- il y a 11 heures
Linda Kebbab, secrétaire nationale du syndicat de police UN1TÉ, était l’invitée de Sonia Mabrouk sur BFMTV ce lundi 26 octobre. Elle a notamment été interrogé sur le rôle des policiers lors du 17-Octobre et sur le soutien d'Emmanuel Macron envers les forces de l'ordre.
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TVTranscription
00:00L'ordre sera tenu et il n'y aura plus, plus jamais de 17 octobre.
00:03Bonsoir Linda Kebab.
00:05Bonsoir Madame.
00:06Merci d'être là.
00:07Secrétaire nationale du syndicat de police unité, Hélène Lecomte,
00:10nous accompagne notre consultante police-justice BFM TV.
00:13Est-ce que le président de la République a raison, Linda Kebab,
00:16de dire de manière affirmée et assumée, plus jamais de 17 octobre ?
00:21Alors visiblement, il semble avoir beaucoup confiance dans les policiers
00:25puisque cette affirmation, au final, elle ne repose que sur les épaules d'un seul groupe.
00:29À savoir les forces de sécurité intérieure.
00:31Et donc quand il dit qu'il n'y aura plus jamais de 17 octobre,
00:34ou en tout cas qu'il appelle de ses voeux qu'il n'y en ait plus,
00:36il dit quoi ? Il dit « je m'en remets entièrement à vous ».
00:40Dans un contexte, je rappelle, de crise économique et sociale profonde de notre pays
00:45qui n'a pas commencé avec les mouvements lycéens.
00:48Et encore une fois, il dit aux policiers, la main sur le cœur,
00:51à quel point il est reconnaissant à leur endroit,
00:53tout en ayant quand même depuis quelques années peu, comment dit-on,
00:56d'empathie et de pédagogie lorsqu'il s'agit de dialogue social ?
01:00On va en parler. On va en parler du soutien qu'il a apporté,
01:03mais je sens évidemment, plus que votre ironie,
01:05mais une forme de colère aussi froide par rapport au manque de soutien
01:08que vous estimez du président vers les Bleus, comme on dit.
01:11Mais on est en train d'acter, Linda Kebab, de samedi en samedi,
01:15qu'on aura un dispositif sécuritaire inédit, massif sur le terrain.
01:18Est-ce que matériellement, est-ce que techniquement, est-ce que humainement, ça peut tenir ?
01:22En fait, vous avez raison. C'est ce qu'il est en train d'acter.
01:25Il l'a dit, il y a le 17, le 24, il y aura samedi prochain,
01:29puisque une intersyndicale appelle encore à manifester,
01:31il y aura le 5 novembre, et il a dit, il a parlé de tous les samedis.
01:35En fait, on est reparti comme en 40, ou plutôt comme en 2018-2019,
01:39avec le mouvement des Gilets jaunes.
01:40Sauf qu'à l'époque, une fois encore, on lui avait dit,
01:43attention, vous avez épuisé les forces.
01:44Et là, à nouveau, il y a épuisement des forces.
01:46Il y a parfois du désengagement.
01:49On a eu plusieurs dizaines, pardon, centaines de CRS la semaine dernière,
01:55heureusement avant le samedi, qui ont été malades
01:58et qui ont dû consulter leur médecin.
02:00Et ça, il le sait.
02:01Et donc, on ne peut pas indéfiniment presser le citron
02:04en pensant qu'il va pouvoir donner du jus pendant des mois et des mois
02:07sans aucune considération, sans aucune reconnaissance.
02:09Mais au-delà de ça, Mme Mabrouk, moi, ce qui m'interpelle,
02:11c'est que quand il dit, je compte sur vous pour les samedis à venir,
02:16dans l'absolu, il va les faire tenir comment, ces policiers ?
02:18On ne peut pas être sur des plans de rappel à 75% de taux de présence en permanence.
02:23Il l'a dit lui-même, que les policiers ont dû revenir sur leur congé,
02:26que c'est du temps au moins avec leur famille, etc.
02:28Mais enfin, la crise sociale, elle frappe aussi les policiers.
02:31Et donc, du coup, d'un côté, on est conscient des sacrifices qu'ils font.
02:34Et de l'autre côté, on leur dit, bon, ben, tenez bon.
02:37Par contre, derrière, n'oubliez pas, dans six mois, c'est la fin de mon mandat,
02:41puisqu'il a parlé lui-même de l'échéance présidentielle.
02:44Dans six mois, c'est la fin de mon mandat.
02:45Et puis, on verra si le suivant vous remerciera pour les fautes que j'ai moi-même commises.
02:49En tout cas, moi, c'est comme ça que je l'entends et mes collègues également.
