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00:10Générique
00:17Mesdames, Messieurs, bonsoir. Merci de vous informer sur Médien TV.
00:20Voici les principaux titres de votre soir info.
00:24L'Arabie Saoudite annonce l'interception de missiles balistiques lancés par les Houthis.
00:28Le bâtiment d'un géant pétrolier a été visé par une tentative d'attaque selon le ministère saoudien de l
00:35'énergie.
00:37Le président israélien a officiellement remis au chef de l'opposition le mandat de former le prochain gouvernement.
00:44Gadi Hazencott, ancien chef d'état-major, avait obtenu le soutien de 67 députés contre 46 pour Benyamin Netanyahou.
00:55Et enfin, en Syrie, face à la flambée du pétrole, les chauffeurs de taxi se tournent vers l'électrique, plus
01:01abordable.
01:02Les voitures électriques doivent toutefois relever d'autres défis que nous verrons durant cette édition.
01:12L'Arabie Saoudite annonce ce dimanche l'interception de deux missiles balistiques tirés par les Houthis.
01:18Les forces saoudiennes ont intercepté et détruit deux missiles balistiques lancés par la milice terroriste Houthi en direction de Riyad.
01:28C'est ce qu'a déclaré sur le réseau social X Turki El Melki, porte-parole de la coalition menée
01:33par l'Arabie Saoudite et soutien du gouvernement yéménite.
01:36De son côté, le ministère saoudien de l'énergie a déclaré qu'un bâtiment du géant pétrolier Aramco à Riyad
01:42avait été visé par une tentative d'attaque.
01:48Le président israélien a officiellement remis ce dimanche au chef de l'opposition le mandat de former le prochain gouvernement.
01:54Le gouvernement Isaac Herzog a déclaré que l'État d'Israël a besoin d'un gouvernement stable, disant attendre d
02:00'Eisenkot de tout mettre en œuvre pour former un gouvernement qui servira aussi bien ceux qui ont voté que ceux
02:06qui ne l'ont pas fait.
02:07Le président israélien a également ajouté qu'il devait faire avancer les processus diplomatiques dans la région après la guerre
02:14et mettre en œuvre le plan en 20 points du président Trump.
02:17Il dispose de 28 jours pour tenter de former un gouvernement.
02:24Gadi Eisenkot pourrait d'ailleurs incarner l'après Netanyahou, l'ancien chef de l'armée israélienne, connu pour être un
02:31homme discret et peu habitué aux projecteurs, entend désormais réunifier un pays profondément divisé.
02:37Portrait d'un général devenu candidat au pouvoir avec Younes Benzineb.
02:45Costume sombre, temps posé, discours sans détour, Gadi Eisenkot cultive la discrétion.
02:52A 66 ans, cet ancien chef d'état-major de l'armée israélienne entend pourtant incarner le changement.
02:59Le soir des élections, il affiche clairement ses ambitions.
03:11Le public a choisi le changement. La coalition de l'échec a perdu la confiance du peuple.
03:20Les Israéliens ont voté contre la poursuite du mandat de Benyamin Netanyahou comme Premier ministre.
03:32Une carrière militaire, quatre années à la tête de l'armée de 2015 à 2019.
03:38Et puis, une épreuve personnelle en décembre 2023, son fils Gal est tué dans la bande de Gaza.
03:44Une tragédie qui renforce la sympathie dont il bénéficie dans l'opinion.
03:48Aujourd'hui, Eisenkot promet de mettre fin au pouvoir du Hamas dans les 18 mois.
03:53Il veut aussi restaurer l'image d'Israël à l'international,
03:57renforcer les relations avec Washington et défendre une politique de rassemblement.
04:01Mais derrière le discours, les divisions restent profondes.
04:04Pas de majorité parlementaire pour son camp.
04:07Et une alliance avec les partis arabes,
04:09indispensable à certains scénarios, mais politiquement explosive.
04:18C'est le moment de former un gouvernement d'urgence national.
04:25Je ferai tout ce qui est possible pour nous montrer dignes de cette responsabilité.
04:32L'ancien général a désormais six semaines pour convaincre.
04:3661 députés à réunir, un pays à rassembler.
04:39Et un défi de taille.
04:41Succédé à Benyamin Netanyahou, l'un des dirigeants les plus longtemps au pouvoir en Israël.
04:50Des nouvelles frappes russes contre les infrastructures énergétiques en Ukraine ont privé d'électricité deux régions.
04:55Les efforts pour restaurer le réseau ont été compliqués par les attaques répétées.
05:00Dans une autre attaque, un drone russe a touché une installation critique dans la région de Kharkiv,
05:05dans le nord-est.
05:06Pour tenter d'apaiser les tensions, les représentants russes et Kiev
05:09doivent tenir des pourparlers les 10 et 11 novembre à Abu Dhabi.
05:17Le président destitué du Paraguay, Santiago Peña, a été placé samedi en détention provisoire.
05:23Santiago Peña est soumis à la détention provisoire.
05:26C'est son statut tant que le tribunal estime qu'il s'agit de la mesure appropriée.
05:31Le président déchu doit être placé en détention dans une installation militaire de la garde présidentielle
05:37où il avait été transféré vendredi soir pour raison de sécurité.
05:40après avoir été initialement assigné à résidence.
05:48Le président américain Donald Trump propose Dana White, patron de l'UFC,
05:53Ultimate Fighting Championship, de devenir le porte-parole de la Maison-Blanche.
05:58Dana sera une porte-parole hors pair, a affirmé le locataire de la Maison-Blanche,
06:03avant de lui demander de bien vouloir accepter ce poste resté vacant depuis la mi-octobre.
06:09Cette proposition intervient après le départ de Cathy Zachary,
06:13qui n'a occupé le poste de porte-parole que pendant cinq jours.
06:21Le parquet polonais annonce avoir ouvert une enquête pour acte à caractère terroriste.
06:26A la suite de la tuerie qui a fait six morts et une quinzaine de blessés la veille,
06:30un homme fasciné par les idéologies d'extrême droite a ouvert le feu sur des passants à Cracovie.
06:35Un acte qualifié de terrorisme par le Premier ministre Donald Tusk.
06:41Au domicile du tireur qui a été hospitalisé, les policiers ont en outre découvert trois corps,
06:46deux femmes et un homme, probablement ses parents et sa sœur.
06:50La Pologne, où les fusillades mortels sont rares, annonce deux jours de deuil national ce dimanche et lundi.
07:00Dans l'archipel des Canaries, les autorités de l'île espagnole d'El Hierro demandent l'aide de Madrid
07:06après avoir décrété l'état d'urgence en raison de l'arrivée de milliers de migrants.
07:10Plusieurs milliers de migrants sont arrivés ces dernières semaines dans cet archipel situé au large des côtes de l'Afrique
07:16de l'Ouest.
07:17Nombre d'entre eux ont débarqué à El Hierro où depuis début novembre,
07:21plus de 3 300 personnes sont arrivées à bord d'une trentaine d'embarcations selon les autorités locales.
07:27Vendredi soir, le gouvernement local a déclaré l'état d'urgence sociale sur l'île
07:31afin de réclamer davantage de ressources au gouvernement régional et national.
