiction
40:14structurante
40:14mais le sujet
40:16de la constitution
40:16c'est
40:17le peuple souverain
40:18ça veut dire que
40:19s'il n'y a pas
40:20de peuple souverain
40:21il n'y a pas de constitution
40:23on peut retourner
40:24le problème
40:24dans tous les sens
40:25mais
40:25le sujet
40:26premier
40:27de la constitution
40:27c'est d'organiser
40:28les conditions
40:29dans lesquelles
40:29le peuple décide
40:31et ensuite
40:32se donne
40:32des représentants
40:33un parlement
40:34des tribunaux
40:35une organisation
40:36peu importe
40:37mais ça en découle
40:38c'est-à-dire que
40:38le sujet
40:39de la constitution
40:40c'est le peuple souverain
40:41encore une fois
40:41c'est juridique ça
40:43c'est même pas
40:45un positionnement subjectif
40:46ça l'est devenu
40:47vu qu'aujourd'hui
40:47on raconte littéralement
40:48n'importe quoi
40:49depuis qu'on a fait
40:50cette supranationalité
40:52ces espèces de normes déguisées
40:53cette architecture
40:54grossissante
40:55de droits internationaux
40:56on a l'impression
40:57que tout ça
40:57est très diffus
40:58et confus
40:59je vois bien
40:59mais remettons de l'ordre
41:01dans la baraque
41:01on a honte
41:02qu'une constitution
41:03et un peuple souverain
41:04et ensuite
41:04je vous donne
41:05je vous donne ma position personnelle
41:06parce que là
41:07je vous réponds
41:08de façon un petit peu
41:09scientifique
41:10si je puis dire
41:10si tant est que le droit
41:11soit une science
41:11ce que je ne crois pas
41:13puisque je pense que
41:13le droit comme n'importe quel instrument
41:16est totalement soumis
41:17à des querelles politiques
41:18et d'ailleurs ce que je montre
41:19dans mon bouquin largement
41:20c'est que l'idéologie façonne
41:22notre monde juridique
41:23et que le droit n'est
41:24ni neutre
41:25ni objectif
41:26ni pur et parfait
41:27il est
41:28je fais mon marxiste
41:29à deux francs
41:30deux minutes
41:30mais il est un instrument
41:31de domination
41:32au service en l'occurrence
41:33d'une casse
41:34et d'une petite mafia
41:36qui s'est auto-reproduite
41:37mais maintenant
41:37passons
41:38je donne mon sentiment aussi
41:39parce que
41:40je ne comprends pas
41:41comment on peut faire du droit
41:44mais de la norme
41:45de la règle
41:45de la loi
41:46au sens très large du terme
41:47comment est-ce qu'on peut délibérer
41:50sans avoir
41:50comme objectif
41:51de servir le peuple
41:52autour de nous
41:53et le peuple
41:54dont nous sommes nous-mêmes
41:54évidemment
41:56rien plus
41:57que des membres
41:58je veux dire
41:58chacun à sa façon
42:00chaque personne
42:01nous côtoyons
42:02ça veut dire que
42:03j'estime
42:04personnellement
42:05que si l'intérêt général
42:07ne guide pas
42:08la voie du législateur
42:09mais ne guide pas non plus
42:11le raisonnement du juriste
42:12ne guide pas évidemment
42:13le raisonnement
42:14d'un député
42:15de la députation
42:16tout entière
42:16évidemment d'un sénateur
42:17d'un tribunal
42:19etc
42:19je ne comprends pas
42:20dans ce cas-là
42:21à quoi je sers
42:21je ne comprends pas
42:22ce que ça signifie le droit
42:23et dans ce cas-là
42:24je vous le dis clairement
42:25je ne comprends même pas
42:26pourquoi je continuerai mon métier
42:27ma façon d'écrire
42:28même ma façon de vivre
42:29c'est-à-dire que
42:30l'intérêt général
42:30est le seul guide
42:31de tout cela
42:32ça veut dire que
42:33qu'on le prenne de façon
42:34théorique
42:35ou juridique
42:35ou philosophique
42:36je pense à Rousseau
