00:00Alors, censurer CNews comme projet, rien de nouveau, pourrait-on dire d'abord et avant tout.
00:05Ça fait des années qu'on entend cette proposition revenir en boucle dans le débat public
00:11à partir du moment où une certaine école de pensée a compris qu'elle n'avait plus le monopole du
00:17récit médiatique
00:18et qu'il était possible de faire remonter à la surface des faits, de valoriser les intervenants,
00:24des experts, des intellectuels, des journalistes qui ailleurs n'avaient pas le droit de citer
00:27et qui trouvaient sur CNews l'occasion de livrer leur vision du monde, parmi d'autres, je le précise,
00:34donc des faits qu'on n'entendait pas ailleurs, des angles qu'on ne voyait pas ailleurs.
00:37Il y a eu cette idée qu'il faut faire taire, en fait, il faut fermer cette télévision
00:40qui, de leur point de vue, désinformerait parce qu'elle ne raconterait pas le récit officiel exigé par le régime.
00:49Donc ça, on est habitué. C'est la volonté de censure par l'extrême-centre
00:52qui a utilisé plusieurs arguments au fil du temps, la désinformation apparemment,
00:56le média d'opinion, rappelez-vous, ça fait déjà un temps,
00:58et on a eu aussi la séquence de l'ingérence étrangère.
01:00Apparemment, nous serions commandés par je ne sais quelle puissance étrangère.
01:04Mais là, on est sur un autre registre en ce moment, avec la gauche radicale,
01:07et en fait plus largement la gauche qui, elle, dit clairement, nous détestons ce média,
01:11on réduit le discours prêté à ce média, à CNews, à une forme de discours haineux,
01:17et dès lors, on dit, nous devons à tout prix en finir avec CNews.
01:20L'instrument, on l'a su, c'est l'attentat raciste de Trappes qui a été instrumentalisé
01:25de manière absolument grossière en l'espace de quelques heures à peine,
01:30alors que la nation était dans son ensemble endeuillée, bouleversée.
01:35La gauche a vite séché ses larmes pour se dire, nous avons l'occasion, enfin,
01:39de faire tomber cette téléploiement en accusant CNews d'être à l'origine du climat
01:44qui favoriserait le passage à l'acte de Kevin T.
01:47Donc, on est vraiment devant des esprits malades à bien des égards
01:50qui s'imaginent que la critique de l'immigration massive, par exemple,
01:53qu'on peut entendre quelquefois, et des gens qui la défendent, soit dit en passant,
01:55ou la critique du multiculturalisme, tout ça voudrait dire à terme
01:59l'appel à l'extermination des migrants ou des minorités.
02:03C'est complètement malade, mais quoi qu'il en soit.
02:05Recensons les événements des derniers jours.
02:08Premièrement, des journalistes menacés sur le terrain
02:10lorsqu'ils cherchent à couvrir les événements.
02:12On a le témoignage de Régine Delfour, notamment, qui est assez bouleversant.
02:14L'analy lancée contre Elodie Huchard, qui fait son travail à l'Assemblée,
02:18et là, on cherche véritablement à l'intimider,
02:21au point même d'utiliser, d'ailleurs, vous l'avez peut-être vu,
02:23l'image d'Elodie Huchard dans un reportage, je crois, de Libération,
02:26où elle était devenue le symbole de la dérive sécuritaire et autoritaire
02:29des chaînes d'info.
02:32Ensuite, CNews directement attaquait le premier jour des manifestations,
02:35c'était le 17, si je ne me trompe pas,
02:37en tant que volonté de s'emparer sur le mode presque de la conquête des lieux.
02:40Donc, une attaque contre l'immeuble de CNews, contre le bâtiment,
02:43contre la salle, enfin, une volonté de s'en prendre à la salle des nouvelles.
02:47Ensuite, et ça, c'est une autre chose qu'on dit,
02:49le bannissement d'une conférence à l'Assemblée nationale,
02:51au cœur même des institutions,
02:53les appels à la fermeture de la chaîne,
02:55et dans un contexte liberticide, je prends la peine de le dire,
02:57qui dépasse même largement CNews.
03:00On a, par exemple, ceux qui disent qu'on doit désormais
03:02interdire la théorie du grand emplaçant dans l'espace public.
03:04Je ne sais pas ce que ça veut dire, parce que concrètement,
03:06est-ce que ça veut dire qu'on doit interdire la critique de l'immigration massive,
03:09le constat de la mise en minorité historique du peuple français sur son territoire,
03:13le concept de français de souche,
03:15le constat de la multiplication des communautarismes,
03:17le changement des rapports démographiques dans le pays.
03:19Qu'est-ce qu'on doit interdire en voulant interdire cette théorie?
03:21Je cherche sans trouver.
03:23Il y a aujourd'hui M. Glucksmann qui en a rajouté une couche
03:25en disant qu'on doit désormais frapper d'interdiction
03:28les candidats qui ont été condamnés pour racisme et antisémitisme.
