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00:00Bonjour à tous, merci chère Laurent, c'est toujours une joie d'être accueilli par Intérial
00:05dans ces conditions qui sont absolument magnifiques.
00:10Parfois on se demande si les gens ne viennent pas juste pour la qualité des croissants
00:14qui sont servis avant et après nos conférences.
00:19Bonjour à tous, Pierre, mon général, cher Pierre, c'est une vraie grande joie de te recevoir.
00:26Nous nous connaissons depuis longtemps, tu fais partie des voix qui éclairent et qui guident, qui éveillent
00:34et les débats que nous allons avoir ce matin promettent d'être, je pense, passionnants pour vous.
00:40En tout cas, je vous le confesse, ils seront passionnants déjà pour moi.
00:43Cher Maxime, merci d'avoir accepté d'animer cette mini table ronde.
00:49Et puis à tous, bienvenue. Je veux juste saluer tous les référents du CRSI,
00:56de différents départements qui sont venus ce matin, parfois, tard hier soir, arrivés tard hier soir à Paris.
01:02Nous sommes de plus en plus nombreux. Je crois qu'il n'y a plus que 7 départements
01:05sur l'ensemble des départements français où le CRSI n'a pas de coordinateur.
01:10Le CRSI est en train de devenir une force qui pèse au niveau national,
01:14un véritable réseau, au bon sens du terme, de gens qui ne se résolvent pas à ce que la France
01:19est en train de devenir
01:20et qui veulent, d'une manière ou d'une autre, peser dans le débat public, dans les mois et les
01:24années qui viennent,
01:25pour que nous nous redressions, pour que la France se redresse.
01:29Et c'est sans doute en partie de ça que nous allons parler tous ensemble ce matin.
01:40Récemment, nous n'avons jamais eu aussi conscience de notre manque de souveraineté,
01:45de notre manque de puissance, de notre manque de capacité à pouvoir compter sur nos ressources.
01:49Peut-être pour commencer ce débat sur des bases saines et que l'un et l'autre,
01:53général Thibault, puissiez développer, est-ce que vous pourriez nous donner, vous,
01:57votre peut-être définition de la souveraineté en France, générale, pour commencer ?
02:01Permettez-moi d'abord de remercier Thibault de son invitation.
02:07Nous partageons ensemble cette soif de l'engagement.
02:11Nous avons des convictions.
02:13Cet engagement au service de la France, qui nous réunit particulièrement,
02:17la France n'est pas pour nous un marche-pied pour accéder au pouvoir.
02:20La France est d'abord l'objectif final qui est largement au-dessus de nous et qui nous dépasse.
02:27Celui que nos parents nous ont transmis et celui que nous transmettrons à nos enfants.
02:32Cet engagement qui te caractérise, c'est ce que j'appelle de mes voeux pour notre jeunesse.
02:39Je pense qu'il en va de la souveraineté de notre pays dans les années qui viennent.
02:43Il vaut mieux investir sur la jeunesse.
02:45Eux, ils ont du potentiel ou ils en ont sous la queue, comme disent les marins.
02:50Pour moi, la souveraineté, c'est l'incarnation de l'indépendance nationale
02:55avec cette double capacité, la dissuasion nucléaire et la force conventionnelle,
03:04du même niveau de crédibilité.
03:06C'est la capacité et la souveraineté à avoir une vision globale
03:11et surtout à être capable de la mettre en œuvre
03:14en conservant cette indépendance, cette autonomie stratégique
03:19dont on a tant parlé ces derniers temps, mais que nous avons perdue.
03:24Et ça nous ramènera forcément à un moment ou à un autre
03:27à cette Europe fédérale qui ne dit pas son nom,
03:31que l'on cherche à construire depuis des décennies
03:34et qui, pour moi, est une impasse, une fausse piste, une grave erreur,
03:39une faute sur laquelle il faut absolument changer
03:43pour construire cette Europe de la coopération interétatique
03:48sur des projets à géométrie variable
03:50qui nous permettra de retrouver la partie perdue de notre souveraineté.
03:55La souveraineté étant évidemment globale, c'est comme le réarmement.
04:00Le réarmement militaire ne suffit pas,
04:03c'est le réarmement économique, social, éducatif, démographique, évidemment.
04:08C'est un réarmement global et c'est cette vision que j'appelle de mes voeux
04:12une vision souveraine à la condition que nous soyons capables
04:17de la mettre en œuvre en reprenant nos outils de souveraineté.
04:20La souveraineté, c'est l'ensemble des facteurs
04:23qui permettent à une nation d'être indépendante,
04:24au sens le plus large du terme.
04:26Je voudrais moi définir ce qui, à mes yeux, est une nation.
04:30Une nation, c'est évidemment un territoire,
04:32ce sont des frontières, des limites,
04:34c'est une population et c'est le socle
04:40qui fait que cette population se reconnaît
04:44comme étant politiquement unie.
04:46Et au-delà de cette union politique,
04:48c'est presque une union charnelle.
04:50Cette population, la population qui constitue la nation
04:53sur ce territoire défini par des frontières,
04:55elle se reconnaît des racines communes.
04:58Les racines de la France sont les racines gréco-latines
05:01et une tradition séculaire judéo-chrétienne.
05:03Et surtout, pour le futur,
05:07cette population, cette nation,
05:10s'espère croître en un destin collectif uni.
05:14Et c'est tout l'enjeu des années qui viennent,
05:16parce que c'est ce que nous sommes en train de perdre.
05:18Et au-delà des questions des différents champs de souveraineté
05:22dont on va évidemment parler,
05:23je ne voulais pas qu'on commence cet entretien
05:26sans rappeler que l'ensemble des politiques
05:29qu'on est susceptible de mettre en œuvre
05:31ne seront rien s'il n'y a pas à la base
05:33la conscience de ce que nous sommes un peuple uni
05:37et qu'il y a une histoire,
05:39passé et futur,
05:40et que nous devons tout mettre en œuvre,
05:42que l'ensemble des politiques
05:43sur lesquelles nous pouvons discuter
05:44pour améliorer les choses
05:46et redresser notre pays
05:47n'auront de sens
05:48que si nous ne vivons les choix
05:51comme des choix vitaux
05:53pour continuer à se vivre un destin commun.
05:55Pour beaucoup, peut-être la souveraineté
05:57est encore quelque chose de très théorique.
06:00S'il y a parfois des aspects concrets
06:01dans la vie quotidienne,
06:02peut-être quand on va faire ses courses,
06:03peut-être quand on achète une voiture
06:04ou un téléphone,
06:06est-ce que vous, l'un et l'autre,
06:07vous seriez capable ce matin
06:08de donner un exemple concret, récent,
06:11où vous avez constaté factuellement,
06:14très concrètement,
06:15le manque de souveraineté dans notre pays ?
06:16Je vais faire comme les hommes politiques,
06:18ils ne répondent pas à la question.
06:20Je voudrais prolonger la réflexion
06:22sur la nation qui est le cœur
06:25qui est le cœur de notre concept de souveraineté,
06:30évidemment.
06:32Donc la nation,
06:33c'est cette communauté d'hommes et de femmes
06:34qui vivent ensemble sur des valeurs communes,
06:37une histoire commune
06:38et un territoire commun.
06:40La terre des pères, la patrie.
06:43Et pour organiser en harmonie
06:45la vie de cette nation,
06:47il y a un État
06:48avec ce qu'on appelle l'État de droit.
06:52Mais l'État de droit n'a d'existence
06:54qu'au service de la nation,
06:57cette communauté de valeurs communes.