42:37la loi et l'expression
42:38la volonté générale
42:39rappelons-le quand même
42:40deux minutes
42:40si tout cela a disparu
42:42sur le tel
42:43d'un état de droit sanctifié
42:45sur le tel
42:46de la puissance des juges
42:47de la règle et la norme
42:48au nom
42:49d'une architecture
42:51supranationale
42:51faussement fédérale
42:52ou à moitié fédérale
42:53ou en voie de fédéralisation
42:54ça veut dire
42:55que nous sommes devenus
42:56des techniciens traîtres
42:57mais plus
42:58des hommes
42:59au service du souverain
43:00c'est-à-dire du peuple
43:01donc pour des raisons
43:02à la fois humaines
43:02j'allais dire théoriques
43:03juridiques et personnelles
43:04je ne comprends plus
43:06dans ce cas-là
43:06à quoi sert
43:07le monde
43:08nous avons construit
43:09une espèce d'architecture folle
43:11si ce n'est
43:12si ce n'est de devenir
43:13les artificiers
43:15d'un monde
43:16en destruction
43:16et je vous avoue
43:18que je préférais travailler
43:18dans une France
43:19qui se tient droit
43:21plutôt que dans des ruines
43:22façon Emmanuel Macron
43:23vous voyez
43:24ça ne rentre pas
43:25ni mes nuits
43:25ni mes matins
43:27si je peux dire
43:28oui tout à fait
43:29vous vous rappelez
43:31une citation
43:31de De Gaulle
43:32que je trouve
43:33très belle
43:33dans le livre
43:34qui est
43:34il y a d'abord
43:35la France
43:36ensuite l'État
43:37et enfin le droit
43:38et ça ne devrait pas
43:39être l'inverse
43:40en fait
43:40et là
43:40on a l'impression
43:41que c'est
43:43effectivement
43:43tout a été
43:44complètement
43:47inversé
43:47en fait
43:49d'abord
43:49le droit
43:50est au-dessus de tout
43:51et complètement déconnecté
43:53en fait
43:53de la vie des gens
43:55qui la plupart du temps
43:57en plus
43:57ne sont même pas
43:57au courant
43:58en fait
43:59de tout ça
44:01complètement
44:01et le pire
44:02dans la phrase
44:03que vous rappelez
44:04qui est vraiment
44:04une maxime gaullienne
44:06fondamentale
44:06le pire
44:07c'est quand on rappelle
44:08ou quand on se rend compte
44:09dans quel cadre
44:10il l'a prononcé
44:10c'est-à-dire que
44:11il l'a prononcé
44:12parce que son ministre
44:13lui dit
44:14il ne faut pas
44:15non
44:15De Gaulle interroge
44:16son ministre de la Justice
44:17Jean Foyer
44:18et lui demande
44:18qu'est-ce qu'on fait
44:19avec la Convention
44:20Européenne des Droits de l'Homme
44:21autre instrument
44:22qui aujourd'hui
44:22guide totalement
44:23ou plutôt
44:24chapeaute totalement
44:25la vie des États
44:26je veux dire
44:26ni plus ni moins
44:27et De Gaulle
44:29en temps réfléchi
44:31il discute
44:32avec son ministre
44:33etc
44:33et il dit cette phrase
44:34à Foyer
44:35pour refuser
44:36de ratifier
44:37la CEDH
44:38il lui dit
44:38vous savez
44:39Foyer
44:39il y a d'abord la France
44:41ensuite l'État
44:42enfin
44:42et seulement
44:43si les deux intérêts majeurs
44:44sont préservés
44:45le droit
44:46et ce qui est intéressant
44:47je finis juste là-dessus
44:48c'est que
44:48comme par hasard
44:50l'homme qui ratifiera
44:51la Convention
44:53s'appelle
44:53Alain Power
44:55qui est président
44:56par intérim
44:56durant 50 jours
44:58en 74
45:00au décès
45:01de Georges Pompidou
45:01qui n'est donc pas élu
45:02par le peuple français
45:03qui est un président
45:04de la République
45:05d'Apparat
45:05si je puis dire
45:06qui gère les affaires courantes
45:07jusqu'à l'élection présidentielle
45:09et comme par hasard
45:10Alain Power
45:10il est quoi ?
