00:00Ce matin, Étienne, vous êtes inquiet pour l'Europe. Les prochains mois s'annoncent très délicat.
00:04Oui, d'abord parce que les deux principaux leaders politiques de l'Europe,
00:09Friedrich Merz et Emmanuel Macron, sont aujourd'hui largement zombifiés.
00:14Alors le chancelier allemand d'abord, il enchaîne les déroutes électorales en Sachs-Hanhalt il y a deux semaines.
00:19Et puis dimanche, en Mecklenburg-Pomeranie occidentale, où la CDU, son parti n'a même pas passé les 5%.
00:25Vous vous rendez compte ? Et tout ça, évidemment, très très très loin de l'AFD, qui est en tête.
00:29Désormais, le pouvoir de Merz ne tient qu'à un fil.
00:32Emmanuel Macron, lui, on connaît l'histoire, il est en fin de deuxième mandat et depuis la dissolution, il n
00:37'a plus du tout la main.
00:38Bref, on vous a rebattu les oreilles pendant des années avec le fameux moteur franco-allemand.
00:45Eh bien, au mieux, aujourd'hui, c'est un moteur de tondeuse à gazon.
00:48Mais ce n'est pas bon parce que les échéances électorales arrivent et c'est la deuxième la main.
00:52Là, vous parlez de la présidentielle française.
00:54Pas seulement. La perspective d'une victoire de Marine Le Pen serait évidemment un choc en Europe.
00:58Ce ne serait pas comme la Hongrie de Viktor Orban.
01:01La France, c'est un pays central et fondateur de l'Union.
01:04Mais il y a aussi des législatives prévues en Pologne avant la fin de l'année 2027.
01:10Et ça compte, la Pologne, vous savez, par son poids démographique, son économie, son armée aussi.
01:15Si les ultra-conservateurs eurosceptiques du PIS reprenaient la main,
01:19ce serait évidemment un coup d'arrêt pour la construction européenne.
01:22En Italie aussi, il y aura des élections au plus tard en décembre 2027, mais peut-être plutôt hors.
01:28Or, Giorgia Meloni, qui en inquiétait beaucoup en Europe à son arrivée au pouvoir,
01:32est aujourd'hui devenue un puzzle de stabilité du continent.
01:35Mais tout ça a des conséquences concrètes pour l'Europe, donc pour nous ?
01:38Oui, c'est mon troisième point. Le monde ne nous attend pas. Il y a des risques géopolitiques, on les
01:43connaît.
01:43Une course technologique féroce, notamment dans l'IA, ce n'est pas le moment du tout pour trembloter.
01:49Le paradoxe, c'est que pour la première fois depuis longtemps, l'Europe a un programme.
01:54Ce programme, c'est le rapport de Mario Draghi de 2024 qui fixe une feuille de route
01:58et à laquelle la plupart des pays de l'Europe adhèrent.
02:02Notamment, il y a des investissements technologiques, des réformes clés.
02:06C'est très technique, mais c'est fondamental.
02:07L'union des marchés de capitaux, c'est ce qui peut nous permettre de rivaliser
02:11avec la Chine et les Etats-Unis et leurs grandes entreprises.
02:14Mais, mais, mais, mais, faute de leaders européens qui tiennent debout, c'est très compliqué tout ça.
02:19Rappelons que le vrai pouvoir dans l'Union européenne reste entre les mains des Etats.
02:23Bref, nous sommes sur le fil.
02:25Au moins, toute cette affaire a un mérite, démontrer l'urgence de se bouger en Europe.
02:30C'est ce que disait le légendaire Premier ministre britannique Benjamin Israéli au XIXe siècle.
02:36Il n'est pas de meilleure école que l'adversité.
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