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  • il y a 33 minutes
François Bayrou, ancien Premier ministre, était l’invité de Sonia Mabrouk sur BFMTV ce lundi 26 octobre. Il a réagi notamment au mouvement lycéen, à l'attentat de Trappes ou encore l'élection présidentielle de 2027 qui approche. 

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Transcription
00:00Et c'est un climat politique inédit, rendez-vous compte, à 6 mois, quasiment 5 mois et demi de la
00:06présidentielle,
00:07des insultes échangées, des responsabilités rejetées sur les uns et les autres,
00:12notamment après l'attentat horrible de Trappes, le tout dans un contexte de colère sociale qui ne faiblit pas, au
00:18contraire.
00:19Alors où va notre société ? On en parle avec vous.
00:22Bonsoir, M. le Premier ministre.
00:24François Bayrou, merci d'être avec nous.
00:27Jusqu'où le climat politique va-t-il se dégrader dans notre pays ?
00:30J'ai noté que même certains élus demandent à ce que d'autres, et en particulier Rassemblement National,
00:36et plus à droite encore, ne puissent plus prendre la parole dans les médias.
00:40Depuis toujours, même si vous combattez les idées du Rassemblement National, vous vous êtes battus pour qu'il puisse s
00:45'exprimer.
00:46Comment vous qualifiez un tel climat, aujourd'hui ?
00:50C'est une démocratie malade, parce que ceux qui en sont les responsables et les acteurs
00:58ont l'air d'oublier tous les principes qui nous font vivre ensemble.
01:03Alors c'est vrai dans la politique, c'est pas vrai seulement dans la politique,
01:06c'est vrai dans, vous avez les images, dans tous les affrontements qui sont nourris à chaque instant.
01:13Et c'est tellement facile d'être dans cette violence, dans cette radicalité, comme on dit.
01:22Même une forme de haine ?
01:23C'est de la haine.
01:25Entre forces politiques ?
01:26C'est la haine qui sert de moteur, qui sert de vecteur à des intérêts électoraux.
01:36Or, vous noterez, vous savez bien, parce qu'au fond, c'est ici que ça se passe, ou chez vos
01:42confrères.
01:44On considère que ce qui est le plus excessif est le mieux.
01:50Que la radicalité, comme on dit, c'est un mot compliqué, ça veut dire cet excès sur les positions,
01:58que la radicalité, c'est mieux que la mesure.
02:02Moi, je pense exactement le contraire.
02:04Je pense que la société dans laquelle nous sommes a besoin d'équilibre, de recherche, de nuances.
02:12Je sais très bien que je suis à contre-courant de tout ce qu'on voit sur les plateaux,
02:16parce qu'évidemment, il arrive que la nuance se fasse de moins bons scores d'audience.
02:24Je ne le crois pas.
02:25Et moi, je crois le contraire, et on peut le vérifier.
02:28Mais comment vous expliquez, vous dites démocratie malade, comment vous expliquez qu'on en arrive,
02:33quelles que soient les idées des uns et des autres, à faire en sorte qu'on puisse, qu'on veuille
02:37faire taire l'autre,
02:39l'autre qui parfois représente, à tort ou à raison, des millions de voix et des millions de Français ?
02:44– Celia Mabrouk, c'est bien parce que vous plaidez, vous énoncez des choses que j'ai défendues depuis très
02:53longtemps.
02:54Je vais essayer de vous dire pourquoi.
02:58On a l'impression que notre pays, c'est un champ clos où s'affrontent les uns et les autres.
03:06C'est une stupidité.
03:09Ça a peut-être été comme ça autrefois.
03:11Mais aujourd'hui, la vérité est que ça n'est pas l'image d'un champ clos ou d'un
03:16ring de boxe qu'il faut.
03:17Nous sommes sur le même bateau.
03:20Notre pays, c'est notre bateau.
03:22Et donc, les affrontements systématiquement entretenus, on va en reparler,
03:28la recherche perpétuelle de boucs émissaires, qui consiste à dire
03:34« ça n'est pas de votre faute, vous qui m'écoutez, c'est la faute des autres ».
03:40On va savoir de quel bouc émissaire il s'agit.
03:43Tout ça, c'est une manière en réalité d'affaiblir notre pays.
