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Dominique Schelcher, président-directeur général de Coopérative U, répond aux questions de Laurence Ferrari.
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00:00La grande interview européen CNews, Laurence Ferrari.
00:03Notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Orvain, c'est Dominique Schelcher. Bonjour à vous,
00:08bienvenue.
00:08Bonjour Laurence Ferrari.
00:09Prédégé de Coopérative U, comme tous les commerçants, vous avez été impacté par les manifestations qui se sont déroulées samedi
00:14après samedi.
00:15On va évoquer dans un instant le Président de la République qui dit qu'il n'y a pas besoin
00:18d'état d'urgence et que l'ordre va revenir.
00:20Mais d'abord, quel est le bilan pour vous, pour les commerces qui, dans votre enseigne, ont été attaqués ?
00:25Le bilan est très dur. La journée du 17 octobre a été absolument dramatique.
00:31Ce à quoi on a assisté, c'était du jamais vu. C'était d'une violence inimaginable.
00:36Donc on a, nous aussi, eu des magasins pillés, saccagés, mais des magasins simplement parfois attaqués,
00:44avec les équipes desquelles on a dû déclencher notre cellule de soutien psychologique.
00:50Tant elles étaient affectées ?
00:53Tant elles étaient bouleversées ? Tant elles avaient du mal à revenir même au travail ?
00:59C'était pour nous absolument du jamais vu.
01:01Parce qu'ils ont eu peur pour leur vie, vos personnels ?
01:03Absolument. Ils étaient enfermés dans le magasin, y compris en province, y compris en province, enfermés dans le magasin.
01:10Les vitrines ont été, comment dire, vandalisées. Ils étaient à l'intérieur, ils ont eu très peur.
01:16On a déclenché notre cellule interne de soutien et qui a beaucoup travaillé ces derniers jours.
01:21Il y a eu des vitrines barricadées, vous dites parfois des murs de parpaings érigés pour se protéger.
01:26C'est ça la France de 2026 ? Vous vous en étonnez ? Vous vous en inquiétez ?
01:30Non, mais j'en ai fait un post ce week-end en disant, mais est-ce que c'est ça
01:35la façon de faire du commerce ?
01:37Moi j'ai des collègues à Lyon ce week-end, c'était plus des planches en bois, c'était des
01:41plaques de tôle pour éviter le maximum de dégâts.
01:45Heureusement, ce week-end, samedi, il y a eu moins d'impact.
01:49Et quel dispositif il faudrait prendre selon vous ? Il faut plus de force de l'ordre ?
01:54Il faut que tous les magasins soient désormais équipés par brise en tôle, enfin de cash en tôle ?
02:00Je pense qu'une des mesures les plus importantes, c'est ce qu'on a vécu ce week-end,
02:05c'est que les cortèges ne passent plus dans les centres-villes au cœur de la concentration des commerces.
02:11Et sauf erreur, je crois que le Président de la République, c'est ce qu'il a dit hier, il
02:14a dit qu'il ne faut plus qu'on passe en centre-ville.
02:16Ça, ça me paraît déjà une première mesure.
02:19Deuxième mesure, c'est des forces de l'ordre en nombre suffisant pour faire face et pouvoir réagir.
02:26Parce que je me souviens très bien que le 17, justement vous appelez le numéro 17 des secours, ils étaient
02:35débordés.
02:37Est-ce qu'on est en train de s'habituer à la violence ? Est-ce qu'on est dans
02:39un confinement sécuritaire, Dominique Schecher ?
02:41Puis on va parler de l'impact sur la consommation.
02:44Il ne faut pas qu'on s'habitue à la violence, ça ce serait un drame de s'habituer à
02:48la violence et c'est le risque.
02:50Derrière votre question, il y a le risque de s'y habituer. Nous, on refuse de s'y habituer.
02:54Et il faut prendre toutes les mesures.
02:58Manifester est un droit incontestable, mais travailler est un droit aussi.
03:02Et les commerçants et les travailleurs, nos collaborateurs, ils veulent pouvoir travailler librement et en sécurité.
