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  • il y a 4 minutes
Avec Sandrine Rossignol, Directrice de la Fédération des associations de commerçants, artisans et professionnels de Toulouse

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##SUD_RADIO_PRES_DE_CHEZ_VOUS-2026-10-31##

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Transcription
00:03Et comme promis nous vous retrouvons, bonjour Sandrine Rossignol, soyez la bienvenue.
00:08Bonjour.
00:08Vous êtes directrice de la fédération des associations de commerçants artisans et professionnels de Toulouse.
00:15Sandrine Rossignol, il y a eu, vous avez entendu, l'instant, la solidarité à cet appareil des étudiants
00:21qui veulent venir en aide aux commerçants qui ont été pillés, saccagés.
00:27Il y a cette angoisse avec cette troisième journée de mobilisation.
00:31Dans quel état d'esprit sont les commerçants toulousains ce matin ?
00:37Ils sont très anxieux et très inquiets parce que si c'est encore un troisième samedi sans fréquentation et sans
00:43chiffre d'affaires,
00:44là ça commence à devenir assez sérieux pour leur santé.
00:49Oui, c'est catastrophique, vous avez raison de le dire.
00:51Les pertes évoquées sont de 30 à 40%.
00:56Comment est le centre-ville dans ces journées-là, Sandrine Rossignol ?
01:00Les centres-villes, nous, samedi dernier, ils étaient complètement vides.
01:05Vous avez des magasins avec des panneaux USB partout sur la ville, fermés, pas de fréquentation.
01:11En plus, ils ne faisaient pas beau.
01:14Autant vous dire que c'était un spectacle digne d'une série télé.
01:21Oui, c'est presque une fiction, mais c'est la réalité malheureusement, Sandrine Rossignol.
01:25C'est la réalité.
01:27Vous dites quoi aujourd'hui ?
01:29Les commerçants, qu'est-ce qu'ils vont faire ?
01:30Ils barricadent leurs vitrines ?
01:32Ils essaient d'ouvrir ?
01:34C'est quelle idée ?
01:34Ils les ont gardés parce qu'au vu du prix aussi d'installation,
01:38ils préfèrent, sans savoir ce qui va se passer, c'est difficile de se projeter.
01:41Donc, ils les ont gardés, certains les ont enlevés.
01:44Il y a quand même une dynamique positive où on a envie que la vie reprenne.
01:48Maintenant, il y a une crainte de ce qui va se passer aujourd'hui.
01:51C'est évident, avec les annonces qui sont faites par le gouvernement,
01:55les gens ont peur et ils ont peur surtout aussi pour leurs employés.
01:58Oui, bien sûr, parce qu'il y a aussi un risque sur les personnes, évidemment.
02:03Il y a un risque sur les personnes et surtout que du fait des manifestations,
02:09les transports sont bloqués, donc les gens arrivent à accéder en ville assez tôt.
02:12Mais à partir du milieu d'après-midi, les gens ne peuvent pas repartir.
02:16Donc, samedi dernier, nous, on a des groupes WhatsApp sur tout le centre-ville avec les commerçants.
02:22Et ils s'organisent entre eux pour faire du covoiturage, pour s'aider les uns les autres.
02:27Et par contre, ça, c'est le côté positif.
02:29Mais il y a tout ça aussi qu'il faut organiser.
02:31Quel délire, Sandrine Rossignol !
02:33Ah, mais c'est...
02:35Non, sérieux, quel délire !
02:36C'est aberrant.
02:37Le centre-ville, Toulouse et ailleurs, le centre-ville devient une sorte de piège désormais.
02:42Qu'est-ce que disent la mairie, les forces de l'ordre aujourd'hui à Toulouse ?
02:49La mairie, ils sont en soutien des commerçants, la préfecture aussi.
02:54Ils nous ont d'ailleurs accordé les ouvertures des dimanches de novembre
02:57pour que les commerçants essaient de rattraper un petit peu le chiffre d'affaires.
03:00Mais non, non, ils sont en soutien avec nous.
03:02Après, ils font leur travail.
03:03Leur travail, c'est de protéger la population, les bâtiments,
03:08d'essayer qu'il n'y ait pas trop de débordements.
03:10Ils font leur travail, ils l'ont très bien fait.
03:12Mais malheureusement, la ville devient un blocus et les gens n'accèdent plus.
03:16Que pensez-vous de cette perspective d'ouvrir le dimanche jusqu'à Noël ?
03:22On ne sait pas si ça va vraiment marcher parce que les gens ont des habitudes aussi le dimanche
03:26d'être en famille ou d'aller se balader, mais pas de venir faire du shopping en ville.
03:32Donc nous, on a organisé une grosse communication pour que les gens déjà prennent connaissance
03:38de ces dimanches d'ouverture.
03:40Et après, vous avez certains commerces qui suivent, d'autres non.
03:43Parce qu'après, travailler le dimanche, c'est payer double, c'est des charges en plus.
03:46Ce n'est pas si simple que ça à mettre en marche, en fait.
03:50Sandrine Rossignol, c'est la question qui est posée depuis le 17 octobre, le 18 octobre en l'occurrence.