03:47Bien. Mais la question, c'est qui va commander le bateau, puisque c'est le même bateau.
03:51Et pour l'instant, il y a deux forces qui s'apprêteraient à le commander, à en croire les sondages,
03:56M. Bayrou.
03:57Et ce ne sont pas les forces de la nuance, en tous les cas, ni dans leurs propos, ni dans
04:00leurs programmes.
04:01La France insoumise et le Rassemblement national.
04:03Mais alors, dites-moi, entre les deux, elles sont où, les voix fortes du bloc central ?
04:07Vous les entendez ? Vous les entendez fortes, puissantes, prégnantes dans le débat public ?
04:11Si vous m'invitez, c'est parce que je prétends qu'il y a un chemin pour trouver les voix
04:17fortes, mais que jusqu'à maintenant, ce chemin est totalement fermé, occulté.
04:23Il est minuit moins une.
04:24Il est minuit moins une. Quelquefois, on peut se dire que c'est dans l'urgence que les choses vont
04:29bouger.
04:30Vous y croyez encore ?
04:31Oui, j'y crois. Et je vais vous dire, très simplement et sincèrement, je crois que ça bouge.
04:40À quoi le voyez-vous ?
04:41Je crois que dans un certain nombre d'esprits, des personnalités qui méritent d'être entendues, un grand nombre commencent
04:51à se dire que tout ça n'est pas raisonnable.
04:53La manière dont est organisée une compétition qui ne dit pas son nom, une primaire obscure, la manière dont c
05:07'est organisé, vous voyez bien, ça part d'un principe.
05:11Tout le monde dit, il faut se réunir.
05:13Mais personne ne le veut.
05:14Et chacun ajoute, il faut se réunir derrière moi.
05:16Oui, mais monsieur, quel est l'antidote à la bataille des égaux ? Quel est l'antidote quand chacun se
05:23pense l'homme providentiel ?
05:25C'est que les citoyens, qui eux ne sont pas dans la bataille des égaux, décident, manifestent, affirment et obligent
05:37les postulants à oublier un peu leur intérêt personnel
05:43et à accepter qu'on regarde la situation comme elle est.
05:47Et vous avez tout à l'heure dit, je vais le reprendre en une formule, en une phrase, vous avez
05:53tout à l'heure dit, on est menacé par ce que j'ai appelé la tenaille du pire.
05:58J'ai repris vos propos, oui.
05:59Et on est menacé. Pourquoi ? Parce que si l'un de ces deux blocs gagnait la bataille présidentielle, ma
06:12conviction, c'est que c'est la France qui, au bout du compte, va vivre le pire des cauchemars de
06:19son histoire.
06:20– M. Bayard, c'est très important ce que vous dites, oui. Mais permettez juste une question et vous expliquez
06:25pourquoi.
06:26Vous ne pensez pas que nous sommes déjà en train de vivre le pire des cauchemars ?
06:30– Oui, c'est pas terrible. – Le 17 octobre.
06:31– Vous avez absolument raison de dire… – Alors comment l'argument de dire…
06:34– Essayez de convaincre ce soir. Comment dire aux Français, M. Mélenchon, Mme Le Pen, c'est le chaos ?
06:39Mais certains vont vous dire, mais on le vit déjà.
06:41– Oui, vous vivez des difficultés qui sont importantes et un désordre dans les esprits qui est très grand.
06:49Ça, c'est vrai. Et donc cette revendication à la fois de vérité et de clarté est une revendication essentielle.
06:59Mais dans les situations humaines, même quand c'est difficile, ça peut être pire.
07:05Moi, je vous dis que… – Je ne sais pas si ça donne envie comme ça.
07:09– Non, eh bien, excusez-moi, c'est pas que ça donne envie…
07:12– C'est-à-dire qu'on a le choix entre, pardonnez-moi, de qualifier ainsi la peste et le
07:16choléra.
07:16C'est le pire ou le moins pire, en fait ?
07:18– Non, ce n'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit que les deux mâchoires de la
07:25tenaille du pire,
07:26toutes les deux représentent un danger mortel pour le pays.
07:30Je dis des choses assez simples. Vous savez, les crises qu'on est en train de vivre,
07:36elles seront accentuées et tout le monde le sait et tout le monde le dit.
07:39– Si Marine Le Pen arrive au pouvoir et si Jean-Luc Mélenchon arrive au pouvoir, le même risque.