02:51Hélène, le compte, on va rappeler dans quelques instants ce dispositif.
02:54Et puis, ce qui est demandé, simplement encore, Linda Kebab,
02:57pour Emmanuel Macron, l'ordre a été tenu.
03:00Est-ce qu'il a été tenu ?
03:02Et est-ce qu'il est rétabli ?
03:03C'est différent. Un ordre tenu, est-ce que c'est un ordre totalement rétabli ?
03:06Je ne vous cache pas que la phrase m'a interpellée quand il l'a prononcée.
03:10Je l'ai entendue en direct.
03:11Et je me suis dit, ça m'a beaucoup étonnée de la part d'un président de la République
03:14qui est en capacité de pouvoir formuler des phrases avec des verbes,
03:17des sujets, des verbes et des compléments.
03:19Et avec des sujets qui, parfois, et souvent même, commencent dans sa bouche par un jeu.
03:23Et de dire, l'ordre a été tenu.
03:24Non, non. Les policiers ont tenu la République.
03:27Ça aurait été beaucoup plus appréciable et entendable.
03:29L'ordre ne s'est pas tenu tout seul.
03:31Il n'a pas été tenu par la force du politique. Sûrement pas.
03:33Il a été tenu par les seules forces de sécurité intérieure républicaines
03:36qui ont tenu le 17, le 24, mais pas qu'avant,
03:40avec toutes les mobilisations qui ont débuté en septembre.
03:42Mais j'ai envie de vous dire, même depuis des années,
03:44puisqu'il a été ministre, je vous rappelle, sous M. Hollande,
03:47lors de la loi travail, et où à ce moment-là,
03:48déjà les forces de sécurité intérieure faisaient preuve de savoir-faire,
03:51de professionnalisme, d'engagement,
03:53et tenaient la République quand le Black Bloc détruisait Paris
03:56contre cette réforme de la loi qu'on appelait à l'époque El Khomri.
04:01Et puis derrière, il y a eu les gilets jaunes,
04:02et puis après derrière, il y a eu le Covid avec le confinement, etc.
04:04– Vous êtes en train de dire que tout ne tient que grâce aux forces de l'ordre
04:07qui seraient le dernier cordon ?
04:09– Écoutez, Mme Mabrouk, dans une démocratie,
04:11tout tient sur un ensemble de critères,
04:14c'est-à-dire le dialogue social,
04:15les politiques sécuritaires,
04:17les politiques économiques,
04:18les politiques sociales.
04:20Mais puisque les deux derniers points n'existent plus,
04:22en fait, finalement, tout ne repose plus que sur nos épaules.
04:25On ne peut pas faire ça.
04:26– On vous demande l'impossible ?
04:27– On nous demande l'impossible,
04:28avec pas de moyens, pas de reconnaissance,
04:30et j'ai envie de vous dire presque même un mépris.
04:32Nous, depuis quelques années, policiers,
04:34on est juste représentatifs de ce qui se passe dans la société française.
04:36Quand on dit depuis des années,
04:38et je vous l'ai dit plusieurs fois,
04:39que le dialogue social, les corps intermédiaires ont été tués,
04:42mais pas seulement les organisations syndicales,
04:43et je ne parle pas seulement des organisations syndicales
04:46représentant les salariés,
04:47quand aujourd'hui, des syndicats de lycéens,
04:48alors vous pouvez dire qu'ils sont peu représentatifs,
04:51néanmoins, ils les ont intégrés dans le dialogue,
04:54apprennent par voie de presse…
04:55– Et il est difficile aujourd'hui de les ignorer,
04:57ces syndicats de lycéens,
04:58puisque cette mobilisation,
05:01elle naît devant les lycéens.
05:02– Et pourtant,
05:03qui a été reçu une première fois par le chef du gouvernement ?
05:06Des créatrices de contenu.
05:07Alors, je n'ai rien contre leur métier,
05:09parce qu'évidemment, elles connaissent le sujet.
05:10Mais enfin, c'est quand même du mépris pour le dialogue social.
05:13Et ça, c'est ce que nous voyons depuis 2017.
05:15– Et c'est un point sur lequel vous vous retrouveriez
05:18avec, effectivement, ces syndicats lycéens
05:21et toutes ces associations lycéennes
05:23– Les policiers, sa place aussi ou les forces de l'ordre
05:25du côté aussi du mouvement social.
05:27– En tout cas, trouvez ça un peu gonflé,
05:28effectivement, pardon pour ce terme,
05:30que le chef du gouvernement dévoile ses premières mesures
05:33et sans avoir de mépris pour ses influenceuses,
05:38mais que ce soit dévoilé à des influenceuses,
05:39alors que quelques minutes plus tard,
05:42lycéens et étudiants étaient derrière la porte,
05:43séparément d'ailleurs, pour être reçus par le Premier ministre.
