00:00Ils ont tous les deux été premiers ministres d'Emmanuel Macron.
00:03Gabriel Attal et Edouard Philippe ambitionnent maintenant de lui succéder à l'Elysée.
00:06Et vous nous dites, Étienne, que malgré l'impopularité du président,
00:11cet héritage macroniste ne sera pas si lourd à porter.
00:14Non, ce ne sera pas forcément rédhibitoire.
00:17Alors soyons clairs, ceci n'est pas une défense du bilan d'Emmanuel Macron,
00:22d'autant qu'avec le mur de la dette qui se rapproche,
00:25le concepteur inspiré du quoi qu'il en coûte n'a pas fini d'être montré du doigt.
00:29Et avec quelques raisons.
00:30En revanche, cela ne veut pas dire que l'étiquette de macroniste ou d'ancien macroniste
00:36est un handicap insurmontable.
00:38Et d'abord, premier point, parce que c'est la leçon de l'histoire récente.
00:42Tout simplement, Emmanuel Macron lui-même était encore ministre de François Hollande
00:47huit mois avant son élection en 2017.
00:50Or, François Hollande, vous le savez, a terminé son mandat très très impopulaire.
00:54Nicolas Sarkozy, lui, était encore ministre de Jacques Chirac moins d'un mois avant le premier tour en 2007.
01:02Jacques Chirac, lui aussi, très impopulaire en fin de deuxième mandat.
01:06En comparaison, Édouard Philippe, qui a quitté Matignon il y a six ans,
01:09et Gabriel Attal, qui a quitté Matignon il y a deux ans, sont plutôt bien placés de toute façon.
01:14Et c'est mon deuxième point.
01:15Ce qui compte à la fin, c'est d'afficher une forme de rupture.
01:18Et vous pensez que Gabriel Attal et Édouard Philippe ont assez rompu avec Emmanuel Macron ?
01:24Alors, on ne doute pas qu'ils exerceront leur droit d'inventaire, comme disait Lionel Jospin.
01:29Ils ont d'ailleurs commencé.
01:31Et ils ont tous les deux un avantage dans cet exercice.
01:33C'est Emmanuel Macron qui a rompu avec eux.
01:37C'est lui, Emmanuel Macron, qui a limogé Édouard Philippe en 2020.
01:41Édouard Philippe n'était pas très content.
01:42C'est lui aussi qui a en quelque sorte licencié Gabriel Attal par le biais de la dissolution,
01:47dont il ne l'a informé qu'à la dernière minute.
01:50Il n'était pas très content non plus, Gabriel Attal.
01:53Alors évidemment, on peut les critiquer l'un et l'autre sur leur propre action au gouvernement.
01:57Mais le simple fait d'avoir été à un moment au service d'Emmanuel Macron n'est pas forcément rédhibitoire.
02:03Et pourtant, c'est un argument très utilisé par leur adversaire.
02:06Oui, mais à la fin, sera-t-il décisif ?
02:09C'est mon troisième argument.
02:09En fin de compte, on vote pour l'avenir plus que pour régler les comptes du passé.
02:14Surtout que cette élection n'est pas tout à fait comme les autres.
02:16L'arrivée de Marine Le Pen au pouvoir, qui est une vraie possibilité,
02:20représenterait une rupture majeure.
02:22Et ceux des électeurs qui s'en alarment, et il y en a quand même un certain nombre,
02:25pourraient alors relativiser le poids de l'étiquette macroniste
02:29et revenir à cette formule célèbre du grand Raymond Aron.
02:32Le choix en politique n'est pas entre le bien et le mal,
02:35mais entre le préférable et le détestable.
02:38Merci, c'était signé Gernel.
02:40A la une du point ce matin, Étienne, le spécial 20 ?
02:43C'est fondamental, et je voulais dire, c'est plus intéressant que la politique.
02:47Je vous laisse cette conclusion.
02:48Et je rappelle que demain, c'est Alain Duhamel
02:50que vous retrouverez à la même heure sur RTL
02:53pour la semaine d'Alain Duhamel.