45:11il est président du Parlement européen
45:13c'est un neurophile
45:14devant l'éternel
45:15il est un des sbires
45:17du comité d'action
45:18des États-Unis d'Europe
45:19de Jean Monnet
45:19d'accord donc
45:20et un proche
45:21de Robert Schumann
45:22et comme par hasard
45:23lorsqu'il sera président
45:24du Sénat
45:25le plus long
45:25d'ailleurs de la 5ème République
45:26et qu'il choisira
45:28un homme pour siéger
45:29au Conseil constitutionnel
45:30il va choisir
45:31qui ?
45:32Robert Lecour
45:33l'ancien président
45:34l'ancien patron
45:36des juges européens
45:36ça veut dire
45:37qu'il mettra
45:38l'homme
45:39du fédéralisme
45:40le juge européen
45:41le plus fédéral possible
45:42l'homme qui pour moi
45:43aura enseveli
45:44par la voie du droit
45:45la souveraineté française
45:46il le placera
45:48parmi
45:49au Conseil constitutionnel
45:50ça veut dire quoi ?
45:51ça veut dire que
45:51comme par hasard
45:52en quelques années
45:53De Gaulle refuse
45:54de ratifier
45:55puis Alain Power
45:56europhile devant l'éternel
45:58ratifiera
45:58et enclenchera
46:00depuis son siège
46:01de l'Elysée
46:01qui l'occupe
46:02uniquement pour gérer
46:03les affaires courantes
46:04enclenchera la France
46:06dans cette espèce
46:07de vassalisation
46:07à la CEDH
46:09tout est dit
46:09en quelques années
46:10donc le triptyque gaullien
46:12d'abord la France
46:13ensuite l'État
46:14après le droit
46:14a été violé
46:16par celui-là même
46:17qui quelques mois
46:19quelques années plus tard
46:20occupera le trône
46:21de l'Élysée
46:22juste
46:22par la grâce
46:23de la mort de Pompidou
46:24vous voyez la traîtrise
46:25commence assez tôt
46:26et elle se poursuivra
46:27avec ce que je raconte
46:28dans le bouquin
46:28Giscard
46:29puis Mitterrand
46:29il y a Jacques Delors
46:30aussi évidemment
46:31dans l'affaire
46:31avec plein de choses
46:32bref
46:32toute cette histoire
46:33au long cours
46:34qui donnera Emmanuel Macron
46:35comme dernier triste cire
46:37à poser ses fesses
46:38sur le trône de l'Élysée
46:40qui aujourd'hui
46:41est un trône
46:41une sorte de mausolée
46:43je veux dire
46:43du peuple français
46:44c'est ça
46:45oui effectivement
46:46puisque donc
46:48le pouvoir
46:49est largement passé
46:50effectivement
46:51à un niveau
46:52supranational
46:53ouais
46:55il y avait une question
46:57que je me posais
46:59en fait
46:59en lisant votre livre
47:00c'est
47:01comment
47:02se défaire
47:03de ce piège
47:04en fait
47:04voilà
47:05parce que
47:07moi j'ai trouvé
47:08ça intéressant
47:09parce que
47:10vous montrez
47:11qu'il y a eu
47:12des tentatives
47:13un petit peu
47:13voilà
47:14on commence à voir
47:15des politiciens
47:17qui proposent
47:19de modifier
47:20la hiérarchie
47:20des normes
47:21de sortir
47:23en fait
47:23de cette histoire
47:24de primauté
47:25en fait
47:25d'essayer
47:27de recouvrer
47:27de la souveraineté
47:28de cette façon là
47:31et ça m'a fait penser
47:32au livre
47:33d'Aurélien Bernier
47:34qui est
47:35Que faire de l'Union Européenne
47:36je ne sais pas
47:37si vous l'avez lu
47:38c'est juste
47:40plutôt de couche
47:41voilà
47:42qui effectivement
47:45dit très bien
47:46ce que vous dites
47:47c'est à dire que
47:49cette histoire
47:50de primauté
47:50en plus maintenant