07:39Au moins 21 personnes sont mortes dans le naufrage d'une pirogue de migrants au large de Kébémère dans le
07:46nord-ouest du Sénégal.
07:47Selon le quotidien national Le Soleil, le naufrage s'est produit au large des côtes de la localité de Lumpoul
07:54dans la région de Louga entre Dakar et Saint-Louis.
07:58La plupart des victimes seraient originaires des communes de Léona et de Tiepé, issues du même département.
08:08La Fédération nationale des acteurs du commerce de Côte d'Ivoire poursuit la tournée nationale d'information
08:13et d'échange sur le processus d'enlèvement des marchandises au port autonome d'Abidjan.
08:18Une tournée dans cinq différentes villes avec pour objectif accompagner et encadrer dans l'exercice de leurs fonctions
08:24les chargeurs, importateurs et exportateurs ainsi que les marailleurs en zone portuaire.
08:30C'est un reportage signé Mélissa Connet et Fares Akora.
08:34Le commerce international est le moteur de la mondialisation, un pilier fondamental de la croissance économique
08:41qui consiste à importer ou exporter des biens et services entre pays.
08:46Ces flux constituent la balance commerciale d'une nation, un indicateur économique clé de sa richesse et de sa compétitivité.
08:53En Côte d'Ivoire, le port autonome d'Abidjan est la plateforme logistique majeure en Afrique de l'Ouest,
09:00traitant environ 85% des échanges commerciaux pour amener commerçants et acteurs portuaires à dompter le processus d'enlèvement des
09:08marchandises.
09:08Se tient à Abidjan la deuxième édition de la tournée nationale d'information et d'échange sur le processus d
09:15'enlèvement des marchandises au port autonome d'Abidjan,
09:18initiée par le Conseil national de la Fénaxie-Port et la Fédération nationale des acteurs du commerce de Côte d
09:24'Ivoire.
09:25Cette rencontre a pour objectif de créer un cadre formel d'échange plus inclusif avec les parties prenantes
09:32afin d'optimiser et garantir durablement les transactions et opérations.
09:36L'objet de la tournée, c'est d'aller vers nos opérateurs économiques, recenser leurs préoccupations,
09:44échanger avec eux tout ce qu'ils rencontrent comme difficultés sur la plateforme portière et ce qu'ils souhaiteraient aussi
09:51qu'on améliore.
09:53Avec Portem, comprendre le processus d'enlèvement des marchandises,
09:56la tournée nationale s'inscrit dans une démarche pédagogique, dont celle de la maîtrise des procédures douanières logistiques
10:04qui encadrent ce secteur d'approvisionnement du marché intérieur.
10:08Sorti de cette édition, beaucoup d'opérateurs seront plus édifiés sur la procédure d'enlèvement des marchandises au port autonome
10:18d'Abidjan.
10:19En ce sens qu'il y a une méconnaissance quelquefois des procédures,
10:23et donc ce qui entraîne des surcoûts pour les commerçants.
10:29Et donc aller à l'information permettrait de sortir plus tôt les marchandises
10:33que d'attendre que le conteneur ou la marchandise débarque avant d'engager les procédures.
10:39Pour les acteurs du secteur, cette tournée est l'occasion de comprendre les différentes étapes d'enlèvement des marchandises
10:45et mieux réguler le secteur.
10:46Celui-là même qui investit, qui injecte son argent, il fallait que lui-même soit satisfait.
10:50Mais quand il n'est pas satisfait, ça déchire, c'est alarmant en fait.
10:54J'ai proposé qu'il faille un atelier de formation, d'information pour que tout le monde soit véritablement mieux
11:00imprégné.
11:01Une tournée prévue pour cinq jours et dans cinq différentes villes du pays,
11:06devenant ainsi un instrument de compréhension optimale des actions pour une synergie plus dynamique
11:12entre les parties prenantes de l'activité d'un port en Côte d'Ivoire.
11:17En Égypte, deux trains sont entrés en collision ce dimanche au sud du Caire.
11:21Cet accident a provoqué le déraillement de plusieurs wagons et a fait au moins quatre morts et des dizaines de
11:27blessés.
11:28Un train circulant de Gizeh vers Fayoum a percuté l'arrière d'un autre train circulant vers le sud du
11:34Caire,
11:35vers la ville d'Assoin.
11:37Les autorités ferroviaires ont précisé que tous ces sites sont d'importantes destinations touristiques.
11:42Selon un premier bilan, l'accident a tué quatre passagers et 88 personnes sont actuellement blessées.
11:49Les autorités ont ouvert une enquête sur les causes de l'accident.
11:58On quitte l'Egypte pour l'Irak où des crues soudaines ont frappé la ville d'Herbil.
12:02Deux personnes, dont un enfant, ont trouvé la mort.
12:05C'est ce qu'ont indiqué les autorités.
12:07Ces inondations ont été causées par des précipitations exceptionnellement intenses
12:10qui ont paralysé une grande partie du réseau d'assainissement de la ville.
12:14De nombreuses habitations, boutiques et centres commerciaux ont été gravement touchées par les inondations.
12:20Des grues et des dépanneuses ont permis de dégager un grand nombre de voitures
12:25restées coincées sous des ponts et dans des tunnels.
12:33Direction la Syrie voisine où la flambée des prix du carburant pousse les chauffeurs de taxi à changer de voiture.
12:39De plus en plus nombreux à Damas, ils optent pour l'électrique, essentiellement des modèles chinois.
12:44Explication avec Younes Benzinem.
12:49Une voiture flambant neuve, silencieuse, qui tranche avec les véhicules vieillissantes dans les rues de Damas.
12:56Au volant, Mohamed Kanan, 42 ans, a fait le choix de l'électrique.
13:01Son ancienne voiture à essence lui coûtait désormais trop cher.
13:04Il a même installé une borne de recharge à son domicile.
13:12Avec cette voiture électrique, je peux parcourir 200 kilomètres pour seulement 6 dollars de recharge.
13:20Alors qu'il me fallait auparavant 26 dollars de carburant.
13:27Un changement qui s'accélère depuis plusieurs mois.
13:30Les importations de véhicules ont repris après la chute de Bachar Al-Assad fin 2024
13:34et l'assouplissement progressif des sanctions internationales.
13:38En quelques mois, près de 100 000 voitures ont ainsi fait leur entrée sur le marché syrien.
13:51Depuis près de 8 mois, nous constatons une augmentation de la demande
13:54pour les voitures électriques et les hybrides rechargeables.
13:59Cette évolution s'explique par la hausse du prix de l'essence, mais aussi par sa mauvaise qualité.
14:07Aujourd'hui, nous vendons 3 à 4 voitures électriques pour une seule voiture à essence.
14:15Dans cet espace d'exposition près de Damas, les modèles électriques occupent désormais une place importante.
14:21Leur prix contribue aussi à séduire les acheteurs.
14:24Les moins chers sont proposés à 9 000 dollars contre plus de 12 000 pour une voiture thermique.
14:29Mais tout n'est pas encore simple.
14:31Les bornes de recharge restent rares et les coupures de courant compliquent parfois les déplacements.
14:38Je suis très satisfait de la réduction des coûts.
