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  • il y a 8 minutes
Dans Smart IMPACT, Ambroise Fayolle explique à Thomas Hugues comment la Banque Européenne d'Investissement finance de nouveaux projets, sans objectif de profit.

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00:06Smart Impact est à Paris, Infra Week qui fête ses 10 ans, c'est, vous le savez, le rendez-vous
00:11européen du secteur des infrastructures. J'accueille mon deuxième invité Ambroise Fayol, bonjour.
00:15Bonjour. Bienvenue, vous êtes le vice-président de la Banque Européenne d'Investissement. On va
00:19commencer par faire un peu de pédagogie. Vous pouvez nous rappeler le rôle, l'ambition de la
00:23Banque Européenne d'Investissement ? Alors, la Banque Européenne d'Investissement, c'est une
00:28institution de financement européenne, qui est une institution qui a été créée par le traité de
00:33Rome, comme la Commission Européenne, comme la Cour de Justice de l'Union Européenne, et qui a vocation
00:41à financer des infrastructures en particulier européennes. L'idée qu'avaient les fondateurs de
00:47l'Europe à l'époque, c'était que c'était formidable d'avoir le marché, ce qu'on appelait à
00:52l'époque la
00:53communauté économique européenne, mais qu'il y avait des risques pour les pays de la périphérie,
00:58notamment on pense à l'Italie du Sud, qui soit de plus en plus exclue de cette phase de croissance
01:03interne à la construction européenne. Et donc, pour ça, on a mis en place une institution dont
01:08l'objectif, c'est de financer des très grands projets qui ont un intérêt européen. Alors, on a
01:14deux caractéristiques importantes qui font notre attractivité aussi. La première, c'est qu'on est une
01:19institution publique. Donc, nos actionnaires, ce sont les États, et qu'on a une notation qui est
01:23triple A. Et le triple A nous permet, ce n'est pas un outil en soi, mais ça nous permet
01:28d'emprunter très
01:29long et pas cher. Et puis, comme on est une institution publique, on n'a pas vocation à maximiser le
01:36profit. On n'a pas vocation à faire des pertes non plus. On n'a pas vocation à maximiser le
01:39profit.
01:40Et donc, l'avantage financier qu'on a en empruntant à la BEI, on le retransmet au projet qu'on
01:47finance.
01:47D'accord. Alors, qu'est-ce que vous attendez d'un événement comme celui-là ? C'est vrai que
01:50c'est
01:50la 10e édition de Paris Infraoui. Vous étiez là dès le début, forcément, vu le cœur de métier de la
01:58Banque européenne d'investissement. Qu'est-ce que vous avez vu évoluer ? Peut-être c'est ça qui est
02:02intéressant. Alors, d'abord pour nous, c'est un événement très important parce que, vous le
02:07verrez, il y a énormément de monde, énormément de monde de partout dans le monde. Vous avez des gens qui
02:15viennent d'Australie, vous avez des gens qui viennent des États-Unis, vous avez beaucoup
02:18d'Européens. Et c'est un très bon moyen pour nous de, à la fois, voir un certain nombre
02:23de clients, de discuter sur un certain nombre d'évolutions et puis d'écouter un peu ce
02:30qui se dit. Et ce genre d'occasion est assez unique et de voir les évolutions. Alors, par
02:36exemple, nous, il y a une évolution à laquelle on a contribué. Il y a une dizaine d'années,
02:40on a décidé de se transformer de Banque de l'Union européenne en Banque du climat
02:44de l'Union européenne. Et donc, on finance des projets qui ont un intérêt dans la lutte
02:49contre les effets du changement climatique, en particulier pour les infrastructures.
02:52Et ce qu'on a vu depuis quelques années, c'est une évolution de ce concept de Banque
02:58du climat de l'Union européenne parce que ce qu'on voit, c'est que les investissements
03:02qui sont favorables pour le climat, ils sont aussi nécessaires d'un point de vue de l'autonomie
03:08stratégique européenne et de la compétitivité. Ça, on le voit avec à la fois les conséquences
03:14de l'invasion russe en Ukraine et de la crise au Moyen-Orient.
03:17Vous avez accordé un montant record de 100 milliards d'euros de nouveaux investissements.
03:21Ça, c'était en 2025. À quel moment vous intervenez ? Comment vous interagissez
03:26avec des financements privés qui peut-être ne suffisent pas à lancer un projet ?
