00:03C'est à la une, cet acte 2 des manifestations allant nous revivre, notamment les violences du 17 octobre, un
00:11samedi à très haut risque qui s'annonce sur tout le pays, mais aussi une journée de mobilisation, avec nous
00:17l'une des figures historiques des Gilets jaunes.
00:19Bonjour Priscilla Ludovski.
00:22Bonjour.
00:23Faut-il le rappeler, vous êtes l'une des initiatrices du mouvement des Gilets jaunes de 2018. Priscilla Ludovski, est
00:30-ce que vous allez manifester vous-même aujourd'hui ?
00:34Oui, oui, oui, j'y serai, j'y serai aujourd'hui, j'y étais le dit tête aussi, donc c
00:39'est important d'y être, avec ce qui se passe, ce qui va vendiquer, je pense que c'est important
00:43d'y être, quand on peut en tout cas.
00:44C'est important d'y être, vous dites, vous avez vu ce qui se passe à Paris, il y a
00:48la préfecture qui interdit le parcours qui a été réclamé, notamment par les Gilets jaunes.
00:55Si j'ai bien compris, il était question de Bastille Nation, il y a un nouvel itinéraire qui est imposé,
01:01Port d'Italie et Port de Vincennes, ce qui semble plus compliqué aux yeux des organisateurs du défilé.
01:09Il y a un référé, c'est ça, qui tourne ?
01:11C'est-à-dire que ça s'est tombé hier, je trouve ça vraiment, les gens, peut-être, ils ne
01:17sont pas familiers de ça, mais il y a beaucoup de discussions qui se font en amont d'une manifestation
01:23déclarée,
01:24donc il y a eu pas mal d'échanges entre les différentes parties, et c'est vrai qu'imposer un
01:30autre trajet à même pas 24 heures de la manifestation, c'est une pratique qui n'est pas correcte,
01:38c'est parce que les gens se sont déplacés, ils ont mis du temps, il y a eu des négociations,
01:41etc.
01:41Donc c'est vrai qu'on peut ne pas comprendre ça, et c'est vrai que c'est compliqué aussi
01:46à organiser d'un point de vue logistique,
01:47comme vous êtes préparé à aller d'un point A à un point B, qu'on change, moi j'ai
01:49un très mauvais...
01:50Il y a tous ceux qui peuvent se tromper, oui.
01:53J'ai pas compris.
01:54Il y a tous ceux qui peuvent se tromper, ne pas aller au bon endroit.
01:58Oui, parce qu'en fait, il y a peut-être des gens qui dormaient déjà quand c'est tombé.
02:01Donc effectivement, s'ils se lèvent le matin, ils vont à un endroit, et puis ils n'ont pas regardé
02:04les infos,
02:05ils n'ont pas regardé les réseaux sociaux, ils peuvent aller au mauvais endroit.
02:07Et j'ai cru comprendre que si on allait à Bastille, là où c'était prévu, c'est aussi ça
02:13qui est terrible.
02:14C'est-à-dire qu'ils annoncent un nouveau trajet, tout en disant, si vous vous rendez à l'ancien,
02:18vous risquez des sanctions.
02:19Mais en fait, il faut laisser autant le temps aux gens de s'organiser.
02:23Réponse dans les heures qui viennent avec le référé qui a été engagé.
02:27Priscilla Ludovski, vous êtes rompue aux manifestations.
02:31Qu'est-ce que vous gardez la foi vous-même, vous qui avez vécu le mouvement des Gilets jaunes,
02:36et qui a été une déception à la fin.
02:38Qu'est-ce que vous attendez de cette mobilisation ?
02:43En fin de mandat d'Emmanuel Macron, je n'ai même pas forcément d'espoir.
02:46Parce que c'est quelqu'un qui jusque-là n'a jamais été à l'écoute de la population.
02:50Et ce n'est même pas uniquement dans le cadre du mouvement des Gilets jaunes.
02:54Parce qu'après le mouvement des Gilets jaunes, il y a eu pas mal de mobilisation.
02:56Et on a traversé quelques crises.
02:59Il y avait les soignants qui se sont mobilisés.
03:01Il y a eu quand même les images des soignants qui se sont mobilisés,
03:03qui étaient en affrontement ou qui se faisaient gazer en face.