06:59Si on n'est pas capable de trouver
07:03cette communauté de valeurs communes,
07:04ou qu'on l'ignore,
07:05ou qu'on fait mine de l'ignorer,
07:07et qu'on ne veut pas construire sur ce terreau,
07:10eh bien, on fera fausse route.
07:12Je le dis depuis 2015.
07:14Donc, il faut arrêter de faire les surprises.
07:17Oui, on court derrière le véhicule en permanence.
07:22L'actualisation de la loi de programmation militaire,
07:24c'est une illustration supplémentaire.
07:25On est toujours à la remorque.
07:27On a toujours un coup de retard.
07:29Or, gouverner, c'est anticiper
07:32et avoir un coup d'avance.
07:33C'est avoir ce qu'a fait le général de Gaulle,
07:36cette vision.
07:38Quelle France ?
07:38Quelle Europe ?
07:39Dans quel monde ?
07:40Dans 10 ans.
07:41C'est ça, la question.
07:42Et aujourd'hui, on est toujours derrière.
07:44Pourquoi ?
07:44Parce que nous assistons à la naissance d'un nouveau monde,
07:50ce n'est pas celui qu'on nous a vendu en 2017,
07:52sous le coup de deux lignes de conflictualité majeure,
07:55le retour des États-puissances,
07:57qui pour l'essentiel sont des anciens empires
08:00qui cherchent à gagner leur influence perdue,
08:02la Chine, la Russie, l'Iran, l'Arabie saoudite,
08:07les États-Unis,
08:08qui ont des stratégies de long terme.
08:10Quand nous, nous sommes dans la prochaine élection,
08:13ces circonstances, eux, sont dans les prochaines générations.
08:1650 ans, 30 ans, 20 ans,
08:18l'Empire ottoman,
08:19la Grande Russie orthodoxe,
08:20la route de la soie.
08:22Et puis, simultanément, on a
08:25l'apparition du terrorisme de masse en 2001,
08:28aurait pu quand même nous alerter,
08:30le terrorisme islamiste radical,
08:32qui est une idéologie qui vise à éradiquer
08:34l'organisation de nos sociétés.
08:35Ils iront jusqu'au bout,
08:36ils s'appuient sur des mouvements différents,
08:38géographiquement et de nature différente,
08:40avec le même objectif,
08:42remplacer l'organisation de nos sociétés
08:44par la violence la plus extrême,
08:46la barbarie.
08:47Et ça se passe devant nous.
08:49Vous rajoutez à ça l'émigration massive,
08:51avec le décrochage des pays européens
08:54en matière de démographie,
08:56et l'explosion à l'extérieur,
08:58notamment en Afrique,
09:00et le dérèglement climatique
09:02qui perturbe et chamboule
09:04les données sur la faune,
09:05la fleur, l'air, le sol, etc.
09:07Vous avez un monde qui n'est plus le même
09:09et qui est en rupture.
09:10C'est la troisième rupture stratégique
09:12depuis 1945.
09:13On a eu la chute du mur de Berlin,
09:15on a eu l'apparition du terrorisme de masse
09:17avec 2001,
09:19et maintenant on a une forme de retour
09:21d'un monde bipolaire,
09:23avec les grands empires
09:24qui sont capables de s'allier
09:26pour une seule chose,
09:27mais ça suffit,
09:28la haine de l'Occident
09:29et du grand Satan américain,
09:31et puis de l'autre,
09:32l'Occident aligné derrière les Etats-Unis,
09:35qui sont en train de se séparer de nous,
09:38et on sentait bien ça déjà avec Obama,
09:40voire Brzezinski qui était conseiller de Carter,
09:42donc c'est pas nouveau tout ça.
09:44Il faut savoir lire les signaux faibles
09:46et vous avez un monde extrêmement dangereux,
09:50un monde d'affrontements,
09:52un monde de rapports de force
09:53dans lequel nous ne sommes pas,
09:56nous ne sommes plus.
09:57La force du droit,
09:58maintenant,
09:59c'est le droit de la force.
10:01C'est comme ça,
10:01c'est pas une expression,
10:02c'est une réalité,
10:03on peut le regretter,
10:05mais on ne peut pas le contester.
10:06Il faut vivre avec notre monde
10:08et nous courons derrière
10:09les pays européens
10:10et singulièrement la France,
10:12qui normalement,
10:13sur tous ses sujets stratégiques,
10:15est le chef du troupeau européen.
10:17En tout cas,
10:17c'est comme ça que j'exerçais mes fonctions.
10:19Il y avait intérêt à ce qu'ils le sachent,
10:21parce que nous avons encore,
10:24et c'est peut-être même plus vrai
10:26avec la Pologne, l'Ukraine, etc.,
10:29mais la meilleure armée d'Europe en opération
10:32avec un modèle qui est resté global,
10:34échantillonnaire.
10:35Voilà, donc le monde est en train profondément de changer
10:38et l'économie en subira les conséquences
10:41de cette situation stratégique.
10:42Il va y avoir un retour à la proximité,
10:45donc ça résoudra une partie du problème,
10:47parce qu'on ne pourra plus échanger
10:50aussi librement qu'avant.
10:51Le détroit d'Hormuz est un signe supplémentaire.
10:54Nous ne pourrons plus maintenir notre modèle social.
10:58Il faut réformer l'État en profondeur,
11:01en diminuant ses effectifs
11:03et en diminuant son organisation,
11:05évidemment, en recentrant l'État sur le régalien.
11:09Il faut changer cette Europe
11:11et accélérer la coopération européenne
11:14sur des projets.
11:15Quand vous pensez qu'on n'est pas capable,
11:16ensemble, de construire un char,
11:18un bateau, un avion,
11:20quel échec !
11:20La fameuse défense européenne,
11:22on nous rabat les oreilles.
11:24Mais franchement,
11:25ils n'ont pas honte du résultat.
11:27Ça fait 40 ans.
11:29Il y a un moment...
11:30Moi, je suis pragmatique.
11:32Je suis un officier français,
11:33mais quand un truc merde, on change.
11:36Voilà.
11:37C'est comme ça.
11:38Et puis, on voit bien
11:39qu'on est à côté de la plaque.
11:41Enfin, ceux qui ne le voient pas,
11:42franchement,
11:43il faut qu'ils changent de lunettes
11:44et qu'ils aillent chez un spécialiste.
11:49Donc, je pense que votre question
11:52qui est d'actualité aujourd'hui,
11:55petit à petit,
11:56va être complètement changée
12:00par le nouveau contexte
12:03qui est devant nous.
12:04Et nous n'en sommes qu'au début.
12:06Voilà.
12:06Alors, la guerre en Ukraine,
12:08la guerre en Iran,
12:09en Afrique, ça va très mal.
12:10Ce n'est pas un hasard
12:11que tout se déglingue en même temps.
12:13Je ne crois pas au hasard
12:15en matière géostratégique.
12:16Nous sommes revenus
12:18à un monde bipolaire.
12:21Ils sont 4 milliards en face.
12:22Nous sommes moins d'un milliard.
12:24Et les États-Unis
12:25se détachent de l'Europe
12:26et nous abandonnent.
12:27Et le grand risque,
12:28je suis désolé,
12:29mais Peggy disait
12:31qu'il faut dire les choses
12:32et plus difficile,
12:33il faut voir ce que l'on voit.
12:35Le grand risque,
12:36c'est que nous soyons
12:36les faibles du monde,
12:38les Européens.
12:40Vous, on s'y rencontre aussi
12:41beaucoup de décideurs,
12:42qu'ils soient politiques,
12:43économiques.
12:43La question qui se pose,
12:44c'est est-ce qu'aujourd'hui,
12:45quand on est à un haut niveau
12:48de décision,
12:48est-ce qu'on peut réussir
12:49à inverser cette tendance ?