03:11D'accord. Mais donc qu'est-ce qu'il faut faire encore une fois ?
03:13Vous dites qu'il faut sortir de cet impasse, c'est une urgence absolue.
03:17L'état d'urgence non, dit le Président de la République.
03:20On annonce des journées difficiles encore ce samedi et le 5 novembre.
03:23Là, ça sera une grosse manifestation avec les syndicats.
03:26Vous redoutez le pire encore sur ces journées ?
03:28On est très préoccupés et très inquiets.
03:30Donc, il faut... Moi, je reprends les paroles du Président de la République hier aussi.
03:34Il a dit quoi ? Il a dit que le premier samedi, les effectifs étaient insuffisants.
03:41C'était le premier point.
03:42Et on n'a pas assez anticipé.
03:44Donc, cette fois, il faut anticiper les effectifs suffisants,
03:47changer les parcours pour éviter les centres-villes où il y a plein de commerces
03:51et nous, être très précautionneux.
03:54Et puis, au moindre mouvement, réagir, évidemment.
03:56Il en va de la survie de certaines entreprises ?
03:59Mais bien évidemment, mais bien évidemment.
04:00Vous savez, il y a un an, j'ai rendu à deux ministres de ce gouvernement
04:04un rapport sur l'avenir des centres-villes.
04:06Et donc, je connais bien ce sujet.
04:08Les centres-villes de France, beaucoup, sont en grande souffrance, en grande difficulté.
04:14La vacance commerciale en centre-ville n'a jamais été aussi importante en France.
04:18Et on rajoute une nouvelle crise à tous ces commerçants,
04:23qui est cette crise de la fréquentation.
04:25Parce que même s'il n'y a pas eu de cas ce samedi, il y a eu quoi ?
04:28Des rideaux fermés, beaucoup moins de clients en ville parce que les gens avaient peur de se déplacer.
04:34Et donc, c'est du chiffre d'affaires en moins au moment où démarre la période commerciale la plus importante
04:40de l'année.
04:40Donc, face à tout ça, et notamment dans le non-alimentaire, les confrères du non-alimentaire,
04:45beaucoup ne tiendront pas si les samedis se répètent.
04:48Ça, c'est évident.
04:49C'est évident.
04:50Donc, c'est une crise de la consommation.
04:52Il y a un impact que vous voyez d'ores et déjà dans vos magasins ?
04:55Dans les cœurs de ville, il y a un impact direct avec une baisse de chiffre d'affaires le premier
05:02samedi, le deuxième samedi.
05:04Donc, même s'il n'y a pas de casse, il y a un impact maintenant qui est économique.
05:07Et donc, il faut résoudre la situation pour éviter qu'on s'enfonce économiquement.
05:12Quand vous parlez, Dominique Schercher, d'une période stratégique, c'est Noël, c'est le Black Friday, c'est toutes
05:17ces périodes où les Français commencent déjà leurs achats.
05:20C'est bien ça ?
05:21Normalement, ils le commencent maintenant.
05:23Je veux dire, le coup d'envoi, c'est un peu la Toussaint.
05:28En fait, les achats de Noël vont commencer.
05:30Voilà, les magasins sont prêts maintenant, sont décorés.
05:33Ça va commencer maintenant.
05:34Donc, si la période est perturbée, 31 octobre, 5 novembre, ça risque d'être compliqué et de mettre vraiment certaines
05:41entreprises en grande difficulté.
05:43Vous savez qu'il y a plein de chaînes d'habillement qui ont mis la clé sous la porte depuis
05:462-3 ans.
05:48Je crains que ça puisse encore être le cas si la situation perdure.
05:53Sur les achats de Noël, est-ce que vous avez déjà des tendances ?
05:57Vous savez, est-ce que privilégient les consommateurs ?
05:59Est-ce qu'ils ont déjà fait leur préférence ?
06:02Non, c'est trop tôt. C'est trop tôt. Par contre, ce qu'on peut dire, les Français sont terriblement
06:07inquiets.