05:47– Et ce sont malheureusement des anecdotes
05:48que nous avons parfois connues nous-mêmes.
05:50– Vous dites le mot de mépris.
05:51Pourtant, je vais vous faire réagir.
05:54On va écouter l'hommage rendu par Emmanuel Macron
05:56aux forces de l'ordre.
05:57Alors, est-ce qu'il est de votre point de vue tardif
05:59ou peut-être même cynique ou hypocrite ?
06:01Écoutons-le.
06:03– Rien pour les événements à venir.
06:07On continuera d'avoir des tracés alternatifs
06:09pour les manifestations déclarées,
06:10pour protéger nos centres-villes
06:12et on continuera de tenir les positions
06:14pour que le calme demeure.
06:16Parce que c'est ce qu'on doit,
06:18parce que c'est ça la République.
06:19Et c'est la mission que, chaque jour,
06:22vous faites avec fierté et engagement.
06:25– Ce soutien, Linda Khabab, est-il conséquent ?
06:29Est-il sincère ?
06:31Il a varié dans le temps ou pas ?
06:32– Bien sûr qu'il a varié.
06:34Je vous rappelle qu'il a bafoué la séparation des pouvoirs
06:38lorsque, en juillet 2023,
06:40alors que les policiers étaient en train de subir
06:43parmi les pires émeutes de la Vème République,
06:46il a tenu les propos selon lesquels
06:48l'action du policier dans l'affaire de Nanterre.
06:50Et alors même qu'il était encore en garde à vue
06:53et qu'il allait être mis en examen,
06:54il avait dit que les faits,
06:56donc l'action du policier,
06:58étaient inexcusables.
07:00– Je vais dire, si ça, c'est pas du mépris,
07:02le mépris de la séparation des pouvoirs,
07:04le mépris de la considération de l'instruction,
07:07le mépris à l'égard des forces de l'ordre
07:08qui, je le rappelle, je l'ai dit en 2018
07:10et je le redis aujourd'hui,
07:11ont tenu la République
07:12quand sa politique était en train de pousser
07:15les Français à se battre les uns contre les autres.
07:17Nous, on n'a pas oublié,
07:19moi, je n'ai pas oublié les Gilets jaunes.
07:20Je n'ai pas oublié ce qui s'est passé.
07:21Je le disais déjà à l'époque,
07:23le premier éborgné de l'histoire des Gilets jaunes,
07:25tout le monde l'a oublié,
07:26mais c'est un policier.
07:27C'est un policier qui n'avait que son calot sur la tête,
07:29pensant que la manifestation se passerait bien
07:31et malheureusement,
07:32elle avait déjà été à l'époque phagocytée par l'ultra-gauche.
07:34Il s'est pris une bombe artisanale
07:35et il a perdu un oeil.
07:37Et ça, c'est la symbolique extrêmement forte
07:39du mépris depuis 2017
07:42dont sont victimes les policiers.
07:44Ok, très bien,
07:45que fait-il de cette prime de risque
07:46que les policiers réclament depuis quelques années ?
07:48Que fait-il de ce gel du salaire
07:50dont les policiers se plaignent ?
07:53Et que fait-il surtout des prises de parole
07:54qui sont les siennes,
07:55comme il y a encore quelques jours
07:56quand il a parlé d'empathie et de pédagogie
07:58ou encore une fois,
07:59quand il fait des annonces
08:00comme il l'a fait avec aujourd'hui les syndicats lycéens
08:02où il a déjà fait des annonces
08:04en bafouant le dialogue social.
08:05Je rappelle juste que dans la police,
08:07juste que les téléspectateurs comprennent,
08:09plus de 70% des policiers sont syndiqués
08:11et le taux de participation aux élections professionnelles,
08:14c'est 90% dans la police.
08:15À faire rougir d'envie
08:17tous les politiques de tout le spectre politique.
08:20Et pourtant, il y a du mépris permanent.
08:21Aujourd'hui, le président,
08:23je vais dire devant toute la France,
08:24que ses propos sont relayés,
08:26dit plus jamais le 17 octobre.
08:27Et tous, on peut dire, témoigner,
08:30tous, tout le monde,
08:30tous ceux qui nous regardent,
08:31nous ici, que ce sont des images
08:33que plus personne ne pourrait supporter voir.
08:35En tous les cas,
08:36quand on est du côté, évidemment,
08:37des honnêtes citoyens.
08:38Plus personne.
08:39Donc quand il le dit de manière aussi affirmée
08:41et aussi assurée,
08:43c'est qu'il compte véritablement
08:44sur un dispositif dont il est sûr,
08:46alors que la violence va grandissante.
