00:0011h-13h, Christine Kelly et vous sur Europe 1.
00:04Madame la sénatrice, plus de réglementation pour faire face à toute cette fraude,
00:09pour faire face à tout ce blanchiment d'argent, pour faire face à tout cet argent qui circule
00:14et qui n'est pas finalement ni régulé ni réglementé, mais plus de réglementation,
00:18mais qui embête en fait nous, ceux qui sont visibles, mais pas ceux qui ne sont pas visibles,
00:25c'est-à-dire que ceux qui méritent d'être embêtés, bloqués par la réglementation,
00:30ils ne sont pas un temps et justement la fraude perdue.
00:33Vous avez tout à fait compris le système, c'est-à-dire qu'on va prendre un certain nombre de
00:36réglementations
00:37qui vont vous empêcher de donner de l'argent à vos petits-enfants,
00:40qui vont vous empêcher de retirer du cash de la banque, c'est votre argent, vous l'avez gagné,
00:44vous en faites ce que vous voulez.
00:44Moi je trouve ça fou ça aussi.
00:46Et donc ça va créer une déclaration, une alerte, etc.
00:49C'est-à-dire qu'en réalité, on va plus réglementer ce qui est visible
00:52et ça va évidemment écraser les deux bouts de l'omelette, si j'ose dire,
00:57c'est-à-dire que ça va augmenter tout ce qui est moins visible
01:01et tout ce qui concerne le trafic de cash,
01:03parce que les banques, les assureurs, maintenant les vendeurs de voitures, d'objets de luxe, etc.
01:08sont de plus en plus surveillés, mais c'est toujours les mêmes qui sont surveillés.
01:12Et ça finit évidemment par gêner chacun d'entre nous dans sa vie quotidienne
01:19et ça devient tout à fait insupportable et c'est une des raisons.
01:23Alors dans ce livre, ce qui est intéressant, c'est les portraits.
01:26Parce qu'on se rend compte que la criminalité organisée peut être tout à fait votre voisine
01:33sans que vous le sachiez.
01:34Vous pouvez être un élément et un rouage d'une criminalité organisée sans le savoir.
01:37Je pense à la contrefaçon.
01:38En allant chez le coiffeur, en allant faire ses ongles.
01:41Voilà, donc l'idée quand même, c'est d'abord d'être vigilant.
01:44Il ne faut plus faire ses ongles.
01:45Et ensuite, pour le gouvernement, c'est vraiment un coup de gueule
01:51pour travailler en termes de globalité.
01:53Madame la sénatrice, vous nous quittez dans un instant, mais on a un regret.
01:58L'argent voulait à l'État immédiatement réinjecter dans les circuits mafieux.
02:02C'est intéressant.
02:03On a Marie qui nous appelle de Normandie pour vous, Madame Nathalie Gauley.
02:06Bonjour Marie, on vous écoute pour votre question, Madame la sénatrice.
02:10Bonjour Madame, je voulais vous demander aussi pourquoi vous ne faites pas d'investigation
02:16de toutes les retraites qui sont versées à l'étranger sans justificatif.
02:20Moi, je vous parle de mon cas personnel.
02:23Quand j'ai déménagé et que je suis arrivée en Normandie,
02:28le facteur ne me connaissant pas, c'était un remplaçant.
02:32Il a retourné un courrier de ma caisse de retraite en disant
02:35« On n'habite pas à l'adresse syndiquée. On m'a supprimé le versement de ma retraite
02:40qui était réglée à l'époque par trimestre. »
02:44Alors, je ne sais pas si vous imaginez,
02:45il a fallu que je retourne à Bordeaux
02:49pour justifier que ce témoin, je le dis bien vivante.
02:53Incroyable, incroyable.
02:54« Et ma mère, qui est en EHPAD, qui a 96 ans,
02:59il faut qu'elle justifie qu'elle n'ait pas remariée. »
03:02C'est exactement ce qu'on est en train d'expliquer.
03:05Merci beaucoup, Marie, de nous avoir appelé au Standard d'Europe 1.
03:07Marie, 80 ans, qui nous appelle de Normandie.
03:10Merci infiniment. Peut-être une réponse, madame la sénatrice.
03:11Oui, toujours pareil, avec Charles Pratt, ça fait des années qu'on se bat.
03:14Il y a quand même de l'amélioration dans les systèmes,
03:16des preuves de vie, etc., notamment pour les retraités qui sont à l'étranger.
03:19Donc ça, il y a beaucoup d'amélioration.
03:21Il reste, chère Christine Kelly, la prise de conscience,
03:26parce que ce n'est pas seulement de l'argent sale,
03:28ça crée de la criminalité.