14:40Mes clients apprécient aussi le confort d'une voiture neuve.
14:46Tout le monde est heureux.
14:49Dans les rues de Damas, les voitures électriques restent encore minoritaires.
14:53Mais face à l'essence toujours plus chère et aux pénuries récurrentes,
14:57elles pourraient bien devenir une solution durable pour les chauffeurs syriens.
15:02Place à présent à notre entretien avec l'invité de la rédaction.
15:15Et durant cet entretien, nous allons parler du Maroc,
15:17qui accélère la mise en place de son industrie nationale de défense
15:20avec deux nouvelles plateformes industrielles,
15:22Anouasar et Sidi Heia, totalisant 675 hectares.
15:27L'objectif est de développer des capacités locales de production,
15:29d'attirer les investissements étrangers et de renforcer progressivement
15:33la souveraineté technologique du Royaume du Maroc.
15:36Au-delà de ces projets, quelle stratégie le Maroc entend-il déployer
15:40pour bâtir une véritable industrie de défense compétitive et tourner vers l'avenir ?
15:45Pour en parler, nous recevons Abdelhamid Harifi,
15:48consultant dans les affaires militaires et chercheur en géostratégie.
15:52Abdelhamid Harifi, bonsoir et merci d'être avec nous.
15:57Bonsoir et merci à vous pour l'invitation.
15:59Alors pour commencer, quelle portée stratégique accordez-vous à la création
16:03des deux zones industrielles de défense de Anouasar et Sidi Heia ?
16:09Alors la création de ces deux zones intervient après la loi 10-20 de 2022
16:17et ses décrets d'application, et dans la continuité de l'accélération
16:21de la mise en place des orientations de Sa Majesté le Roi,
16:26chef suprême et chef d'état-major général des forces armées royales,
16:29pour renforcer la souveraineté nationale dans le domaine de l'industrie militaire.
16:36Donc on voit qu'il y a un modèle marocco-marocain dans la mise en place de cette vision,
16:41parce qu'on est en train de se baser sur les acquis qu'on a eus
16:48à travers les plans d'accélération industrielle pour renforcer ou mettre en place
16:56un outil industriel viable qui répond aux besoins du Maroc,
17:00mais aussi qui peut être intéressant à l'export.
17:06Et je peux dire que nos cellules de veille stratégique au sein des institutions militaires
17:13et des autres institutions de l'État font un travail exceptionnel
17:17pour étudier ce qui s'est passé sur des champs de bataille,
17:26que ce soit en Ukraine ou en Asie centrale,
17:30où on a vu qu'en absence d'un appareil industriel local
17:39pour approvisionner et entretenir les équipements engagés en combat,
17:46donc les États trouvent qu'on est au moment de problèmes
17:51pour soutenir l'effort militaire.
17:56Selon vous, M. Harifi, quelle complémentarité peut-on attendre
18:00de ces deux plateformes et quel type d'activité pourrait-elle accueillir ?
18:04Alors, les deux zones, on peut parler de complémentarité,
18:10mais pour moi, ce sont deux zones avec deux aspects industriels distincts.
18:17La zone de Noissard, c'est une zone de 75 hectares, proche de Medpart,
18:23là où on a eu le fleuron de l'économie et de l'industrie nationale en aéronautique.
18:31Donc, c'est une zone avec un espace réduit,
18:35appelée à travailler sur des sujets fines,
18:39comme tout ce qui est optronique, électronique,
18:41et surtout la maintenance industrielle, la maintenance aéronautique
18:47et des activités, si on veut dire, industrielles,
18:54qui ne sont pas en espace.
18:56Par exemple, la société MMI,
19:00enfin, Moroccan Military Industry,
19:02il aura deux sites,
19:04un site sur Noissard pour tout ce qui est tourelles,
19:09tout ce qui est…
19:11enfin, ce ne sont pas des choses létales
19:15où on a besoin de tests
19:19qui représentent un risque.
19:23Par contre, quand on parle de la zone de CDS,
19:27c'est une zone immense,
19:30on parle de 600 hectares,
19:32mais c'est parce que les activités qu'il va recevoir,
19:34c'est des activités qui consomment énormément en espace.
19:37Pas parce qu'on va produire des quantités énormes,
19:41mais parce qu'il y a des normes de sécurité à respecter.
19:43La CDS est une zone purement militaire,
19:46hautement stratégique et hautement sécurisée.
19:48Donc, il aura des espaces de tests,
19:52des unités pour tout ce qui est munitions,
19:55tout ce qui est ogive,
19:57tout ce qui est explosif, etc., etc.
20:00D'où l'explication de la taille de cette zone.
20:04Donc, voilà.
20:06Justement, est-ce qu'on peut dire que le Maroc
20:09cherche désormais à passer du statut d'importateur
20:11d'équipement militaire à celui de producteur ?
20:16Alors, je pense qu'on est encore loin de parler de producteur.
20:21Mais on est en train de vouloir garder en souveraineté
20:26sans pour autant que ce concept de souveraineté
20:30ne soit synonyme d'autarcie,
20:32dans la mesure où il n'y a aucun pays au monde
20:34qui arrive à produire de manière autonome
20:38ses propres armes ou ses propres systèmes d'armes.
20:40Donc, à part deux, trois États qui sont la Chine
20:44et les États-Unis.
20:46Autrement, il faut des coopérations,
20:48il faut des collaborations.
20:49Mais l'objectif du Maroc, à mon sens,
20:51c'est déjà avoir la souveraineté en termes de réparation,
20:57en termes d'approvisionnement
20:59de ces unités militaires,
21:03et en termes d'entretien de ces équipements.
21:07Parce que si on analyse les dépenses militaires du royaume,
21:12on va voir qu'il y a énormément de dépenses
21:15qui se font en devise
21:19pour des choses que le Maroc peut faire en local
21:22et sur des choses qui ne nécessitent
21:31une ingénierie très développée
21:34ou une technologie très développée.
21:35Donc, ça, c'est l'objectif premier.
21:37Deuxième objectif, c'est qu'on ne veut pas
21:40se lancer sur plusieurs volets
21:44dans l'industrie de défense.
21:46On veut aller là où il y a de la valeur
21:48et là où les retours d'expérience
21:56sur des champs de bataille modernes
21:59montrent qu'il faut investir,
22:01notamment sur les drones et l'antidrones,
22:03sur les systèmes de surveillance, etc.
22:05Et surtout, surtout, la possibilité
22:08de produire localement les munitions.
22:11On peut avoir énormément d'avions,
22:13énormément de chars, énormément de pièces d'artillerie,
22:17mais si on n'arrive pas à avoir une machine
22:19pour produire les munitions, pour les mettre en place,
22:23tout ce matériel-là ne vaut rien.
22:26Et on a vu un exemple.
22:29Justement, dans quel domaine, selon vous,
22:31le royaume possède-t-il les meilleurs atouts
22:33afin de développer une industrie nationale ?
22:37Alors, comme j'ai dit auparavant,
22:39là, on va se lancer sur la partie optronique,
22:42la partie électronique et la partie maintenance industrielle.
