00:00Mais les violences urbaines ne sont absolument pas leur cœur de métier.
00:03Et je manquerais à ma mission de représentant du personnel,
00:05si je ne faisais pas passer ce message.
00:07Il y a une forte inquiétude dans les rangs du RAID.
00:09Je vous rappelle, Madame Chantré, qu'en 2023,
00:11lorsque notre pays a été dépassé par les émeutes,
00:13le RAID a été appelé en renfort.
00:15Le RAID a été appelé par désespoir en renfort.
00:18Suite à la mort de Naël et des émeutes urbaines.
00:20En 2023, alors même que le RAID n'a agi que dans le cadre
00:23de ce qui est opérationnellement prévu,
00:26et donc du coup dans le cadre administratif qui leur est accordé,
00:28avec une dotation matérielle qui leur est attribuée,
00:31un armement de force intermédiaire qu'on appelle chez nous le bin bag,
00:34donc c'est un calibre 12,
00:35qui envoie un sachet rempli de sable ou de billes,
00:37qui est non létal, avec un cadre d'emploi qui est bien déterminé,
00:41c'est-à-dire notamment on vise une cible
00:42qui est considérée comme non létale le torse,
00:44il y a eu un mort.
00:45Les policiers du RAID ont été mis en examen.
00:47L'État n'a jamais été responsabilisé.
00:49L'autorité hiérarchique n'a jamais été responsabilisée.
00:51L'autorité politique n'a jamais été responsabilisée.
00:53Sur le fait d'avoir déployé, c'est important,
00:55des effectifs dont le maintien de l'ordre et les violences urbaines
00:57ne sont pas leur cœur de métier,
00:58avec un matériel que les effectifs du RAID ne sont pas allés acheter d'eux-mêmes,
01:02que l'État leur a donné,
01:03et aujourd'hui ils sont les seuls devant les juges.
01:05Mais quelle conclusion a tiré de ce que vous nous dites là ?
01:07La conclusion, c'est que ce que je sais,
01:08c'est que les effectifs du RAID sont très réticents.
01:11Ils y iront.
01:12Ils y iront ?
01:12Parce qu'ils ont le sens du métier.
01:14Parce qu'ils sont professionnels,
01:15parce qu'ils aiment leur pays,
01:16parce qu'ils veulent protéger.
01:17À votre connaissance,
01:18mais ils ne savent déjà...
01:19Ils ne feront pas valoir un droit de retrait, par exemple ?
01:21Jamais les policiers français n'ont fait valoir de droit de retrait,
01:23même dans les pires des situations.
01:25Néanmoins, je vous le dis,
01:27ce sera gravissime si demain,
01:29des policiers sont mis en examen,
01:31alors qu'ils ont respecté la doctrine d'emploi,
01:33et que malgré tout,
01:34ils se retrouvent comme aujourd'hui,
01:35des policiers mis en examen.
01:36Merci.