Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 6 minutes
Christine Kelly revient, de 11h à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:02Merci de nous rejoindre à 12h17 sur Europe 1.
00:05Vous écoutez Christine Kelly et vous, la suite au 01 80 20 30 91.
00:09Vous réagissez, nous parlons de l'attentat de Trappes, l'enquête est en cours.
00:13Et cette question ce matin, qu'est-ce qui motive tant de haine ?
00:16Réseaux sociaux, discours de haine, le débat se poursuit avec votre chronique Sabrina Medgeber
00:21et votre invitée Olivier Vial, directeur du Centre d'études et de recherche universitaire,
00:25rédacteur de la Lettre des Radicalités.
00:26C'est Christine qui est en train de souligner que le racisme n'est pas une idéologie de droite
00:31et le racisme est beaucoup plus général et qui était en train de souligner
00:35qu'il y a une différence entre la diffusion d'une idéologie et le passage à l'acte.
00:40On lui demandera qu'est-ce qui entraîne le passage à l'acte.
00:43D'abord, je voudrais qu'on revienne uniquement sur ce petit sonore de Laurent Nunez
00:48qui a évoqué chez nos confrères de BFM TV le profil du principal suspect de l'attentat de Trappes.
00:59Ah pardon, on n'a pas le son en tout cas, il a parlé de ce profil de...
01:05On l'a, on l'a ? Allez, on l'écoute.
01:06Ce qui s'est passé à Trappes c'est très grave, c'est un attentat terroriste raciste.
01:10Chaque fois qu'il y a un attentat terroriste, c'est évidemment la première question qu'on se pose.
01:13Est-ce que l'individu était connu ?
01:15Les services font un travail remarquable, quelle que soit la thématique de la radicalisation,
01:19mais il y en a qui passent à l'acte subitement, soudainement.
01:23Est-ce que c'est ce qui s'est passé au cas d'Espèce ?
01:25En tout cas, toute la réponse sera portée par la justice aux questions que se pose la famille.
01:28On fera toute la lumière sur cette affaire pour savoir s'il y avait des signes avant-coureurs ou pas.
01:32À ma connaissance, ça n'est pas le cas.
01:34Encore une fois, ça n'enlève rien à la gravité de cet acte.
01:37C'était Laurent Nunez ce matin.
01:39Olivier Vial, vous dites qu'il y a une différence entre une diffusion d'une idéologie et le passage à
01:45l'acte.
01:45Et tout à l'heure, il y a Sabrina Medjibar, on reviendra aussi sur ce sujet, sur l'indignation à
01:50la géométrie valable.
01:51Qu'est-ce qui fait, Olivier Vial, vous qui êtes directeur du Centre d'études et de recherche universitaire,
01:57qu'est-ce qui fait qu'on passe à l'acte ?
02:00Est-ce qu'une idéologie, est-ce que c'est l'idéologie qui fait qu'on passe à l'acte
02:04?
02:04Alors, pas seulement, et effectivement, il n'y a pas de recette miracle,
02:08mais il y a quand même des schémas qui sont récurrents.
02:11Et en fait, on distingue quatre facteurs qui facilitent le passage à l'acte.
02:15Le premier facteur, il faut que l'idée ou l'idéologie,
02:18elle ait une résonance personnelle chez la personne qui va passer à l'acte,
02:22notamment parce qu'elle peut avoir une motivation de vengeance, de reconnaissance personnelle, etc.
02:28Mais il y a quelque chose qui résonne en lui.
02:29Mais ce n'est pas suffisant.
02:31La deuxième chose qui se passe, c'est effectivement la levée d'un tabou.
02:35Et là, on voit, malheureusement, dans notre société, ce tabou est en train de baisser.
02:39C'est la violence comme une réponse légitime.
02:42Et donc, si la barrière morale baisse, effectivement, il y a plus de facilité de passage à l'acte.
02:48Le troisième élément, c'est tout ce qui va avoir lieu avec son entourage.
02:53Est-ce que son entourage est plutôt de nature à valider la proposition qu'il fait de violence,
02:59ou est-ce que son entourage va le dissuader ?
03:03Malheureusement, c'est peut-être là qu'il y a une accélération aujourd'hui,
03:06puisque avant, l'entourage, c'était essentiellement des proches.
03:09Aujourd'hui, l'entourage, ça peut être des boucles numériques qui encouragent le passage à l'acte,
03:13de façon consciente ou inconsciente, parce que pour beaucoup, c'est qu'un jeu, c'est que virtuel.
03:17Et ils ne se rendent pas compte qu'en face, ils ont quelqu'un pour qui ce n'est pas
03:20virtuel du tout.
03:21C'est une vraie question qui se pose.
03:22Et enfin, la dernière chose, et dans le cas du terrorisme de trappe, c'est sans doute quelque chose d
03:29'important,
03:30c'est le fait qu'il y a une barrière matérielle qui diminue.
