Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 12 minutes
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Pascal Proé-Vous.
00:02La journée d'action a rassemblé 270 000 manifestants hors Paris, selon les autorités.
00:08Ça c'était à 13h, il est possible que le chiffre augmente un peu.
00:11Dans l'enseignement supérieur, 33% des établissements sont perturbés,
00:14près de 16% des enseignants sont en grève.
00:16Ce n'est que 16%, si vous me permettez.
00:19Matignon a fait état de 2,2% de lycées bloqués, soit 81 lycées.
00:25C'est pas grand chose, convenez-en.
00:27Le ministère de l'Intérieur a noté des tensions à Lyon,
00:29où plusieurs individus se sont constitués en black bloc,
00:32et des incidents à Nantes, ce qui n'est pas étonnant.
00:34Un lycée a été incendié près de Toulouse.
00:36Le lycée Françoise de Tournefeuille, des casseurs sont entrés tôt ce matin,
00:41ont tiré des mortiers en direction des agents, et allumé des feux.
00:46Marine Le Pen a tweeté, ces images sont insupportables, les chocs les français.
00:49Encore un lycée incendié, encore un lieu d'éducation attaqué,
00:53des élèves, des personnels confrontés aux conséquences d'une violence sans limite,
00:57et désormais systématique.
00:59On est avec Anna, qui nous appelle régulièrement, qui est commerçante à Paris,
01:04et on va essayer de préserver l'anonymat,
01:05de ne pas dire forcément dans quel quartier vous êtes, Anna.
01:08Bonjour.
01:09Bonjour Anna, bon, pardon, vous m'avez perturbée Pascal.
01:12Parce que vous m'appeliez comment ?
01:14Anna.
01:14Vous m'appeliez Anna ?
01:15Anna, c'est vous.
01:16J'étais dans mes pensées, j'attendais.
01:19Voilà, j'attendais.
01:20Bonjour à toutes et tous, c'est à vos auditeurs.
01:22Anna, vous êtes parisienne, vous ne travaillez pas aujourd'hui ?
01:25Ben non, écoutez, moi j'ai pris la décision de fermer parce que j'ai tenté de travailler la peur
01:29au ventre,
01:30et puis parce que les gens ne viennent pas aussi, les gens ont peur,
01:33donc les stations métro fermées, enfin voilà, les charges continuent de courir,
01:38mais j'écoute aussi ce que m'a dit mon assurance,
01:41c'est-à-dire largement conseillé de fermer, comme la dernière fois d'ailleurs,
01:45ce que je vous avais dit à l'antenne déjà.
01:48C'est entendu.
01:48Est-ce que vous avez chiffré le manque à gagner ?
01:51Ben écoutez, pas au total pour l'instant, pour deux raisons.
01:56D'abord parce que j'angoisse de le chiffrer.
01:59Ensuite, je n'ai pas vraiment eu le temps,
02:00mais j'ai des bouffées d'angoisse qui me manquent,
02:03parce qu'on ne sait pas comment on va s'en sortir,
02:05et sortir de cette crise, surtout, on n'a aucune visibilité.
02:09Donc je ferai ça le mois prochain, je vais regarder.
02:12Mais dans ce que j'entends autour de moi avec mes collègues du quartier,
02:16on est tous à peu près entre 30 et 50% de pertes de chiffres,
02:19ce qui est colossal.
02:21Vous imaginez bien, on est déjà à trois samedis,
02:24et puis ça n'a pas l'air de prendre le chemin de s'arrêter.
02:29Donc entre la colère, l'impuissance...
02:32Il y a une manifestation de prévu samedi, a priori, ou pas ?
02:35Elle est confirmée, cette manifestation ?
02:37Je demande à Laurent Tessierry.
02:38Pour l'instant, nous n'avons pas eu de confirmation, mais bon.
02:40Ils vont encore se mobiliser ?
02:42Mais pour le moment, il n'y a pas de confirmation.
02:44Ah non, c'est pas le parcours.
02:45On ne connaît même pas le parcours.
02:47Non, mais que dire ?
02:50En fait, il y a le droit de manifester, bien sûr.
02:54On a des minorités actives qui sont très puissantes aujourd'hui en France.
02:57Oui, mais on a aussi le droit de travailler.
02:59J'ai cité les chiffres, il y a 16% simplement, par exemple,
03:03des enseignants qui sont en grève.
03:0616%, c'est-à-dire qu'il y en a 84% qui...
03:09Bon, c'est quand même des majorités écrasantes.
03:12Mais ils sont chauffés à blanc par la France insoumise.
03:15Vous avez une sociologie de jeunes gens particulièrement en colère aujourd'hui.