22:47D'où que les premiers accords annoncés, si on veut dire,
22:54portaient sur tout ce qui est MRO,
22:56avec le code Martin, par exemple,
22:58pour les avions américains en service
23:02chez les forces armées royales.
23:04Mais aussi, c'est une optique qui sera ouverte
23:06pour les avions américains en service
23:10chez les pays africains.
23:12On est en train, et ça a été annoncé,
23:16de se lancer sur des unités industrielles
23:19pour tout ce qui est drones, à bas coût, d'accord ?
23:22Parce qu'on a vu en Ukraine, au Moyen-Orient maintenant,
23:28que l'outil militaire qui fait vraiment trop mal,
23:35si j'ose utiliser l'expression,
23:37c'est des outils qui sont très abordables,
23:40notamment les FPV, les drones kamikazes,
23:43et qu'on peut faire.
23:44Parce qu'on ne peut aujourd'hui créer de la dissuasion
23:49si on n'arrive pas à avoir de la saturation.
23:52Et pour avoir de la saturation,
23:53il faut être autonome dans la production
23:55de ces outils qui sont formels.
23:58Alors, je reviens juste sur un de vos propos.
24:01Vous avez parlé de drones.
24:02Est-ce que, selon vous, les drones et les systèmes autonomes
24:04peuvent-ils constituer l'un des premiers domaines d'excellence
24:08de l'industrie marocaine de défense ?
24:11Justement, j'affirme ce que vous avancez,
24:16parce que ce qui a été annoncé de la part de l'État marocain,
24:20et c'était d'ailleurs très autonome de la part du Maroc
24:23d'être dans cette audace d'annoncer ce genre de contrat,
24:31c'est l'accord avec Armaton et AI,
24:35pour une unité de production d'outils autonomes anti-drone,
24:40et la création d'une filiale marocaine d'Armaton
24:44pour la production de drones marocains
24:47pour les attaques en profondeur.
24:49Donc, l'État marocain est conscient que ce sont ces deux volets
24:53qui seront l'affaire de lance de son industrie de défense naissante.
25:00Est-ce qu'à terme, le Maroc peut devenir un acteur industriel
25:03et un fournisseur d'équipements de défense à l'échelle africaine, selon vous ?
25:08Alors, on a cette volonté, je pense.
25:13Mais c'est des choses très risquées
25:16qu'il ne faut pas banaliser, dans la mesure où...
25:23C'est vrai que nous avons des accords
25:26et on bénéficie d'un capital sympathique auprès de plusieurs pays africains,
25:31mais c'est des pays à très haut risque.
25:33Et donc, ça sera mal pour l'image du Maroc
25:35de voir des systèmes made in Morocco
25:37utilisés sur des guerres civiles
25:39ou des guerres contre nos propres alliés
25:42ou des guerres ethniques ou des guerres religieuses.
25:44Donc, ça, c'est le premier volet.
25:48Deuxième volet,
25:50toute industrie,
25:53que ce soit militaire ou autre,
25:56on va la juger sur l'aspect rentabilité.
26:00Et je pense que,
26:01vu la concurrence qui est en Afrique,
26:03un industriel qui va s'installer au Maroc
26:05ne peut garantir à 100% la viabilité de son projet
26:10s'il va se contenter et du marché marocain
26:13et des quelques marchés africains
26:15qui seront ouverts à l'industrie marocaine.
26:17Donc, je pense qu'il y a des acteurs marocains
26:21qui sont conscients sur ce volet.
26:25Et d'ailleurs, j'ai rencontré personnellement
26:27des investisseurs marocains
26:29qui ont ramené des coopérations auprès d'industriels
26:33en Inde, en Sovénie et d'autres pays
26:35et qui sont en train de négocier des contrats
26:37pas uniquement en Afrique.
26:38Et j'ai rencontré, par exemple,
26:41le patron de Monocle Military Industry
26:43qui produit des tourelles de 30 mm
26:45pour les blindés indiens
26:47et il est en train de préparer une unité
26:50pour les munitions.
26:51Il ne parle pas Afrique, il parle Europe,
26:54il parle Amérique latine.
26:56Donc, cette ambition-là doit être présente
26:59chez l'industriel qui va s'installer au Maroc,
27:01chez les décideurs marocains
27:03pour avoir un produit rentable.
27:08Justement, M. Halifi,
27:10comment est-ce que le Maroc peut tirer
27:13le meilleur parti de ses partenariats
27:15sans pour autant rester cantonné
27:17à des opérations d'assemblage,
27:18sachant que le Maroc cherche à attirer
27:20des groupes industriels internationaux ?
27:23Alors, on n'est pas dans l'assemblage,
27:25Dieu merci.
27:27On est en train vraiment à négocier
27:32des transferts de technologies.
27:33Quand on parle, par exemple, Tata,
27:36on est déjà sur 35 % d'autos d'intégration
27:39et on vit 55 % sur le moyen terme.
27:43Quand on parle des drones,
27:47par exemple Armata,
27:48c'est des produits qui seront
27:50avec un taux d'intégration
27:52qui s'approche de 80 %.
27:54Donc, on n'est pas sur l'assemblage.
27:56On est vraiment sur la création de la valeur
27:58et la création d'un produit vraiment marocain
28:02et avec une forte valeur ajoutée industrielle.
28:06Maintenant, il faut noter
28:09qu'il y a des contraintes financières
28:12parce que je pense qu'il y a un décalage
28:14entre les ambitions du Maroc
28:16et l'outil financier marocain,
28:19qui est les banques,
28:19qui ne sont pas très présents sur ces volets-là.
28:23Deuxièmement, il faut accompagner cette dynamique
28:26avec de la formation
28:27parce qu'il faut créer des filières dans ce sens,
28:30des centres de formation dans ce sens.
28:32Et troisièmement,
28:34il faut insister sur les droits de propriété,
28:42surtout à l'export.
28:43Parce que jusqu'à maintenant,
28:46on parle d'industriels indiens, français, israéliens, etc.
28:49Mais est-ce qu'on aura la possibilité,
28:52même avec la présence d'accords de libre-échange
28:55avec des pays africains et autres,
28:56la possibilité de réexporter des produits
28:58qui sont produits au Maroc
28:59vers des marchés que le Maroc va choisir
29:02sans restriction de la part du pays d'origine ?
29:06Donc ça, c'est grosso modo le...
29:08Pour terminer, M. Harifi,
29:10à quel horizon peut-on espérer voir
29:12les premières unités industrielles
29:13pleinement opérationnelles
29:15et les premières productions nationales significatives,
29:18selon vous ?
29:20Alors, cette question m'a été posée
29:22en 2020 et 2022.
29:25Quand est-il en 2020 ?
29:27Je disais qu'il faut 15 ans minimum pour ça.
29:31Vu l'effort que l'État marocain est en train de faire
29:35et les projets qui sont en train de voir le jour,
29:38je pense qu'en l'horizon 2030-2035,
29:41on aura des systèmes marocains,
29:44pas que des systèmes produits au Maroc.
29:46Parce qu'il y a de l'ambition
29:47et aujourd'hui, il y a aussi du courage
29:49qui est en train d'être installé
29:52chez le Marocain, l'industriel marocain,
29:54l'investissement marocain, pour aller vers ces domaines.
