00:00Charline, depuis lundi nous sommes à côté de Carcassonne et à quelques kilomètres,
00:04il y a la ville de Trèbes, 6000 habitants, où vous avez rencontré le maire sans étiquette,
00:10il s'appelle Eric Ménassi.
00:12Un maire sans étiquette, ça règle la question du pluralisme ça.
00:17À moins que je doive ensuite diffuser un maire avec étiquette ou sans gommette.
00:22Monsieur Patrier Laetus est dans ce studio, le crush de Charles Lalonte, c'est la première fois qu'on se
00:28voit.
00:30L'occasion pour moi de vous féliciter, c'était vraiment une très belle réussite cette commission d'enquête sur l
00:34'audiovisuel public, bravo.
00:36Le maire de Trèbes, sans étiquette.
00:40Parce que des maires avec casserole, ça j'en connais plein.
00:43Mais si vous voulez, après il faut équilibrer avec un maire sans casserole.
00:47J'en tiens un, Trèbes.
00:49Dans cette partie de l'Aude, les habitants votent en majorité à l'extrême droite.
00:52Je voulais rencontrer l'homme qui a battu le RN au municipal.
00:55Il avait même déjà battu celui qui est devenu maire de Carcassonne, Christophe Barthez.
01:00Qui s'était d'abord présenté à Trèbes.
01:02Donc Barthez à Carcassonne, c'est un réfugié politique.
01:06Vous voyez qui c'est, le gars qui arrose les manifestants au tuyau d'arrosage depuis son balcon.
01:10Qui confond ses administrés avec des géraniums en pleine sécheresse.
01:14Un génie.
01:15Donc moi j'étais plutôt curieuse de rencontrer Eric Menassi qui a réussi à faire barrage.
01:20Faire barrage, je n'aime pas du tout cette formule, je trouve qu'elle a vécu.
01:24Ah oui, c'est vrai que depuis les deux dernières présidentielles, le mot barrage est désuet.
01:28Genre, viens on va faire barrage, Daphne, c'est trop le swag.
01:32Faire barrage, ça veut dire qu'on n'est pas forcément rempli de convictions.
01:37On refuse quelque chose d'autre.
01:39Moi je ne fais pas que refuser l'extrême droite.
01:42Moi je considère que la société doit évoluer dans autre chose que l'extrême droite.
01:47Et je crois que les maires de France ont cette vertu de pouvoir transmettre à cette jeunesse, à nos populations,
01:55cette ambition de faire république sur notre sol.
01:58Voilà, Eric préfère essayer de dévier le torrent des idées haineuses plutôt.
02:02Parce que l'autre péril qui menace ces administrés, c'est l'alternance entre sécheresse et inondation.
02:07En 2018 à Trèbes, les inondations ont été très meurtrières.
02:10L'Aude est un territoire très vulnérable.
02:12Donc soit tu es inondé, soit tu crèves de soif.
02:15Alors comment tu fais quand tu es maire ?
02:16La vraie problématique pour nous, qui avons engagé des travaux importants, a été d'expliquer à la population que nous
02:22allions réaliser des travaux pour les protéger pour une inondation,
02:26alors que nous traversions depuis 5-6 ans une période de sécheresse intense.
02:31Voilà, vous voyez, maire de Trèbes c'est autre chose qu'allumer et teindre la tour Eiffel.
02:34Si vous êtes dans la convergence des luttes, lui il a la convergence des emmerdes.
02:38Alors concrètement, l'élu a dû expliquer à la population qu'on ne pouvait plus construire à l'identique un
02:43exercice de démocratie locale et de tact.
02:4650 de maisons ont été détruites à Trèbes.
02:48Vous imaginez, 50 de familles ont été confrontées à la réalité de perdre un bien et de perdre un bout
02:54de leur histoire familiale.
02:55Ce sont des enjeux qui sont des enjeux humains et la difficulté de nos investissements au niveau de la politique
03:02locale, c'est bien ça, c'est de traiter l'humain.
03:04Et Eric Menassi est aussi président du syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières.
03:09Donc sur la question cruciale de l'eau, vous l'entendrez samedi dans mon émission avec Johnny l'éclusier ou
03:15Louis le résiculteur.
03:17Et puis Trèbes, c'est la ville du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame qui a sacrifié sa vie pour sauver celle
03:22des autres.
03:23Alors j'ai pris des nouvelles du maire et de la ville, 8 ans après l'attentat terroriste islamiste qui
03:27avait fait 4 victimes.
03:28Ce qui nous a permis de tenir, nous les élus, c'est de voir la dignité des familles.
03:33Et ça a été pour nous à la fois un exemple, mais aussi on s'est senti obligé d'être
03:38à la hauteur de cette dignité qui transpirait systématiquement.
03:42Je trouve qu'au travers de l'exemplarité des populations et surtout des Trébéens, nous a permis de nous projeter
03:47un petit peu.
03:48Alors se projeter vers l'avenir, c'est très difficile parce que des fois quand vous vous projetez, vous avez
03:52l'impression que tout va bien
03:53et vous êtes confronté à un vrai dilemme parce que vous ne voulez pas oublier.
03:57Alors ces propos ont été enregistrés quelques jours avant l'attentat raciste de Trappes qui a coûté la vie à
04:02Pengo Bossio Wangui.
04:04Et ces paroles sur la dignité des familles aujourd'hui, je trouve qu'elles résonnent avec le discours de la
04:08famille Bossio Wangui.
04:09En matière de dignité, ils ont mis la barre très très haut.
04:12Peut-être trop haut pour le président et le gouvernement qui, selon l'avocat de la famille, ils n'ont
04:17pas pris la peine de lui téléphoner.
04:19Mais si ça se trouve, ils préfèrent garder leur distance parce qu'apparemment la dignité, ça peut être contagieux.
04:23Bon, et bien alors on se retrouve très vite.
04:27Il est remarquable votre mère.
04:28Oui, ça c'était Yannick Jadot.
04:31Qui vit Trèbes.
04:33Vive Trèbes.
04:34Et vive Charline Vanhoenacker.
04:35Et vive Charline Vanhoenacker.
04:35Et vive Charline Vanhoenacker.
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