00:00Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:02Il est 12h49 sur Europe 1, nous sommes ensemble jusqu'à 13h avec notre invité pour parler de cette cyberattaque
00:11qui a eu lieu dans la banque Crédit Mutuel.
00:15Nous sommes en train de nous poser beaucoup de questions.
00:18Comment se fait-il que dans une république française démocratique, on puisse perdre 100 millions d'euros comme ça, lors
00:27d'une cyberattaque ?
00:29Dites-nous tout.
00:30Laurent Maréchal.
00:31C'est clairement un braquage numérique, ça montre une chose, c'est que les cyberattaques sont passées de simples faits
00:38divers de temps en temps.
00:39Vous êtes expert en sécurité chez...
00:42Z-Scaler.
00:44Je disais effectivement qu'on est passé de faits divers, il y a encore quelques temps, à un risque systémique,
00:50ce risque systémique cyber qui n'épargne personne.
00:54Alors en ce qui concerne le Crédit Mutuel, c'est pas la banque directement qui a été viguée.
00:59Pourquoi ? Parce que les hackers, de plus en plus, ne vont pas s'attaquer à la forteresse, mais vont
01:05s'attaquer à tout l'écosystème qu'il y a autour.
01:07Un écosystème, c'est quoi ? C'est des entreprises qui vont travailler avec d'autres entreprises, des fournisseurs, des
01:14prestataires de services,
01:15qui sont peut-être un petit peu moins résilients au risque cyber.
01:18Et donc, c'est ce qui s'est passé, en l'occurrence, sur cette attaque.
01:22Les hackers ont pris possession, ou ont compromis des systèmes d'information de prestataires de services,
01:29permettant de rebondir ensuite vers la forteresse.
01:33Alors, je tiens quand même un petit peu à rassurer, dans le cas présent,
01:35les clients n'ont pas à supporter, ils ne supporteront probablement pas cette perte de l'ordre,
01:41je crois que le Crédit Mutuel a annoncé à peu près 100 millions d'euros.
01:44Ne rassurez pas pour rassurer, dites-nous vrai.
01:47Non, le vrai, c'est qu'aujourd'hui, le risque, il est rendu accru.
01:53Pourquoi ? Parce que beaucoup d'entreprises font face à une dette technique.
01:58Il y a l'émergence de l'intelligence artificielle.
02:00Donc, les hackers vont utiliser de plus en plus l'intelligence artificielle,
02:04de manière à opérer, si je puis dire, une militarisation dans leurs attaques.
02:09C'est-à-dire ?
02:10En quatre points.
02:11Le premier point, ça va être la reconnaissance de vulnérabilité.
02:14D'accord ?
02:15Que ça soit technique, un bug, une faille, quelque part, dans un système.
02:19Le deuxième, ou bien une faille humaine.
02:23Rappelez-vous le cas de Binance, encore cette semaine.
02:27Plusieurs milliards de dollars qui ont été expiltrés sur la crypto-monnaie.
02:32Qu'est-ce qui s'est passé ?
02:33Un employé de Binance a cru, tout simplement, faire face à un interlocuteur
02:39qui souhaitait, au travers d'un réseau social, le recruter.
02:42Non !
02:42C'est comme ça que ça s'est passé.
02:43Une erreur humaine.
02:45Alors, une erreur, une vulnérabilité humaine.
02:47C'est ce qu'on appelle du social engineering.
02:48Dans notre jargon, il y a beaucoup d'anglicisme, pardonnez-moi.
02:51C'est exploiter une crédibilité quelque part.
02:54D'accord ?
02:55Et à la fin de la fin, cet employé de Binance a téléchargé un logiciel malveillant.
03:02qui a pu ensuite servir au hacker de manière à accéder au système transactionnel côté crypto.
03:10Laurent Maréchal, on va avoir Mickaël qui nous appelle d'Île-de-France.
03:14Vous, Mickaël, vous dites qu'on se rend compte qu'effectivement, comme disait Laurent Maréchal,
03:17qu'on est dans une France fragilisée sur tous les plans.
03:21Bonjour, Mickaël.
03:21Oui, bonjour à vous, Christine, à tous ceux qui nous écoutent à la régie.
03:26Oui, j'ai regardé quelques chiffres rapidement en attendant.
03:29J'ai vu qu'il y avait 74% d'augmentation depuis 2024, 14% tous les ans depuis 2025.
03:36On voit qu'il y a France Travail qui s'est piratée, qu'il y a la NTS.
03:40Il y a une vraie insécurité numérique.
03:43Je constate que moi, à titre personnel, depuis très longtemps, je retire l'argent que j'ai sur mes comptes
03:50parce qu'en plus des risques d'attaque informatique qu'il peut y avoir.
