00:00Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:02Merci de nous rejoindre à 12h17 sur Europe 1.
00:05Vous écoutez Christine Kelly et vous, la suite au 01 80 20 30 91.
00:09Vous réagissez, nous parlons de l'attentat de Trappes, l'enquête est en cours.
00:13Et cette question ce matin, qu'est-ce qui motive tant de haine ?
00:16Réseaux sociaux, discours de haine, le débat se poursuit avec votre chronique Sabrina Medgeber
00:21et votre invitée Olivier Vial, directeur du Centre d'études et de recherche universitaire,
00:25rédacteur de la Lettre des Radicalités.
00:26C'est Christine qui est en train de souligner que le racisme n'est pas une idéologie de droite
00:31et le racisme est beaucoup plus général et qui était en train de souligner
00:35qu'il y a une différence entre la diffusion d'une idéologie et le passage à l'acte.
00:40On lui demandera qu'est-ce qui entraîne le passage à l'acte.
00:43D'abord, je voudrais qu'on revienne uniquement sur ce petit sonore de Laurent Nunez
00:48qui a évoqué chez nos confrères de BFM TV le profil du principal suspect de l'attentat de Trappes.
00:59Ah pardon, on n'a pas le son en tout cas, il a parlé de ce profil de...
01:05On l'a, on l'a ? Allez, on l'écoute.
01:06Ce qui s'est passé à Trappes c'est très grave, c'est un attentat terroriste raciste.
01:10Chaque fois qu'il y a un attentat terroriste, c'est évidemment la première question qu'on se pose.
01:13Est-ce que l'individu était connu ?
01:15Les services font un travail remarquable, quelle que soit la thématique de la radicalisation,
01:19mais il y en a qui passent à l'acte subitement, soudainement.
01:23Est-ce que c'est ce qui s'est passé au cas d'Espèce ?
01:25En tout cas, toute la réponse sera portée par la justice aux questions que se pose la famille.
01:28On fera toute la lumière sur cette affaire pour savoir s'il y avait des signes avant-coureurs ou pas.
01:32À ma connaissance, ça n'est pas le cas.
01:34Encore une fois, ça n'enlève rien à la gravité de cet acte.
01:37C'était Laurent Nunez ce matin.
01:39Olivier Vial, vous dites qu'il y a une différence entre une diffusion d'une idéologie et le passage à
01:45l'acte.
01:45Et tout à l'heure, il y a Sabrina Medjibar, on reviendra aussi sur ce sujet, sur l'indignation à
01:50la géométrie valable.
01:51Qu'est-ce qui fait, Olivier Vial, vous qui êtes directeur du Centre d'études et de recherche universitaire,
01:57qu'est-ce qui fait qu'on passe à l'acte ?
02:00Est-ce qu'une idéologie, est-ce que c'est l'idéologie qui fait qu'on passe à l'acte
02:04?
02:04Alors, pas seulement, et effectivement, il n'y a pas de recette miracle,
02:08mais il y a quand même des schémas qui sont récurrents.
02:11Et en fait, on distingue quatre facteurs qui facilitent le passage à l'acte.
02:15Le premier facteur, il faut que l'idée ou l'idéologie,
02:18elle ait une résonance personnelle chez la personne qui va passer à l'acte,
02:22notamment parce qu'elle peut avoir une motivation de vengeance, de reconnaissance personnelle, etc.
02:28Mais il y a quelque chose qui résonne en lui.
02:29Mais ce n'est pas suffisant.
02:31La deuxième chose qui se passe, c'est effectivement la levée d'un tabou.
02:35Et là, on voit, malheureusement, dans notre société, ce tabou est en train de baisser.
02:39C'est la violence comme une réponse légitime.
02:42Et donc, si la barrière morale baisse, effectivement, il y a plus de facilité de passage à l'acte.
02:48Le troisième élément, c'est tout ce qui va avoir lieu avec son entourage.
02:53Est-ce que son entourage est plutôt de nature à valider la proposition qu'il fait de violence,
02:59ou est-ce que son entourage va le dissuader ?
03:03Malheureusement, c'est peut-être là qu'il y a une accélération aujourd'hui,
03:06puisque avant, l'entourage, c'était essentiellement des proches.
03:09Aujourd'hui, l'entourage, ça peut être des boucles numériques qui encouragent le passage à l'acte,
03:13de façon consciente ou inconsciente, parce que pour beaucoup, c'est qu'un jeu, c'est que virtuel.
03:17Et ils ne se rendent pas compte qu'en face, ils ont quelqu'un pour qui ce n'est pas
03:20virtuel du tout.
03:21C'est une vraie question qui se pose.
03:22Et enfin, la dernière chose, et dans le cas du terrorisme de trappe, c'est sans doute quelque chose d
03:29'important,
03:30c'est le fait qu'il y a une barrière matérielle qui diminue.
