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L'héritage d'Emmanuel Macron est-il un obstacle insurmontable pour Gabriel Attal et Édouard Philippe en vue de la présidentielle ? Étienne Gernelle analyse les chances des anciens Premiers ministres. Malgré le poids du bilan macroniste et le mur de la dette, porter cette étiquette n'est pas forcément « rédhibitoire ». L'histoire récente le prouve : Nicolas Sarkozy comme Emmanuel Macron se sont imposés après avoir servi des présidents très impopulaires. De plus, la rupture est déjà consommée avec l'Élysée. Face au risque du RN, le directeur du Point rappelle la formule de Raymond Aron : le choix politique s'articulera « entre le préférable et le détestable ». Retrouvez l'édito d'Étienne Gernelle, directeur du Point, sur RTL Matin, du lundi au jeudi

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Transcription
00:00Ils ont tous les deux été premiers ministres d'Emmanuel Macron.
00:03Gabriel Attal et Edouard Philippe ambitionnent maintenant de lui succéder à l'Elysée.
00:06Et vous nous dites, Étienne, que malgré l'impopularité du président,
00:11cet héritage macroniste ne sera pas si lourd à porter.
00:14Non, ce ne sera pas forcément rédhibitoire.
00:17Alors soyons clairs, ceci n'est pas une défense du bilan d'Emmanuel Macron,
00:22d'autant qu'avec le mur de la dette qui se rapproche,
00:25le concepteur inspiré du quoi qu'il en coûte n'a pas fini d'être montré du doigt.
00:29Et avec quelques raisons.
00:30En revanche, cela ne veut pas dire que l'étiquette de macroniste ou d'ancien macroniste
00:36est un handicap insurmontable.
00:38Et d'abord, premier point, parce que c'est la leçon de l'histoire récente.
00:42Tout simplement, Emmanuel Macron lui-même était encore ministre de François Hollande
00:47huit mois avant son élection en 2017.
00:50Or, François Hollande, vous le savez, a terminé son mandat très très impopulaire.
00:54Nicolas Sarkozy, lui, était encore ministre de Jacques Chirac moins d'un mois avant le premier tour en 2007.
01:02Jacques Chirac, lui aussi, très impopulaire en fin de deuxième mandat.
01:06En comparaison, Édouard Philippe, qui a quitté Matignon il y a six ans,
01:09et Gabriel Attal, qui a quitté Matignon il y a deux ans, sont plutôt bien placés de toute façon.
01:14Et c'est mon deuxième point.
01:15Ce qui compte à la fin, c'est d'afficher une forme de rupture.
01:18Et vous pensez que Gabriel Attal et Édouard Philippe ont assez rompu avec Emmanuel Macron ?
01:24Alors, on ne doute pas qu'ils exerceront leur droit d'inventaire, comme disait Lionel Jospin.
01:29Ils ont d'ailleurs commencé.
01:31Et ils ont tous les deux un avantage dans cet exercice.
01:33C'est Emmanuel Macron qui a rompu avec eux.
01:37C'est lui, Emmanuel Macron, qui a limogé Édouard Philippe en 2020.
01:41Édouard Philippe n'était pas très content.
01:42C'est lui aussi qui a en quelque sorte licencié Gabriel Attal par le biais de la dissolution,
01:47dont il ne l'a informé qu'à la dernière minute.
01:50Il n'était pas très content non plus, Gabriel Attal.
01:53Alors évidemment, on peut les critiquer l'un et l'autre sur leur propre action au gouvernement.
01:57Mais le simple fait d'avoir été à un moment au service d'Emmanuel Macron n'est pas forcément rédhibitoire.
02:03Et pourtant, c'est un argument très utilisé par leur adversaire.
02:06Oui, mais à la fin, sera-t-il décisif ?
02:09C'est mon troisième argument.
02:09En fin de compte, on vote pour l'avenir plus que pour régler les comptes du passé.
02:14Surtout que cette élection n'est pas tout à fait comme les autres.
02:16L'arrivée de Marine Le Pen au pouvoir, qui est une vraie possibilité,
02:20représenterait une rupture majeure.
02:22Et ceux des électeurs qui s'en alarment, et il y en a quand même un certain nombre,
02:25pourraient alors relativiser le poids de l'étiquette macroniste
02:29et revenir à cette formule célèbre du grand Raymond Aron.
02:32Le choix en politique n'est pas entre le bien et le mal,
02:35mais entre le préférable et le détestable.
02:38Merci, c'était signé Gernel.
02:40A la une du point ce matin, Étienne, le spécial 20 ?
02:43C'est fondamental, et je voulais dire, c'est plus intéressant que la politique.
02:47Je vous laisse cette conclusion.
02:48Et je rappelle que demain, c'est Alain Duhamel
02:50que vous retrouverez à la même heure sur RTL
02:53pour la semaine d'Alain Duhamel.

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