00:00On va du côté de Bordeaux avec notre ami Charles Lullier.
00:04Est-ce qu'à Bordeaux, c'est un peu plus calme qu'à Lyon ?
00:07Oui, tout à fait. Légèrement, je peux vous donner un chiffre à l'heure qu'il est, à 15h50, Christophe.
00:143000. 3000, c'est le nombre de manifestants présents dans les rues de Bordeaux à cette heure-ci.
00:19C'est un chiffre officialisé par la préfecture, je pense très honnêtement,
00:24pour être non loin du cortège, que c'est un chiffre légèrement sous-estimé.
00:28Mais quoi qu'un peu plus bas que la semaine dernière, ils étaient largement deux fois plus.
00:34Pour l'instant, le défilé et le cortège évoluent dans le calme à l'intérieur du centre-ville de Bordeaux.
00:41Et c'est vrai qu'on vient de l'apprendre. Ironie du sort, le tribunal administratif a interdit cette manifestation,
00:49malgré les demandes de l'intersyndicale.
00:53Et c'est vrai que malgré cette interdiction, il y a ce cortège et cet intersyndicale qui défile.
00:59On aperçoit plusieurs hommes cagoulés dans le cortège.
01:02C'est pour cette raison qu'on s'est légèrement écartés du cortège pour ne pas avoir maille à partir
01:08avec quelques personnes peu recommandables.
01:09Et pour l'instant, la manifestation se déroule plutôt dans le calme, avec évidemment quelques personnes qui tentent, bien sûr,
01:20de semer le trouble.
01:21Mais ces personnes sont contenues pour l'instant, Christophe.
01:23Charles Luillier à Bordeaux, on vous retrouvera également, bien entendu, tout au long de cette émission spéciale sur Europe 1.
01:30Cette journée à haut risque, on le dit, on le répète, parce que c'est une réalité.
01:35Vous venez de nous le dire, il y a une manifestation en ce moment à Bordeaux, vous avez repéré des
01:39hommes cagoulés parmi les manifestants,
01:43donc sûrement qu'ils ont une petite idée derrière la tête, bien entendu.
01:48Moi, ce qui m'épate quand même dans ce qu'on vient d'entendre, je vais vous dire, et j
01:51'aimerais bien entendre Bruno Béchisa là-dessus,
01:54le tribunal administratif de Bordeaux vient, il est quelle heure ? 15h52, vient d'interdire la manifestation.
02:03Alors, pardon, mais il y a quand même un petit problème.
02:06Le faire aussi tardivement alors que les gens sont déjà dans la rue à Bordeaux, ça ne sert absolument à
02:12rien.
02:13Vous n'allez pas trouver en la personne qui a eu la chance d'avoir son visage sur le mur
02:17des cons, un grand défenseur de la magistrature en France.
02:20Mais effectivement, on voit encore un dysfonctionnement d'État.
02:23Le juge administratif ne peut pas prendre autant de temps quand on est dans une mesure d'urgence
02:28où le manque de décision de l'État peut créer, parce que j'entendais votre journaliste qui disait « peu
02:35recommandable »,
02:35je le trouve très sympathique, moi, vous met le trouble, c'est peut créer un désordre qui engendre effectivement
02:41de la cache chez des commerçants, de la dégradation d'un bien public, voire de la mort ou des blessures
02:46de policiers.
02:47C'est ça le vrai sujet. Donc, assis derrière son bureau, je vais me mettre à dos tous les magistrats
02:51administratifs,
02:52mais on ne peut pas accepter qu'on ait ce décalage dans le temps
02:57qui met en danger la vie des policiers, des gendarmes, des commerçants et des propres manifestants.
03:01Parce que la poignée de types avec des cagoules nuise aussi peut-être aux gamins qui viennent légitimement dire
03:07« dans mon lycée, il y a tel bordel ». C'est dramatique, c'est un dysfonctionnement total.
03:11On revenait aux déclarations du président de la République, mais c'est dans la droite ligne.
03:13Quand un président est incapable de faire la différence, de préciser qu'un crime, un meurtre, un assassinat,
03:20c'est beaucoup plus précis que crime, parce qu'en France, faire de la fausse monnaie, c'est un crime,
03:24c'est la suite logique d'un dysfonctionnement complet de l'État.
03:30– Éric Revelle, votre sentiment ?
03:32– Oui, c'est vrai que si ce n'était pas aussi potentiellement tragique, ce serait presque drôle d'avoir
03:39des jugés administratifs
03:40qui, une fois que le cortège est parti, même dans l'illégalité, donnent leur feu vert.
03:45Mais il se passait aussi un truc de très bizarre ce matin.
03:49Vous avez vu que l'intersyndicale avait demandé l'annulation du nouveau cortège dans Paris,
03:55qui allait de la place d'Italie à la place de Vincennes.
03:58Ça, c'était le cortège de substitutions proposées par la préfecture.
04:02Bon, c'était en référence.
04:04– Oui, là, on passe par les maréchaux, donc, il y a un peu moins de commerce.
04:07– Oui, oui, mais attendez, attendez, ce que je veux dire quand même,
04:09c'est que tout ça s'est fait en 24 heures.
04:12Donc, normalement, le premier tronçon, le premier parcours, c'était Bastille-Nation.
04:17– Mais là, est-ce qu'on ne peut pas se dire qu'il y avait eu une volonté de
04:19désorganiser un peu les…
04:21– Oui, mais justement, ça jette de la confusion, ça jette de la confusion sur les gens qui doivent manifester
04:26et qui ne sont pas forcément au courant qu'ils ont changé de parcours.
04:29Et puis, pardon, je pense aux commerçants.
04:31Les commerçants qui sont entre la place d'Italie et la place de Vincennes,
04:34si ça devait, à ce que Dieu ne plaise, tourner mal,
04:37mais les commerçants, ils n'ont pas eu le temps de se claquemurer.
04:40Puisqu'on leur annonce du jour au lendemain, quasiment, que ça va passer devant chez eux.
04:44– Mais d'ailleurs, certains étaient inquiets, ils l'ont dit, d'ailleurs, effectivement, ce matin,
04:48un certain nombre étaient inquiets sur ce parcours.