08:49Donc sur quoi fait-il le pari
08:51pour dire une telle chose ?
08:53Parce que si,
08:54si d'aventure, samedi ou le 5 novembre,
08:56Hélène Lecomte,
08:57de telles images se reproduisent,
08:58on a écouté tout à l'heure
08:59le maire de Marseille,
09:00lui dit,
09:00je ne peux pas concevoir une autre fois
09:02que la mairie ou des bâtiments stratégiques
09:05soient ainsi attaqués.
09:06Effectivement, la question,
09:07c'est ça a tenu,
09:08mais combien de temps ce sera tenable ?
09:09On voit quand même,
09:10et on en parlait,
09:11il y a quand même là
09:12une accélération politique
09:15de rencontre avec le président de la République,
09:17rencontre avec le Premier ministre,
09:20conférence de presse
09:21du ministre de l'Éducation nationale,
09:22mais ça arrive un mois,
09:25presque un mois et demi
09:26après le début de ce mouvement lycéen.
09:28Et peut-être que,
09:29peut-être que,
09:30si ces jeunes gens
09:30avaient été entendus plus tôt,
09:33peut-être qu'un début de dialogue
09:34aurait pu commencer,
09:35peut-être qu'ils ne seraient pas,
09:37qu'ils auraient levé les blocus
09:38devant les lycées,
09:39alors qu'ils disent
09:40qu'ils vont revenir.
09:42Et moi, j'ai retenu cette phrase
09:43d'Emmanuel Macron.
09:44Il dit,
09:44ce n'est pas normal
09:45qu'à six mois d'une élection présidentielle,
09:46le pays soit dans cet état d'ébullition.
09:50Mais cette phrase,
09:51en fait,
09:52à qui l'adresse-t-il ?
09:53Et peut-être que
09:55cette question-là,
09:57pardon,
09:57je sors de mon rôle
09:58de consultant de police-justice,
10:00mais en suivant cette journée,
10:02comme les précédentes,
10:04c'est vrai qu'on peut se dire,
10:06mais cette question-là,
10:07le président de la République
10:08peut aussi se l'adresser à lui-même.
10:10– En fait,
10:11je souris jaune,
10:12en fait.
10:12Je suis désolée,
10:13c'est la plaque à induction
10:13qui se moque de la casserole.
10:14Désolée,
10:15je parle de plaque à induction,
10:15les gazinières,
10:16on ne peut plus en parler,
10:16les Français n'ont plus les moyens
10:18de payer leur gaz.
10:19En fait,
10:19vraiment,
10:20c'est l'hôpital qui se fout de la charité.
10:21Je veux dire,
10:22quand je dis,
10:23je l'ai dit sur votre plateau,
10:24madame Abruc,
10:24il y a quelques jours,
10:25le politique donne la clé,
10:26l'ultra-gauche,
10:27ouvre la porte,
10:27les casseurs et les pilleurs
10:28s'engouffrent.
10:29C'est exactement ce qui s'est passé
10:30le 17.
10:31Si le politique ne donne pas la clé,
10:33l'ultra-gauche n'a pas les moyens,
10:34n'a pas l'outil.
10:36La mobilisation du 17 octobre,
10:37c'est le premier samedi
10:38des congés scolaires des lycéens.
10:39Et à ce moment-là,
10:40le politique,
10:40le gouvernement,
10:41comptait sur une démobilisation
10:43des lycéens.
10:43– Parce que c'était le début
10:44des vacances scolaires notamment ?
10:45– Ce qu'ils n'ont pas obtenu.
10:46Alors,
10:46il y a un point qui est important,
10:47madame Abruc,
10:48et qui dit beaucoup,
10:49c'est que le politique
10:50a perdu ses capteurs.
10:51Il avance à l'aveugle.
10:52Il n'a plus la capacité
10:53de pouvoir discerner
10:54et d'anticiper
10:56ce qui va se passer
10:56sur la voie publique.
10:57Je vous avais parlé
10:58il y a quelques jours
10:58du démantèlement
10:59des renseignements généraux,
11:00mais pas que.
11:01Vraiment,
11:02ils avancent à l'aveugle aujourd'hui
11:03et le maillage territorial
11:03leur fait défaut visiblement.
11:06Pas seulement du côté
11:06des forces de sécurité intérieure,
11:08mais aussi du côté
11:08des élus de proximité.
11:09Je ne sais pas
11:10quelle est la relation
11:10qu'ils ont avec eux,
11:11mais visiblement,
11:12il y a un souci
11:12puisque eux-mêmes disent
11:13qu'on ne les a pas vus venir.