06:08Ils sont dans un attentisme et dans un arbitrage que j'ai rarement vu.
06:13À l'euro près ?
06:14Mais complètement à l'euro près. De toute façon, 46% des Français ont des fins de mois difficiles.
06:1946%. Je n'ai pas le souvenir d'un chiffre aussi important.
06:24Un Français sur 10, c'est même en réalité 13% aujourd'hui, sont en précarité alimentaire.
06:29C'est un niveau de difficulté qu'on n'a jamais vu.
06:32Et j'observe, alors là, c'est pour moi la chose la plus frappante actuellement,
06:37un véritable effondrement de la consommation de carburant.
06:41Je dis ce mot sciemment, effondrement au mois d'octobre.
06:46Chez Coopérative U, c'est moins 10 de volume depuis le début de l'année.
06:50C'était déjà très fort en baisse au mois de septembre.
06:53Et là, on a des stations au mois d'octobre.
06:55C'est jusqu'à moins 40% de volume de consommation.
06:58Les gens ne bougent plus.
06:59Les gens restent à la maison, sacrifient beaucoup de choses.
07:02Le sport, l'activité sportive des jeunes, ils ne bougent plus
07:06parce que le prix du carbone, c'est trop lourd, pèse trop sur leur budget à date.
07:12Le geste du gouvernement qui a libéré les stocks stratégiques,
07:15a donné une toute petite bouffée d'air sur le gasoil, mais jusqu'à quand ?
07:19Va le donner à partir de la semaine prochaine.
07:23Dans des modalités qui doivent encore être travaillées cette semaine,
07:26il y a plusieurs réunions avec le gouvernement pour caler le sujet.
07:30Ça donnera une petite bouffée d'oxygène à partir de la semaine prochaine.
07:33Mais ce ne sera pas tous les jours et pas tout le temps
07:35parce que ce n'est qu'une part de la consommation
07:38qui est concernée à partir du 2 novembre exactement.
07:41D'autant que vous l'avez noté, le prix du baril de pétrole
07:43continue d'augmenter à refrancher des niveaux.
07:45Il était au plus haut la semaine dernière depuis le début de la guerre
07:48à 115 dollars le baril la semaine dernière.
07:51Donc pour l'instant, on n'a aucun signal d'amélioration sur le plan du carburant
07:55qui, encore une fois, et tous ces éléments-là conduisent
07:59à un véritable effondrement de la consommation de carburant.
08:03L'inflation, où est-ce que vous en êtes ?
08:04Aujourd'hui, on avait Michel-Edouard Leclerc qui la prévoit à près de 4%
08:08pour la fin de l'année. Vous confirmez ce qu'il disait ?
08:10Alors, à date, l'inflation est à 3,1% essentiellement à cause des prix de l'énergie.
08:18Sur l'alimentaire, c'est plutôt flat actuellement.
08:22Ça ne bouge pas.
08:23Par contre, le sujet, c'est que va-t-il se passer après les négociations commerciales
08:27qui se termineront le 28 février prochain.
08:30Et là, effectivement, après l'année qu'on a connue,
08:33après tous les impacts pour les entreprises qu'on a connues,
08:37il faut s'attendre effectivement à de l'inflation à l'issue des négociations,
08:42donc au printemps prochain.
08:43Ça veut dire qu'il y aura forcément un impact sur les prix au printemps prochain.
08:49Absolument, ça, tous les signes vont dans ce sens.
08:52La question, c'est dans quelle ampleur il y aura plusieurs points d'inflation alimentaire
08:57après les négociations pour tenir compte d'une réalité.
09:01Payer justement les agriculteurs, ça, c'est une cause à laquelle on tient chez Coopérative U.
09:06Donc ça, c'est par exemple nécessaire.
09:08Les fruits et légumes ont augmenté cette année.
09:10C'est pour juste bien rémunérer les producteurs.
09:14Vous êtes aussi étonné de certains comportements.
09:16Vous dites certains préfèrent ne pas manger et se payer ou faire un crédit à la consommation
09:20pour se payer le dernier téléphone portable.