12:51Vous qui êtes souvent,
12:52et qui vous exprimez souvent
12:53sur le rôle du chef,
12:54est-ce qu'aujourd'hui,
12:55à un niveau politique,
12:56à un niveau médiatique,
12:57à un niveau public,
12:58on a moyen d'inverser
12:59cette tendance
13:00et ce grand aveuglement ?
13:01Depuis deux ans,
13:03vous le savez,
13:05je vais partout en France,
13:06j'ai fait 42 réunions publiques
13:07depuis deux ans
13:08et ça va continuer.
13:11Et je rencontre des citoyens
13:13qui sont sur un arc
13:14de sensibilité politique,
13:15on va dire,
13:16qui vont du centre-gauche
13:17jusqu'à la droite de la droite.
13:19Et régulièrement,
13:20il y a des patrons,
13:21des commerçants,
13:22des patrons de TPE,
13:24des élus locaux
13:25qui sont là.
13:26Et évidemment,
13:27la partie la plus intéressante,
13:29c'est la partie des échanges.
13:30Et les échanges convergent
13:34vers une très grande inquiétude.
13:36Pourquoi ?
13:36Parce que tout ce que vient
13:37de dire Pierre,
13:38les gens,
13:38avec le bon sens
13:40qui est le leur,
13:43avec le fait que
13:45quand on est dans la vraie vie,
13:46on n'a pas les œillères idéologiques
13:51que peut avoir
13:52la nomenclatura parisienne,
13:54les 500-600 000 personnes,
13:55qui font l'opinion publique en France.
13:58Et ces gens,
13:58avec leur bon sens,
13:59soit ils comprennent,
14:00soit ils comprennent
14:01de façon intuitive
14:02que le monde dans lequel ils vivaient
14:04est en train
14:05de se déréguler complètement.
14:07Et donc,
14:07il y a une très grande inquiétude.
14:08Et ce qui me frappe beaucoup,
14:10c'est que
14:13plus on monte,
14:13ça c'est assez classique
14:14dans l'histoire de l'humanité,
14:15c'est-à-dire que plus on monte
14:16dans la chaîne hiérarchique,
14:17moins les gens se rendent compte
14:19du risque.
14:20Parce que même s'ils s'en rendent compte,
14:22ils ont tellement peur
14:22des conséquences pour eux-mêmes
14:23de la prise de décision radicale
14:26par rapport à ce qu'ils ont toujours connu,
14:28qu'ils sont dans une espèce
14:29de sidération
14:30qui les empêche de les prendre.
14:31Donc,
14:32moi,
14:33il y a une phrase
14:33que j'entends régulièrement
14:34sur le terrain,
14:35c'est
14:36« Ce ne sont pas ceux
14:37qui nous ont rendu malades
14:38qui vont nous guérir ».
14:39Donc,
14:40je pense que
14:40la réponse à votre question,
14:42c'est que
14:43en France,
14:44les gens ont compris
14:45que le monde à venir
14:47serait radicalement différent.
14:48Ils n'ont pas forcément compris
14:49tous les détails.
14:50mais il y a cette formidable intuition
14:51que ça allait changer
14:52et que
14:53l'offre politique nationale
14:55actuelle
14:57était sans doute
14:59très en difficulté
15:01et incapable
15:01de prendre
15:02les mesures
15:03qui s'imposent.
15:03On n'a pas parlé,
15:04on a parlé,
15:05cher Pierre,
15:05de façon sous-jacente,
15:07mais
15:08ce qui vient
15:10multiplier encore
15:10les problèmes,
15:11c'est que
15:12dans ce monde nouveau
15:13qui nous attend
15:14où il va falloir
15:15que nous nous débrouillons
15:15nous-mêmes,
15:16en plus,
15:17il va falloir qu'on se débrouille
15:18les poches vides,
15:18c'est-à-dire avec le poids
15:20abyssal de la dette.
15:22La dette,
15:22on peut parler
15:23des 3 500 milliards,
15:25ce qui est un chiffre
15:25que personne ne peut
15:27conceptualiser
15:27parce que c'est beaucoup trop.
15:28Par contre,
15:28ce qu'on peut conceptualiser,
15:29c'est 231 000 euros
15:30par personne.
15:32Voilà.
15:32Sur chacun d'entre vous
15:33pèse 231 000 euros.
15:35Donc on est 180,
15:36vous faites le calcul.
15:37Donc ça,
15:38c'est un énorme problème.
15:39Et puis la dette,
15:40il y a des gens qui disent
15:41la France,
15:42l'Europe,
15:42c'est too big to fail,
15:44donc il n'y aura jamais
15:45de faillite,
15:46pensez donc
15:46que nous sommes si forts,
15:47etc.
15:48Combien de fois
15:49dans l'histoire,
15:49des gens qui pensaient
15:50qu'il ne leur arriverait rien
15:51parce qu'ils étaient si forts
15:52se sont écroulés
15:54parfois en quelques semaines.
15:56Et puis ce qu'il faut voir,
15:57ce n'est pas
15:59le poids de la dette globale,
16:00c'est en fait
16:01le coût du remboursement annuel,
16:04c'est-à-dire
16:05le poids de la dette
16:05dans le budget annuel.
16:06Aujourd'hui,
16:07le poids de la dette
16:07dans le budget annuel,
16:08c'est l'addition
16:10des budgets réguliens
16:11et de l'éducation nationale.
16:13Je ne sais pas
16:13si vous vous rendez compte.
16:15Donc on est face
16:16à des événements
16:17sans doute inédits
16:19depuis plusieurs dizaines
16:20d'années.
16:21On le sent
16:22et on a une classe politique
16:23qui n'est absolument
16:24pas au niveau.
16:25Quand j'entends,
16:26pardon,
16:26mais à un moment,
16:26on va balancer.
16:27Quand je vois
16:28qu'en octobre-novembre,
16:31au moment de la constitution
16:33du je ne sais plus quel,
16:34le corps du 2,
16:35le corps du 3,
16:36le corps du 4,
16:37je ne me souviens plus,
16:39le ab initio,
16:40comme disent les juristes,
16:41c'est-à-dire d'entrée
16:42avant même toute discussion
16:43sur le budget 2026,
16:46Laurent Wauquiez,
16:47qui est le patron
16:47des LR à l'Assemblée,
16:48a dit exactement l'inverse
16:49de ce que Laurent Wauquiez
16:50disait jusque-là
16:51en disant
16:52« Nous ne censurerons pas
16:53quelle que soit
16:54la décision du gouvernement »
16:55et que du coup,
16:56c'est Olivier Faure
16:57et un PS à 4%
16:58qui a imposé ses choix
17:00servilement,
17:01qui ont été suivis
17:02servilement
17:03et par le gouvernement
17:04et par la droite
17:05dite parlementaire.
17:07On est confondus
17:10par l'irresponsabilité générale
17:11qui se dégage
17:12de cette classe politique.
17:13Donc je pense que,
17:14puisque la question
17:15c'est le chef,
17:16la France va avoir besoin
17:17d'un groupe de gens,
17:19ce ne sera pas
17:20quelqu'un tout seul,
17:21mais d'un groupe de gens
17:22dont je pense
17:23qu'ils feront sans doute
17:23partie des jeunes
17:25politiques actuelles
17:26et sans doute
17:26des politiques
17:27de nos territoires,
17:29mais certainement pas
17:30de la vieille classe politique
17:31qui se partage
17:31les postes
17:32et donc la responsabilité
17:33du résultat
17:34depuis 40 ans
17:34et que le critère déterminant
17:36ce sera le courage,
17:37le courage de l'engagement,
17:39le courage de gens
17:39qui ont des choses à perdre
17:40et non pas
17:42des petits intérêts personnels
17:47à protéger.