07:43– Et ça ne suffira pas. Non, je n'ai pas dit le même risque.
07:47Je dis des risques d'une égale gravité, d'une égale toxicité.
07:54– Et pourquoi ? Il y a une première raison, c'est qu'aucune de ces deux forces
08:04qui cherchent perpétuellement des boucs émissaires n'est capable de conduire le pays
08:10sur la voie de son redressement. Parce que si vous cherchez des boucs émissaires,
08:14ça veut dire que vous mentez au peuple que vous avez en face de vous.
08:17– Alors vous les connaissez les boucs émissaires, d'un côté les immigrés,
08:21de l'autre les riches ou je ne sais quoi. En tout cas, c'est jamais pour dire au pays
08:27la vérité sur sa situation. Et j'ajoute, et c'est très important,
08:32et je crois que personne ne le dit ou ne s'en rend compte assez,
08:36si cette situation se produit, alors il y a des conséquences immédiates
08:41et la première des conséquences, c'est une chute de l'Europe
08:46et de la capacité de l'Europe.
08:48– Donc la France et l'Europe.
08:49– La France et l'Europe.
08:49– Monsieur Bayrou, expliquez en quelques mots, et on entend votre alerte ce soir.
08:55Certains disent, on a donné les commandes du bateau ou de l'avion
08:58à quelqu'un qui a craché cet avion ou qui a fait couler le bateau.
09:02Et aujourd'hui, on nous dit dans le Bloc central, qui pour beaucoup,
09:05certains en tout cas sont des héritiers de ce même pilote,
09:09on va lui redonner les commandes.
09:11– Mais il faut essayer de voir la gradation du risque.
09:19Dans le monde comme il est, qui est un monde de guerre sauvage,
09:26on disait de compétition sauvage, on n'est même plus à la compétition.
09:30On est au-delà de la compétition, on est dans la volonté d'écraser
09:35et de soumettre les pays ou les nations qui ne sont pas à la botte
09:40de ceux qui veulent commander.
09:42On a vécu l'attaque de Poutine contre l'Ukraine,
09:47qui est pour nous une terrible menace.
09:50– Mais en quoi cela donnerait la prééminence ou la prime
09:52à quelqu'un du Bloc central tel qu'on l'a vu ?
09:54– Eh bien écoutez, reprenons la dernière phrase.
10:00Vous dites d'accord, la dernière phrase c'est l'Ukraine.
10:05Les deux forces là en l'occurrence annoncent qu'ils vont mettre fin
10:10à l'aide à l'Ukraine.
10:13Autrement dit, les deux forces, Le Pen et Mélenchon,
10:18ils sont les instruments de Poutine et de…
10:22Alors je n'ai pas l'habitude de simplifier les choses,
10:25mais là c'est absolument la situation que nous avons sous les yeux.
10:29Ils rassemblent à eux deux une grande partie des Français qui regardaient
10:33dans la rue autour de nous, M. Bayrou, ils veulent se chauffer,
10:37ils veulent rouler, ils veulent faire vivre un peu mieux leurs enfants
10:41qu'eux-mêmes, même si c'est très difficile.
10:44Alors certainement qu'ils ont l'Ukraine en tête,
10:46mais ils ont aussi leurs propres préoccupations.
10:47Non, non, ça ce sont les gens qui sont de bonne foi
10:51et que vous décrivez qui sont derrière vous.
10:54Mais les deux forces en question, ils n'ont pas l'Ukraine en tête.
10:58Ah non, je parlais des préoccupations quotidiennes des Français.
11:02Ils ont tous les deux, ces deux forces-là, décidé, annoncé
11:07qu'ils abandonneraient l'Ukraine et que donc ils font le jeu de Poutine
11:12et donc le jeu de Trump.
11:13Et parlons de l'abandon de la France, comment vous expliquez, M. le Premier ministre,
11:17qu'il a fallu trois semaines, trois semaines pour des premières réponses
11:22à une crise lycéenne qui est devenue une crise protéiforme ?
11:25Est-ce que c'est le jeu du pourrissement ou est-ce que c'est la sidération totale
11:29au point qu'on ne sache plus écouter, dialoguer et recevoir
11:32et qu'il faille attendre un mois avec des blessés de tous côtés ?
