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Gabriel Attal propose une grande primaire des démocrates, mais ce projet a-t-il vraiment une chance d'aboutir ?
Dans son édito, Étienne Gernelle ne mâche pas ses mots :
« je veux bien manger mon chapeau » si cela se produit.
Il démonte cette idée en soulignant que la fatalité d'un second tour Le Pen-Mélenchon est aujourd'hui contestable.
De plus, le périmètre de cette primaire, pensé pour placer Attal en son centre, découragera inévitablement les figures de droite comme de gauche de s'y rallier. Enfin, l'ambition personnelle des divers candidats reste bien trop forte pour s'effacer au profit d'un collectif.

Retrouvez l'édito d'Étienne Gernelle, directeur du Point, sur RTL Matin, du lundi au jeudi.

§ #GabrielAttal #EtienneGernelle #RTLMatin #Primaire #Politique #LePoint #Elections


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Transcription
00:00Hier soir, le candidat Renaissance à la présidentielle, Gabriel Attal, a proposé sur TF1 une grande primaire des démocrates pour
00:07éviter un deuxième tour LFI-RN.
00:10Loin d'être une solution miracle pour vous, Étienne, elle a d'ailleurs peu de chances d'aboutir.
00:15Ah oui, Céline, et si ça se produit, je veux bien manger mon chapeau, et comme je n'ai pas
00:19de chapeau, je mangerai au moins la bonnette de ce micro.
00:22Alors, première raison de penser que cela ne se produira pas, le postulat de Gabriel Attal, selon lequel il y
00:29aurait, selon sa formule, une quasi-fatalité à un second tour.
00:34Le Pen-Mélenchon est contestable et sera contesté, car nul doute que dans les six prochains mois, certains candidats seront
00:42siphonnés par d'autres.
00:43Et si l'on additionne les intentions de vote aujourd'hui, éparpillés entre les candidats du centre et ceux de
00:50la droite, ou même du centre-droit, du centre-gauche,
00:52on arrive à un total bien supérieur au poids de Jean-Luc Mélenchon.
00:56La fatalité dont parle Gabriel Attal n'est pas assez évidente.
00:59Mais surtout, surtout, le problème de sa grande primaire, évidemment, c'est le découpage.
01:04Vous voulez parler du périmètre de la primaire ?
01:06Oui, c'est la deuxième raison d'être sceptique, et elle est énorme.
01:10Gabriel Attal n'a pas voulu, hier soir, rentrer dans l'exercice cartographique précis, mais à entendre ses critères,
01:17par exemple l'incompatibilité avec le RN ou LFI, ou une orientation pro-européenne,
01:22on peut imaginer que son cercle, à lui, irait à droite jusqu'à Bruno Retailleau et David Lissnard,
01:27à gauche jusqu'à Raphaël Glucksmann ou François Hollande.
01:30Marine Tondelier, c'est pas clair, je ne suis pas sûr.
01:32Ce qui est certain, en revanche, c'est que cet ensemble aurait l'avantage de placer Gabriel Attal en son
01:38centre, évidemment.
01:40Tout le monde veut un périmètre de primaire dont il est le centre de gravité.
01:44C'est logique, mais là, ce sera difficile de convaincre, par exemple, Bruno Retailleau ou Raphaël Glucksmann
01:49d'entrer dans une primaire qui les placerait sur les marges du périmètre.
01:53Et puis surtout, troisième raison de ne pas croire à cette histoire de primaire,
01:58c'est précisément que chacun peut encore croire à ses chances sans primaire.
02:02Justement, Gabriel Attal a appelé à mettre de côté les égaux.
02:06Soyons sérieux, Céline, on parle de politique ici.
02:09Personne ne se présente à une élection présidentielle sans avoir une certaine idée de son destin.
02:15Alors, Gabriel Attal a certainement raison sur le diagnostic global.
02:19Il y a une présidentielle dans la présidentielle,
02:21entre ceux qui ne sont ni Marine Le Pen ni Jean-Luc Mélenchon
02:24et qui considèrent qu'un deuxième tour entre les deux,
02:26c'est-à-dire une victoire très probable de la candidate RN, serait un désastre historique.
02:31Mais justement, nous apprend Shakespeare, c'est dans Antoine et Cléopâtre,
02:35et je vous le cite,
02:36« L'ambition, vertu des guerriers, fait préférer une défaite
02:40à une victoire qui ternit la renommée du chef. »
02:43Etienne Gernel, directeur du Point.
02:45À la une d'ailleurs de votre journal cette semaine, Etienne.
02:48Immigration, sortir des fantasmes et du déni.
02:52Et du déni, oui.
02:53Il faut peut-être un moment parler sérieusement de ce sujet,
02:56sans anathème et sans fantasme.
02:59Vous aimez être sérieux, vous ?
03:00De temps en temps, oui.
03:01Sous-titrage Société Radio-Canada

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