17:50Dans tous les moments
17:51dans tous les moments
17:53cruciaux de l'histoire
17:54de France,
17:55il y a une génération politique
17:56qui s'est levée
17:57et je pense que par rapport
17:58à tous les enjeux
17:59dont nous parlons,
18:00le critère ce sera
18:02les gens qui se lèveront
18:04pour contribuer
18:05à un changement réel
18:06et je veux faire une confession
18:07tout à fait entre nous
18:08et ne le répéter
18:10qu'à une seule personne
18:11à la fois,
18:12c'est que je ne crois,
18:13si on prend à date
18:14par exemple le sondage
18:15du Figaro d'hier
18:16sur les personnalités
18:17qui étaient présentées
18:18sur la ligne de départ
18:20pour l'élection présidentielle
18:21de 2027,
18:23eh bien moi,
18:23quand je vais rencontrer
18:24les gens dans les territoires,
18:26je n'ai pas l'impression
18:26qu'aucun des noms
18:28sur cette liste
18:29ne fasse même pas
18:30fasse rêver
18:31parce que ce n'est pas
18:31le sujet de rêver,
18:32mais n'inspire confiance,
18:33ce qui est beaucoup plus grave,
18:34à quiconque.
18:35Tous les deux,
18:36quand vous écrivez des livres
18:37qui sont en plus
18:37des succès en l'égorerie,
18:38que ce soit
18:39le choc ou la chute
18:40pour Thibault,
18:40c'est deux éditions
18:41de l'Observatoire,
18:43que ce soit
18:43pour le succès
18:44des arbres de la France
18:45pour le général
18:46Pierre de Villiers
18:47signature à la sortie
18:49signature à la fin en plus,
18:50avec le livre de Pierre aussi,
18:51c'est exceptionnel.
18:53On a entendu à chaque fois
18:55dans les sondages
18:56qu'il y a un chiffre
18:57et frappant,
18:58c'est celui
18:58selon lequel
18:59les Français
19:00aimeraient un pouvoir fort
19:01qui s'installe
19:02à la tête de la France
19:03pour faire changer
19:04justement certaines choses.
19:05Est-ce que le général
19:06que vous êtes
19:06est convaincu
19:07par cette idée
19:08qu'à un moment
19:08ou un autre
19:09sans parler
19:09de changement de régime,
19:11mais que la France
19:12va devoir,
19:13ou en tout cas
19:14les citoyens,
19:15se préparer peut-être
19:15à un pouvoir
19:16un peu plus ferme ?
19:17Il y a une crise
19:18de l'autorité,
19:20je l'ai dit
19:20depuis 2018,
19:24une crise de l'autorité
19:25qui est à la fois
19:27sociétale
19:28et donc politique
19:29avec un grand P.
19:31Il y a un fossé
19:32qui s'est creusé
19:33entre ceux
19:34qui décident
19:34et ceux
19:35qui exécutent
19:37avec deux
19:38excavatrices principales
19:39que j'ai bien noté
19:40dans mes quatre années
19:41à Matignon
19:42lorsque je co-présidais
19:44des réunions
19:45interministérielles.
19:46Un,
19:47quelle ligne budgétaire,
19:49donc la finance,
19:51deux,
19:51quel support juridique,
19:52le droit.
19:54Les Français
19:55ne comprennent plus rien
19:57de tout ça.
19:58Eux,
19:59ils voient un décalage
20:00entre
20:01ce qui se dit
20:02et ce qui se fait
20:04entre la pensée
20:06et l'action.
20:07une annonce
20:09un jour
20:09et des mois après
20:11au bout du tuyau
20:13pour le citoyen
20:14rien du tout.
20:16Il faut
20:16recorréler
20:17dans l'exercice
20:18des responsabilités,
20:19le dire
20:20et le faire.
20:22Et l'autorité,
20:23puisque votre question
20:24pose cette problématique,
20:26est-ce que l'autorité,
20:27l'autorité
20:28ça vient du latin
20:29autoritas,
20:31élevé vers,
20:32c'est un mouvement
20:33du bas vers le haut.
20:35Ce n'est pas
20:35je décide,
20:36il exécute,
20:37ça c'est l'autoritarisme.
20:39L'autorité,
20:40c'est quand l'ordre
20:40est exécuté
20:41avant d'avoir été donné.
20:42C'est cet équilibre
20:43subtil
20:44entre
20:45la fermeté,
20:47il n'y a plus
20:48de fermeté
20:48aujourd'hui,
20:49et l'humanité,
20:51il n'y a plus
20:52suffisamment
20:53d'amour
20:53dans l'exercice
20:54de l'autorité
20:55aujourd'hui.
20:56Nous sommes
20:57dans le paraître,
20:58dans la comédie humaine,
21:00la vie n'est pas
21:01une comédie,
21:02la vie n'est pas
21:03une pièce de théâtre,
21:04la vie est une réalité
21:06et elle va
21:07nous rattraper
21:08cruellement.
21:10Alors,
21:10ce qui me fait peur
21:14dans l'histoire de France,
21:16effectivement,
21:18c'est que
21:18nous sommes
21:19un vieux pays
21:20avec des racines
21:21profondes.
21:22Alors,
21:23quand on étudie
21:23l'histoire,
21:24aujourd'hui,
21:24on nous traite
21:25de nostalgique.
21:27Nostalgique,
21:28extrémique de droite,
21:29c'est toujours le...
21:29tout vient en même temps.
21:32Mais l'histoire,
21:33c'est ce qui permet
21:34de construire l'avenir.
21:35Et l'histoire de France,
21:37on s'aperçoit
21:38que la France
21:38n'est pas capable
21:40d'évoluer
21:42dans la transition
21:43harmonieuse.
21:44Lorsqu'elle est
21:45dans une situation
21:46difficile,
21:47ça se passe
21:48toujours
21:49par une rupture.
21:50Une rupture
21:51brutale
21:52et souvent
21:53sanglante.
21:54Une guerre
21:55extérieure
21:56ou une guerre
21:56intérieure.
21:58Je suis en train
21:59de relire
21:59l'histoire
22:00de la commune.
22:01On avait les deux
22:01à la fois.
22:02Et c'est possible
22:03qu'on ait les deux
22:03à la fois,
22:04aujourd'hui,
22:05dans le contexte
22:05très instable
22:06à l'extérieur
22:08et extrêmement
22:10dangereux
22:11à l'intérieur
22:12que nous vivons.
22:13C'est ça,
22:14la question.
22:15Donc,
22:15il va falloir
22:16faire preuve
22:16d'autorité.
22:17Et donc,
22:18la première qualité
22:19de l'autorité,
22:20c'est le courage.
22:22Alors,
22:23le petit courage
22:23du quotidien,
22:25l'inverse
22:26de la...
22:27de la paresse,
22:29déjà,
22:31c'est-à-dire
22:32ne pas faire
22:33au plus facile.
22:34Et puis,
22:35le grand courage,
22:36celui de Solienitzin,
22:37le déclin du courage
22:38de 78,
22:39où il dit
22:40aux étudiants américains
22:42à l'époque
22:42pourquoi l'Occident
22:44va s'effondrer
22:45par manque de courage
22:47par rapport
22:47à ses convictions
22:48profondes.
22:49Et le courage
22:51de dire la vérité,
22:52de trancher,
22:54le courage
22:54de décider.
22:55C'est ce courage-là
22:56qu'il faudra,
22:57à mon avis,
22:58dans les mois
22:59et les années
22:59qui viennent
23:00en France,
23:01avec cet équilibre
23:03harmonieux,
23:04l'équilibre
23:05est un courage
23:05aussi,
23:06entre
23:08la nécessaire
23:09fermeté
23:10et la nécessaire
23:11humanité.
