00:00Avant une grande journée d'action, demain la mobilisation lycéenne se poursuit aujourd'hui.
00:044 à 500 lycées touchés ce matin, des jeunes qui s'estiment sacrifiés
00:08et qui rejoignent dans leur revendication le jeune Emmanuel Macron.
00:12Oui, lycéen Macron, même combat, c'est mon point de départ.
00:16Le thème du sacrifice de la jeunesse, c'était précisément le sujet de prédilection d'Emmanuel Macron
00:23à l'aube de sa carrière politique.
00:25Il a même écrit un rapport de 450 pages sur ce thème.
00:30C'était en 2008, soit pour beaucoup de lycéens, l'année de leur naissance.
00:34Emmanuel Macron était alors inspecteur des finances.
00:37Que dit ce rapport ?
00:38Il dit que l'ensemble du système budgétaire et fiscal opère un gigantesque transfert
00:43en provenance des générations les plus jeunes et à destination des plus anciennes.
00:48Ce rapport prédit tout en compte.
00:50La dette que l'on laisse aux générations futures,
00:52les transferts dits ascendants, c'est-à-dire des plus jeunes vers les plus âgés,
00:56comme les retraites, mais aussi les transferts dits descendants des générations plus anciennes
01:01vers les nouvelles, comme par exemple l'éducation.
01:05Et la conclusion d'Emmanuel Macron est sans appel.
01:07Le compte n'y est pas.
01:08Les jeunes sont perdants.
01:10Et ce constat, il est vrai, selon vous ?
01:12Ben oui, c'est mon deuxième point. Emmanuel Macron avait raison.
01:14Et les lycéens d'aujourd'hui ont raison aussi.
01:17Au-delà des débordements, de l'instrumentalisation politique,
01:21de l'aspect brouillon des revendications,
01:23au-delà même du caractère parfois récréatif des motivations,
01:27il faut le dire, ils ont d'excellentes raisons d'être mécontents.
01:31Une étude de Fipeco a montré que sur la période longue, en 1995-2022,
01:37nos dépenses publiques consacrées aux retraites ont nettement augmenté en parts relatives,
01:42alors que celles pour l'éducation ont baissé en parts relatives.
01:46En clair, la France ne mise pas sur sa jeunesse.
01:49Tout cela est extrêmement bien documenté.
01:52Ça a été notamment raconté dans un livre publié il y a dix ans pile,
01:55dont le titre était « Tant pis, nos enfants paieront »
01:58et l'auteur est un monsieur qui s'appelle François Langlais.
02:01Oui, crédible, donc.
02:03Mais le budget de l'éducation, Étienne, il a quand même été régulièrement augmenté.
02:07Oui, mais il a cru moins vite que le reste des dépenses, notamment de retraite.
02:11Et puis, vous savez, il y a un loup, et c'est mon troisième point.
02:14Il y a une part significative du budget de l'éducation nationale, un gros quart,
02:19qui est consacrée aux retraites des agents publics dont le régime est extraordinairement déficit.
02:24Et oui, l'éducation, en réalité, on paye encore des retraites.
02:27C'est ce qui fait qu'en réalité, on est plutôt en dessous de la moyenne des pays industrialisés
02:33pour les dépenses éducatives, alors qu'on est des champions de toute catégorie de la dépense publique en général.
02:38La France, vous savez, fait souvent penser à la saillie de Groucho-Marx, que je vous cite.
02:43« Pourquoi devrais-je faire quelque chose pour les générations futures quand elle fait pour moi ? »
02:48Et c'est un sujet qu'on abordera très certainement avec notre invité Jérôme Fourquet,
02:53le politologue, qui sera avec nous tout à l'heure à 7h40.
02:55« Pourquoi devrais-je faire quelque chose pour moi ? »