11:36Pourquoi ?
11:36Alors d'abord, les manifestations, ce n'est pas uniquement les lycéens.
11:40Oui, crise protéiforme.
11:42Il y a d'autres, oui bien sûr, et encore des difficultés très grandes
11:48que les Français rencontrent ne sont pas encore exprimées.
11:50Par exemple, les agriculteurs, la crise agricole au moment où nous sommes
11:56avec la terrible sécheresse qui nous a frappés comme en 1976,
12:03et pour l'instant, il va falloir trouver, articuler les réponses à cette crise.
12:08Et il y a bien d'autres crises. La crise financière qui vient,
12:11c'est une crise aussi d'une très grande ampleur.
12:16Mais comment on peut expliquer ça ?
12:20Parce que l'art du gouvernement,
12:25qui devrait être de prévoir les crises à l'avance,
12:29il se heurte au fait qu'il n'y a que le court terme
12:33qui intéresse très souvent les partis politiques.
12:36Donc manque d'anticipation ?
12:37Je prends un seul exemple.
12:38Je prends un seul exemple, pardon, il me concerne.
12:41Il y a un an précisément,
12:43j'ai engagé l'avis du gouvernement
12:45pour qu'on puisse ensemble se rendre compte
12:48de la menace que l'accumulation de dettes faisait peser sur le pays.
12:53Qu'est-ce qui s'est passé ?
12:54Les oppositions...
12:56On a dit que vous exagériez, que vous assombrissiez le tableau,
12:59et nous-mêmes, nous vous avions posé des questions à ce sujet.
13:01Oui, et vous vous souvenez...
13:02Et nous y sommes.
13:03Voilà, vous vous souvenez les réponses que j'avais faites ?
13:05Nous y sommes.
13:06Et qu'est-ce qui s'est passé ?
13:08Eh bien, le Rassemblement National,
13:11allié avec l'FI, allié avec le PS,
13:14a préféré renverser le gouvernement
13:17qu'avoir le courage de regarder les choses en face.
13:20Je présentais...
13:22Je l'ai fait devant vous.
13:23Alors, je présentais un constat
13:25qui était un constat absolument précis,
13:28en particulier sur la marée que les intérêts de la dette
13:32étaient en train de faire monter autour de nous.
13:34M. Bayrou, je vous donne le poids sur la dette.
13:35Et comme beaucoup de Français peut-être qui nous écoutent,
13:38vous tirez la sonate d'anorme depuis très longtemps.
13:40Mais aujourd'hui, nous sommes toujours avec cette crise-là
13:43et d'autres crises.
13:44Est-ce que nous sommes face à un pouvoir en fin de règne ?
13:48Vous avez été au cœur du réacteur
13:49qui, aujourd'hui, ne peut plus et ne tient plus.
13:52Quand on dit que l'État a failli, cette phrase,
13:55est-ce que vous pensiez, vous, du haut de votre expérience,
13:57l'entendre un jour ?
13:58L'État a failli ?
14:00Ça fait à peu près 50 ans qu'on dit ça tout le temps.
14:03Oui, mais qu'on le reconnaisse directement, c'est différent.
14:06Mais bon, il n'y a rien de plus difficile que les sociétés
14:11dans lesquelles nous vivons, parce que c'est une interconnexion
14:17dans le monde.
14:18Ce qui se passe au détroit d'Ormousse a des conséquences directes
14:23chez nous, à la pompe.
14:24Ce n'était pas le cas autrefois, ce n'était pas comme ça.
14:28Et puis, deuxièmement, les repères avec lesquels nous vivions
14:32sont des repères qui se sont écoulés.
14:35Par exemple, nous estimions que nous appartenions
14:39à l'alliance des Pays libres.
14:43Et au cœur des Pays libres, il y avait les États-Unis.
14:47Et au cœur des États-Unis, il y avait les présidents des États-Unis.
14:50Renversement des valeurs.
14:52Mais renversement des valeurs, parce que...
14:54Mais je ne vous parle pas du président du monde,
14:56je vous parle du président de la France.
14:57Oui, mais j'y viens.
14:59Oui, mais je sais bien.
15:00Je veux bien venir.
15:00Vous voulez arrégiser la focale, mais oui.