23:13Parce que
23:14on ne peut pas
23:15gouverner la France
23:16avec du social,
23:18sans régalien,
23:19et on ne peut pas
23:20faire de régalien
23:21sans social.
23:22C'était un des chapitres
23:23de mon livre
23:24que vous avez cité.
23:25Et c'est ça
23:27qui manque aujourd'hui.
23:28L'autorité,
23:29pas l'autoritarisme.
23:31L'autorité.
23:32Et l'institution militaire,
23:35c'est un miracle,
23:38dans notre société,
23:39a conservé
23:40cette notion
23:41d'autorité.
23:42Et ce qui fait
23:43que la jeunesse
23:44de France,
23:4425 000 jeunes
23:45rentrent dans les armées
23:47tous les ans,
23:48eh bien,
23:49la jeunesse
23:50de France
23:51respecte
23:52cette autorité
23:53et ça fonctionne.
23:54Dans sa diversité
23:55la plus extrême.
23:56Donc,
23:57c'est possible.
23:58C'est possible.
23:59Moi,
24:00j'y crois.
24:01Et pour moi,
24:02la France
24:03est immortelle.
24:05Elle a une vocation
24:07particulière.
24:07C'est la fille aînée
24:08de l'Église,
24:09donc elle ne disparaîtra pas.
24:10Et je suis animé
24:12par la petite flamme
24:13de Péguy,
24:13l'espérance.
24:19Une des choses
24:21qui nous a tout de suite
24:22liés,
24:23cher Pierre,
24:24c'est que cette espérance
24:26commune,
24:26cette espérance partagée
24:27est le fait
24:28que l'un et l'autre
24:30nous y croyons.
24:33Saint Augustin
24:34distingue deux courages,
24:35je résume
24:37au risque de caricaturer,
24:38mais il y a le courage
24:39de faire,
24:40déjà,
24:41c'est déjà un courage
24:43significatif
24:43quand on est au pied
24:44de la montagne.
24:45Mais ensuite,
24:46il y a le courage
24:46de la constance.
24:47C'est-à-dire qu'il faut
24:49dire,
24:50ensuite,
24:50il faut faire,
24:51c'est le dire et le faire
24:52que tu évoquais tout à l'heure,
24:53mais après,
24:54il y a la constance.
24:55La grande difficulté
24:56dans la France actuelle,
24:57ce sont les scléroses,
24:59le poids des idéologies,
25:00le poids des blocages,
25:01le poids des conformismes.
25:03Beaucoup,
25:04et c'est d'ailleurs
25:04un reproche
25:05qui a été fait
25:06à énormément de politiques,
25:08c'est une fois élus
25:09de ne pas avoir fait
25:10ce qu'ils avaient dit
25:12qu'ils allaient faire.
25:14Mais au contraire,
25:15d'être rattrapés,
25:15alors ils invoquent
25:16le poids
25:17de l'ordre supranational,
25:20l'Europe,
25:20le Conseil constitutionnel,
25:22la Cour européenne
25:22des droits de l'homme,
25:23etc.
25:24Nous sommes dans un carcan
25:27qui est un carcan
25:28qui est compliqué,
25:29qui n'est pas inextricable.
25:31Mais pour sortir
25:32de ce carcan,
25:32il va falloir
25:34le courage de le faire
25:35et ensuite le courage
25:36de résister
25:37à toutes les pressions
25:38qui vont se mettre en œuvre
25:39de la part des gens
25:41qui ont un intérêt objectif
25:42au maintien de ce carcan
25:43à l'intérieur
25:44et à l'extérieur
25:45de la France
25:45pour tenter d'entraver
25:47la marche
25:48vers ce qui est
25:49un renouveau indispensable.
25:51Est-ce que ça va passer
25:52par un moment
25:55de la violence ?
25:56Je le crains.
25:57On en a souvent parlé.
25:59Je pense que les contraintes,
26:01les forces qui s'exercent
26:02sur ce système sclérosé
26:04sont telles,
26:04internes et externes,
26:06que ça ne peut pas,
26:08me semble-t-il,
26:09ne pas passer
26:10à un moment
26:10par une violence.
26:11Ça peut être
26:12la violence de ceux
26:13qui s'opposent
26:14au changement.
26:15Ça peut être
26:15une violence
26:16qui vienne
26:17de l'extérieur
26:18et ou de l'intérieur
26:19parce que la convergence
26:20des forces
26:20et des menaces
26:21extérieures et intérieures
26:22est évidente,
26:23qui deviennent
26:25en elles-mêmes
26:26une force
26:27qui aboutisse
26:29à un bouleversement.
26:30Et ce que disait Pierre
26:31tout à l'heure
26:32est très juste.
26:32Et moi,
26:33si je devais mettre
26:34une petite pièce
26:35dans un scénario,
26:36mais il y en a
26:37beaucoup de scénarios,
26:37mais c'est vrai
26:38que l'ensemble
26:38des tensions
26:39nationales et internationales,
26:41donc intérieures
26:41que vous connaissez
26:42par cœur,
26:44mais il y a
26:44les problèmes
26:45ethno-territoriaux,
26:48les problématiques
26:49de grandes criminalités
26:50organisées,
26:51etc.,
26:52contraintes extérieures,
26:53les services des États
26:54qui ont un intérêt
26:55à nous déstabiliser
26:55compte tenu
26:56de leur agenda géopolitique,
26:58la Russie,
26:59l'Algérie,
26:59l'Iran,
27:00la Turquie,
27:00dont on parle moins,
27:02mais qui est vraiment
27:03à la manœuvre également,
27:04tout ça,
27:04ça peut aboutir
27:05à un moment
27:06à des événements
27:07qui produiront
27:09un choc,
27:09une étincelle
27:10qui viendra embraser
27:12les nombreux barils
27:13de poudre
27:13qui sont présents.
27:15Et paradoxalement,
27:17je ne dis surtout pas
27:18que c'est quelque chose
27:19qu'il faut souhaiter,
27:19je dis simplement
27:20qu'il faut rester en éveil
27:21et que précisément
27:22parce que c'est comme ça
27:23que la France
27:23a fait ses transformations
27:25les plus...
27:27c'est parfois modernisé,
27:28c'est que
27:29ces chocs-là
27:30doivent être
27:31d'abord préparés
27:32par l'ensemble des forces
27:33de sécurité intérieure
27:34et les armées,
27:35mais aujourd'hui
27:36elles le sont,
27:36même s'ils ne le disent
27:37pas très fort,
27:40mais surtout
27:41devront être vus
27:42le moment venu
27:43si ça arrive,
27:44non pas comme une catastrophe,
27:45il faudra gérer le problème,
27:47mais ensuite
27:47comme l'opportunité
27:48peut-être
27:48de construire
27:50de façon
27:52sans doute
27:53débarrassée
27:54des carcans
27:55que j'expliquais
27:57tout à l'heure.