03:56Moi, j'ai très peur aussi du gouvernement, d'être attaqué par le gouvernement.
04:00Parce que si jamais on est mis sous tutelle sur FMI, qui nous dit que les comptes ne vont pas
04:04être bloqués ?
04:05Qui nous dit qu'on ne va pas pouvoir avoir une capacité de retrait minimale ?
04:10Vous avez posé la question, c'est exactement ça.
04:13On a bientôt fini, Mickaël.
04:14Je vous interromps là, je vous prie de bien vouloir m'excuser, mais je rebondis.
04:18Merci de nous avoir appelés au Standard Europe 1, mais je rebondis sur la question de Mickaël.
04:23Effectivement, je retire mon argent des banques qui nous dit que tout ne va pas craquer.
04:28Est-ce que vous pouvez nous répondre là-dessus peut-être ?
04:30Laurent Maréchal, en direct sur Europe 1, expert cybersécurité.
04:33Je vais m'éloigner un petit peu du sujet gouvernance, politique, etc.
04:37Je vais rester sur le sujet en tout cas pour lequel je suis expert, qui est la cybersécurité aujourd'hui.
04:43L'auditeur parlait d'État.
04:45Effectivement, on sait aujourd'hui que les États attaquent d'autres États.
04:50Ça arrive tous les jours.
04:51On a la chance quand même en France d'avoir une agence qui s'appelle l'Agence Nationale de la
04:55Sécurité des Systèmes d'Information
04:58qui dépend du Premier ministre et qui a agi sur un certain nombre de faits qui se sont produits.
05:03Je parle de la DGFI, par exemple, etc.
05:06via la voix de son directeur qui est Vincent Strubel.
05:10Donc, il y a quand même des organes de protection qui sont là pour assurer une résilience,
05:16en tout cas auprès des entreprises que l'on peut caractériser comme des entreprises, des organismes d'intérêt vitaux.
05:23Dernier mot ?
05:24Oui, oui, oui.
05:25Les derniers mots ?
05:26Le dernier mot, c'est qu'il y a des besoins d'investissement, il y a des besoins d'intransformation.
05:33Ce sont des volontés qui doivent être prises de plus en plus, à la fois par le politique, mais aussi
05:39par les entreprises.
05:40Les solutions existent.
05:42Maintenant, il faut y aller.
05:43Merci infiniment Laurent Maréchal, expert en cybersécurité détenu dans le studio d'Europe 1.
05:49Nous dévoiler, nous révéler, mettre la lumière sur ces failles qui existent réellement.
05:54Gabrielle Cluzel, on a une émission riche, on a une émission dense.
05:57Vous avez 30 secondes pour nous faire cette conclusion.
06:00Je crois que nous avons souligné la grande inquiétude, la grande insécurité économique
06:04qui se termine finalement par l'insécurité financière concrète dans le dur.
06:10Et c'est profondément oxygène pour les Français.
06:13Moi, je voulais revenir sur votre sujet, vous avez raison.
06:15Il y a une vulnérabilité qui est liée sans doute à des retards.
06:18Mais il y a la peur qui se passe comme au Paraguay, au Liban, en Grèce, finalement, des comptes bloqués,
06:26de l'argent confisqué.
06:27Puis la peur d'être cambriolé, parce que c'est bien gentil de se dire je ne vais pas mettre
06:29mon argent en banque.
06:30Mais chez moi, si je le mets sous mon oreiller, ou sous mon baguette, en général, ça ne marche pas
06:36non plus.
06:36Merci à tous. Merci d'avoir été en direct sur Europe 1.
06:40Vous nous avez tellement touchés aujourd'hui que nous vous annonçons d'ores et déjà,
06:44que nous allons tenter, jeudi prochain, 12 novembre, puisque nous commençons à 10h,
06:50de faire une émission spéciale Pouvoir d'achat.
06:52Nous allons monter ça avec vous, tranquillement, une émission spéciale.
06:56Vous aurez la parole.
06:56Donc envoyez dès maintenant vos témoignages, si vous voulez qu'on vous rappelle,
06:59sur WhatsApp au 01 80 20 30 9 21.
07:02William et Alexandre vous rappellera.
07:04Vous rappellons.
07:05Merci à tous.
07:06Bonjour ma chère Clélie.
07:07Bonjour Christine.
07:08Bonjour à tous.
07:08Quel est le programme ?
07:09On va évidemment parler de cette journée de mobilisation, de grève, de manifestation contre la vie chère.
07:14Belle émission ma chère Clélie.
07:16Merci Christine.
07:17Merci.
07:17Très bon week-end.
07:18A lundi.
07:18Demain, c'était Elliot Deval de 10h à 13h et exceptionnellement aussi sur Europe 1.
07:22Merci à tous.