15:02Mais vous ne pouvez pas ignorer cette complexité
15:07qui s'est installée en particulier ces derniers mois,
15:12à partir du moment où le président des États-Unis
15:14attaque ses alliés.
15:15Monsieur Bayrou, moi, si je me mets dans la peau
15:17de certains Français, ils se disent
15:18« Mais regardez notre pays.
15:19On dirait qu'il est déclassé sur l'échelle de la planète.
15:24Et à l'intérieur, on vit pour certains
15:26un déclassement économique, social.
15:29Donc c'est peut-être complexe,
15:30mais comment on fait si on n'apporte pas de réponse ?
15:32Il reste six mois.
15:33On peut tenir comme ça ?
15:37J'imagine, vous en êtes une des actrices,
15:41qu'en effet, la demande de réponse est nécessaire.
15:45Et moi, je suis prêt à y participer avec vous
15:47autant que vous le voudrez.
15:49Mais vous ne pouvez pas penser que nous sommes les seuls à ce point.
15:55Peut-être qu'il y a quelque chose qui vous a échappé
15:58et qui est extrêmement frappant pour moi.
16:01Ces manifestations en France
16:03ont provoqué des manifestations
16:05dans tous les pays du monde.
16:07En Italie, etc.
16:08Bien.
16:09En Europe, en Italie, en Amérique du Sud.
16:16Tout à fait.
16:16Et partout, les gens disaient
16:18« Il faut faire comme en France ».
16:20Qu'est-ce que ça veut dire, cette phrase ?
16:23Alors, il faut essayer.
16:24Je risque une explication.
16:27Je pense que dans tous les pays du monde,
16:30la situation de croissance des inégalités
16:40paraît invincible.
16:42C'est une partie de ce qui se passe aux États-Unis.
16:45Et que le modèle de société que nous avons
16:49doit être réinventé.
16:52C'est vrai en France.
16:53À bout de souffle.
16:54Donc là, vous appelez à tout changer.
16:57C'est une forme de révolution.
16:58De tout système.
16:59J'appelle à tout reconstruire.
17:01Mais que n'est-ce que vous avez fait avant ?
17:03Excusez-moi.
17:05Au moins, vous pourrez dire que
17:08non seulement je l'ai essayé,
17:10mais je suis allé au bout de la logique
17:13pour que tout le monde comprenne.
17:15Je vous rappelle ce que nous disions.
17:19La contrepartie de la dette,
17:20c'est le fait qu'on ne produit pas assez.
17:22Dans notre pays.
17:23C'est un programme présidentiel,
17:24M. Bayrou ?
17:25Ben oui.
17:26Tous les programmes sont présidentiels.
17:28Ah ben alors,
17:28si vous le présentez ce soir,
17:30on rajoute un candidat au bloc central.
17:33Vous risquez pas de m'entraîner là.
17:35Mais vous vous rendez compte ?
17:38Et la crise de l'éducation,
17:44les années et années
17:46que j'ai passé à essayer,
17:48que nous avons passé à essayer
17:50de défendre une vision du système éducatif.
17:54Vous vous souviendrez par exemple
17:56que dans mon discours de politique générale,
17:58j'ai dit qu'il allait falloir changer par Coursup,
18:01que c'était pas possible.
18:02J'allais vous le dire.
18:03Et c'est exactement ce qu'on est en train de vivre.
18:06On va voir par quoi.
18:07Mais le tableau de cette société-là,
18:09qu'on voit en partie,
18:10les plus jeunes se sentent délaissés.
18:12Les anciens,
18:13par lesquels on a beaucoup de respect,
18:14les retraités,
18:15ne veulent pas être les vaches à lait du gouvernement
18:17ni les boucs émissaires.
18:18Donc,
18:19les deux piliers de notre société,
18:21les jeunes et les retraités,
18:23qu'est-ce qu'on leur dit ?
18:25– Écoutez, brave Jean,
18:26on n'a pas de réponse.
18:27Attendez six mois, on va voir.
18:28– Je viens de consacrer un livre,
18:30vous m'avez invité pour ça il y a peu,
18:32qui s'appelle
18:33« L'alerte sur la France qui vient »
18:35et dont l'alerte,
18:37c'est la guerre des générations.
18:38Ce qui vient,
18:39si on ne fait rien,
18:40c'est la guerre des générations.