27:58ce que je peux vous dire
27:59avant de repasser la parole
28:00à Maxime et à Pierre,
28:01c'est que
28:03lors de mes déplacements
28:04sur le terrain,
28:04je suis frappé
28:05par le fait
28:06que quand,
28:07après que j'ai fait
28:08mon petit discours introductif,
28:09on donne la parole
28:10à la salle,
28:11donc je ne vous parle même pas
28:11des échanges ensuite
28:12lors du cocktail
28:13ou du dîner
28:14en tête à tête,
28:15je vous parle des échanges
28:16devant tout le monde,
28:17les gens se lèvent
28:18et les questions
28:19qui sont posées
28:20sont systématiquement
28:21des questions
28:23sur le retablissement
28:24de l'autorité
28:26et la crainte
28:27de voir
28:28une forme
28:29d'effondrement
28:30non pas d'effondrement
28:31définitif
28:32parce que
28:32la France
28:34restera la France
28:35mais d'effondrement
28:37par rapport
28:38à l'ordre social
28:40et économique
28:40que nous connaissons
28:41aujourd'hui
28:41que tout le monde
28:43sent de façon intuitive
28:44ou de façon
28:45conscientisée
28:46par son métier
28:48ou par les informations
28:49auxquelles il a accès
28:50mais que tout le monde
28:51sent partout
28:52et c'est très impressionnant
28:54quand ou que vous alliez
28:56en France
28:56et quelle que soit
28:57la condition des gens
28:57qui vous posent la question
28:58c'est toujours la même question
28:59qui vous est posée
29:00Vous parliez de ça
29:01pour essayer d'avoir
29:02une interaction
29:03et peut-être que vous puissiez
29:04répondre à quelques questions
29:05il nous reste à peu près
29:065 minutes
29:06avant que chacun
29:08ne va qu'à ses occupations
29:09par la suite
29:10si je devais vous demander
29:11puisque vous avez dressé
29:12une liste de carcans
29:14plutôt conséquents
29:14que ce soit le conseil constitutionnel
29:16l'état de droit
29:17ce que certains appellent
29:18une Europe fédérale
29:19si je devais vous demander
29:20à l'un et à l'autre
29:21deux décisions
29:22que vous conseilleriez
29:23ou que vous prendriez
29:24si vous aviez
29:25d'autres fonctions
29:26pour justement rétablir
29:28pour faire fonctionner
29:29ce que Thibault appelle
29:31le choc d'autorité
29:32et que s'il l'avait déposé
29:33il pourrait largement
29:34concurrencer le nez
29:35en termes de fortune personnelle
29:36Alors
29:39moi je ne raisonne pas
29:40comme ça
29:41donc
29:42je peux me permettre
29:47de donner ma réponse
29:48je pense que
29:50nous manquons
29:51de trois choses
29:52si on prend un peu
29:54de hauteur
29:56nous manquons
29:56de trois choses
29:58résumées en trois mots
30:01la jeunesse
30:02c'est le temps
30:02d'étudier la sagesse
30:03et la vieillesse
30:04c'est le temps
30:04de la pratiquer
30:05j'arrive au stade
30:06de la sagesse
30:08le premier mot
30:09c'est humanité
30:10je pense que
30:11dans toutes les décisions
30:12que nous serons amenés
30:14à prendre
30:14dans notre pays
30:15en Europe
30:18dans les mois
30:19et les années
30:20qui viennent
30:20il faut remettre
30:21la place
30:22de la personne
30:23au centre
30:24des préoccupations
30:25c'est ce qu'attendent
30:26nos concitoyens
30:27ils ont l'impression
30:28d'être
30:29quelque part
30:30ignorés
30:31une variable
30:32d'ajustement
30:33l'accélération
30:34du temps
30:34les révolutions
30:35technologiques
30:36la crise
30:36de l'autorité
30:37l'inquiétude
30:38voire la peur
30:39pour le contexte
30:40géostratégique
30:41l'individualisme
30:42ambiant
30:42la perte du collectif
30:43des crises
30:44qui sont simultanées
30:45c'est la première fois
30:46depuis la fin
30:48de la seconde guerre mondiale
30:49tout ce climat
30:50fait que
30:51les gens
30:52ont besoin
30:54de confiance
30:56et donc
30:57d'humanité
30:58le deuxième mot-clé
30:59c'est l'unité
31:00je suis frappé
31:02par
31:03la violence
31:04actuelle
31:05de notre société
31:05alors
31:07en province
31:08un peu moins
31:09parce que
31:10il y a le bon sens
31:11paysan
31:12j'habite
31:13la Vendée
31:13je viens toutes les semaines
31:14à Paris
31:15pour mes activités
31:15je vois la différence
31:17à Paris
31:18le gars
31:19il descend de sa camionnette blanche
31:20et il vous fout
31:21un coup de poing
31:23dans la gueule
31:23parce qu'il estime
31:24que vous n'aviez pas
31:25à être sur le passage
31:26couture
31:26au moment où il passe
31:27vous n'avez eu le temps
31:28de rien dire
31:28les gens sont
31:29d'une agressivité
31:30incroyable
31:30le paysage politique
31:32actuel
31:33c'est un parc
31:35animalier
31:35absolument incroyable
31:36quand vous voyez
31:38ce qui se passe
31:39aujourd'hui
31:41il y a déjà
31:4120 candidats
31:42déclarés
31:43etc
31:44on a perdu
31:45l'unité
31:46l'unité
31:47l'unité de vie
31:49apprendre à nos jeunes
31:50à réussir
31:51dans leur vie
31:52c'est vrai
31:52c'est important
31:53mais surtout
31:53à réussir
31:54leur vie
31:54l'unité
31:56et puis le troisième mot clé
31:58c'est l'espérance
31:58c'est le plus important
31:59pour moi
31:59c'est là dessus
32:01qu'on doit fonder
32:03tout projet
32:04quel qu'il soit
32:05l'espérance
32:06on ne peut pas
32:09faire croire aux français
32:10quelque chose de faux
32:11mais on ne peut pas
32:12entraîner des gens
32:13derrière soi
32:14vite, fort, loin
32:16si on va
32:17en manœuvrant
32:18en chantant
32:19dans le mur
32:19à la défaite
32:20moi je suis un footballeur
32:21quand je rentre sur un terrain
32:23c'est pour gagner
32:23et le type
32:25qui a la peur de perdre
32:27il perd
32:28garder l'espérance
32:29la France
32:29c'est un grand pays
32:31franchement
32:31quand j'étais chef d'état-major
32:33on était la première nation
32:35en Europe
32:35la deuxième dans le monde
32:36traité à l'aune
32:38et au même niveau
32:40que les Etats-Unis
32:40on a des industriels
32:42incroyables
32:43on a des scientifiques
32:45des ingénieurs
32:45extraordinaires
32:46on a des entreprises
32:47compétitives
32:48avec 50%
32:49de charges obligatoires
32:50j'ai découvert ça
32:51maintenant que je préside
32:52ma société
32:53c'est quand même extraordinaire
32:55et on y arrive
32:56la France
32:57est un pays génial
32:58je crois
32:59au génie français
33:00et je crois que
33:02bien sûr
33:02l'espérance n'est pas un optimisme
33:04c'est un désespoir surmonté
33:05disait Bernanos
33:07mais moi je crois
33:08qu'il faut garder
33:09cette petite flamme
33:11confiance dans la jeunesse
33:13aimons notre jeunesse
33:13elle nous le rendra
33:14et puis
33:15la France en a vu d'autres
33:17bien sûr
33:18on a devant nous
33:19des nuages noirs
33:20mais il y aura
33:21derrière ces nuages noirs
33:23forcément
33:25au moins
33:25il y a beaucoup de gendarmes
33:26dans la salle
33:27une culotte de gendarme
33:28et peut-être même
33:29du ciel bleu
33:30merci
33:34applaudissements
33:36qui peut-être Thibault