03:34C'est-ce que je peux facilement passer à l'acte ?
03:36Est-ce que j'ai les moyens de le faire ?
03:38Est-ce que je dispose d'outils, d'armes qui sont à ma disposition ?
03:42Parce que si le passage à l'acte est matériellement compliqué,
03:45il y a un temps de réflexion qui peut empêcher le passage à l'acte.
03:49Là, en l'occurrence, on a l'impression que ce jeune avait accès à des armes automatiques.
03:58Si je vous entends bien, Olivier Vial en direction repeint,
04:01déjà le déverrouillage, on va dire le faire sauter le verrou dans la tête de celui qui va passer à
04:07l'acte,
04:07ça peut venir des réseaux sociaux, ça peut venir des pillages qu'il a vus,
04:11ça peut venir de certains livres qu'il lit, de son entourage physique comme son entourage numérique.
04:18Et puis il y en a plusieurs angles.
04:20Il y a plusieurs angles, et puis très souvent, c'est très difficile de savoir,
04:23parce qu'en réalité, les lectures qu'il a eues, on a appris qu'il avait Mein Kampf.
04:28Est-ce que c'est Mein Kampf qu'il a convaincu ?
04:31Sûrement pas.
04:32C'est parce qu'il est convaincu qu'il a Mein Kampf.
04:34Et donc ça aussi, c'est quelque chose de très intéressant,
04:36c'est qu'en fait, on s'aperçoit que dans ce discours-là,
04:40si des gens se nourrissent d'une certaine idéologie,
04:43c'est parce qu'ils sont déjà en partie convaincus.
04:46En fait, ces réseaux, les médias, sont souvent une charme de renforcement de l'idéologie
04:52plutôt qu'une phase d'acquisition.
04:53Donc il y a quand même quelque chose dans le passage à l'acte qui résonne dans ça.
04:57Donc c'est un peu facile d'accuser les médias ?
04:58C'est totalement facile d'accuser les médias,
05:00puisque effectivement, ça ne fait que renforcer des choses qui existent déjà.
05:04Et ça, effectivement, pour le coup,
05:05toutes les études qui ont été faites sur la propagande notamment,
05:08montrent que c'est rarement le cas de créer totalement ex nihilo une idéologie.
05:14Elle ne fait que renforcer.
05:16Et l'importance de la socialisation par des militants, par des gens,
05:20est très importante, parce qu'en fait, c'est ce qui va permettre l'accès.
05:23Et en fait, penser qu'une idéologie peut convertir quelqu'un à la violence comme ça,
05:28de façon spontanée, c'est en réalité très très rare.
05:32Merci Olivier Vial, en direct sur Europe 1.
05:34On a Hamid qui nous appelle de l'Aube.
05:37Bonjour Hamid.
05:38On a envie d'entendre votre réaction ce matin sur Europe 1.
05:42Oui, bonjour Madame Kelly.
05:43Bon, alors bien sûr, moi aussi, je suis outré de ce qui s'est passé à Trappes.
05:48Et bien sûr, obligatoirement, l'auteur de ça doit prendre vraiment la perpétuité maximum.
05:54Mais aussi, il se passe une chose quand même,
05:56c'est qu'on a quand même fait beaucoup, beaucoup, beaucoup, hélas,
05:59pour arriver à de telles situations.
06:01Je m'explique.
06:03C'est-à-dire que déjà, depuis 1980, on a un laxisme sur plein de choses qui se sont instaurées
06:08en France.
06:08On a eu des mouvements aussi qui ont fait beaucoup, dans certains cas,
06:13et malheureusement beaucoup de cas, de l'antiracisme à sens unique et tout.
06:18On a eu une délinquance dans les cités.
06:20On sait un peu l'origine des délinquants des cités.
06:23Moi, je vais vous dire, je suis moi-même d'origine algérienne,
06:26comme ne le dit pas mon prénom.
06:28Et voilà, et je pense que tout ça, tout ça, tout ça, tout ça,
06:31vous savez, il y a un proverbe qui dit que c'est la dernière goutte qui fait déborder le vase.
06:35Mais là, je crois que la dernière goutte, il y a déjà pas mal de temps qu'elle est arrivée.
06:38Et en plus, il y a eu l'affaire Mera, les frères Kouachi, l'affaire de Crépole, tout ça.
06:46Moi, je pense que dans les esprits de certains, fort heureusement minoritaires,
06:50parce que cet individu, Kevin Day, fort heureusement, il est minoritaire.
06:55C'est peut-être une personne sur 10 000 ou sur 100 000.
06:58Mais malheureusement, il y en a, malheureusement, ils passent à l'acte.
07:01Et c'est ça qui est désastreux.
07:03Moi, je pense que c'est une résultante de plein de choses,
07:07du laxisme général depuis maintenant 4 décennies,
07:09qui fait qu'on en arrive à des choses comme ça.
07:11Un jour, j'ai dit quelque chose.