09:23C'est les arbitrages qu'aujourd'hui font les Français, Dominique Schacher.
09:26Mais de plus en plus, si vous voulez, c'est vrai que ça, c'est un petit coup de gueule
09:29que j'ai partagé sur les réseaux sociaux et qui a été assez largement repris
09:34parce que parfois, il y a une inversion de valeur.
09:36Les mêmes clients qui ont un téléphone dernier cri dans la poche
09:40viennent nous voir en se plaignant de l'augmentation des tomates
09:44dont l'augmentation est justifiée pour rémunérer justement le producteur.
09:48Donc, derrière ça, la question est, quelle est la juste valeur qu'on veut donner à l'alimentation ?
09:54Et je crois que parfois, les valeurs sont inversées et c'est un débat qui mérite d'être posé.
09:59Donc, il y a un problème de hiérarchie des valeurs.
10:00Tout à fait, une société de consommation qui est devenue folle, c'est ce que vous nous dites ?
10:04Qui est parfois allée un peu trop loin.
10:07Et je rappelle ces chiffres, il y a 50 ans, l'alimentation représentait un peu moins de 30%
10:13dans le budget d'un ménage, c'est encore 13% aujourd'hui.
10:15C'est devenu une variable d'ajustement par rapport à beaucoup d'autres dépenses,
10:19dont le logement qui pèse énormément, dont les dépenses pré-contraintes,
10:24mais aussi la technologie et les abonnements.
10:26Et à un moment, qu'est-ce qui est plus important ?
10:28Est-ce qu'il vaut mieux d'abord payer son abonnement à Netflix ou payer une alimentation de qualité ?
10:34C'est ça la question que je pose.
10:35Ça veut dire qu'il y a un problème sur la valeur de l'alimentation.
10:38Or, vous dites derrière l'alimentation, ce sont les territoires, ce sont nos paysans
10:42et c'est notre santé au fond.
10:43Mais bien évidemment.
10:44Et c'est tout cet enchaînement-là jusqu'à la santé, mais à court terme par exemple,
10:49c'est la survie de nos agriculteurs.
10:52Donc, payer le juste prix de l'alimentation,
10:55c'est assurer une alimentation de qualité en France pour les années qui viennent
10:59et rien n'est moins sûr aujourd'hui.
11:00Dominique Schelcher, on est sur CNews et sur Europe 1.
11:02Votre grand combat, c'est les salaires.
11:04Vous dites, la prochaine présidentielle, le combat central,
11:07c'est améliorer les salaires pour les Français,
11:09donc rapprocher le brut du net.
11:10Qu'est-ce qu'il faut faire à votre avis ?
11:12Vous avez regardé toutes les propositions des différents candidats,
11:14elles sont nombreuses, variées.
11:15Très nombreuses.
11:16Est-ce qu'il y en a qui vous conviennent ?
11:18Écoutez, rappelons déjà ce chiffre.
11:20Il y a 50 ans, les Français touchaient 70% de leur super brut,
11:24c'est-à-dire toute charge comprise, patronale et salariale.
11:27Aujourd'hui, c'est encore 52%.
11:30Pourquoi ?
11:30Parce qu'on fait trop porter au travail,
11:33le coût de la protection sociale, c'est devenu trop lourd.
11:35Donc, quelle solution ?
11:36Moi, je propose, première chose,
11:40de réduire, de revoir le coût global de cette protection sociale.
11:45À un moment, il faut revisiter le volume de dépenses et le baisser.
11:48Donc, on peut dire prestations sociales, Dominique Schelcher ?
11:50En faisant des choix.
11:51Mais oui, absolument.
11:52Il faut revisiter les choses.
11:53Peut-être qu'on va dans certains domaines trop loin.
11:56Donc, revisitons ça.
11:57Mais la deuxième mesure que je vois,
12:00et certains, effectivement, candidats le proposent,
12:02je propose de déplacer une partie de cette charge
12:07sur la TVA la plus élevée.