11:14– Mais est-ce que ça fait des années
11:15que ça a été traveuble ?
11:15– Je pense à ce qui s'est passé
11:16à Notre-Dame-des-Landes.
11:18Je pense à d'autres circonstances
11:19comme des soirées
11:20de Ligue des Champions.
11:22On a connu quand même
11:22des violences
11:23et des bouffées paroxystiques
11:24de violences.
11:25Est-ce que l'État
11:26avait déjà reculé en réalité
11:28et que tout ce qu'on a vu,
11:30c'était la chronique
11:31d'un chaos annoncé selon vous ?
11:33– Mais en fait,
11:34tout ça,
11:34comme vous dites,
11:35c'est une chronique,
11:36une série,
11:36un feuilleton plutôt,
11:37qui commence depuis dix ans
11:39où progressivement
11:40les mobilisations ont changé,
11:42l'expression
11:43de la démocratie sociale a changé,
11:45l'introduction de la violence
11:46dans les cortèges syndicaux
11:48s'est imposée
11:49et puis ensuite,
11:50la violence de manifestations
11:51non déclarées,
11:51on l'a vu avec les Gilets jaunes
11:52et puis les finales
11:54ou la demi-finale
11:55et la finale
11:55de la Ligue des Champions
11:57avec les violences
11:57que l'on a connues.
11:58– Mais chaque fois,
11:58on a dit que la réponse pénale
11:59serait ferme,
12:00à chaque fois,
12:00on a affiché la fermeté,
12:01à chaque fois,
12:02on a dit que l'autorité
12:03serait de mille.
12:03– Là, en l'occurrence,
12:05la réponse pénale
12:06et en tout cas,
12:07peut-être que ce sont
12:08des collectifs d'avocats
12:09dont vous me direz
12:10que, peu importe,
12:11– Vous anticipez bien.
12:13– Oui, mais je sais,
12:14néanmoins,
12:15chacun a le droit
12:16d'être défendu
12:16et les avocats
12:17font aussi leur travail
12:18dans le cadre
12:19de ces procédures
12:20qui sont menées.
12:21Il y a eu un nombre
12:22record d'interpellations,
12:23un nombre record
12:24de comparutions immédiates
12:25à tel point que Paris
12:26a dû multiplier par 4
12:28son nombre
12:29de salles de comparutions.
12:30Ça a été le cas aussi
12:31à Marseille,
12:32pas dans le même volume,
12:34mais 2 ou 3 salles de plus
12:36et que des réquisitions
12:38extrêmement sévères
12:39ont été prises.
12:40Ça, ce sont les directives
12:41du ministre de la Justice,
12:43mais que des condamnations
12:45sévères également
12:46à l'égard des faits
12:47qui ont été commis
12:48et à l'appréciation
12:49des magistrats
12:50qui jugeaient,
12:50mais des peines
12:51de prison ferme
12:52pour des gens
12:53qui n'avaient pas de casier,
12:54pour des gens
12:55qui n'avaient pas
12:55d'antécédent judiciaire,
12:57par exemple,
12:57ou des mandats de dépôt
12:59à l'audience
13:00ou des placements
13:01en détention provisoire
13:02lorsque le procès
13:04était renvoyé
13:04à une date ultérieure
13:05et donc pas de contrôle judiciaire,
13:07c'est-à-dire qu'on ressort libre
13:08dans l'attente
13:09de son procès
13:10avec un certain nombre
13:11d'obligations,
13:11mais on va dormir en prison
13:12jusqu'à son procès.
13:14Et chaque carcéral
13:15pour certains ?
13:15Le vol est passible
13:17de 3 ans d'emprisonnement
13:18en France.
13:19Ajoutez-y la réunion,
13:20c'est 5.
13:21Ajoutez-y toutes les circonstances
13:22aggravantes
13:23autour des dégradations
13:23et du pillage,
13:24voire même des violences
13:25exercées sur certains commerçants
13:27qui tentaient
13:27de protéger leur boutique.
13:28On est sur du 7 ans
13:30minimum,
13:30minimum,
13:31en termes de circonstances
13:32aggravantes.
13:33Donc oui,
13:34pareil,
13:35j'ai encore souris jaune
13:35quand j'ai vu des avocats.
13:36Alors vous avez dit,
13:37ils sont dans leur rôle,
13:38mais être offusqués
13:39et je les cite,
13:41on n'a jamais vu ça
13:42pour leurs clients
13:43qui prenaient 6 mois.
13:45Enfin je veux dire,
13:46vous avez vu le delta
13:47entre ce que prévoit
13:48le code pénal
13:48et les peines
13:49qui ont été prononcées
13:50parce que vous dites
13:50oui,
13:51il y a eu des mandats,
13:51mais des mandats
13:52mais pas pour 7 ans,
13:53pour 6 mois.