47:51elle est complètement
47:52enquistée dans le droit français
47:53dans les institutions françaises
47:54avec le conseil constitutionnel
47:56le conseil d'état
47:58enfin
47:58en gros
47:59globalement
47:59on est complètement
48:01pied et point lié
48:02d'abord aussi
48:04par notre propre
48:05notre propre droit
48:06en fait
48:07est contaminé par là
48:08et ce qui fait
48:08que n'importe telle
48:10décision
48:10qui irait
48:11contre cela
48:13se ferait tout de suite
48:14retoquer
48:14en fait
48:15même au niveau français
48:16sans même avoir besoin
48:17d'aller
48:19au niveau
48:20de l'UE
48:21et donc
48:22voilà
48:22donc il y a beaucoup
48:23de
48:24voilà
48:24de
48:26comment dire
48:27de gens
48:28qui disent
48:28oui voilà
48:29il faut
48:29effectivement
48:30essayer
48:31de modifier ça
48:32dans le droit français
48:34d'arriver
48:35à faire passer
48:35c'est un petit peu
48:36ce qui s'est passé
48:37je crois en Slovaquie
48:38il y a eu
48:38effectivement une résolution
48:40dans ce sens là
48:41pour essayer de
48:43voilà
48:44qu'est-ce que vous en pensez
48:45est-ce que vous pensez
48:46que c'est
48:47dans cette
48:49direction là
48:50qu'il faut aller
48:51ou est-ce que
48:51normalement
48:52vous parlez aussi
48:52vous dites
48:53ce truc est inextricable
48:54il faut de la dynamite
48:55pour le
48:57voilà
48:59voilà
49:01comment on sort
49:02de ce piège
49:02en fait
49:02comment
49:03ce que vous venez
49:04de dire à l'instant
49:05je souscris partiellement
49:07mais pour moi
49:07vous savez
49:07là je vais reprendre
49:08le vieil adage
49:09ça c'est l'accessoire
49:10qui suit le principal
49:11c'est-à-dire que
49:12ce sera un détail
49:14alors le détail
49:15pourtant c'est pas un détail
49:16en termes de
49:19réexpliquer
49:19ou comment dire
49:20réasseoir la souveraineté
49:21de la France
49:22plutôt que la primauté européenne
49:23c'est pas demain la veille
49:24qu'on y arrivera
49:25ça je suis d'accord
49:25au sens vraiment
49:26de tout
49:27c'est une chape de plomb
49:28incroyable
49:28maintenant
49:29prenez les choses
49:30dans l'ordre
49:31d'une part
49:33et je vous disais tout à l'heure
49:34je me méfie du droit
49:34premièrement
49:35on n'y arrivera jamais
49:36jamais
49:37si on discute
49:38droit
49:39et exclusivement droit
49:40parce qu'en fait
49:41l'Europe n'étant que du droit
49:42à ce petit jeu
49:43ils gagneront toujours
49:44c'est-à-dire que
49:45le principe
49:46d'un gouvernement
49:47qui exprime sa décision
49:48et qui
49:50imprime sa marque
49:52grâce à
49:52tout un tas
49:53de décisions
49:55possibles
49:56la voie du référendum
49:57la voie de n'importe quoi
49:58on s'en fout
49:58mais la volonté du gouvernement
50:00et la volonté d'un état
50:01et évidemment
50:02la volonté du peuple
50:03d'accord
50:03mais je n'en parle même pas
50:04parce qu'elle est fondationnelle
50:06si je puis dire
50:06elle vient avant
50:08la volonté
50:09ne se discute pas
50:10sous la forme
50:11de l'argussie
50:12or
50:12quand vous discutez le droit
50:14vous verrez
50:15si vous mettez trois juristes
50:16dans une pièce
50:16il y en a deux
50:17qui vont vous expliquer
50:18que de toute façon
50:18il y a un premier alinéa
50:19puis il y en a un deuxième
50:20puis il y en a un troisième
50:21puis il y en a une jurisprudence