03:20Des professions notamment précarisées, intellectuelles,
03:24jeunes adultes qui ont commencé dans la vie active
03:31et qui n'ont pas la vie, en tout cas matérielle ou financière, qu'ils imaginaient.
03:35Ça, c'est une sociologie.
03:36Donc on retrouve ça chez les intellectuels, chez les profs,
03:39chez les journalistes, bien sûr, dans les collectivités territoriales.
03:43Il y a beaucoup de jeunes gens qui travaillent.
03:45C'est vrai que la vie n'est pas facile,
03:47quand on travaille entre 25 et 30 ans,
03:49et que tu gagnes tout juste mieux que le SMIC.
03:52C'est difficile de se loger.
03:53C'est difficile, évidemment, d'acheter.
03:58Mais tout cela aussi est le résultat d'une politique de redistribution en France.
04:04Je ne cesse de le dire.
04:05Dans une politique économique, tu n'as que deux systèmes possibles.
04:09Soit tu prends beaucoup et tu redistribues beaucoup,
04:13soit tu prends peu et tu redistribues peu.
04:15Nous, on a choisi de prendre beaucoup et de redistribuer beaucoup.
04:18Donc les Français, ils payent ça aussi.
04:21La santé est gratuite.
04:22Il y a beaucoup de redistributions en France.
04:25Le chômage, si vous êtes arrêté, vous êtes évidemment assuré.
04:31Donc tout ça a un coût.
04:33Et ça a un coût, c'est 23-24%, je crois, de votre fiche d'impôt,
04:40plus la CSG.
04:43Vous avez quasiment 30% de différence aujourd'hui entre le brut et le net.
04:50Puisque la CSG, c'est 9%.
04:53C'est beaucoup trop.
04:55Oui, mais c'est beaucoup trop.
04:56Je sais, entre le brut et le net, il y a une grosse différence.
05:00Mais Géraldine, c'est aussi les Français.
05:02Mais je sais.
05:02C'est de la redistribution.
05:04Donc est-ce que vous êtes prêts à ce qu'on redistribue moins ?
05:07Est-ce que vous êtes prêts que, par exemple, lorsque vous serez au chômage,
05:11vous soyez moins assurés ?
05:12Est-ce que vous êtes prêts, lorsque vous allez à l'hôpital,
05:15peut-être à payer davantage ou à payer un peu, je ne sais pas ?
05:20C'est vrai qu'on n'a pas été habitués à ça.
05:21Ben oui.
05:22Donc les salaires sont bas, bien sûr.
05:25Les salaires sont bas.
05:26Ils le sont trop.
05:27C'est évident.
05:28Anna, vous avez des salariés ?
05:30Non, c'est ce qui me sauve, en partie.
05:33Parce qu'évidemment, d'abord, je n'ai pas les angoisses
05:34de devoir régler à la fin du mois comme mes collègues.
05:39Et c'est ce qui me sauve, parce qu'il n'y a que moi.
05:40Mais bon, j'ai tout le stock, j'ai des charges, et moi aussi.
05:43C'est-à-dire que ce que j'ai exprimé récemment en réunion dans mon quartier,
05:48c'est qu'il faudrait aussi que les gens comprennent
05:49que les commerçants sont des citoyens.
05:52Des hommes, des femmes, des gens qui ont des charges,
05:54qui ont des enfants, qui se soignent aussi, qui vivent en fait.
05:58Qu'on arrête de nous présenter, certains, certaines,
06:01sur les réseaux sociaux, on voit ça pas mal en ce moment,
06:04comme des gens ultra-privilégiés qui, s'ils ont un magasin,
06:08c'est qu'ils ont beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent.
06:10C'est pas du tout la réalité.
06:11Il faut arrêter de tout confondre et d'être dans le fantasme.
06:14Ça n'a strictement rien à voir.
06:16Un commerçant, c'est quelqu'un qui travaille énormément,
06:18qui prend très peu de congés, qui n'a pas de congés payés, je le rappelle.
06:21C'est tout le contraire d'un salarié.
06:23Donc, nous, on vit nos métiers avec passion.
06:26Mais le droit de manifester, je ne remets absolument pas ça en cause.
06:30C'est un droit inaliénable, et j'ai aucun souci avec ça.
06:32J'ai moi-même manifesté à chaque fois que j'en ai ressenti le besoin.
06:36Mais le droit de travailler, c'est aussi un droit.
06:39Voilà.
06:40Bien sûr.
06:41Donc, laissons-nous travailler.
06:43Là, on a de gros, gros soucis qui arrivent.
06:46Je ne peux pas vous dire quel quartier,
06:48mais un quartier de l'Est parisien,
06:51beaucoup de boutiques vont être mises en vente prochainement.