03:07C'était choquant pour les jeunes.
03:08Et puis il y a eu la crise sanitaire.
03:09On a vu que ce que demandaient les soignants, on savait déjà que le secteur était en crise.
03:13Ce qu'ils demandaient était légitime.
03:15Ils ne se sont pas fait bien accueillir lorsqu'ils se sont mobilisés.
03:17Et donc on a eu cette crise où on a vu que c'est d'autant plus important de les
03:21écouter.
03:21Il y a eu les pompiers.
03:22Je ne sais pas si vous vous souvenez des pompiers.
03:24Les affrontements entre les pompiers et les policiers, c'était quand même assez choquant, moi je trouve.
03:27Et pour voir qu'après, avec les méga-feux,
03:29enfin les feux qui se sont produits plus tôt, qui ont été volontairement causés,
03:32entre autres,
03:33en fait on a bien vu qu'ils avaient aussi des moyens limités.
03:38Et puis il y a eu cette fameuse réforme des retraites avant la crise sanitaire,
03:41après la crise sanitaire,
03:42où beaucoup, beaucoup de gens ont crié leur mécontentement.
03:45Et où Emmanuel Macron en fait a fait, a usé, je crois,
03:48c'est peut-être le record d'usage du 49-3.
03:52Donc en fait, on a quelqu'un qui malgré toutes les crises n'a jamais écouté.
03:55Donc moi je n'ai pas d'espoir à ce qu'il écoute davantage,
03:57mais je trouve ça, l'espoir il y réside plutôt en...
04:01Par rapport aux générations les plus jeunes.
04:02Oui, pas beaucoup d'espoir.
04:03Je pense que les plus jeunes se mobilisent quoi.
04:05Priscilla Diloski, il y a la casse du 17 octobre qui a été massive,
04:09et ce risque de récidive aujourd'hui, vous le redoutez ?
04:14Alors oui, parce que je pense que c'est quelque chose qui survient à chaque fois.
04:17Ça nous précède, c'est actuel, ça nous succédera.
04:21Donc je pense que c'est inévitable.
04:24Et la question qu'on peut se poser, c'est que les gens...
04:27Enfin moi j'entends, il y a eu un pourcentage qui est sorti,
04:29qui disait que 44% des jeunes ont la sensation que c'est ce qu'il faut faire
04:32pour faire avancer les choses du côté du gouvernement.
04:34Et en fait, s'ils ont la sensation que c'est ce qu'il faut faire,
04:37c'est parce que c'est ce qu'Emmanuel Macron a fait jusque-là.
04:40En fait, à chaque fois que les revendications avançaient,
04:44qu'on faisait des manifs, on faisait des assemblées citoyennes,
04:46on a fait des pétitions, on a fait des tribunes,
04:48il n'a répondu, il n'a pris la parole et a répondu
04:51ou a proposé quelques mesures, lorsque c'était le mouvement des Gilets jaunes en tout cas,
04:54que lorsqu'il y a eu des casses importantes.
04:56Et en fait, ça donne raison aux jeunes qui se disent
04:57« En fait, les personnes avant nous ont tout essayé,
05:01nous on va juste bloquer nos lycées,
05:02on va juste rejoindre les profs. »
05:06Et effectivement, il n'a pris la parole que lorsqu'il y a eu de la casse.
05:08Je veux dire, au bout d'un moment, pourquoi il n'agit pas avant ?
05:11Pourquoi la réponse politique n'arrive pas avant ?
05:13Nous verrons bien ce qui se passera aujourd'hui, Priscilla Lidosky.
05:16En tous les cas, vous serez vous-même dans le cortège parisien.
05:19Nous verrons bien aussi d'où il partira, quel sera le trajet.
05:24Moi, j'ai un mauvais souvenir de Porte d'Italie.
05:26J'ai des phares de Porte d'Italie.
05:28En tout cas, merci à vous, Priscilla Lidosky.
05:31Je vous le rappelle, l'une des initiatrices du mouvement des Gilets jaunes en 2018.
05:37Merci d'avoir témoigné ce matin en direct sur l'entête de Sud Radio.
05:41Merci, bonne journée à vous, Priscilla Lidosky.
05:43Merci.
05:44Merci.
05:44Merci.