03:55Qui paie la facture ? On a entendu mille choses sur les assurances.
04:00Est-ce qu'à votre avis, ça fonctionne plutôt bien ?
04:04Et il y a ceux qui ont tout perdu, il faut le rappeler.
04:08Est-ce que les aides arrivent ?
04:11Alors, pour ceux qui ont été impactés, qui ont subi de la casse ou du vol, oui.
04:15Oui, ça fonctionne plutôt bien, je pense.
04:19Par contre, les autres, il n'y a aucune aide.
04:22Avec des pertes de chiffre d'affaires qui vont de 60 à 100% le samedi.
04:26Et sur début octobre, qui sont, je pense, maintenant au-delà des 40%.
04:30Donc, il y a toute cette économie à côté des gens qui se sont fait casser,
04:35qui est complètement oubliée.
04:36Et ça, c'est un souci.
04:39Qui font des demandes de chômage partiel qui sont refusées ou en partie.
04:43Et ils peuvent faire une demande de chômage partiel,
04:45mais qui sera prise en charge à 40%, je crois, par le gouvernement.
04:48Enfin, ces gens-là, ils sont complètement mis de côté.
04:51Ils sont aussi impactés que les autres.
04:53Bien sûr, tous les commerçants subissent.
04:56Il y a eu, pendant des décennies, la concurrence des commerces en périphérie,
05:01les zones commerciales qui ont tué en partie le commerce du centre-ville,
05:06qui a trouvé le moyen, la ressource.
05:08J'imagine que vous êtes d'accord avec ça pour rebondir quand c'est possible.
05:13Et là, il y a ce phénomène, Sandrine Rossignol.
05:16Est-ce qu'il y a une forme de découragement chez les commerçants du centre-ville ?
05:20Non, mais complètement.
05:22C'est le secteur d'activité le plus fiscalisé.
05:25Ce sont des gens qui se battent tous les jours,
05:28avec souvent peu de moyens,
05:30pour essayer de rester en vie.
05:33Aujourd'hui, le commerce en centre-ville,
05:35vous voyagez, quand vous allez dans une ville,
05:36vous allez en centre-ville, vous allez regarder les commerces,
05:38faire du shopping, aller dans les restos,
05:40faire des visites de monuments.
05:42Si on n'a plus ça, il n'y a plus d'identité, il n'y a plus rien.
05:46Ils souffrent tous les jours, ces gens-là.
05:48Il y en a pour qui c'est très compliqué,
05:51et pour la majorité.
05:54Donc oui, ils sont aujourd'hui,
05:56on ne se sent pas épaulés,
05:58parce que tout ce qui est proposé,
05:59de toute façon, ce sont des reports de charges
06:01ou des préataux zéros.
06:03Ils sortent du PGE,
06:05on ne peut pas continuer comme ça.
06:07Ce n'est pas en repoussant des charges
06:08qu'on va pouvoir respirer.
06:10Bien sûr, bien sûr.
06:11Et c'est vrai que les commerces participent
06:15du dynamisme des centres-villes.
06:18C'est le premier employeur.
06:20Mais oui.
06:20C'est le premier employeur.
06:23Donc, si on n'a pas ça,
06:24c'est du social,
06:25c'est de l'humain,
06:26c'est de l'attractivité,
06:29c'est tout ça.
06:29Et il faut qu'on en prenne conscience,
06:31il faut vraiment qu'on soit soutenus.
06:34Avec de vraies réformes.
06:36Alors, des vraies réformes,
06:37c'est le message que vous envoyez ce matin,
06:39pas seulement pour Toulouse.
06:41C'est un message national, en réalité.
06:43Pour tout le monde.
06:44Pour tout le monde.
06:44C'est national.
06:45Nous, on fait du benchmark avec la CAMF,
06:49les commerçants artisans des métropoles de France.
06:51C'est toutes les autres fédérations en France.
06:53On a tous les mêmes problèmes,
06:54on a tous les mêmes soucis.
06:56Et voilà.
06:57Donc, on se bat avec...
06:58On est en contact avec Bercy,
07:00avec le ministère de l'Intérieur aussi.
07:02On se bat tous les jours.
07:03On essaie de faire passer des projets,
07:06des lois.
07:07Mais ce n'est pas évident.
07:08Ce n'est pas évident.
07:09On sait ce que c'est.
07:10Non.
07:11En tout cas,
07:11Sandrine Rossignol,
07:12Sud Radio vous soutient pleinement.
07:14Merci pour ce témoignage ce matin.
07:17Nous espérons, Sandrine Rossignol,
07:18qu'il n'y ait pas trop de dégâts aujourd'hui.
07:22Nous en sommes là.
07:23Il faut surtout faire passer le message aux gens
07:26de venir en ville.
07:28Oui.
07:28Il faut qu'ils viennent en ville.
07:30Il faut qu'ils viennent les soutenir.
07:31Sinon, ils ne vont pas tenir jusqu'à Noël.
07:34Message lancé et nous le relayerons
07:36sur les réseaux sociaux de Sud Radio.
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