50:22et hop
50:22le fameux piège se referme
50:24d'accord
50:24et on est en train
50:25de vous conduire
50:25à la mort programmée
50:27c'est toujours comme ça
50:28d'ailleurs
50:29je note quand même
50:30que comme par hasard
50:30à tant médiocre
50:31personnage médiocre
50:32nous n'avons jamais eu
50:34autant de juristes
50:35dans des postes clés
50:36à tous les niveaux
50:37on n'a jamais eu
50:38autant d'économistes
50:39et autant de juristes
50:40je me méfie des économistes
50:42à tous les
50:42et bien pas tous
50:43mais je me méfie des économistes
50:44je me méfie des juristes
50:46c'est à dire que
50:46les économistes vous expliquent
50:48qu'on ne peut jamais rien faire
50:49parce que vous savez
50:50l'économie dicte
50:51la marche du monde
50:51donc en fait
50:52on devrait creuer la gueule ouverte
50:54que l'inflation
50:55vienne renverser
50:56les agriculteurs
50:57ou bien que
50:58le gasoil
50:59nous empêche de vivre
51:00et que concrètement
51:01il ne resterait plus qu'une vie
51:03en distanciel
51:03d'accord
51:04puisqu'elle est moins consommatrice
51:05moins énergivore
51:06vous voyez la litanie
51:07de tout ce qu'on nous impose
51:09un juriste de la même manière
51:10vous dira
51:10on ne peut jamais rien faire
51:12puisqu'il y a une règle
51:13qui vous empêche de faire
51:13ce que vous prétendez vouloir faire
51:15donc déjà
51:16premièrement
51:16si on s'en tient
51:18à une discussion de juristes
51:18on n'y arrivera jamais
51:20deuxièmement
51:22et c'est mon
51:22ça me paraît fondamental
51:24je disais à l'instant
51:25on a construit un univers
51:26pétri dans la norme
51:27et pétri dans les vrais maîtres
51:28dont je parle
51:30malheureusement
51:31vous avez tout à fait raison
51:31si on ne peut plus rien faire
51:33c'est parce que
51:33les français aux manettes
51:35au conseil d'état
51:36au conseil constitutionnel
51:37à la cour de cassation
51:38à la cour d'appel de paris
51:39etc
51:40mais aussi
51:41vous les mettez
51:42dans les organismes parallèles
51:43que ce soit
51:43dans les organismes nationaux
51:45du type
51:46je ne sais pas moi
51:46n'importe quoi
51:47la cour des comptes
51:48etc etc
51:49regardez les nominations
51:50à la cour des comptes
51:52Amélie de Montchalin
51:52voilà
51:53mais il faut prendre
51:54Richard Ferrand
51:55au conseil constitutionnel
51:57que je n'en parle pas
51:58exactement dans ce livre
51:59j'en ai déjà parlé
51:59dans un autre
52:00Thierry Thieu
52:01qui est l'un des présidents
52:02de section du conseil d'état
52:03d'accord
52:03un immigrationniste
52:05si je puis dire
52:06complètement fou
52:07c'est à dire
52:08un type qui considère
52:09littéralement
52:09que les nations
52:10presque n'existent plus
52:11et que le havre multiculturel
52:13fait que tout le monde
52:14pourrait aller n'importe où
52:15partout
52:15en toute quiétude
52:16parce qu'au fond
52:17la vie humaine
52:18est une espèce de faitout
52:19dans lequel on peut traverser
52:20les frontières
52:22vous voyez
52:22l'immigrationniste
52:24dernier stade
52:25ce que je n'étais pas là
52:26c'est que
52:27ces gens là
52:28en France
52:29ont conçu
52:29les mécanismes
52:31chez nous
52:31en France
52:32qui ont permis
52:33de somatiser
52:35les impératifs européens
52:36d'ailleurs je raconte