29:57Et ça fait plaisir, parce que
29:59c'est des domaines
30:01qui créent de la valeur
30:02et c'est des domaines qui peuvent aussi être
30:04dans le moyen terme
30:06des vrais relais de croissance pour l'économie nationale.
30:09Merci beaucoup,
30:10Abdelhamid Harifi, pour votre analyse
30:12et d'avoir répondu à nos questions
30:13depuis la ville sainte de l'Amec.
30:15Je rappelle que vous êtes consultant
30:16dans les affaires militaires
30:18et chercheur en géostratégie.
30:20Merci infiniment.
30:21Merci à vous pour l'invitation
30:23et à la prochaine, Charles.
30:26À la prochaine, Charles.
30:27Il est l'heure à présent de faire le tour
30:28de l'actualité économique nationale et internationale
30:31et c'est avec Rachid Farhan.
30:40La dette extérieure du Maroc
30:42poursuit sa progression
30:43et l'a atteint 80,5 milliards de dollars
30:46à fin 2025,
30:47en hausse de 17,8% sur un an.
30:50Une augmentation qui dépasse largement
30:52la moyenne enregistrée
30:54dans les pays à revenus faibles
30:55et intermédiaires.
30:57C'est ce que révèle le rapport
30:58sur la dette internationale
30:592026 de la Banque mondiale.
31:01En 10 ans,
31:02l'encours de la dette extérieure marocaine
31:04est passé de 44,8%
31:06à 80,5 milliards de dollars.
31:09La dette publique et garantie
31:11par l'État représente à elle seule
31:1258,4 milliards de dollars,
31:15soit près des trois quarts du total.
31:17Mais cette progression
31:18doit être mise en perspective.
31:20Le poids du service de la dette
31:21englobe le remboursement du principal
31:24et les intérêts à diminuer
31:26par rapport aux recettes d'exportation.
31:28Il représente désormais 12%
31:30de ces recettes
31:31contre un niveau supérieur en 2024.
31:34Autre élément à relever,
31:35les nouveaux emprunts contractés
31:37auprès des créanciers privés
31:38coûtent en moyenne 5,4%
31:41contre 1,9%
31:42auprès des créanciers officiels.
31:45Après une récolte céréalière
31:46particulièrement favorable
31:48la saison dernière,
31:49le Maroc lance sa nouvelle
31:50campagne agricole.
31:51Au programme,
31:52davantage de semences,
31:53des équipements supplémentaires
31:55et un soutien renforcé
31:57aux agriculteurs.
31:58Mais les défis liés à l'eau
31:59restent importants.
32:01La campagne agricole
32:022026-2027
32:03a été officiellement lancée
32:04samedi 7 novembre
32:05dans la province
32:06de Frié-Bensalah.
32:08Le ministère de l'Agriculture
32:09prévoit de mobiliser
32:101,3 million de quintaux
32:12de semences certifiées
32:14avec des prix subventionnés
32:16revus à la baisse.
32:17Autre objectif,
32:18développer le semi-direct
32:19sur 540 000 hectares
32:21grâce notamment
32:22à l'acquisition
32:23de 184 nouveaux semoirs
32:25destinés aux coopératives.
32:27Le dispositif prévoit
32:28également l'approvisionnement
32:30du marché
32:30en 500 000 tonnes
32:32d'engrais phosphatés.
32:33Reste toutefois
32:34un défi majeur,
32:35l'irrigation.
32:36La couverture des besoins
32:37en eau
32:38dans les grands périmètres
32:39n'a atteint que 26%
32:41lors de la dernière campagne.
32:42Du Maroc,
32:43direction maintenant
32:44l'Afrique subsaharienne
32:46où les enjeux
32:47de financement public
32:47et de développement
32:49des filières agricoles
32:50et industrielles
32:51restent au cœur
32:52de l'actualité économique.
32:54La République du Congo
32:55prévoit de mobiliser
32:56d'importantes ressources
32:57sur les marchés financiers
32:58pour financer son budget
33:002027.
33:01Le recours aux émissions
33:02de titres publics
33:04devrait constituer
33:05l'un des principaux leviers
33:06de cette stratégie.
33:08Selon le projet
33:09de loi de finances
33:09transmis au Parlement,
33:11Brazzaville prévoit
33:12de mobiliser
33:12947,5 milliards
33:14de francs CFA
33:15à travers l'émission
33:16de bons
33:17et d'obligations
33:18du Trésor.
33:19Cette enveloppe
33:20représente environ
33:2174,3%
33:23des ressources
33:24de trésorerie
33:25et de financement
33:26prévues
33:26pour l'exercice
33:272027
33:28estimé
33:29à 1274,6 milliards
33:31de francs CFA.
33:32Le gouvernement
33:33entend ainsi
33:34s'appuyer largement
33:35sur le marché
33:36des titres publics
33:37de la zone CEMAC
33:38pour couvrir
33:39ses besoins
33:40de financement.
33:41Une stratégie
33:41qui traduit
33:42l'importance croissante
33:43du marché régional
33:44dans le financement
33:45des économies
33:46de la sous-région.
33:47En Côte d'Ivoire,
33:49la filière du caoutchouc naturel
33:50célèbre un demi-siècle
33:52de structuration
33:53et de développement.
33:54La Promac,
33:55l'Association des professionnels
33:56du caoutchouc naturel,
33:58marque ses 50 ans
33:59dans un contexte
34:00où le pays s'impose
34:01parmi les principaux
34:02producteurs mondiaux.
34:04Créée en 1975,
34:06la Promac
34:06a contribué
34:07à organiser
34:08et à accompagner
34:09le développement
34:09de la filière
34:10heavy-école ivoirienne.
34:12La Côte d'Ivoire
34:13est devenue
34:13depuis 2025
34:14le deuxième producteur
34:15mondial
34:16de caoutchouc naturel.
34:17Les célébrations
34:18du cinquantenaire
34:20ont eu lieu
34:20les 5 et 6 novembre
34:22à Abidjan
34:23à l'occasion
34:24de la deuxième édition
34:25des journées
34:25du caoutchouc naturel.
34:27Au-delà
34:27de cet anniversaire,
34:28les défis restent importants.
34:30Développer
34:30la transformation locale,
34:32renforcer
34:32la durabilité
34:33de la production
34:34et améliorer
34:35la rémunération
34:36des acteurs
34:37de la filière.
34:38Et à l'international,
34:39plusieurs signaux
34:39retiennent l'attention,
34:41une crise bancaire
34:42qui secoue
34:42le Paraguay
34:43et une succession
34:44très disputée
34:45à la tête
34:46de la banque centrale
34:47européenne.
34:48Au Paraguay,
34:48les premières opérations
34:49de remboursement
34:50apportent un certain
34:51soulagement
34:52aux clients
34:52d'Uinobank,
34:54placés sous tutelle
34:55après une grave crise
34:56bancaire.
34:57Mais derrière
34:57les premiers versements,
34:59l'inquiétude
34:59et la colère
35:00restent fortes.
35:01Près de 3 millions
35:02de clients ont été
35:03touchés par le gel soudain
35:04des dépôts
35:04de cette banque
35:05en ligne.