03:31Et quand on connaît l'extension de la définition prêtée à ces concepts,
03:35on voit que tous les critiques de l'immigration massive
03:37risquent d'y passer, d'être frappés d'illigibilité.
03:40Yannick Jadot, soit dit en passant, qui n'est pas LFI,
03:42en a rajouté en disant « quand on entend X paroles dites haineuses sur CNews,
03:46écran noir pour une heure et ensuite écran noir pour une journée.
03:49Une volonté. »
03:50Et on comprend que leur notion de parole haineuse,
03:51c'est ce qu'ils n'aiment pas.
03:53L'appel au cordon sanitaire contre la droite nationale,
03:55notamment lancé par M. Bagayoko,
03:57c'est-à-dire au-delà des événements,
03:59qui, soit dit en passant, s'est réclamé aujourd'hui de Robespierre.
04:02Robespierre, positivement, le coupeur de tête.
04:04C'est bizarre quand même.
04:05Et aujourd'hui, la pétition des 500 000, vous l'avez mentionné,
04:08qui est une étape de plus franchie.
04:10Pourquoi?
04:11Parce que la gauche a été capable de piloter une forme de mouvement de foule numérique
04:16pour donner l'impression d'un soulèvement populaire,
04:18pour en appeler à la fermeture d'une chaîne.
04:20Donc, on veut créer une pression immense.
04:23On veut créer une forme de pression, non pas populaire,
04:26mais je l'aurais dit numérique,
04:28sur la classe politique, sur les institutions,
04:30pour dire, vous devez fermer cette chaîne.
04:33Nous ne cèderons pas tant que la censure n'aura pas lieu.
04:37Pendant ce temps, je me permets de le dire de manière amusée,
04:39j'ai regardé une vidéo de French Carcan,
04:41qui racontait son échange de journalistes de Libé,
04:44qui disait, oui, il faut fermer ces news,
04:45et je vais vous dire pourquoi on doit le fermer.
04:46J'ai été une fois sur un journaliste de Libé
04:48qui va dans la France profonde, entre guillemets,
04:50pour acheter un truc, une tondeuse, j'en sais rien.
04:52J'arrive chez les gens, et là, pendant les 45 minutes,
04:55on a pris la tondeuse, j'ai entendu la trame de fond de ces news,
04:58parce qu'ils regardaient la télévision,
04:59c'est ce qu'ils entendent tous les jours.
05:01J'en suis sorti bouleversé.
05:03Là, 45 minutes de ces news, bouleversé,
05:05le type est persuadé que la décadence est arrivée.
05:07Bonne chance, mon gars.
05:08On peut être plus bouleversé lorsque les Guadeloupéens
05:10n'ont pas de potable, je ferme la parenthèse,
05:12ou bien lorsque les agriculteurs ont faim,
05:14ou bien lorsque les agriculteurs se suicident,
05:16ou bien lorsque les policiers se suicident.
05:19Je ferme la parenthèse.
05:19Quand on regarde 45 minutes ces news, c'est pire.
05:21Sachez-le.
05:23Alors, je vais peut-être, avant ma relance,
05:26montrer peut-être la contre-pétition aussi
05:29qui a été lancée, parce que beaucoup demandent,
05:31mais alors, est-ce qu'on peut vous aider ?
05:33Qu'est-ce qu'on peut faire ?
05:33Donc, il y a une pétition, on va en parler avec vous,
05:35Mathieu Beaucoté, qui a été lancée.
05:37Il y a une contre-pétition qui a été lancée,
05:40par des inconnus, pour soutenir ces news
05:42sur mypetition.org,
05:45si vous avez envie de dire un petit mot,
05:48puisque, soyons concrets,
05:51cette pétition qui a été lancée pour interdire ces news,
05:56selon le communiqué du groupe LFI,
05:58ils disent, demander la fermeture de ces news
06:00est un acte d'intérêt général.
06:03Question, Mathieu Beaucoté,
06:04cette pétition peut-elle entraîner la fermeture de ces news ?
06:09En gros, non, mais c'est plus complexe.
06:12Voyons pourquoi.
06:13Le cap, donc, c'est quoi la séquence dans laquelle nous sommes entrés ?
06:16Il fallait 500 000 signatures pour que la pétition soit déposée,
06:19débattue à l'Assemblée nationale.
06:20Le cap a été franchi, on l'a trouvé,
06:22500 000 personnes plaidant pour la censure d'une des grandes,
06:26sinon la principale chaîne info en France,
06:29mais pourquoi pas ?
06:29On les a, les 500 000.
06:31La prochaine étape, il faut désigner,
06:33elle est présentée à la commission des affaires culturelles
06:35de l'Assemblée nationale,
06:36et il faut trouver un rapporteur pour produire un rapport
06:42et globalement examiner ce dont il est question ici.