03:34C'est-ce que je peux facilement passer à l'acte ?
03:36Est-ce que j'ai les moyens de le faire ?
03:38Est-ce que je dispose d'outils, d'armes qui sont à ma disposition ?
03:42Parce que si le passage à l'acte est matériellement compliqué,
03:45il y a un temps de réflexion qui peut empêcher le passage à l'acte.
03:49Là, en l'occurrence, on a l'impression que ce jeune avait accès à des armes automatiques.
03:58Si je vous entends bien, Olivier Vial en direction repeint,
04:01déjà le déverrouillage, on va dire le faire sauter le verrou dans la tête de celui qui va passer à
04:07l'acte,
04:07ça peut venir des réseaux sociaux, ça peut venir des pillages qu'il a vus,
04:11ça peut venir de certains livres qu'il lit, de son entourage physique comme son entourage numérique.
04:18Et puis il y en a plusieurs angles.
04:20Il y a plusieurs angles, et puis très souvent, c'est très difficile de savoir,
04:23parce qu'en réalité, les lectures qu'il a eues, on a appris qu'il avait Mein Kampf.
04:28Est-ce que c'est Mein Kampf qu'il a convaincu ?
04:31Sûrement pas.
04:32C'est parce qu'il est convaincu qu'il a Mein Kampf.
04:34Et donc ça aussi, c'est quelque chose de très intéressant,
04:36c'est qu'en fait, on s'aperçoit que dans ce discours-là,
04:40si des gens se nourrissent d'une certaine idéologie,
04:43c'est parce qu'ils sont déjà en partie convaincus.
04:46En fait, ces réseaux, les médias, sont souvent une charme de renforcement de l'idéologie
04:52plutôt qu'une phase d'acquisition.
04:53Donc il y a quand même quelque chose dans le passage à l'acte qui résonne dans ça.
04:57Donc c'est un peu facile d'accuser les médias ?
04:58C'est totalement facile d'accuser les médias,
05:00puisque effectivement, ça ne fait que renforcer des choses qui existent déjà.
05:04Et ça, effectivement, pour le coup,
05:05toutes les études qui ont été faites sur la propagande notamment,
05:08montrent que c'est rarement le cas de créer totalement ex nihilo une idéologie.
05:14Elle ne fait que renforcer.
05:16Et l'importance de la socialisation par des militants, par des gens,
05:20est très importante, parce qu'en fait, c'est ce qui va permettre l'accès.
05:23Et en fait, penser qu'une idéologie peut convertir quelqu'un à la violence comme ça,
05:28de façon spontanée, c'est en réalité très très rare.
05:32Merci Olivier Vial, en direct sur Europe 1.
05:34On a Hamid qui nous appelle de l'Aube.
05:37Bonjour Hamid.
05:38On a envie d'entendre votre réaction ce matin sur Europe 1.
05:42Oui, bonjour Madame Kelly.
05:43Bon, alors bien sûr, moi aussi, je suis outré de ce qui s'est passé à Trappes.
05:48Et bien sûr, obligatoirement, l'auteur de ça doit prendre vraiment la perpétuité maximum.
05:54Mais aussi, il se passe une chose quand même,
05:56c'est qu'on a quand même fait beaucoup, beaucoup, beaucoup, hélas,
05:59pour arriver à de telles situations.
06:01Je m'explique.
06:03C'est-à-dire que déjà, depuis 1980, on a un laxisme sur plein de choses qui se sont instaurées
06:08en France.
06:08On a eu des mouvements aussi qui ont fait beaucoup, dans certains cas,
06:13et malheureusement beaucoup de cas, de l'antiracisme à sens unique et tout.
06:18On a eu une délinquance dans les cités.
06:20On sait un peu l'origine des délinquants des cités.
06:23Moi, je vais vous dire, je suis moi-même d'origine algérienne,
06:26comme ne le dit pas mon prénom.
06:28Et voilà, et je pense que tout ça, tout ça, tout ça, tout ça,
06:31vous savez, il y a un proverbe qui dit que c'est la dernière goutte qui fait déborder le vase.
06:35Mais là, je crois que la dernière goutte, il y a déjà pas mal de temps qu'elle est arrivée.
06:38Et en plus, il y a eu l'affaire Mera, les frères Kouachi, l'affaire de Crépole, tout ça.
06:46Moi, je pense que dans les esprits de certains, fort heureusement minoritaires,
06:50parce que cet individu, Kevin Day, fort heureusement, il est minoritaire.
06:55C'est peut-être une personne sur 10 000 ou sur 100 000.
06:58Mais malheureusement, il y en a, malheureusement, ils passent à l'acte.
07:01Et c'est ça qui est désastreux.
07:03Moi, je pense que c'est une résultante de plein de choses,
07:07du laxisme général depuis maintenant 4 décennies,
07:09qui fait qu'on en arrive à des choses comme ça.
07:11Un jour, j'ai dit quelque chose.