13:54Avec les remises de peines,
13:55ils en feront 4,5.
13:56J'ai envie de dire,
13:56c'est le législateur.
13:58On est d'accord ?
13:59Non mais c'est pour ça aussi.
14:01J'en appelle aux journalistes.
14:04Reprenez les politiques
14:05quand ils disent
14:05la justice sera implacable,
14:08la fermeté,
14:09les auteurs seront punis.
14:10Non,
14:11l'exécutif n'a pas son mot
14:12à dire.
14:13L'indépendance des juges
14:14est ce qu'elle est.
14:15Et moi,
14:15ça m'insupporte
14:16de lire des tweets
14:17sur une plateforme américaine
14:19des gouvernants français
14:20qui passent leur temps
14:21à dire
14:21ils seront punis.
14:23Non,
14:23vous n'en avez pas la possibilité
14:25et pas le pouvoir.
14:26Et quand bien même
14:27le garde des sous
14:27le ministre de la Justice
14:28en effet donne des directives
14:29au parquet,
14:30il est dans son rôle,
14:31les juges eux restent indépendants.
14:32Les juges du siège
14:33eux restent indépendants.
14:34C'est un pilier
14:35essentiel
14:35de notre état de droit.
14:37Et par ailleurs...
14:38Ça veut dire juste
14:38que l'exécutif,
14:39que les politiques
14:40de manière générale
14:41doivent...
14:41Mais oui,
14:42c'est exaspérant à chaque fois
14:44dans ton procès
14:45de fermeté
14:45alors qu'il n'y aura pas
14:46de fermeté.
14:47Vers quelle société va-t-on ?
14:48Cette semaine,
14:49je crois que ça nous a
14:50tous interpellés.
14:51Le communiqué
14:52de la préfecture
14:52de police de Paris.
14:53Il est vrai qu'ensuite
14:54il a reconnu
14:55l'aspect un peu maladroit
14:56mais il n'a pas contredit
14:57ce qui a été dit.
14:58C'est-à-dire qu'on a demandé
14:59aux commerçants
15:00finalement
15:01de se défendre eux-mêmes.
15:03C'est-à-dire,
15:03on leur a dit
15:04voilà,
15:05l'État a failli,
15:06on ne peut plus tout,
15:07l'État ne peut plus tout
15:08du tout
15:08et ni même assurer
15:10Madame Kebab.
15:11C'est la première mission,
15:13c'est la prérogative
15:14la plus importante.
15:15C'est-à-dire,
15:16nous défendre,
15:16défendre notre intégrité physique
15:18et nos biens.
15:19Le contrat social.
15:20Le contrat social républicain.
15:22Garantir la sécurité
15:23pour garantir
15:24les libertés de chacun.
15:25Exactement.
15:26C'est le fondement
15:26du contrat social.
15:27Et on entend souvent
15:28parler dans le débat politique
15:29la question,
15:29vous savez,
15:30des territoires perdus
15:30de la République.
15:32Eh bien en fait,
15:32les Français ont découvert
15:33qu'on a aussi perdu
15:34des territoires de centre-ville
15:35qui jusque-là étaient préservés
15:37et où finalement,
15:38des casseurs et des pilleurs
15:38ont fait leur loi.
15:39Des territoires perdus
15:40de la République
15:40en plein centre de Paris,
15:41de Marseille,
15:42de Lyon,
15:42de Lyon.
15:43Le 17,
15:43l'État a perdu ses territoires
15:45pendant quelques heures,
15:45bien sûr.
15:46Parce qu'il n'a pas anticipé.
15:48Parce qu'il n'a pas anticipé.
15:49Parce qu'il ne les a...
15:50Bien sûr.
15:51C'est ce qu'ils disent aujourd'hui.
15:52Parce qu'ils n'ont pas anticipé.
15:54Parce qu'ils n'ont pas vu venir.
15:56C'est ça.
15:56Ils ont manqué de capteurs
15:57qu'ils ont cassés eux-mêmes.
15:59Je veux dire,
16:00ce n'est pas moi,
16:00ce n'est pas les policiers
16:01qui ont...
16:01Il y a une trace des portes
16:02sur les territoires perdus
16:03en plein centre.
16:05Mais enfin,
16:05vous avez vu les images ?
16:06Souvent,
16:07on regarde un petit peu loin
16:08les banlieues
16:09en se disant
16:09bon,
16:09c'est les territoires perdus
16:10de la République,
16:11mais ça se passe
16:11de l'autre côté du périph,
16:12ça concerne d'autres populations.