06:54Les gens ne veulent plus rester.
06:56Les gens ont peur.
06:58Ils ne veulent plus continuer à travailler dans ces quartiers-là.
07:01Donc, c'est compliqué.
07:03Il y a un effet domino qui n'est pas sans conséquences
07:07sur la vie de quartier, donc sur les riverains,
07:10sur les salariés qui vont être mis au chômage,
07:12sur les commerçants qui vont devoir arrêter,
07:18ou qui n'auront pas le choix.
07:19Vous voyez ce que je veux dire ?
07:20Je le vois complètement.
07:21En 24 heures, les vies brisaient, tout simplement.
07:24Dans les échos, il y avait un papier vraiment très intéressant.
07:27Ces derniers mois, il y a 50 000 emplois de commerçants
07:33qui ont été supprimés.
07:35Alors, c'est presque un plan social, mais invisible.
07:38Pourquoi ?
07:39Parce que c'est deux vendeurs ici, trois vendeuses là,
07:43un commerce ici.
07:44C'est-à-dire que c'est parfaitement...
07:47Évidemment, c'est pour ça que les gens en ont assez peu parlé.
07:50Parce que ça ne se voit pas.
07:52Ce sont des micro-échecs ou des micro-faillites
07:56qui se mettent en place.
07:58Mais j'ai lu ça dans les échos, c'était passionnant.
08:01D'ailleurs, 50 000 personnes.
08:03Mais qui va ouvrir aujourd'hui un commerce dans le centre-ville ?
08:07Qui va vouloir être à Rennes, à Nantes, à Bordeaux,
08:10ouvrir un magasin ?
08:11Mais ce n'est plus possible.
08:13Donc, ce n'est plus possible.
08:15Il y a des gens qui sont en train de détruire tranquillement la France
08:17et des minorités actives.
08:20Et comme tu as un gouvernement qui est faible aujourd'hui,
08:23c'est toujours la même phrase.
08:25On paye toutes les factures en 40 ans.
08:27Toutes les factures de 40 ans, on les paye en ce moment.
08:29Donc, c'est terrible d'ailleurs.
08:31Toutes nos lâchetés, tous les dénis, tout ce qui a été dit
08:34sur l'école, sur la justice,
08:36sur le manque de réponse à ce qui se passe
08:40sur le terrain, les manifestants,
08:43pour des raisons parfois bonnes ou mauvaises.
08:45Les flics n'interviennent pas.
08:47Ils ont l'ordre de ne pas intervenir.
08:49Pourquoi ?
08:49Parce que les gouvernements redoutent un drame
08:54depuis la mort de Malik Ousikine.
08:56C'était il y a 40 ans d'ailleurs.
08:57C'était en décembre 1986.
08:59Et de Rémi-Fraisse.
09:00Il y a toujours des raisons d'ailleurs.
09:02Il y a toujours des raisons.
09:03C'est pour ça qu'on n'est pas intervenus dans la ZAD de Nantes.
09:07La ZAD de Nantes pour l'aéroport Notre-Dame-des-Landes.
09:10C'était le Premier ministre Édouard Philippe.
09:13Il n'est pas intervenu.
09:14Donc, on cède.
09:15Quand on cède, je vais vous dire, on récolte ce qu'on cème.
09:18Voilà, on a tout.
09:20J'aimerais ajouter quelque chose, Pascal.
09:21Je vous en prie.
09:23Il y a quelques secondes à juste titre, on ne se rend pas compte.
09:27Trois dans deux par-ci, quatre par-là, etc.
09:29C'est quasiment invisible.
09:31Ce qu'il faut quand même que les gens comprennent, c'est que les commerçants sont les premiers
09:34collecteurs de TVA en France.
09:36Il faut expliquer aux gens à quoi sert la TVA.
09:38La TVA, ça aide justement à financer des équipements, des prestations publiques.
09:44C'est redistribué.
09:45Bien sûr, bien sûr.
09:46C'est une taxe sur la valeur ajoutée.
09:48Donc, quand un commerce ne fait pas de chiffres, pour quelques raisons que ce soit,
09:51c'est encore moins de TVA pour l'État.
09:55Donc, ça va être encore moins d'argent dans les caisses pour les citoyens.
09:59Donc, pour les écoles, pour la santé, pour la sécurité, etc.
10:04Les gens ne comprennent pas en fait que tout est lié.
10:07Il faut quand même...
10:08Vous voyez ce que je veux dire ?
10:09Anna, je vous inquiére, parce qu'il est 16h26.
10:11On va marquer une pause d'Emilides dans une seconde.
10:14Et évidemment, vous pouvez continuer à nous appeler.
Commentaires

Recommandations