18:41– Mais à qui le dites-vous ?
18:42– Pardon ?
18:43– À qui le dites-vous ?
18:44Faut-il le dire au président
18:45qui doit encore présider six mois
18:47ou que c'est déjà terminé ?
18:48– Mais, bon,
18:49c'est la situation d'un président
18:50qui ne peut pas se représenter
18:52dans aucun pays du monde,
18:53c'est facile.
18:54Aux États-Unis,
18:55il y a même, vous savez,
18:56des thèses et des thèses
18:57et des proverbes entiers
18:59sur le fait que…
18:59– Vous ne voulez pas me dire
19:01comment se terminera
19:02cette fin de règne, selon vous ?
19:04– J'espère qu'elle se terminera
19:07par le dessin qu'on dessinera
19:13le changement de société
19:14dont nous avons besoin.
19:16Alors, c'est un changement
19:17de société très exigeant
19:19parce que toutes ces manifestations-là,
19:22pour moi,
19:22elles portent une crise
19:26du sens des choses.
19:29À quoi ça sert tout ça ?
19:32Pense-t-il,
19:34disent les lycéens en particulier,
19:35les lycéens,
19:36qu'est-ce qui est frappant ?
19:38Qu'est-ce qu'ils reprochent
19:40à Parcoursup ?
19:41Que ça se joue très tôt
19:43à l'époque où aucun enfant…
19:45– C'est inégalitaire totalement, oui, oui.
19:46– Qu'à l'époque où aucun enfant
19:48n'est prêt à savoir
19:49ce qu'il va faire demain
19:50et vous, à 15 ans,
19:51vous ne le saviez pas
19:52et moi, à 15 ans,
19:53je ne le savais pas.
19:55– Vous, il y a plus de chances.
19:56Peut-être que vous rêviez
19:57d'être président.
19:58– Non, pas du tout.
19:59Pas du tout à cet âge-là.
20:00Non, je rêvais d'être
20:03le porte-voix des miens,
20:05de ceux qui m'entouraient.
20:07Ça, c'est vrai.
20:07Pas d'être président.
20:09Et ensuite, deuxièmement,
20:12il y en a qui savent
20:13parce que leur famille sait
20:15et il y en a qui ne savent pas
20:17parce que leur famille ne sait pas,
20:19parce qu'ils n'ont pas les relations,
20:21parce qu'ils n'ont pas les codes.
20:23Or, c'est vrai que la promesse
20:25de 2017, c'était
20:27on va donner à chacun sa chance.
20:30sa première chance
20:32et puis, si ça ne suffit pas,
20:33une deuxième chance
20:34et puis une troisième chance.
20:36Et c'est un rendez-vous
20:37qui est devant nous aujourd'hui.
20:39– Je le comprends.
20:39Et donc, une crise de sens
20:40et vous appelez à tout reconstruire
20:42et vous appelez aussi
20:44les candidats dont on entend peu
20:45les voix puissantes et fortes
20:47à se rassembler.
20:48Pour l'instant,
20:49on va voir les réponses.
20:50– Ben, c'est...
20:53Il n'y a pas le choix.
20:54– Il n'y a pas le choix.
20:55– Et tout le monde
20:55va s'en apercevoir.
20:57Et je vous disais,
20:58je crois que les esprits
20:59sont en train d'évoluer.
21:00– Vous reviendrez pour nous dire
21:02quand ce sera organisé,
21:03la primaire ?
21:03– Ben, j'espère bien.
21:05– Merci.
21:05– En tout cas,
21:05je vois beaucoup de gens
21:07qui commencent à se dire,
21:08mais au fond,
21:09on ne va pas supporter
21:10cette situation
21:11pendant longtemps.
21:12– Merci.
21:13– On est en train
21:14de nous conduire
21:14à un accident.
21:16Il faut chercher le chemin
21:17qui permet d'y échapper.
21:18Et ce chemin existe.
21:19C'est celui
21:20d'une confrontation loyale.
21:22– Et saine
21:23pour notre démocratie.
21:24– Dont sortira une légitimité.
21:26– Et un homme ou une femme.
21:27– En tout cas,
21:28pour le bloc central,
21:29c'est pour l'instant
21:29que des candidats.
21:30Merci, M. Bayrou.
21:31Merci d'avoir été
21:32notre invité.
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