16:14Mais enfin,
16:14là,
16:14en fait,
16:15tout le monde est outré
16:15parce que des gens
16:17se sont retrouvés saccagés
16:18en centre-ville.
16:19Mais enfin,
16:20c'est une catastrophe,
16:21Madame Mabrouk.
16:21Je ne comprends même pas.
16:22Je veux dire,
16:23honnêtement,
16:23il y a des discours aujourd'hui
16:23que je ne peux même pas entendre
16:24de la part de membres
16:26du gouvernement
16:26ou du chef de l'État
16:27qui ne sont pas acceptables.
16:28Certains discours ont même dit
16:29que ce samedi,
16:29est-ce que vous le diriez ainsi ?
16:31Ça a choqué l'un des policiers
16:32qui était sur ce plateau ici même
16:33et nous-mêmes,
16:34nous l'avons tenu en tant que journalistes,
16:35on a dit
16:36ça s'est relativement bien passé
16:37à part quelques pillages.
16:38Est-ce que cette phrase,
16:39elle est...
16:40Oui ?
16:40Elle est inentendable.
16:42Pourquoi ?
16:42Elle est inentendable.
16:43J'ai l'impression d'entendre
16:44à peu près le même discours
16:45qu'après la finale
16:46ou la demi-finale du PSG
16:47quand on avait entendu.
16:49Ça s'est plutôt bien passé.
16:50En fait,
16:52le 24,
16:53si nous n'avons pas,
16:54si vous,
16:55les journalistes,
16:55n'avez pas eu la possibilité
16:56d'avoir les mêmes images
16:57que le 17,
16:58c'est parce qu'il y a eu
16:59un déploiement des forces
17:00de 75%.
17:02C'est juste hallucinant.
17:04Et d'ailleurs,
17:05j'avais prévenu
17:05quelques jours avant,
17:06j'avais dit
17:06attention,
17:07le 17,
17:07ils ont mal anticipé
17:08et vous allez voir,
17:09je l'ai dit sur votre plateau,
17:11ils vont sortir l'armada.
17:13vous,
17:13Alain Bauer,
17:14vous avez dit
17:15que ça ne se passerait pas
17:16le 24, etc.
17:17Bien sûr,
17:18parce qu'ils ont sorti l'armada,
17:19il y a eu beaucoup de communication
17:20à l'attention des pilleurs.
17:21Du coup,
17:22ils ne sont pas venus
17:23parce qu'à la différence
17:23de l'ultra-gauche,
17:24eux,
17:24ils ne veulent pas voir,
17:25ils ne veulent pas entrer
17:26en contact avec les policiers.
17:27Là où l'ultra-gauche arrive,
17:29enfin,
17:30souhaite la confrontation
17:31avec des policiers,
17:32nous les voyons
17:32sur les pseudo-manifestants,
17:34ils ne sont pas manifestants,
17:35c'est un élément rhétorique,
17:37il va falloir changer
17:37dans le spectre journalistique,
17:39mais quand ils s'en prennent
17:40à des forces de l'ordre
17:40qui viennent au contact,
17:41au point que les policiers
17:42sont obligés d'utiliser
17:43notamment du gaz lacrymogène
17:44pour les tenir à distance
17:45ou charger
17:46et faire des bons offensifs
17:47pour les faire se reculer.
17:49Le pilleur,
17:49le casseur,
17:50le voleur opportuniste
17:51comme on les appelle
17:52en ce moment,
17:53lui,
17:53il ne veut surtout pas
17:53de policiers dans les pattes.
17:55Et quand,
17:55évidemment,
17:56le gouvernement
17:56a beaucoup communiqué
17:57toute la semaine
17:58en disant
17:58on va dégainer
17:59même la BR et le GIG,
18:01le REC,
18:01mais ils ne sont pas venus
18:02majoritairement.
18:04Il y a eu évidemment
18:06de la casse,
18:07si on prend la manifestation
18:08de Paris,
18:09elle a été magnifiquement
18:10bien encadrée,
18:11d'abord,
18:11c'est important de le dire
18:12par les services d'ordre
18:13de l'intersyndical.
18:14C'est important.
18:15Quand vous avez
18:16des organisations syndicales
18:17et des interlocuteurs
18:18avec la préfecture
18:18de police de Paris,
18:19ça se passe bien.
18:20Il y a eu les policiers
18:21que je salue
18:22qui ont encadré
18:22la manifestation
18:23qui n'ont pas permis,
18:25c'était quelque chose
18:25que j'appelais de mes voeux
18:26déjà à l'époque
18:27des Gilets jaunes
18:27et que j'avais dénoncé
18:28et pour laquelle
18:29j'avais été menacée
18:29d'une enquête administrative.