07:13Amid, je trouve très percutant ce que vous dites,
07:14parce que je pense qu'il faut faire preuve de bon sens et de nuance.
07:17Tout à fait.
07:17Et je trouve très percutant et très équilibré ce que vous dites.
07:19Je vous laisse continuer, Amid, sur Europe 1.
07:22Et un jour, vous savez ce que j'ai dit, un jour ?
07:24J'ai téléphoné à un parti politique.
07:26C'était justement, je crois, enfin, je n'ai pas la mémoire qui flange.
07:29Je pense que c'était au moment de l'affaire Mohamed,
07:31pas l'affaire Mera, l'affaire Naël.
07:34J'ai dit, vous savez, si ça continue comme ça,
07:36on va revoir dans ce pays des pogroms.
07:38Ce que je ne souhaite pas, mais ça risque d'arriver.
07:41Je vais vous dire, le parti politique à qui j'ai téléphoné,
07:43je ne vous dirai pas qui c'est.
07:45Blum, ils m'ont raccroché au nez en me disant
07:47que ce que je disais, c'était inadmissible.
07:49Malheureusement, ça, c'est une petite forme de pogroms
07:54qui pourrait, malheureusement, je ne le souhaite pas,
07:56je ne le souhaite pas du tout,
07:58mais qui pourrait généraliser.
07:59C'est ça qui est terrible.
08:00C'est ça qui est terrible dans ce pays.
08:01En tout cas, c'est intéressant ce que vous dites,
08:03le côté multifactoriel de cette société
08:06qui est complètement cristallisée,
08:08de cette délinquance qu'on a laissée prospérer.
08:10On n'a pas entendu non plus les Français,
08:12effectivement, lorsqu'ils réagissaient.
08:14Merci beaucoup d'avoir appelé mon cher Amid,
08:17qui souligne qu'elle est d'origine algérienne.
08:19Vous n'êtes pas obligés de le souligner, mais...
08:21Ah mais non, mais je le dis.
08:23Je vais vous dire, non, non,
08:24mais pourquoi je dis que je suis d'origine algérienne ?
08:26Je peux même vous donner mon nom.
08:28Mon nom, c'est Saïdi.
08:29Je m'appelle Ami Saïdi.
08:29Non, non, non, mais ce n'est pas grave.
08:30Mais pourquoi ?
08:32Voilà.
08:33Parce que quand on parle comme ça,
08:34on vous tacle de raciste.
08:35Non, non, non.
08:36Il faut appeler un chat, un chat, c'est tout.
08:38Voilà.
08:39C'est juste.
08:39Merci.
08:39En tout cas, vous savez,
08:41il y a beaucoup de personnes, effectivement,
08:42qui sont d'origine algérienne,
08:43qui sont comme ça, Rwena Medjieva,
08:45qui sont comme moi,
08:45qui ne sont pas forcément blancs,
08:47comme on dit, si vous permettez l'expression,
08:49et qui font juste preuve de bon sens.
08:52Et je trouve que c'est important
08:53de faire preuve de bon sens,
08:54de mesures et de nuances.
08:55Merci d'avoir appelé au standard de repeint,
08:57mon cher Hamid.
08:58Guillaume, vous nous appelez de Marseille.
09:00Bonjour, Guillaume.
09:02Oui, bonjour, madame Kili.
09:04Dites-nous tout.
09:05Alors, qu'est-ce que je peux dire ?
09:07Ou presque, parce qu'on a 30 secondes
09:08avant de passer à la suite.
09:11Très bien.
09:12Alors, moi, je vais être clair et net,
09:14je confirme ce que dit bien M. Nes.
09:16Oui, effectivement,
09:17c'est bien un crime terroriste et raciste.
09:19Maintenant, nous avons effectivement
09:22quelqu'un qui a été diagnostiqué schizophrène.
09:25Donc, il faut faire la part des choses.
09:27D'une part, un schizophrène,
09:29c'est une personne qui est psychotique
09:30et non névrotique.
09:32Ça, c'est un fait.
09:33Maintenant, il y a effectivement
09:35une expertise
09:40qui est en train d'être faite
09:40par les psychiatres
09:41pour vérifier s'il y a eu discernement
09:43ou pas.
09:43Oui, c'est ça.
09:44Guillaume, on se retrouve dans un instant.
09:47C'est très intéressant
09:48ce que vous êtes en train de poser clairement.
09:50Vous nous appelez de Marseille.
09:52Vous avez 36 ans
09:53sur le profil du suspect.
09:55On se retrouve tout de suite
09:56sur Europe 1.
09:57Avec Christine Kelly,
09:5811h13h.
09:59Vous avez la parole.
10:00Comme Guillaume,
10:00réagissez au 01-80-20-39-21.
10:03Le numéro du standard
10:04n'est pas surtaxé.
10:0512h26 sur Europe 1.
Commentaires

Recommandations