12:09La TVA la plus élevée,
12:11pas la TVA de première nécessité,
12:13celle-là, on ne la touche pas,
12:13ce n'est pas possible dans le contexte actuel,
12:15mais la TVA la plus élevée, on déplace.
12:17Donc, il y aurait un gain de salaire significatif d'un côté,
12:21une petite augmentation de prix
12:23sur certains produits à la TVA la plus élevée,
12:25mais l'augmentation de salaire doit compenser,
12:28comment dire, la charge de l'autre côté.
12:32Et si on ne fait pas ça,
12:34je ne vois pas comment on peut résoudre le problème
12:37des salaires qui sont aujourd'hui trop serrés en France.
12:40Et le gouvernement, justement,
12:42une des pistes envisagées par le gouvernement,
12:44c'est revaloriser le SMIC d'ici la fin de l'année.
12:46Bonne ou mauvaise piste, selon vous ?
12:48Alors, il n'y a pas de souci
12:50pour, évidemment, continuer à augmenter le SMIC.
12:54On l'a fait déjà au mois de juin.
12:55Mais ce qui se passe actuellement,
12:57c'est qu'on veut faire porter exclusivement aux entreprises
13:01la charge de toutes ces augmentations,
13:02parce qu'on parle du SMIC,
13:03mais dans le projet de budget
13:05qui est en discussion actuellement,
13:06on veut, en même temps,
13:08revenir sur l'allègement des charges
13:10sur le travail.
13:12Et l'ensemble des dispositions dont on parle,
13:15c'est un coût de 11 milliards
13:17pour les entreprises en plus.
13:19Écoutez, depuis le début de ces deux quinquennats,
13:22il y avait une mesure qui était bonne,
13:24comment dire, saluée par le monde de l'entreprise,
13:26c'était l'allègement des charges.
13:28Pour faire quoi ?
13:29Ce n'est pas des cadeaux aux entreprises,
13:30comme le disent un certain nombre d'interlocuteurs.
13:33C'était simplement pour ramener le coût du travail
13:35au niveau le plus élevé en Europe.
13:39Au niveau le plus élevé en Europe.
13:40Et là, dans la dernière ligne droite du deuxième quinquennat,
13:44on fait quoi ?
13:44On revient sur cet allègement.
13:46Franchement, les entreprises ne le comprennent pas.
13:48Ne le comprennent pas.
13:49Donc, nous demander d'augmenter le SMIC,
13:52alors qu'en même temps,
13:53on veut augmenter le coût du travail de l'autre,
13:57là, ça va coincer.
13:58Ça veut dire qu'il y aura des emplois qui seront menacés ?
14:01Le patron du MEDEF dit,
14:02voilà, ça va avoir un coût pour les entreprises en termes d'emplois.
14:06Les entreprises ne pourront pas tout prendre en charge,
14:09à la fois avoir moins d'allègements
14:12et donc, comment dire,
14:13un coût du travail qui se rend chéri
14:15et qui est, je le rappelle,
14:16au plus élevé en Europe.
14:19Et de l'autre, augmenter tout de suite encore les salaires,
14:22on ne pourra pas tout faire en même temps.
14:23Beaucoup d'entreprises n'en ont pas les moyens.
14:25Et dans cette faible croissance actuellement,
14:28beaucoup d'acteurs ne pourront pas le faire.
14:31Avec une crise financière qui plane sur nous,
14:34une inquiétude sur la dette.
14:35Ce qui est très intéressant dans les enquêtes que nous faisons,
14:38c'est que les Français comprennent maintenant
14:39le poids de la dette
14:40et ce qu'il veut dire pour eux et pour leurs enfants.
14:43Ça, ça vous surprend ?
14:44Jusqu'à présent, c'était très abstrait.
14:45Les 3 600 milliards de dettes,
14:47là, ils ont compris ce que ça veut dire.
14:48Je pense que les gens l'ont compris.
14:51Et moi, je le résume par un chiffre qui est très intéressant.