18:31Ils n'ont pas permis
18:32que l'ultra-gauche
18:33entre dans le cortège
18:34de manifestants
18:34pour le pourrir
18:35dans l'intérieur.
18:36Résultat,
18:36l'ultra-gauche,
18:37s'est donné rendez-vous
18:38directement en porte de Vincennes
18:39en prenant les transports.
18:40C'est pour ça,
18:41je vous en prie,
18:42chers journalistes,
18:43arrêtez de les appeler
18:44des manifestants.
18:44Ils ne manifestent pas,
18:45ils se donnent rendez-vous
18:45pour casser.
18:46Cela, c'est une évidence.
18:48Souvent, on entend
18:49vos confrères-conseurs
18:49plutôt sur les réseaux
18:51dire une charge de policiers
18:52sur des manifestants
18:53alors qu'on voit
18:53que c'est le black bloc,
18:54clairement.
18:55Bon, je ferme la parenthèse.
18:56Et donc,
18:56ils se sont donnés rendez-vous,
18:58ils sont entrés au contact
18:59notamment des gendarmes
19:00qui bloquaient les accès
19:01parce qu'eux voulaient
19:02remonter jusqu'à la place
19:03de la Nation.
19:04J'évite de rentrer
19:04trop dans le détail
19:05qui ne va pas forcément
19:06intéresser vos téléspectateurs.
19:07Mais le plus important,
19:08c'est qu'il y avait
19:09une poignée de pilleurs.
19:10Moi, j'ai vu les images.
19:11J'ai vu la vitrine
19:12d'un concessionnaire Audi
19:13porte de Vincennes
19:13qui a été victime
19:15du tentatif d'effraction.
19:16J'ai vu des pilleurs
19:18qui étaient là
19:18à l'affût à attendre
19:19comme ça
19:20que l'ultra-gauche
19:21fasse le boulot
19:21et déborde les policiers.
19:23Heureusement,
19:23l'ultra-gauche
19:24n'y est pas parvenue
19:24pour la simple raison,
19:25c'est que le préfet de police
19:26a appuyé sur le bouton
19:27charge et bon offensif
19:29très tôt
19:29avec une récupération
19:30très tôt du terrain.
19:32Résultat,
19:32les pilleurs se sont cassés.
19:33D'accord.
19:34Donc, si prochain samedi
19:35ou prochain rassemblement,
19:36il y a un dispositif
19:38parce qu'il n'est pas possible
19:40qu'il soit aussi conséquent
19:42et massif,
19:43c'est-à-dire que si cette tenaille
19:44finalement,
19:45l'ultra-gauche et pilleurs
19:46voient juste un moment
19:47de faiblesse,
19:48c'est reparti.
19:49Donc, le plus jamais
19:49le 17 octobre,
19:50ça sera une répétition.
19:53Ça reposera, un,
19:54sur une bonne stratégie
19:55de maintien de l'ordre,
19:56de rétablissement de l'ordre,
19:57de lutte contre les violences urbaines.
19:59Il est nécessaire,
19:59vraiment,
20:00j'en appelle à mes autorités
20:01et notamment au sein
20:02de la préfecture de police de Paris
20:03et des grandes villes,
20:05mutualiser les moyens
20:06entre eux.
20:07Les gendarmes mobiles,
20:08les unités de force mobile
20:09des gendarmes
20:10ont une capacité dite lourde,
20:11c'est-à-dire qu'en fait,
20:12ils ont des moyens très lourds
20:13et ils arrivent à confronter
20:14une foule.
20:15Les CRS ont une autre méthode
20:16de travail.
20:16À Paris,
20:17les compagnies d'intervention
20:18sont très mobiles,
20:18notamment avec la fameuse Bravem,
20:20mais pas qu'eux,
20:20il y en a aussi
20:21qui ont les casques à rayures bleues.
20:22Et tous ceux-là
20:23doivent travailler de concert
20:24et c'est ce qui s'est passé samedi.
20:25Ils ont travaillé de concert.
20:26Il y a eu de la coordination.
20:27Il y a eu de la coordination.
20:28J'ai vu le mur des gendarmes,
20:29l'engin lanceur d'eau des CRS
20:31et les compagnies d'intervention mobiles
20:33avec les Bravem
20:33et les casques bleus
20:35qui faisaient des bons offensifs.
20:36Tout ce beau monde
20:36a travaillé en ça.
20:37L'ordre a tenu,
20:38vous dites non,
20:38les policiers ont tenu
20:40et vous dites des territoires
20:40perdus en plein centre-ville.
20:42Bien sûr,
20:42pendant quelques heures,
20:43la France,
20:44le gouvernement,
20:45l'État a perdu des territoires
20:46en plein centre-ville.