35:06Selon la banque centrale
35:07paraguayenne,
35:08près de 1,2 million
35:09d'épargnants
35:10avaient déjà reçu
35:11des avances
35:12samedi matin.
35:13Les remboursements
35:14sont assurés
35:14par le fonds
35:15de garantie
35:16des dépôts.
35:17La couverture
35:17concerne d'abord
35:18les petits comptes
35:19jusqu'à 10 millions
35:20de guarani
35:21avant d'être
35:22progressivement étendus
35:23dans la limite
35:24d'environ 20 000 dollars.
35:26La crise a également
35:27pris une dimension
35:28politique majeure.
35:29L'ancien président
35:30Santiago Peña
35:31a été destitué
35:33et inculpé
35:33dans cette affaire,
35:34notamment pour abus
35:35de confiance
35:36et protection
35:37présumée
35:38de la banque.
35:39Malgré la reprise
35:40progressive
35:40des versements
35:41de nombreux épargnants,
35:43restent traumatisés
35:44par la perte
35:44soudaine
35:45d'accès
35:46à leurs économies.
35:47La succession
35:48de Christy Lagarde
35:49à la tête
35:50de la Banque Centrale
35:51Européenne
35:51se précise.
35:52Deux candidats
35:53sont désormais
35:54officiellement en lice,
35:55l'un irlandais,
35:56l'autre espagnol.
35:57Un choix stratégique
35:59pour l'avenir
35:59de la politique monétaire
36:01de la zone euro.
36:01Il s'agit de
36:03Clas Knot,
36:04ancien gouverneur
36:04de la Banque Centrale
36:05des Pays-Bas
36:06et de Pablo Hernandez
36:07de Coz,
36:08ancien gouverneur
36:09de la Banque d'Espagne.
36:10Leurs candidatures
36:12ont été confirmées
36:13par le président
36:13de leur groupe.
36:15Les ministres
36:15des Finances
36:16de la zone euro
36:17doivent examiner
36:18les candidatures
36:19avant de formuler
36:20une recommandation
36:21aux dirigeants européens
36:22qui prendront
36:23la décision finale.
36:25L'objectif
36:25est de parvenir
36:26à une nomination
36:27d'ici la fin
36:28de l'année.
36:30Votre 100 infos
36:31se poursuit avec
36:31l'Instant Culture.
36:32Méliane Khamlichy
36:33reçoit aujourd'hui
36:34le scénariste
36:35et réalisateur
36:36Jérôme Cohen-Olivard.
36:47Mesdames et messieurs,
36:49bonsoir
36:49et bienvenue
36:50dans l'Invité Culture.
36:51Comment communiquer
36:53quand on n'a pas
36:54les mots,
36:54les codes,
36:55quand on se sent
36:56incompris ?
36:57Mon invité
36:58ce soir
36:59livre avec son film
37:00Autisto
37:01une œuvre profondément
37:03humaine et personnelle.
37:04Une fresque intime
37:06qui embrasse l'autisme
37:07dans toute sa dualité.
37:08La brutalité
37:09d'un quotidien éprouvant
37:11opposé à la poésie
37:13d'une communication
37:14silencieuse
37:15semblable
37:15à un sixième sens.
37:17Cette vision
37:18prend vie à l'écran
37:19grâce à un trio
37:20de personnages
37:21vibrants d'émotions.
37:22Malika,
37:23une mère au fort caractère
37:24épuisée par la charge
37:26et l'anxiété
37:27du lendemain.
37:28Adam,
37:29son fils,
37:30atteint d'un autisme sévère
37:31et Mahmoud,
37:32un vieux gardien
37:33de cimetière
37:34au passé douloureux.
37:36Dans ce long métrage,
37:37Jérôme Cohen-Olivard
37:39explore avec
37:40une rare sensibilité
37:44la solitude des aidants,
37:46le poids du regard social
37:47et la possibilité
37:48d'un lien spirituel
37:50qui transcende les mots.
37:52Bonsoir à vous,
37:53Jérôme.
37:54C'est un plaisir
37:54de vous avoir
37:55convaincu.
37:56Merci d'avoir accepté
37:58cette invitation.
37:58Donc,
37:59Autisto,
37:59qui est sortie cette semaine,
38:01qui est maintenant en salle,
38:02donc accessible
38:03pour le public,
38:05un film
38:05qui s'inspire,
38:07on va dire directement,
38:08de votre expérience,
38:09profondément humain,
38:11mais aussi très personnelle.
38:13À quel moment
38:14avez-vous ressenti
38:15le besoin
38:16de transformer,
38:17on va dire,
38:17ce vécu personnel
38:19en un projet
38:21cinématographique
38:21que vous voulez
38:22transmettre
38:23et partager
38:23avec le public ?
38:24En fait,
38:25ça m'effleurait souvent
38:27l'esprit,
38:29mais
38:30je n'avais pas
38:31l'impulsion nécessaire
38:32pour y aller.
38:33Je n'avais pas
38:34le déclic
38:35et surtout,
38:36peut-être,
38:36le besoin aussi
38:37d'en parler.
38:39Alors,
38:39je propose
38:39qu'on lance tout de suite
38:40la bande-annonce
38:41pour qu'on voit
38:42un petit peu
38:42des images,
38:43qu'on ait un petit teaser,
38:45un petit teasing
38:45du film
38:46et on pourra
38:47rentrer
38:50dans les détails
38:51plus tard ensemble.
39:08Il y a des
39:23Je ne peux pas te dire que tu n'as pas fait.
39:28Je n'ai pas à donner la vérité.
39:31Tu n'as pas à l'écrire, tu ne peux pas.
39:34J'ai été tué.
39:44Mais Hamoud, tu n'es pas avec toi.
39:46Mais Hamoud.
39:47Hamoud n'est pas un ami.
39:48Je suis avec toi.
39:50Je suis avec toi.
39:51C'est ce que j'ai besoin d'être.
39:52Et j'ai besoin d'être à toi.
39:54J'ai besoin d'être à toi.
39:56J'ai besoin d'être à toi.
39:57J'ai besoin d'être à toi.
40:16C'est parti.
40:18J'ai besoin d'être à toi.
40:21J'ai besoin d'être à toi.
40:23J'ai besoin d'être à toi.
40:23Allez, allez.
40:24Medica, mon Medica.
40:27Bien, bien, bravo.
40:29J'ai besoin d'être à toi.
40:31J'ai besoin d'être à toi.
40:31J'ai besoin d'être à toi.
40:38Alors, voilà une bande-annonce déjà.
40:40Il y a marqué octobre parce que c'est une vieille bande-annonce mais c'était novembre.
40:43C'était une vieille bande-annonce.
40:45D'accord, d'accord.
40:46Un film chargé en émotions, un jeu d'acteur assez présent, un sujet sensible qui est abordé.
40:56On va donc revenir maintenant qu'on a un petit aperçu, on a des images et une idée du film.
41:00On va revenir donc sur ce projet sur lequel vous avez travaillé.
41:04Comment est-il né ?
41:06À quel moment il y a eu ce déclic où vous vous êtes dit, c'est le moment.
41:09Il faut que je me lance.