07:13Amid, je trouve très percutant ce que vous dites,
07:14parce que je pense qu'il faut faire preuve de bon sens et de nuance.
07:17Tout à fait.
07:17Et je trouve très percutant et très équilibré ce que vous dites.
07:19Je vous laisse continuer, Amid, sur Europe 1.
07:22Et un jour, vous savez ce que j'ai dit, un jour ?
07:24J'ai téléphoné à un parti politique.
07:26C'était justement, je crois, enfin, je n'ai pas la mémoire qui flange.
07:29Je pense que c'était au moment de l'affaire Mohamed,
07:31pas l'affaire Mera, l'affaire Naël.
07:34J'ai dit, vous savez, si ça continue comme ça,
07:36on va revoir dans ce pays des pogroms.
07:38Ce que je ne souhaite pas, mais ça risque d'arriver.
07:41Je vais vous dire, le parti politique à qui j'ai téléphoné,
07:43je ne vous dirai pas qui c'est.
07:45Blum, ils m'ont raccroché au nez en me disant
07:47que ce que je disais, c'était inadmissible.
07:49Malheureusement, ça, c'est une petite forme de pogroms
07:54qui pourrait, malheureusement, je ne le souhaite pas,
07:56je ne le souhaite pas du tout,
07:58mais qui pourrait généraliser.
07:59C'est ça qui est terrible.
08:00C'est ça qui est terrible dans ce pays.
08:01En tout cas, c'est intéressant ce que vous dites,
08:03le côté multifactoriel de cette société
08:06qui est complètement cristallisée,
08:08de cette délinquance qu'on a laissée prospérer.
08:10On n'a pas entendu non plus les Français,
08:12effectivement, lorsqu'ils réagissaient.
08:14Merci beaucoup d'avoir appelé mon cher Amid,
08:17qui souligne qu'elle est d'origine algérienne.
08:19Vous n'êtes pas obligés de le souligner, mais...
08:21Ah mais non, mais je le dis.
08:23Je vais vous dire, non, non,
08:24mais pourquoi je dis que je suis d'origine algérienne ?
08:26Je peux même vous donner mon nom.
08:28Mon nom, c'est Saïdi.
08:29Je m'appelle Ami Saïdi.
08:29Non, non, non, mais ce n'est pas grave.
08:30Mais pourquoi ?
08:32Voilà.
08:33Parce que quand on parle comme ça,
08:34on vous tacle de raciste.
08:35Non, non, non.
08:36Il faut appeler un chat, un chat, c'est tout.
08:38Voilà.
08:39C'est juste.
08:39Merci.
08:39En tout cas, vous savez,
08:41il y a beaucoup de personnes, effectivement,
08:42qui sont d'origine algérienne,
08:43qui sont comme ça, Rwena Medjieva,
08:45qui sont comme moi,
08:45qui ne sont pas forcément blancs,
08:47comme on dit, si vous permettez l'expression,
08:49et qui font juste preuve de bon sens.
08:52Et je trouve que c'est important
08:53de faire preuve de bon sens,
08:54de mesures et de nuances.
08:55Merci d'avoir appelé au standard de repeint,
08:57mon cher Hamid.
08:58Guillaume, vous nous appelez de Marseille.
09:00Bonjour, Guillaume.
09:02Oui, bonjour, madame Kili.
09:04Dites-nous tout.
09:05Alors, qu'est-ce que je peux dire ?
09:07Ou presque, parce qu'on a 30 secondes
09:08avant de passer à la suite.
09:11Très bien.
09:12Alors, moi, je vais être clair et net,
09:14je confirme ce que dit bien M. Nes.
09:16Oui, effectivement,
09:17c'est bien un crime terroriste et raciste.
09:19Maintenant, nous avons effectivement
09:22quelqu'un qui a été diagnostiqué schizophrène.
09:25Donc, il faut faire la part des choses.
09:27D'une part, un schizophrène,
09:29c'est une personne qui est psychotique
09:30et non névrotique.
09:32Ça, c'est un fait.
09:33Maintenant, il y a effectivement
09:35une expertise
09:40qui est en train d'être faite
09:40par les psychiatres
09:41pour vérifier s'il y a eu discernement
09:43ou pas.
09:43Oui, c'est ça.
09:44Guillaume, on se retrouve dans un instant.
09:47C'est très intéressant
09:48ce que vous êtes en train de poser clairement.
09:50Vous nous appelez de Marseille.
09:52Vous avez 36 ans
09:53sur le profil du suspect.
09:55On se retrouve tout de suite
09:56sur Europe 1.
09:57Avec Christine Kelly,
09:5811h13h.
09:59Vous avez la parole.
10:00Comme Guillaume,
10:00réagissez au 01-80-20-39-21.
10:03Le numéro du standard
10:04n'est pas surtaxé.
10:0512h26 sur Europe 1.
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