14:54avec les niveaux de taux d'emprunt de la France actuellement,
14:58le coût du remboursement seulement des intérêts
15:02sera équivalent aux impôts prélevés en France l'année prochaine.
15:06Voilà où on en est.
15:07Donc ça, ce sont des chiffres, je pense,
15:09que tout le monde peut comprendre,
15:11qui expriment la gravité des choses
15:13et qui disent qu'il faut absolument réagir maintenant.
15:16Alors, quelle mesure ?
15:17Une mesure que vous demandez aujourd'hui ?
15:19Une mesure, c'est revoir nos dépenses.
15:22Et là, je suis très inquiet
15:23quand je vois les débats au Parlement
15:25puisque toutes les mesures proposées
15:27pour baisser justement les dépenses publiques,
15:31revoir, sont à chaque fois revues
15:33et on rajoute plutôt des dépenses.
15:35Et ça, ce n'est pas possible.
15:36Et pareil dans les programmes des candidats
15:37pour la présidentielle ?
15:39On ne voit pas assez,
15:41notamment sur le sujet du travail
15:43et donc trouver d'autres façons de financer.
15:46Mais trouver des économies,
15:47on ne les voit pas assez
15:48dans les projets dont on nous parle actuellement.
15:51Dominique Schellcher,
15:52il y a aussi ce malaise de la jeunesse,
15:55des lycéens qui vont poursuivre leur mobilisation
15:57malgré les annonces faites par le gouvernement.
15:59Quel message vous pouvez leur transmettre ce matin ?
16:01Ils sont inquiets de rentrer sur le marché du travail,
16:04de l'impact de l'IA
16:05qui est en train de ravager
16:07et renverser complètement le monde de l'emploi.
16:11Alors, tout d'abord,
16:12les hommes politiques ont une grande responsabilité
16:14dans cette campagne
16:15de s'adresser aux jeunes.
16:16Je le disais,
16:17je ne savais pas que les jeunes
16:18sortiraient dans la rue,
16:19mais je le disais dans les interviews
16:20depuis un certain temps.
16:22Parce que beaucoup de parents nous disaient
16:23on a peur pour l'avenir de nos enfants
16:26et les jeunes le disaient,
16:27on est préoccupés par tout ça.
16:29Donc, déjà,
16:30il y a une parole politique nécessaire
16:32avec un projet politique.
16:33Après, les entreprises ont leur rôle à jouer
16:35de leur dire qu'il y a encore
16:37des belles carrières à faire.
16:38C'est le cas dans la grande distribution
16:40où l'escalier social existe encore.
16:43On peut rentrer sans grande formation
16:44et quand on est motivé,
16:46quand on travaille,
16:46on peut progresser
16:47et avoir à la fin de grandes responsabilités
16:49et même être propriétaire d'un magasin.
16:52Donc, c'est une période de bouleversement.
16:55Il y a l'intelligence artificielle qui arrive,
16:56mais il y a encore de quoi faire
16:58des belles carrières
16:59pour les gens très motivés
17:00et qui ont envie de s'engager.
17:02Ça, vraiment,
17:03c'est aussi notre responsabilité
17:04de le dire aux jeunes.
17:05Et de dire peut-être aux jeunes,
17:06il ne faut pas forcément
17:07tous aller en faculté,
17:09en université.
17:09Il y a des métiers professionnels
17:10qu'on peut faire beaucoup plus tôt.
17:12Mais exactement,
17:12vive l'apprentissage.
17:14Vive l'apprentissage.
17:15Il y a toujours dans notre profession
17:17des postes de boulanger
17:18que nous recrutons,
17:19des postes de boucher.
17:21Et ça,
17:21les parents, parfois,
17:23oublient que la voie de l'apprentissage
17:25est une tellement belle voie
17:28pour tous les jeunes.
17:29Donc, voilà.
17:30Donc, une parole gouvernementale
17:32ou une parole de nos hommes politiques,
17:33des candidats
17:34pour redonner de l'espoir
17:35avec une vision pour les jeunes.