52:38dans mon bouquin
52:38à un moment
52:38fin des années 80
52:40début 90
52:40on a cette mutation
52:41où le conseil d'état
52:43admet
52:43la plus haute juridiction française
52:45administrative
52:46admet
52:46la puissance européenne
52:48par le jeu
52:49d'une toute petite histoire
52:51lamentable
52:51et avec à la baguette
52:53Marceau Long
52:54qui est le vice-président
52:55du conseil d'état
52:56bref
52:57pour vous répondre
52:58ça veut dire quoi
52:58c'est-à-dire que
52:59deuxième point
53:00je disais premier
53:00si c'est que du droit
53:02on ne gagnera jamais
53:03deuxième point
53:04vu la quantité
53:06de vrais maîtres
53:06qu'on a mis en place
53:07qui se sont mis en place
53:08et leur remplaçant
53:09à leur successeur
53:10j'en parle
53:11un homme comme
53:12Mathias Guillaumar
53:13président actuel
53:14de la Cour européenne
53:15des droits de l'homme
53:15en 2026
53:16j'en parle à la fin
53:16de mon livre
53:17il était comme par hasard
53:18au conseil d'état
53:19l'un des plus europhiles
53:20de tous
53:21ça veut dire qu'il passe
53:23d'une juridiction
53:23d'un autre
53:24d'un organisme
53:25à un autre
53:25d'une organisation
53:26à l'autre
53:27avec une europhilie telle
53:28qu'il la pratique
53:29en France
53:30à Bruxelles
53:31ce qui veut dire
53:31que pour moi
53:32c'est le deuxième point
53:32il faut impérativement
53:34alors là je sais très bien
53:36que quand je dis ça
53:37on fait des fois
53:37des grands yeux
53:38parce qu'on me dit
53:38mais comment on va faire
53:39il faut nettoyer
53:40les écuries d'Ogias
53:41il faut une curge
53:43littéralement
53:43il faut
53:44il faut remplacer
53:46l'état profond
53:47remplacer
53:48et attention
53:49je vous le dis tout de suite
53:50Diane
53:50je le dis
53:51j'allais dire
53:52nous sommes entre nous
53:52un peu de flous près
53:53pas vraiment
53:55je ne parle pas
53:57contrairement à
53:57un nombre
53:58de nos contemporains
53:59je ne rêve pas
54:00d'un petit choc
54:01de simplification
54:01vous voyez
54:02le fameux choc
54:04dont on parle depuis 30 ans
54:05en matière fiscale
54:06ou en matière sociale
54:06je parle d'un remplacement
54:08c'est à dire qu'il faut
54:09du jour au lendemain
54:10il faut être clair
54:11virer
54:12révoquer
54:13et le président de la république
54:14a certains pouvoirs
54:15en la matière
54:15il peut le faire
54:16en conseil des ministres
54:17il faut révoquer
54:18tous ceux qu'on peut révoquer
54:19pour mettre en place
54:20non pas des juristes
54:21mais je le disais
54:22des légistes
54:23ça veut dire des hommes
54:24qui s'ils connaissent le droit
54:27serviront leur art
54:28pour les français
54:29et pas contre la France
54:30ça c'est le deuxième point
54:32et puis le troisième point
54:33je vais vous dire
54:33alors ça
54:34je sais très bien
54:36que c'est pas
54:37que c'est pas
54:38ça ne veut rien dire
54:39et ça veut tout dire
54:40pour moi
54:42il faut casser la vaisselle
54:45alors ça veut dire
54:46qu'il faut apprendre
54:47à être mal poli
54:48il faudra apprendre
54:49à se servir
54:51plutôt qu'à se servir
54:52c'est à dire
54:52qu'il faudra
54:53que les hommes aux manettes
54:54je disais tout à l'heure
54:55si on a nettoyé
54:55les écuries d'Ogias
54:56que les hommes
54:57soient capables
54:58dans la ligne