03:31Alors, vous le dites, nous, on n'a pas du tout vocation à prendre la place du secteur
03:35privé. Donc, si des projets peuvent être financés par eux-mêmes, c'est formidable
03:41et on passe notre tour, si je puis dire. Il y a un certain nombre de projets, par exemple
03:46dans les infrastructures, où on est nécessaire. Soit parce que la taille est très importante,
03:51soit parce que le risque est très élevé. Et à ce moment-là, une institution publique,
03:55que ce soit nous ou que ce soit le groupe Caisse des dépôts, par exemple, en France,
03:59ça peut avoir un intérêt particulier. Alors, si je prends l'exemple de l'éolien,
04:04il y a une vingtaine d'années, on était très présent sur l'éolien onshore parce
04:09que c'était assez nouveau. Aujourd'hui, on l'est, mais de manière plus rare. Sur l'éolien
04:14offshore, on est devenu très important il y a dix ans parce que c'était le lancement
04:19de ces projets qui sont souvent des projets extrêmement consommateurs en capital. Et
04:25aujourd'hui, on continue à financer beaucoup de projets offshore. Mais là où on est très
04:29très présent, c'est sur l'éolien offshore flottant. Parce que là, il y a en plus une
04:34spécificité technique qui fait qu'il y a un risque additionnel qui justifie l'intervention
04:39d'une institution publique. Et ça nous permet de financer des projets comme ceux qu'on finance
04:43par exemple dans le golfe du Lyon sur des projets d'éolien offshore flottant qui ont en plus
04:47la caractéristique par rapport aux autres d'être politiquement beaucoup plus acceptable.
04:51Et alors vous avez signé avec BNP Paribas un accord en septembre, 350 millions d'euros
04:58de contre-garanties que vous proposez avec la banque européenne d'investissement, même
05:03somme côté BNP Paribas. Qu'est-ce que ça permet de lever ? C'est quoi l'objectif
05:10d'un tel accord ?
05:11Alors là, en fait, c'est la résultante de ce qu'on a discuté beaucoup avec les banques
05:17pour savoir où est-ce qu'on était le plus utile. C'est aussi à ça que sert ce genre
05:20de réunion ici. Et ce que nous en disent les banques par exemple sur l'éolien offshore,
05:28c'est là où vous seriez le plus utile, c'est pas tellement de nous financer, c'est
05:34plutôt de nous garantir. Et notamment de nous contre-garantir. Parce que le fait qu'on
05:40puisse donner des garanties européennes permet derrière d'avoir un effet de levier
05:47et donc d'avoir des projets beaucoup plus importants en taille. Et donc, on a mis
05:50en place un instrument qui est un instrument de contre-garantie ou dans lesquels on fait
05:55des garanties aux banques qui elles-mêmes garantissent un certain nombre de projets.
05:58C'est-à-dire que ces projets, ils ne verraient pas le jour ?
06:00Ils verraient le jour, mais probablement pour des plus petites tailles, probablement
06:03ils prendraient beaucoup plus de temps à être montés et avec moins d'attractivité
06:08pour les investisseurs parce que quand il y a le nom de la BEI qui apparaît quelque
06:12part, normalement sans fausse modestie, c'est quelque chose qui montre que l'instruction
06:15d'un projet a été faite sérieusement.
06:17Il nous reste une minute, le temps a filé très vite. Est-ce qu'il y a, là on a
06:21parlé
06:23de risques climatiques, d'éolien, d'éolien offshore, est-ce qu'il y a de nouveaux investissements,
06:27de nouveaux types d'investissements sur lesquels vous travaillez aujourd'hui ?
06:29Alors oui, bien sûr. D'abord, par exemple, nous ce qu'on commence à faire maintenant,
06:33l'un des grands enjeux, c'est le réseau et le financement du réseau.
06:37Alors on en a fait beaucoup l'année dernière, on a fait 11 milliards et demi de financement
06:40dans le réseau et on finance aussi en direct des entreprises comme Nexan par exemple.
06:44Donc on est très présent là-dessus. Mais ce qu'on voit, c'est que ce qui est utile
06:50de faire, c'est de financer les infrastructures, mais aussi les entreprises qui sont derrière
06:55ces infrastructures. Essayez d'avoir, pour augmenter l'autonomie stratégique européenne,
06:59vous avez besoin de financer les entreprises qui sont derrière les composants de ces réseaux.
07:04Merci beaucoup Ambroise Fayol. Bon, Paris Infra Week ici à Bercy. On passe tout de suite
07:10à notre débat, le risque climatique, nouveaux critères d'investissement.

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