33:37sur l'aspect concret
33:39notamment dans votre dernier livre
33:40vous avez consacré un chapitre
33:42aux solutions
33:42qu'on pouvait prendre
33:43immédiatement
33:44pour mettre en place
33:45à certains chocs d'autorité
33:46est-ce qu'il y en a
33:47deux
33:48trois
33:48qui vous paraissent
33:49élémentaires
33:50mon cher Watson
33:52il y a beaucoup de travail
33:53mais la
33:55la première chose
33:56à changer
33:56c'est l'état d'esprit
33:58commençons déjà
33:59par appliquer nos textes
34:00ils ne sont pas parfaits
34:01sans doute
34:01il y en a qui doivent être
34:03modifiés
34:03renforcés
34:05mais appliquons la loi
34:06appliquons la loi
34:07ce que les gens
34:08ne comprennent pas
34:09tu parlais de bon sens
34:10périmant Pierre
34:10les gens ne comprennent pas
34:12pourquoi la loi
34:13n'est pas appliquée
34:14et je pense que ça commence
34:15par la réhabilitation
34:17dans les faits
34:18de l'utilisation
34:20par les forces de sécurité intérieure
34:23de la force légitime
34:24la force qu'elles tirent
34:25non pas de leur bon plaisir
34:26mais de la loi
34:26avec un cadre
34:27et ce cadre
34:28il est justifié philosophiquement
34:30parce que c'est la base
34:31du pacte social
34:32c'est à dire que dans un état
34:34les citoyens renoncent
34:35à la violence
34:36et à la justice privée
34:37ils délèguent
34:39le devoir de protection
34:41police, justice, armée
34:43à l'état
34:44en contrepartie de quoi
34:45ils payent des impôts
34:47mais ça crée une obligation
34:48pour l'état
34:48donc l'obligation de sécurité
34:50elle incombe à l'état
34:51et c'est même la première
34:52obligation de l'état
34:53Pierre parlait d'humanité
34:56les premières victimes
34:57de l'insécurité
34:59ce sont les personnes
35:00les plus défavorisées
35:01c'est toujours le plus faible
35:03c'est toujours la famille
35:04de l'immigré
35:06qui est en situation régulière
35:08qui bosse
35:08et dont les enfants
35:09veulent s'intégrer
35:10qui trinque dans les cités
35:11entre le marteau des islamistes
35:14et l'enclume
35:14des grands trafiquants
35:15de drogue
35:17c'est la réhabilitation
35:18de la force légitime
35:19quand un citoyen
35:21est tué par une racaille
35:22c'est un drame absolu
35:23quand un policier
35:24ou un gendarme
35:25est tué par une racaille
35:27c'est un drame absolu
35:28quand une racaille
35:29est tuée
35:30dans l'exercice
35:30de sa profession
35:32de fait
35:33par un gendarme
35:34ou un policier
35:35c'est un acte légitime
35:36qui doit être
35:39félicité
35:39le policier ou gendarme
35:41doit être félicité
35:42décoré
35:43promu
35:43mis en avant
35:44et les gens n'attendent que ça
35:46je parle même pas des policiers
35:47et des gendarmes
35:48je parle du peuple
35:48de la population
35:49donc c'est le premier point
35:51c'est cet état d'esprit
35:52c'est la réhabilitation
35:53de la force légitime
35:54c'est d'avoir des gens
35:55que ce soit à l'intérieur
35:57ou à la justice
35:58qui assument de dire
35:59nous nous sommes là
35:59pour protéger le peuple
36:00et nous protégerons
36:02tout le monde
36:03quelle que soit
36:05sa couleur de peau
36:06sa religion
36:07et son origine
36:08mais par contre
36:08tous les gens
36:09qui déconnent
36:10qui viennent
36:11pour semer la perturbation
36:13et pour
36:16contrarier
36:17le bon équilibre social
36:18et bien nous les traiterons
36:19avec la dureté
36:20que leur comportement mérite
36:21ça c'est le premier point
36:22et le deuxième
36:23plus largement
36:24c'est que je pense moi
36:26que l'état de droit
36:27l'état de droit
36:28c'est un cadre
36:29l'état de droit
36:30c'est pas ce qu'on met dedans
36:30c'est un cadre
36:31c'est à dire que
36:32ce que l'homme a fait
36:33l'homme peut le défaire
36:34ce que le peuple a fait
36:35le peuple peut le changer
36:36par le vote
36:37par ses représentants
36:38qu'il n'y a rien d'intangible
36:40dans l'histoire
36:40les gens qui vous disent
36:41on pourra jamais sortir
36:42de tel traité
36:43ou on pourra jamais revenir sur
36:44etc
36:45c'est totalement faux
36:46c'est une question de contexte
36:47et de volonté politique
36:48et de volonté populaire
36:49dans l'ordre de populaire
36:50et politique
36:51et ça
36:51ça veut dire que
36:53les choses peuvent changer
36:54l'état de droit
36:56n'empêche pas
36:57l'état
36:58de se défendre
36:59et de défendre sa population
37:00donc on peut changer
37:01un certain nombre
37:02de textes
37:04donc un changement
37:05au niveau de l'état d'esprit
37:06du message politique
37:06moi je pense qu'il faut
37:08réaligner
37:09un triptyque
37:10président de la république
37:11ministre de l'intérieur
37:12ministre de la justice
37:14sur
37:14ensuite
37:15qui descendent vers les parquets
37:16et les préfets
37:16pour exécution
37:17pour une reprise en main
37:19de l'autorité
37:20y compris par l'usage
37:21de la force
37:22la force sur le terrain
37:23et puis la force judiciaire
37:25et puis
37:26plus largement
37:27je pense qu'on ne pourra pas
37:29faire l'économie
37:29d'une réforme constitutionnelle
37:31d'ampleur
37:32moi je pense qu'il faut
37:32carrément changer la constitution
37:33n'ont pas arrivé
37:34à une sixième constitution
37:35le terme a été préempté
37:37par Mélenchon
37:37donc je m'en garderai bien
37:38mais
37:39de revenir aux origines
37:41avec une cinquième nettoyée
37:42et
37:43avec à la base
37:44la primauté
37:45du droit national
37:46postérieur
37:47sur
37:48le droit international
37:50et sur les traités signés
37:51ça je pense que c'est
37:52absolument
37:52indispensable
37:53parce que
37:55la rivière
37:56a complètement
37:56le lit de la rivière
37:57a complètement débordé
37:58sur les questions
38:00internationales
38:01de souveraineté
38:01de constitutionnalité
38:03etc
38:04avec une lourde responsabilité
38:06du conseil constitutionnel
38:07et au sein du conseil constitutionnel
38:09une très lourde responsabilité
38:11historique
38:11de ce que Laurent Fabius
38:12a fait du conseil constitutionnel
38:15mais
38:15j'allais dire
38:16c'est une autre histoire
38:17c'est malheureusement
38:18pas une autre histoire
38:18mais c'est un
38:19un autre sujet
38:20de détail
38:21donc
38:22ce qu'il faut avant tout
38:23c'est changer
38:24d'état d'esprit
38:25et n'oubliez jamais
38:26les amis
38:27d'abord que
38:28comme le dit Saint Paul
38:30l'espérance
38:31ne déçoit jamais
38:32et ensuite
38:33que c'est toujours
38:34les minorités déterminées
38:35qui font l'histoire
38:36et croyez-moi
38:37au CRSI
38:37la détermination
38:39il y en a
38:47si on veut avoir le temps
38:49et si vous voulez avoir le temps
38:50de faire signer quelques livres
38:51et de discuter officieusement
38:53autour d'un café
38:54on peut prendre peut-être
38:55une ou deux questions
38:56merci pour tout