41:10Il faut filmer ça.
41:13Alors, je pourrais pas...
41:15Je pourrais pas vous dire...
41:17C'est devenu graduellement.
41:20Encore une fois, comme je vous ai dit, ça venait, ça partait, ça m'effleurait, puis ça repartait.
41:28J'étais dans une espèce de dynamique de guerre, donc pas vraiment dans l'idée d'aller tourner, d'aller
41:38sortir de cette dynamique-là qui était un combat au quotidien.
41:42Et je me disais, mais Jérôme, tu le vis au quotidien.
41:46Est-ce que tu as vraiment besoin d'en parler ?
41:48Il y a une tonne de gens qui sont dans la même situation que toi.
41:53Qu'est-ce que tu as à dire de particulier ?
41:54J'ai pas envie de parler de la souffrance.
41:56C'est quelque chose qu'on a envie, c'est quelque chose de personnel, c'est quelque chose d'intime.
42:00Il y a cette pudeur par rapport à toutes ces souffrances.
42:04Même si tu en parles, je veux dire, c'est quoi l'angle ?
42:07J'ai un problème avec ça, avec l'angle.
42:08Et sous quel angle ? Si je propose pas quelque chose et que je fais juste un constat ?
42:14Non, c'est pas mon job, c'est pas mon rôle.
42:20Et à un moment, plus mon fils a évolué, plus il est allé vers l'adolescence,
42:25et plus j'ai senti une forme de spiritualité chez lui
42:30et une façon de communiquer avec peut-être deux ou trois personnes de son entourage
42:36qui était de l'ordre du surnaturel.
42:40Il y a eu ça, il y a eu son adolescence aussi et toutes les difficultés qui viennent avec l
42:46'adolescence,
42:47à savoir le questionnement par rapport à la sexualité.
42:51C'était quelque chose aussi d'assez compliqué à gérer, difficile d'en parler.
43:03Et en plus, c'était silencieux.
43:06Il y a des personnes autour de moi, on parle souvent de l'enfant autiste, de l'adulte autiste.
43:11Cette transition entre l'enfance et l'adulte, qu'est-ce qu'on en fait quand on a un jeune
43:17garçon
43:18qui a des besoins, qui a besoin de contacts ?
43:24À ce moment-là, je pense que c'était le déclic.
43:26Et là, je me suis dit, peut-être Jérôme, que je devrais en parler parce que toi-même, tu n
43:31'as pas vraiment la réponse.
43:33Et donc, vas-y, pose la question.
43:37C'est beaucoup plus intéressant plutôt que de faire un constat sur l'autisme.
43:40– Et quel angle finalement vous avez choisi de… ?
43:43– L'angle de ce jeune garçon qui est de transition entre l'enfance et l'âge adulte,
43:52qui a tous ses sens en éveil.
43:55Donc déjà que l'autiste lui-même, l'enfant autiste, a déjà des sens totalement exacerbés.
44:02Et comme vous avez dit si bien, un vrai sixième sens, on n'est pas du tout dans la métaphore.
44:08Ils ont vraiment quelque chose de l'ordre du mystique.
44:13Et ils voient des choses qu'on ne voit pas et ressentent ça.
44:16On le sait, scientifiquement, c'est prouvé.
44:18On sait très bien que le cerveau d'un autiste a des capacités,
44:22a des connexions qui se font dans son cerveau,
44:26qui ne sont pas de l'ordre de nous, de l'humain tel qu'on le conçoit, vous et moi.
44:32Donc ça aussi, j'avais envie d'en parler.
44:34Voilà, donc cette espèce de convergence d'idées,
44:40convergence d'énergie a fait qu'à un moment, ça m'a pris et on y est allé.
44:47J'ai eu la chance aussi, et ça c'est un point tournant aussi dans ma vie,
44:52de rencontrer la bonne productrice que vous avez reçue et qui a fait que ce film a pu être ce
45:01qu'il est aujourd'hui.
45:02Donc, la vie fait bien les choses.
45:07Et donc, il y a eu cette...
45:09Au moment où les étoiles se sont alignées, on y est allé tout simplement.
45:13Et après, c'est vrai qu'il y a eu quelque chose, encore une fois, de l'ordre du surnaturel,
45:17à savoir que les choses s'imposaient à nous de façon hyper évidente, organique.
45:24On n'avait pas besoin de faire d'efforts.
45:27Les choses se mettaient en place comme ça.
45:29Et c'est souvent l'histoire...
45:31On dit souvent qu'il y a un dieu du cinéma.
45:33Et là, c'était vraiment plus un exemple marquant, justement, de cette phrase.
45:43Voilà.
45:44Donc, beaucoup de spiritualité qui vous ont accompagné tout au long de ce projet.
45:50Vous l'avez dit, vous vouliez, je pense, évoquer ou montrer l'autisme dans toute sa complexité.
45:57Et puis, également, ce personnage, Adam, qui a ce sixième sens.
46:03Quand on est derrière la caméra, comment on fait pour trouver cet équilibre,
46:07pour essayer de montrer cet autisme, cette dualité qui peut exister
46:11entre des moments de bonheur, de joie, et puis cette souffrance aussi,
46:15cette anxiété aussi, par rapport à l'avenir.
46:18On entendait tout à l'heure la maman qui disait à son fils dans la bande-annonce
46:23« Quand je ne serai plus là, tu verras ce que tu feras ».
46:26Donc, je pense qu'il y a toujours cette anxiété, cette peur du lendemain pour un parent.
46:31Et puis, ces émotions aussi, ce silence,
46:37cette manière qui est propre au personnage malade, autiste,
46:43et qui ne sait pas tellement communiquer,
46:46comment communiquer, qui n'a pas les mots.
46:48Comment on fait quand on est derrière la caméra
46:50pour transmettre toutes ces émotions et tous ces messages de la bonne manière ?
46:58Il y a une part d'intuition, en tout cas pour ma part.
47:01Mon travail de réalisateur est un travail, pour ma part, qui se fait de façon très intuitive.
47:10Et je pense aussi que transmettre à un acteur sa vision ne se fait pas qu'avec des mots.
47:20C'est avec un échange, c'est fait avec une présence.
47:24Et quand tout est réuni, quand en fait l'acteur vous a compris,
47:31il va donner ce que vous avez cherché à faire de façon presque…
47:36En fait, on établit une relation avec les acteurs de la même façon qu'on établit une relation amoureuse.
47:46Quand on est dans une relation,
47:51l'autre va agir en fonction de ce que vous lui projetez.
48:00vous allez avoir une relation avec X, ce ne sera pas la même relation qu'avec Y.
48:06C'est la même chose pour un réalisateur.
48:08Donc, imposer sa vision se fait et à la fois de façon intuitive
48:14et à la fois de façon, pour ma part, ultra technique et ultra précise.
48:23Et donc, les deux doivent s'accompagner, se conjuguer.
48:32Encore une fois, ça ne l'engage que moi.
48:34Pour ma part, pour que je puisse avoir le rendu que je veux.
48:40Donc, après, voilà, c'est vrai que je suis quelqu'un de…
48:43Et j'espère que ça ne…
48:45En tout cas, je ne pense pas que…
48:46C'est comme les coutures, c'est comme un couturier.