03:29C'est de la criminalité organisée,
03:31et donc ça fragilise notre société.
03:33Vous comprenez qu'un gamin qui fait 3 000 euros
03:36dans un point de deal,
03:37ou qui vend de la contrefaçon aux puces,
03:40vous n'allez jamais le mettre en apprentissage.
03:42Alors, il y a une auditrice d'Europe 1
03:45qui m'a envoyé un message en disant
03:47qu'il y a Andy Kerbrat, par exemple,
03:48qui a utilisé l'argent de ses émoluments
03:52en tant que député pour acheter de la drogue,
03:54par exemple, voilà,
03:55et qui fait partie un peu aussi de ce système.
03:58Madame la sénatrice, peut-être deux minutes pour terminer
04:00avant de vous libérer, quelles mesures faut prendre
04:03lorsque vous jetez un véritable coup de projecteur
04:06par rapport à cet argent sale qui circule,
04:09et dont certains, dont nous sommes complices
04:12sans véritablement le savoir,
04:14quelles mesures prendre pour faire face à ça,
04:16et puis peut-être pour réinjecter cet argent
04:18dans l'économie,
04:20et qu'on ne puisse plus avoir peut-être,
04:22je caricature un peu ces lycéens dans la rue.
04:24Oui, alors, d'abord, il faut rendre hommage
04:27aux policiers, aux gendarmes,
04:29aux douaniers,
04:31aux agents des renseignements
04:32qui font un travail absolument formidable
04:33dans des conditions financières
04:35qui ne sont pas toujours faciles.
04:36Et c'est une guerre complètement asymétrique,
04:37et j'emploie le mot « guerre »
04:39de façon volontaire.
04:41Donc, de mon point de vue,
04:42ce qu'il faut faire,
04:42c'est faciliter tout ce qui concerne
04:44la saisie et la confiscation.
04:45Parce qu'on n'arrêtait pas de dire,
04:47sous tous les temps de la gamme,
04:48frapper au portefeuille,
04:49mais frapper au portefeuille,
04:50c'est pouvoir piquer les sous.
04:51Et pas seulement avec des saisies,
04:53mais aussi de la confiscation
04:54selon le système
04:56qui a été employé en Italie
04:57contre la mafia.
04:58Dès que vous avez une suspicion
05:00d'argent sale,
05:01il faut pouvoir confisquer.
05:02Parce qu'imaginez-vous
05:03que les gens à qui on confisque
05:05des biens,
05:07qui ne sont pas achetés
05:07dans des conditions tout à fait régulières,
05:10ils ne vont jamais réclamer.
05:12Donc voilà, il faut organiser ça.
05:13On a une très bonne agence
05:14qui s'appelle l'Agence de recouvrement
05:15des avoirs criminels.
05:16Il faut lui donner plus de pouvoir.
05:17Il faut passer au système italien
05:19pour vraiment taper au portefeuille
05:21et pouvoir confisquer
05:23le maximum d'argent.
05:24Merci beaucoup,
05:26Madame la sénatrice Nathalie Goulet,
05:28d'avoir été en direct sur Europe 1.
05:30Je rappelle votre livre
05:31« La gangrène,
05:33comment l'argent sale pourrit le monde »
05:35aux éditions Robert Laffont,
05:37un vrai coup de projecteur
05:38sur cet argent sale.
05:40Alors qu'en même instant,
05:42on a des lycéens
05:43qui réclament des moyens,
05:44qui réclament de l'argent,
05:45on voit comment personne
05:47n'ose effectivement aborder ce sujet.
05:49Merci infiniment
05:50d'avoir mis un coup de projecteur
05:51sur ce sujet.
05:52Merci de votre invitation.
05:53Merci beaucoup.
05:54On va marquer une pause,
05:54on revient en direct sur Europe 1.
05:56On va parler de Sophie Edna,
05:57on va prendre un peu de hauteur
05:58et on se demande
06:00comment ça va se passer.
06:01Elle arrive tout à l'heure,
06:02vers 17h34.
06:03Voilà.
06:04Et on va en parler
06:05avec Michel Chevalet,
06:06essayer d'analyser
06:07et comprendre effectivement
06:08pourquoi tout son système,
06:11tout son corps changera.
06:12Qu'est-ce qui va se passer pour elle
06:14lorsqu'elle va atterrir
06:15à 17h34 ?
06:18C'est ça, Amiria, voilà.
06:190,1, 80, 20, 30, 21,
06:21pour réagir avec Christine Kelly.
06:23A tout de suite sur Europe 1.