38:58et c'est une question pour vous
39:00généreuse
39:03je suis pleine d'espérance
39:05mais très inquiète
39:06à l'heure actuelle
39:08j'ai l'impression
39:09que le président Macron
39:10avant de partir
39:11en 2027
39:12a actionné
39:14l'accélérateur
39:16de particules
39:17et qu'il veut
39:18absolument avancer
39:20son agenda
39:20le plus rapidement possible
39:23on n'a pas été capable
39:24de sauver
39:26les vitraux
39:28de Violet le Duc
39:30est-ce qu'on sera capable
39:31c'est ma question
39:32est-ce qu'on sera capable
39:34de l'empêcher
39:35de partager
39:36l'arme nucléaire
39:38avec l'Europe
39:39sachant
39:40que pour moi
39:41ce serait un acte
39:42de haute trahison
39:43merci
39:45alors c'est un sujet
39:47complexe
39:49et très confidentiel
39:50la dissuasion nucléaire
39:52c'est pour ça
39:53que c'est toujours difficile
39:54d'en parler
39:56et je vois beaucoup de gens
39:58qui en parlent
39:59sachant qu'il n'y a que
40:00deux personnes
40:00qui connaissent
40:01la totalité
40:02du secret nucléaire
40:04depuis celui
40:05qui appuie sur le bouton
40:06et celui
40:07qui est mis en oeuvre
40:09à la fois
40:10dans son avion
40:11ou dans son sous-marin
40:12il n'y en a que deux
40:13c'est le président
40:14de la république
40:14chef des armées
40:15et le chef d'état-major
40:16des armées
40:17donc il y a beaucoup
40:17de gens qui en parlent
40:18il y a beaucoup
40:19de premiers ministres
40:20de ministres des armées
40:22qui rêvent
40:22de tout savoir
40:23mais ils ne savent pas tout
40:24alors quant aux journalistes
40:26ou aux experts
40:26ils ne savent pas
40:28grand chose
40:29donc c'est très compliqué
40:30le discours
40:32auquel vous faites allusion
40:35d'il y a quelques semaines
40:37a avancé
40:40ce concept
40:40de dissuasion
40:41avancée
40:44j'ai été auditionné
40:45au sénat
40:46récemment là-dessus
40:47et donc j'ai dit
40:49la guerre est un art simple
40:51fait d'exécution
40:52au-delà du concept
40:54qui est une opération
40:57de communication
40:58en quelque sorte
40:58de coopération
41:00en matière
41:01de dissuasion
41:02avec les pays européens
41:03qu'est-ce qu'il y a derrière
41:05concrètement
41:06quel type de déploiement
41:08d'équipement
41:08quel type d'exercice
41:09conjoint
41:10comment concrètement
41:12on va
41:12pour le moment
41:13il n'y a rien
41:15je note que ce discours
41:17dans sa première partie
41:18était d'une bonne qualité
41:20et le président
41:21a expliqué
41:22que le monde
41:22avait changé
41:24c'est bien
41:26et en plus
41:27la description
41:28est bien faite
41:28parce que je
41:29je sais qui a écrit
41:30c'est quelqu'un
41:31de grande qualité
41:33la question c'est
41:34sur le nucléaire
41:35il faut changer
41:36puisque le monde
41:36a changé
41:37ok
41:37d'accord
41:38alors sur le conventionnel
41:40parce que là
41:41on actualise
41:42la loi de programmation
41:43militaire
41:43mais c'est pas une actualisation
41:45moi que j'appelle
41:46de mes voeux
41:47c'est une rupture
41:48c'est un changement
41:49de modèle d'armée
41:51pour recorréler
41:52les menaces
41:53les missions
41:53et les moyens
41:56alors on va actualiser
41:57parce qu'en fait
41:58bon on est sur la fin
42:00fin de période
42:01mais c'est une des raisons
42:03pour lesquelles
42:03j'ai écrit ce livre
42:04pour le succès
42:05des armes de la France
42:06c'est pour que
42:06les candidats
42:07aux prochaines élections
42:08se positionnent
42:10par rapport à ce que j'écris
42:11dans ce modèle nouveau
42:12que j'appelle
42:13de mes voeux
42:14puisque
42:16tous les spécialistes
42:17le savent
42:18nous sommes incapables
42:20avec notre modèle
42:21actuel
42:21de faire la guerre
42:23nous sommes capables
42:24de faire des opérations
42:25de guerre
42:26mais nous n'avons pas
42:27l'épaisseur
42:28la capacité à durer
42:30donc il faut
42:31changer de modèle
42:32et revenir à un modèle
42:33qui soit plus proche
42:34de ce qu'on avait connu
42:35avant la chute
42:36du mur de Berlin
42:36y compris en matière
42:38de défense opérationnelle
42:39du territoire
42:40que les spécnats
42:41parachutés soviétiques
42:43ils sont en partie
42:44déjà chez nous
42:46donc il faudra
42:46peut-être ouvrir les yeux
42:48alors
42:50sur la dissuasion
42:51avancée
42:52moi je pense
42:53qu'on en restera là
42:56parce que
42:57c'est très compliqué
42:58c'est très confidentiel
42:59et que
43:01bon an mal an
43:02on continuera
43:04la coopération
43:05franco-britannique
43:06issue du traité
43:06de Lancaster
43:07de 2010
43:08ça c'est une très bonne chose
43:10ça a été rappelé
43:11et c'est quelque chose
43:12qui fonctionne
43:13c'est l'Europe
43:14que j'appelle
43:14de mes voeux
43:15l'Europe
43:16de la coopération
43:17inter-étatique
43:18sur des projets concrets
43:19à géométrie variable
43:21ils n'ont pas
43:21l'Europe fédérale
43:22avec une armée européenne
43:24et une souveraineté européenne
43:26l'incarnation d'un peuple
43:27qui n'existe pas
43:28puisque l'Europe
43:29n'est pas un peuple
43:30c'est une mosaïque
43:31de peuples
43:32et donc
43:33c'est assez simple
43:34à comprendre
43:35à la condition
43:35qu'on soit d'accord
43:36sur patrie
43:37nation
43:37état
43:38que je vous ai expliqué
43:38donc on revient
43:39à la nation
43:40donc la souveraineté
43:42c'est l'incarnation
43:42d'une nation
43:43donc oui
43:45il y a
43:46un petit risque
43:47de vouloir accélérer
43:49mais je fais confiance
43:51à
43:53comment dire
43:54la
43:55la technostructure nucléaire
43:57c'est quand même
43:58extrêmement
43:59complexe
44:01pour quand même
44:02éviter
44:03qu'on aille
44:03vers
44:04un partage
44:06nucléaire
44:07le président
44:08a rappelé
44:10il sera le seul
44:11à appuyer
44:12sur le bouton
44:13il n'y aura pas
44:13de partage
44:14technologique
44:15alors c'est du
44:16ce discours était
44:18un grand moment
44:19de en même temps
44:21le lundi c'est noir
44:23le samedi c'est blanc
44:25c'était quand même
44:26fascinant
44:27quand on connaît bien
44:27le sujet
44:28c'était du grand art
44:30mais je pense pas
44:31qu'il y ait un risque
44:32que ça
44:34ça soit
44:35emporté
44:36dans les mois
44:36qui viennent
44:37vers un partage
44:39quelconque
44:40de la disparition
44:40nucléaire
44:41c'est mon analyse
44:42en tout cas
44:43je resterai
44:44très vigilant
44:45évidemment
44:45sur ce plan
44:51je ne résiste pas
44:53au plaisir
44:53de rebondir
44:54sur la question
44:55qui a été posée
44:56pour vous dire
44:57qu'en matière
44:57d'accélération
44:58de particules
44:59de villiers
44:59de montbrielles
45:00ce matin
45:00c'était pas mal
45:04merci à vous
45:04merci à vous
45:06merci à vous
45:08merci à vous
45:08merci à vous
45:10merci à vous
45:11merci à vous
45:12Sous-titrage FR ?
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