06:45Est-ce qu'il y a un délai pour la production de ce rapport et compagnie ?
06:48Non.
06:48Mais une fois qu'on a les 500 000 signatures,
06:51imaginons qu'il y ait un rapport, donc, de la commission.
06:55Il faut la proposition du président de la commission compétente
06:58ou d'un président de groupe, il faut une décision
07:00de la conférence des présidents pour inscrire le débat
07:02à l'ordre du jour, et une fois que tout ça est fait,
07:05ce n'est pas automatique.
07:06Donc, la conférence des présidents a un pouvoir discrétionnaire.
07:09Ensuite, même si le débat a lieu,
07:10imaginons qu'ils arrivent au terme dans leur combat héroïque
07:13pour imposer un débat à l'Assemblée pour interdire ces news,
07:16est-ce que ça entraîne la fermeture de la chaîne ?
07:19Non.
07:19C'est consultatif.
07:21Donc, au terme de cela, rien.
07:24Mais leur objectif, c'est évidemment de faire une pression immense
07:27sur l'ARCOM en disant, vous devez fermer la chaîne,
07:31créer une pression telle que l'ARCOM sortirait du droit,
07:35parce que Seigneuse a reçu le mandat jusqu'en 2035
07:37et peut continuer de diffuser.
07:39Donc, on veut pousser l'ARCOM à sortir du droit
07:41pour frapper d'arbitraire une chaîne détestée.
07:45La première chaîne info sur 37 ans.
07:46C'est la séquence dans laquelle nous sommes en ce moment.
07:49Question, Mathieu Bocoté.
07:51Comment ce que vous appelez la gauche parvient-elle
07:54donc à imposer son récit ?
07:56D'abord, il y a quelques points.
07:58Elle est violente.
07:59Elle ne recule jamais.
08:01Elle se contre...
08:02Quelquefois, ici, on parle de deux poids, deux mesures,
08:03mais ils s'en contrefichent.
08:05Ils ne sont pas dans un rapport à la vérité,
08:07mais selon eux, au bien et au mal politique.
08:10Et puisque leur ennemi, c'est le mal,
08:12et pour eux, tout ce qui n'est pas eux et l'ennemi,
08:14eh bien, il faut l'anéantir.
08:16Donc, la méthode, c'est la nazification.
08:18Et vous devez nazifier vous aussi,
08:20sinon vous serez nazifiés à votre tour.
08:22Premier élément.
08:23Donc, si vous ne participez pas au lynchage,
08:25vous serez lynchés vous aussi.
08:27Deuxième élément, la gauche contrôle les mots
08:29qui peuvent déclencher les crises et les scandales.
08:32La gauche contrôle la définition du mot racisme.
08:34Elle contrôle le mot du définition...
08:37La définition du mot aime.
08:39Donc, elle est capable de créer des scandales à répétition
08:41parce qu'elle maîtrise le vocabulaire inflammable
08:45dans l'espace public.
08:46Troisième élément, elle intimide systématiquement
08:49et elle n'hésite pas à créer de l'intimidation numérique
08:52ou physique, s'il le faut,
08:53pour être capable de faire plier les gens.
08:56Elle contrôle l'appareil médiatique.
08:58Moi, quand je parle de la gauche radicale,
08:59pourquoi je pense à LFI, Génération S, France Info,
09:02une partie de France Inter,
09:03c'est un vaste parti qui dépasse largement LFI
09:06et il faut avoir conscience de l'importance de ce parti
09:08qui est capable de produire un récit médiatique
09:11selon ses obsessions idéologiques.
09:13Ensuite, le centre lui est soumis, ne l'oublions pas,
09:15parce que le centre partage les préjugés de la gauche,
09:18même s'il ne partage pas son style,
09:19mais il voit le monde de la même manière.
09:21Alors, je redemande la chose, je terminerai ainsi.
09:24Devant cela, que fait la droite, globalement,
09:25sinon se soumettre à toujours un débat en retard?
09:27Un débat en retard.
09:28Elle n'a pas compris que dans l'environnement
09:30dans lequel nous évoluons, sur le plan institutionnel,
09:33la liberté d'expression est condamnée
09:34à une forme de régression,
09:35quelles que soient les circonstances.
09:37Fermeture de chaîne Info, fermeture,
09:39interdiction de conférences, interdiction de forums,
09:41tout ça est au programme.
09:42Interdiction de théorie, tout ça est au programme.
09:44Et je pense qu'au terme de cela,
09:45si la gauche arrive à ce qu'elle souhaite,
09:46elle aura un débat public style RDA,
09:49République démocratique allemande,
09:50où la droite sera tolérée sous deux visages,
09:52Xavier Bertrand et François Sureau,
09:55qui pourront représenter les deux visages
09:57de la droite légitime.
09:58La gauche aura enfin sa démocratie apaisée.
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