48:48On ne les voit pas, les coutures intérieures, mais il y en a beaucoup.
48:50Et en fait, c'est très, très technique.
48:53Pour moi, la réalisation, c'est une forme d'écriture.
48:57C'est-à-dire, pendant que je tourne, c'est une forme d'écriture.
49:00On réécrit les personnages sur le plateau.
49:04Et il y a aussi le fait que, quand ça sonne faux, pour moi…
49:10On reprend.
49:12On reprend et souvent, au lieu de refaire la même chose,
49:15je vais aller chercher quelque chose d'autre, une autre émotion.
49:19Parce que ce qui est dans le scénario est une chose,
49:24est une chose, mais ce n'est pas une Bible.
49:27Et quand vous arrivez souvent sur le plateau…
49:30C'est autre chose.
49:31Il se trouve que ce qu'on a écrit sur le scénario ne s'y prête plus vraiment.
49:35Que ce n'est pas…
49:37Et donc, à ce moment-là, il faut aller chercher d'autres choses.
49:38Je vais vous faciliter un peu ma transition.
49:40J'allais parler d'écriture, j'allais parler de scénario,
49:42parce qu'on a trois personnages principaux qui portent, on va dire, ce film.
49:46Et puis, ce personnage Mahmoud, gardien de cimetière.
49:51Pourquoi avoir choisi d'abord ce lieu ?
49:53Et puis, cette connexion entre ce personnage, qui a aussi un passé assez douloureux, et Adem ?
50:02Reposez-moi la question. Pourquoi avoir choisi Mahmoud ?
50:06Pourquoi avoir créé ce personnage et ce lien qui existe entre ce personnage et Adem ?
50:12Parce que c'est quelque chose que j'ai vécu.
50:16Pas de façon identique au film, mais j'ai vécu cette connexion entre mon fils et un autre personnage.
50:23Et c'était la même gestuelle, c'était la même connexion, les mêmes sourires, la même complicité.
50:30Après, je l'ai transposé dans le cadre de la fiction.
50:35Mais tout vient de quelque chose de...
50:37En général, dans le film, tout vient pratiquement de quelque chose de mon vécu,
50:44mais que j'ai essayé d'adapter à quelque chose de comestible, entre guillemets, pour que les gens puissent comprendre.
50:53Et puis, comment vous avez abordé cette relation, justement, entre Mahmoud et Adem ?
50:57Cette relation de jeu, cette dynamique aussi, qui s'incruste dans la dynamique familiale ?
51:05Comment ça s'est fait aussi ?
51:08Encore une fois, de la même façon, l'intuition, les bons gestes, les bons regards.
51:17Et puis, encore une fois, c'est un peu comme un prof avec un élève.
51:22Et il sait quand est-ce qu'il a fait juste et quand est-ce qu'il a fait faux.
51:25Et donc, je pense qu'on voit dans mon regard souvent...
51:27Je n'ai pas besoin d'en dire beaucoup.
51:30Après, au niveau technique, encore une fois, dans le blocking de la séquence et tout, je suis assez, même pas
51:40assez, c'est peut-être même à la limite des fois, trop rigoureux.
51:45Et ça ne se voit pas, mais je suis au centimètre près dans la démarche, dans les cadres, dans les
51:52mouvements, dans les déplacements.
51:53Pour moi, c'est minimétré.
51:55Et donc, c'est constamment ce jeu entre cette dichotomie entre, justement, ce côté hyper-ultra-technique et ce côté,
52:03on va dire, ultra-intuitif.
52:05Et aussi, je compte énormément sur les acteurs pour transcender, pour dépasser le scénario.
52:13Et c'est ce qui se passe, le scénario étant quelque chose, mais tous les acteurs m'ont donné, m
52:20'ont offert quelque chose en plus.
52:23Une dimension supérieure au scénario.
52:25Et c'est ça qu'il faut aller chercher, et c'est ça qu'il faut comprendre.
52:27C'est que le scénario est une base, c'est votre plan d'architecture, c'est votre maison, c'est
52:33la fondation de votre maison.
52:34Mais l'idéal, et c'est ce qui définit un acteur, un grand, c'est quand l'acteur va non
52:40seulement comprendre, mais va aller au-delà.
52:43Il va dépasser le maître, en fait. C'est l'élève qui dépasse le maître.
52:47Et quand je dis maître, bien sûr, c'est métaphorique, c'est en toute modestie.
52:51Mais je veux dire, donc on va avoir un acteur qui va au-delà de ce qu'espérait le...
52:55Alors des fois, ça peut être hors sujet ou hors jeu.
52:59Là, sur Autisto, c'était souvent très juste.
53:03Parce que justement, il me sentait et je n'avais pas besoin de dire grand chose sur le tournage.
53:09Pour revenir à cette spiritualité qui a accompagné le projet du début à la fin.
53:13Ouais, ouais.
53:14Si on devait conclure donc cet entretien, qu'est-ce que vous vouliez peut-être transmettre aussi ?
53:21Il y avait en quelques mots le message principal de ce film ? Ce serait quoi ?
53:28Il faut garder espoir. L'autisme, c'est une part de...
53:36C'est obscur.
53:39C'est cruel.
53:42C'est la vie dans toute sa...
53:47Dans toute sa cruauté.
53:51Et c'est à l'image de la vie qui est à la fois ultra dure, cruelle, sans pitié.
53:58Et aussi ce côté de la vie qui fait qu'on s'émerveille tous les jours de voir le soleil
54:06se lever, les feuilles bouger sur un arbre.
54:10Et voilà, les vagues.
54:13Avec l'autisme, on revient à la source.
54:16Quand on a un enfant autiste, je pense qu'il nous ramène vers une forme de vérité très pure qu
54:21'on avait oubliée.
54:22que la société nous a fait oublier parce qu'elle nous emporte dans ces...
54:26Elle nous emporte dans ces méandres, dans les griffes du matériel et du consumérisme.
54:32Et avec l'autisme, tout ça est chassé de la geste de la main.
54:36Et l'autisme vous dit, venez voir ce que c'est que la vie.
54:39Voilà, moi, ce que j'aime.
54:40Moi, j'aime quand je suis en voiture et que je sens ma tête et que je sens du vent
54:42sur mon visage.
54:44J'aime quand je rencontre telle personne que je n'ai pas eu depuis longtemps et que je la prends
54:47dans mes bras.
54:48C'est beau.
54:50Merci à vous, Jérôme Cohen-Olivar.
54:53C'est un plaisir de vous avoir comme invité de parler de ce film qui est actuellement en salle de
54:58cinéma.
54:58Merci à vous de m'avoir reçu.
55:00C'est un plaisir pour moi.
55:01Merci.
55:02C'est la fin d'Invité Culture pour ce soir.
55:04Très bonne soirée.
55:11Voilà qui referme ce journal.
55:12Merci à vous de nous suivre.
55:13L'information, vous le savez, se poursuit sur Médian TV et toutes nos plateformes.
55:16Quant à moi, je vous retrouve dans un instant pour votre synthèse de l'actualité.
55:19Sous-titrage Société Radio-Canada
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