54:59d'un Michel Debray
55:00à l'époque
55:00mais il était un peu seul
55:01d'avoir que des Michel Debray
55:02autant que faire se peut
55:04pour reprendre
55:05l'architecture à zéro
55:06et rentrer dans un bras de fer
55:07non pas cinq minutes
55:09mais dans un bras de fer total
55:10et évidemment
55:11en fin de tout ça
55:13et là je suis d'accord
55:13avec vous
55:14il faudra également
55:15réapprendre
55:16à rendre des arrêts
55:17à prendre des décisions
55:18à rendre des
55:18à comment dire
55:19à admettre
55:20que des normes françaises
55:21soient contraires
55:21aux droits européens
55:22sans difficulté
55:23mais d'abord c'est
55:25casser la vaisselle
55:27nettoyer les écuries
55:28d'Ogias
55:29remplacer l'état profond
55:30dans son intégralité
55:32le faire
55:33avec un seul souci
55:34c'est la France
55:34et les français
55:35et certainement pas l'Europe
55:37ça veut dire qu'en gros
55:38vous mettez tout en jeu
55:38d'accord
55:39imaginez l'homme politique
55:40qui fera ça
55:41ou la femme politique
55:41là je ne
55:42c'est une vraie rupture
55:43je ne genrifie pas
55:44ce type de questions
55:45vous voyez ici
55:46si c'était qui que ce soit
55:47qui fait le travail
55:48tout m'ira bien
55:48mais je pense que là dessus
55:51le travail ne fait que commencer
55:52et je soupçonne quand même
55:54que pour l'heure
55:55on n'est pas franchement prêt
55:57à admettre
55:58que la bataille soit celle là
55:59parce que derrière
56:00il y a l'homme qu'il faut
56:02la personnalité qu'il faudra
56:03les réseaux qu'il faudra
56:05le grand chambardement que c'est
56:07c'est quelque chose
56:09qui relève d'une épreuve
56:10telle que la France
56:11n'a pas connu
56:12je pèse mes mots
56:12depuis juin 40
56:13on en est à quelque chose
56:15qui d'ailleurs
56:16avec tous les autres périls
56:17qu'on a
56:17c'est à dire le péril économique
56:18les guerres qui se multiplient
56:20les chocs économiques
56:21le choc pétrolier
56:22la guerre énergétique
56:23tout ça
56:24tous ces paramètres
56:26font partie
56:27d'un renversement de la table
56:29qu'il faudra pratiquer
56:29dans son intégralité
56:30du jour au lendemain
56:32sans égard
56:33avec toute une partie
56:34de l'édifice
56:35qui a eu trop l'habitude
56:36de gagner
56:37beaucoup d'argent
56:38de vivre dans leur écosystème
56:40et je donne
56:41quelques exemples
56:42de chiffres
56:42à la fin de mon bouquin
56:43sur les salaires
56:44et les rémunérations
56:44si on ne casse pas tout ça
56:46on s'en sortira
56:47jamais
56:48ça c'est la cerise
56:49sur le gâteau
56:49parce qu'en plus
56:50effectivement
56:51ils sont grassement payés
56:52pour détruire le pays
56:57ok
56:57donc
56:59c'est
57:00c'est quelque chose
57:02il y a du pain sur la planche
57:03on va dire
57:04mais au moins
57:06voilà
57:06je pense que ça
57:07trace un peu
57:08effectivement
57:10la route
57:11la route à suivre
57:12et bien
57:13merci beaucoup
57:14Guylain Benessa
57:15merci à vous
57:16d'être venu
57:18sur Fréquence Populaire
57:20si vous avez aimé
57:20cet entretien
57:21bien sûr
57:22n'hésitez pas
57:23à le partager
57:24à commenter
57:25voilà
57:26et on se retrouvera
57:27bientôt
57:28pour un nouvel épisode
57:29merci beaucoup
57:30au revoir
57:43listo
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