17:37Et puis,
17:38un engagement des entreprises
17:39à continuer, bien sûr,
17:40à les recruter,
17:41à les former
17:41et à leur proposer
17:43de belles carrières
17:43et des belles progressions
17:45dans le temps.
17:46Il y a de l'espoir.
17:47Il y a de l'espoir.
17:48Dominique Chercher,
17:49une dernière question
17:49concernant la cybersécurité.
17:51Oui.
17:51Certains de vos magasins
17:52ont été impactés
17:53par des attaques informatiques
17:55qui ont impacté
17:56la température des frigos.
17:57Est-ce que,
17:57un,
17:58vous pouvez nous dire
17:58que c'est derrière vous ?
17:59Et deux,
18:00comment se prémunir
18:01à l'avenir
18:01pour d'autres types
18:02de cyberattaques ?
18:03Très bonne question.
18:05Tout d'abord,
18:05l'attaque des frigos,
18:07elle est aujourd'hui
18:08sous contrôle.
18:09On a pris
18:10toutes les mesures
18:10qu'il fallait
18:11pour que ça ne se reproduise pas
18:13et on va encore
18:14en prendre dans les...
18:14Parce que c'est gravissime
18:15pour la consommation.
18:16C'est évidemment gravissime.
18:17C'est du jamais vu.
18:18Je rappelle
18:19qu'une chaîne
18:20de magasins hollandais
18:22a subi
18:23une attaque encore plus forte
18:24puisque là,
18:24les magasins étaient vides
18:25puisque les entrepôts
18:26ne pouvaient plus livrer.
18:27On n'est pas arrivé
18:28jusque-là en France.
18:29Donc,
18:29il faut prendre
18:30des mesures drastiques
18:31pour se protéger
18:32à un moment
18:33où on nous dit
18:34que l'intelligence artificielle
18:36développe
18:36le nombre d'attaques,
18:38la gravité
18:39de ces attaques,
18:39etc.
18:40Donc,
18:40nos équipes
18:41de cybersécurité
18:42sont sur le pont
18:4424 heures sur 24.
18:46On continue
18:47les investissements
18:47très lourds
18:48pour se protéger,
18:49protéger nos entreprises
18:50et faire en sorte
18:51que la chaîne alimentaire
18:52soit protégée,
18:53préservée,
18:54évidemment.
18:54Mais c'est une menace
18:55pour l'avenir,
18:56pas seulement pour le secteur
18:57de la consommation,
18:58pour tous les secteurs
18:59d'activité de notre pays.
19:00C'est une menace globale
19:02et vous savez
19:03ce qu'on a appris hier.
19:03On a appris hier
19:04qu'il y a des enquêtes
19:06ouvertes au niveau
19:07de la France
19:07pour connaître
19:08les origines
19:09de cette cyberattaque
19:09des frigos.
19:11Les Etats-Unis
19:11s'associent
19:12à l'enquête
19:13parce qu'ils ont
19:14eux-mêmes été touchés.
19:16Les frigos de l'armée
19:17aux Etats-Unis
19:18ont été touchés
19:19l'été dernier
19:19par le même phénomène.
19:21Et donc maintenant,
19:21tout le monde veut savoir
19:22d'où ça vient
19:23et qui cherche
19:24à déstabiliser
19:25quoi ?
19:25La chaîne alimentaire,
19:27l'approvisionnement
19:27des militaires
19:29d'un côté,
19:29des Français
19:30de l'autre.
19:31Qui est derrière ça ?
19:32Qui veut déstabiliser ça ?
19:33Il faut avoir la réponse.
19:34Vous avez raison.
19:35Merci beaucoup Dominique Schellcher
19:36d'être venu ce matin
19:37sur CNews et sur Europe 1.
19:38Bonne journée à vous.
19:40Merci Laurence Ferrari.
19:42Merci Dominique Schellcher.
19:44Dans un instant,
19:45la suite d'Europe 1 Matin
19:46avec vous,
19:47Alexandre Lemaire,
19:48les infos,
19:48la météo
19:49et les signatures d'Europe 1.
19:50A tout de suite
19:51sur Europe 1.